A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) Courant alternatif # 148 - avril 2005

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 21 Apr 2005 23:05:44 +0200 (CEST)


_________________________________________________
A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
_________________________________________________

*** SOMMAIRE
Edito p. 3
SOCIAL
Bruxelles, Bolkestein et la constitution européenne p. 4
Grève à la commission des recours des réfugiésp.5
Le mouvement lycéen face à l'intransigeance et à l'isolement p.7
Brèves
IMMIGRATION
L'école pour piéger les sans-papiers
Rubrique Flics et Militaires p.24
ANTINUCLÉAIRE
Show chaud de printemps!
Point de vue: Médiamensonges
ALTERMONDIALISATION
Retour sur les mobilisations contre le forum de Davos
INTERNATIONAL
Lutte des femmes en Irak p. 19
Sharon et Mahmoud Abbas: l'heure des choix p.22
USA: des précaires contre une multinationale p. 24

*** EDITO

Il y a dans l’air printanier comme un parfum, un relent plutôt, d’avril
2002. Il fallait alors choisir entre la Démocratie ou la descente aux
Enfers : Chirac ou Le Pen. Trois ans plus tard nous sommes convoqués pour
une nouvelle échéance historique : la Constitution européenne ou la
Pétaudière nationale. Comme en avril 2002, point de drame, tout juste une
farce sinistre. Mais parions que les médias feront hurler les démocrates
bon teint à la mort (voir article dans ce numéro sur la directive
Bolkestein) pour guider les masses vers le bon choix! Et qu’est-ce que
cette Europe ?..Une nouvelle entreprise de soumission !
Actuellement après 50 années de Communauté Européenne, le bilan bruxellois
évoque les guerres évitées (comme si l'épouvantail soviétique n’avait
jamais existé !), ou bien le niveau de consommation inédit (comme si les
mouvements sociaux n'avaient pas pesé pour une répartition plus équitable
!), ou encore le futur monde multipolaire où seuls les géants continentaux
auront un avenir (comme si la domination européenne sur d'autres peuples
pouvait être un réconfort et une garantie contre sa propre précarité !).
Cette concentration du pouvoir européen, cette fusion des appareils d'Etat
s’accompagne d'un mouvement inverse simultané : à la base, le capitalisme
filialise, sous-traite en cascade l’administration, comme dans les
entreprises. Régions, " pays ", communautés de communes, quartiers sont
autant de cloisonnements et de subdivisions utiles pour diviser,
optimiser, différencier, affiner la gestion humaine et renforcer
l’exploitation et le contrôle, le consensus et l’adhésion (avec des ersatz
et autres gadgets comme la démocratie participative, les conseils de
quartiers, etc). Car cette adhésion à l'Europe, cette soumission
volontaire, cette rentabilité, ce n'est pas gagné d'avance et les
dirigeants sont prêts à faire des accrocs à leurs propres résolutions de
sévérité salariale, pour que la potion européenne ne semble pas trop
amère...
La preuve : les 0,8 % d’augmentation supplémentaire des salaires de
fonctionnaires distribués en 2005, qui viennent se rajouter à un autre 1 %
prévu de longue date, alors que les caisses étaient vides. Royal !
Raffarin-Chirac savent arroser le petit personnel, quand celui-ci
manifeste quelque énervement, comme le 10 mars dernier quand un million de
personnes descendaient dans la rue ! Au risque de mal voter et repousser
dans le temps le scénario européen !Les syndicats semblent eux aussi satisfaits de ce 0,8 %, et plutôt
disposés à calmer les esprits, les enjeux européens les concernent
directement pour leur survie économique (voir l'article plus loin). Donc
il semble que la montée de la pression sociale, bien perceptible le 10
mars, retombe pour le moment. Même si en profondeur, rien n'est réglé ; la
preuve en est : les mouvements dans le privé comme dans le public se
succèdent.
Mais gagner aujourd’hui dans un conflit d'entreprise, c'est se heurter à
une détermination patronale sans faille. Il faut vraiment que les patrons
soient au pied du mur (d'argent !) pour que le conflit gagne quelque chose
(comme dans le conflit Saupiquet à Nantes à la mi-mars, où les personnes
délocalisées ont obtenu une amélioration substantielle du plan financier ;
en bloquant l’administration de Saupiquet elles bloquaient les fournitures
de conserves aux distributeurs, dont les stocks au bout d’une semaine de
grève étaient épuisés, rentabilité oblige). Ainsi les 0,8 % d'augmentation
des fonctionnaires n’ont été suivis que d’une fin de non-recevoir de la
part du MEDEF pour le privé, en ravivant la tension privé-public dans les
têtes.
Un général britannique déclarait, en regardant les manifestants contre la
guerre en Irak : " Qu'ils continuent de marcher tant qu'ils veulent, tant
qu’ils paient leurs impôts cela ne nous gêne pas " - Peace News , déc.
2004. Guillaume Sarkozy , candidat à la succession de Seillières à la tête
du MEDEF, devait penser comme ce général anglais quand il répondait par un
refus définitif à l'ouverture de négociations salariales dans le privé. "
Tant que vous ne touchez pas nos intérêts économiques vitaux, manifestez
comme ça vous chante ! ".
Il faut dire qu'il est bien épaulé. Les médias nous refont le coup du
silence et du black-out, comme lors du mouvement des chômeurs en 98. Après
l’annonce de l'ouverture de négociations le 11 mars dernier et la manif de
Bruxelles, la mobilisation sociale est tombée aux oubliettes des salles de
rédaction. De même pour le mouvement lycéen, après le vote à marche forcé
de la réforme Fillon dans l’éducation ; les occupations et grèves
lycéennes continuent un peu partout, avec leurs cortèges de violences
policières d’ailleurs, mais les médias n’en parlent plus, ou alors très
peu, comme d’un mouvement complètement retombé après le passage du texte à
l’assemblée.
Pour faire plier les possédants et obtenir quelque chose de substantiel,
il nous faudra plus que quelques manifs " citoyennes ". Comme ces
cueilleurs de tomates nord-américains qui ont gagné une victoire après
trois ans (!) de campagne contre une multinationale, niant sa
responsabilité dans les méthodes esclavagistes usées par ses fermiers
sous-traitants (voir article plus loin). Ce sont ces nouvelles formes de
structuration et de résistance collective, expérimentées ici ou là qui
pourront marquer des points décisifs et rétablir un rapport de forces plus
favorables aux exploité-e-s qu’il ne l'est aujourd’hui.
Nantes le 3 avril 2005




*******
*******
****** Agence de Presse A-Infos ******
Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

INFO: http://ainfos.ca/org http://ainfos.ca/org/faq-fr.html
AIDE: a-infos-org@ainfos.ca
ABONNEMENT: envoyer un email à lists@ainfos.ca avec la commande suivante
dans le corps du message "subscribe (ou unsubscribe) nomdelaliste votre@email".

Les options pour toutes les listes se trouvent à http://www.ainfos.ca/options.html


A-Infos Information Center