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(fr) La question sociale - Le syndicalisme institutionnel

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Tue, 19 Apr 2005 11:25:28 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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Qu’il s’agisse du droit de grève, des luttes en cours ou passées, des
débats sur la protection sociale… on voit partout pointer la question du
rôle et de la nature des syndicats aujourd’hui. C’est un sujet difficile à
déchiffrer et extrêmement sensible en milieu militant, qui fait l’objet de
nombreux débats spontanés liés à des situations concrètes, mais beaucoup
moins de réflexions suivies abordant le problème de front.Le syndicalisme d’aujourd’hui est profondément contradictoire : né pour
remplir un rôle d’organisation pour la lutte antipatronale, il a
développé, au fil des décennies, des fonctions institutionnelles
cogestionnaires. À la base, la première dimension subsiste, en
articulation plus ou moins conflictuelle avec la seconde. Au sommet, elle
est désormais inexistante. Mais la persistance de cette double nature est
aujourd’hui essentielle pour lui permettre de jouer son rôle. C’est elle
qui lui garantit la crédibilité nécessaire, en tant qu’organisation
contestatrice, pour désamorcer les conflits et les canaliser vers des
négociations dont le camp du capital a la maîtrise. Ce qu’il nous importe
donc de saisir, c’est comment se fait l’articulation de ces deux
dimensions pour les différents syndicats, et à tous les niveaux des
appareils, afin de pouvoir pousser les contradictions dans le sens qui
nous intéresse.Le dossier que nous ouvrons dans ce numéro est conçu en deux volets : le
premier portant sur les syndicats existants, ce qu’ils sont et les
problèmes qu’ils posent à ceux qui sont engagés dans les luttes ; le
second sur les formes d’organisation les mieux adaptées pour lutter et le
rôle des syndicats alternatifs. À nos yeux, il s’agit de questions
fortement distinctes. Dans ce numéro, nous n’aborderons que le
syndicalisme institutionnel, laissant celle du syndicalisme alternatif
pour un ou plusieurs numéros ultérieurs.D’emblée, nous nous sommes penchés sur le cas français. Les deux textes
qui en traitent illustrent deux façons de se poser le problème de ce qu’il
est convenu d’appeler la « crise » des syndicats. Le premier tente de
synthétiser ce qui s’est écrit sur la question et met en forme de
nombreuses données utiles, mais, écrit par une personne qui ne vit pas en
France, il aborde la question de façon nécessairement distanciée. Ce qui a
fait débat dans la rédaction, débat qui a débouché sur la rédaction du
deuxième texte, lequel tente de montrer que, selon la position de
l’observateur, le problème change de nature.Deux autres textes traitent des syndicats institutionnels. Le premier, en
Espagne, sous l’angle de leur financement. Le second, en Italie, sous
l’angle de la concertation avec l’État. Deux aspects qui nous ont paru
particulièrement intéressants car, le paysage syndical de ces deux pays
étant très proche de celui de la France, ils nous éclairent par ricochet
sur notre réalité, et sur des questions au sujet desquelles il est
extrêmement difficile de trouver des informations fiables.Signalons enfin que la question du rapport entre syndicalisme et État,
syndicalisme et maintien de la paix sociale et syndicalisme et luttes
déborde de notre dossier et se retrouve posée sous des angles spécifiques
dans plusieurs autres articles ou notes de lecture.

De quelle crise syndicale parle-t-on ?
Pour un point de vue critique sur le syndicalisme institutionnel

Depuis plusieurs dizaines d’années, il est couramment question de crise
des syndicats. Mais force est de reconnaître que, selon que le locuteur
est un patron, un politicien, un bureaucrate syndical, un politologue ou
un sociologue, un salarié Lambda, un gauchiste, un syndicaliste de base ou
un libertaire critique, l’objet du discours varie, même s’il est toujours
classé sous la même rubrique (1).
Pour le politicien ou le patron, le problème est d’avoir en face de soi un
interlocuteur fiable, capable de contrôler les possibles débordements
d’une base souvent imprévisible. D’autant plus imprévisible que, pour les
besoins de la communication gouvernementale ou d’entreprise, on a tenté
ces derniers temps d’effacer l’idée même de lutte de classe et, à cet
effet, d’éliminer les thermomètres qui mesuraient la fièvre et les outils
supposés détecter les signes avant-coureurs des tensions sociales avant
qu’elles ne se surviennent aussi brusquement que des cyclones tropicaux.
Parmi les conséquences “ culturelles ” de la disparition de l’Union
soviétique, de “ l’empire du mal ” et de ses suppôts occidentaux, il y a
l’élimination systématique des outils statistiques qui permettaient à
l’État et au patronat de mesurer le niveau des tensions dans le pays. La
suppression du CERC (Centre d'étude des revenus et des coûts), œuvre de
Balladur en 1994, et la manipulation systématique des statistiques du
chômage par les gouvernements successifs s’inscrivent dans cette tendance
lourde. Du coup, une certaine opacité du social a fini, sur le moyen
terme, par se développer, condamnant patrons et État à naviguer dans le
brouillard – phénomène qui, toutes proportions gardées, rappelle le manque
de fiabilité des statistiques et des outils permettant de comprendre la
société soviétique à la belle époque. Sur le terrain, nous avons du mal à
prendre le pouls de la situation, mais nous constatons aussi que nos
adversaires sont parfois plus ignares que nous.Une des fonctions des syndicats était précisément de signaler la montée
des tensions à ceux qui détiennent le pouvoir, et de leur permettre ainsi,
en désamorçant les conflits les plus déstabilisants, de lâcher du lest
avant qu’elles n’atteignent des niveaux difficilement supportables. Or,
avec la baisse de leurs effectifs et de leur base militante, avec
l’affaiblissement de leur implantation dans les entreprises, cette
fonction de vigie est effectivement en crise.La principale différence entre le point de vue du patron et celui du
politicien, c’est que le premier a aujourd’hui tendance à profiter des
rapports de forces qui lui sont particulièrement favorables pour imposer
des “ réformes ” toujours plus rapides et déstabilisatrices des équilibres
anciens – quitte à se montrer beaucoup plus sage et prêt à composer quand
son entreprise est touchée directement par les grèves et les mouvements
sociaux (2) – tandis que le politicien a généralement tendance à contenir
le flot des réformes exigées par les patrons, soucieux des effets de
destruction que celles-ci peuvent avoir sur l’ensemble de la “ cohésion
sociale ” – la relation entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent,
autrement dit – et sur la crédibilité d’institutions toujours présentées
comme super partes. Institutions dont il peut être amené à assurer la
défense lorsque la pression des luttes ouvrières menace de les mettre en
cause. Les atermoiements du gouvernement Raffarin face aux impatiences du
Medef d’un côté, les accords de Grenelle patronnés par l’État français en
1968 de l’autre, illustrent bien des deux versants de ce scénario.Ce que l’on peut constater sans difficultés, c’est que, dans les périodes
hautes de lutte, patrons et État sont prêts à lâcher du lest et à payer
les syndicats pour qu’ils se chargent de contrôler le niveau des conflits,
alors qu’en période de reflux (et généralement quand les rapports de
forces leur deviennent favorables), ils se montrent plus pingres et
rechignent, les ingrats, à ouvrir les cordons de la bourse, allant même
jusqu’à prétendre se passer de leur collaboration. C’est ce qu’a fait
Berlusconi en 1993, et la déconvenue fut rude : des millions de personnes
descendues dans la rue firent chuter son gouvernement, l’obligeant à
renoncer à réformer les retraites. Le centre gauche reprit alors le
flambeau et le gouvernement Dini, en œuvrant avec moins de brutalité et
surtout avec la collaboration des syndicats, réussit à mener à bien une
réforme de même contenu. Berlusconi a appris la leçon : revenu au pouvoir,
il a poursuivi sa politique “ libérale ” sans prétendre que les syndicats
renoncent à leurs prérogatives institutionnelles.Quand le politicien parle de crise, c’est donc à ce manque de fiabilité, à
cet affaiblissement de la concertation qu’il fait allusion. Au fait que,
lorsque des accords sont négociés, les syndicats sont incapables de les
faire respecter par leur base, ou bien que, du fait de leur faiblesse, la
légitimité de ce qu’ils signent est suspecte aux yeux des salariés. De ce
point de vue, la fonction historique de FO et, plus récemment, de la CFDT
est bel et bien entrée en crise, tout comme celle de syndicats qui
n’existent quasiment que sur le papier et dans les antichambres
gouvernementales, telle la CFTC, ou qui représentent une catégorie bien
précise, généralement soumise, comme la CGC.Le dernier constat à faire, concernant l’attitude des patrons et de
l’État, c’est qu’ils ne se privent jamais d’alimenter la division chez les
salariés : entre stables, précaires et chômeurs, d’abord ; entre les
différentes chapelles syndicales, ensuite ; mais surtout parmi ceux qui
luttent, notamment quand ils sont isolés, qu’ils soient membres d’un
syndicat (quel qu’il soit) ou pas. Dans nos démocraties, on n’oublie
jamais de favoriser les syndicats dits “ d’accompagnement ” (voire les
corrompus) au dépens de ceux qui restent attachés au conflit ; mais, en
cas d’absence flagrante de conflits, on aura tendance à se débarrasser de
toute forme de présence syndicale, considérant qu’il s’agit d’un “
archaïsme ”, donc d’une dépense inutile.
Pour le bureaucrate syndical, le problème se pose évidemment de façon
différente : il s’agit avant tout de s’appuyer sur les tensions sociales
existantes pour démontrer à ses interlocuteurs étatiques ou patronaux que
son organisation est capable à la fois de souffler le vent de la
contestation sociale (ce qui arrive souvent dans des moments de calme
plat, sous la forme de journées d’action ou de déclarations enflammées
dans les médias) et de contrôler les débordements une fois la contestation
enclenchée. Sa crédibilité aux yeux des patrons dépend en effet de sa
capacité à tenir les brides de la contestation chaque fois que la tension
monte, que les mouvements se développent. Le problème principal de cette
figure sociale est de profiter aussi bien des tensions que du calme social
pour inscrire son organisation dans le paysage institutionnel du pays (et
maintenant de l’Europe), en obtenant pour elle des pouvoirs et des droits
en tant qu’institution. Le pouvoir de gestion obtenu par les syndicats
institutionnels à la tête de divers organismes relevant de la protection
sociale au sens large (Sécurité sociale, Assedic, mutuelles, fonds de
pension…) illustre bien le mode de cogestion à la française : le
partenariat avec les syndicats est un pilier de “ l’État social ”. Un bon
exemple des succès durables de cette figure sociale est la façon dont les
intérêts de la CGT ont été préservés au sein du comité d’entreprise d’EDF,
en échange d’une collaboration active qui a garanti la paix sociale dans
l’entreprise pendant un demi-siècle et, partant, le consensus interne sur
le choix du nucléaire. Un exemple de ses difficultés, en revanche, c’est,
toujours à EDF, le résultat du référendum sur la réforme du régime
spécifique de retraites qui visait à légitimer le processus de
privatisation de la boutique : les salariés ont alors infligé une gifle
retentissante aux bureaucraties syndicales et aux accords qu’elles avaient
concoctés avec la direction de l’entreprise.Pour cette figure syndicale, “ crise ” signifie perte du pouvoir acquis
dans les institutions paritaires, mais aussi affaiblissement des liens qui
s’étaient établis de fait avec les hommes politiques par fréquentation des
antichambres du pouvoir, voire avec les représentants du patronat
rencontrés en de multiples occasions et dont il a fini par être
sociologiquement si proche. Chaque fois qu’une “ réforme ” est mise en
chantier sans consultation préalable, c’est un peu de sa fonction sociale
qui est mis à mal. Les tractations actuelles autour de l’institution d’un
service minimum (quel que soit le nom qu’on lui donne) dans les transports
montrent bien que les syndicats sont disposés à lâcher du lest y compris
sur une question aussi essentielle que le droit de grève, à condition que
cela se fasse avec leur étroite collaboration. Rien de différent, en
somme, du scénario mis en place en Italie depuis une douzaine d’années.Le partage des rôles entre syndicats que l’on observe depuis maintenant un
demi-siècle rappelle, en un peu plus complexe, celui du bon et du mauvais
flic patrouillant ensemble : le premier signe tout, le second cherche à
modifier les virgules des accords, le troisième fait part de ses
perplexités, mettant en avant la défense nécessaire des intérêts de
certaines corporations, le quatrième devance les désirs du patronat et le
dernier, lui, ne signe jamais rien (3), mais ne fait rien non plus pour
s’opposer à un accord bidon, sauf quand les salariés sont sur le point de
prendre eux-mêmes l’initiative de la riposte. Des différences de rôle qui
ne changent rien à la nature de la fonction syndicale, mais qui donnent
plus de souplesse à un jeu d’ensemble assez bien rodé. Cela n’exclut
certes pas les conflits, parfois violents, entre bureaucraties. Des
conflits qui, paradoxalement, peuvent ouvrir des espaces à l’action
autonome des salariés – un exemple : ce sont les chamailleries entre
chapelles syndicales qui ont encouragé l’éclosion des coordinations lors
des grandes grèves de la santé et des transports de la seconde moitié des
années 80.
Pour le politologue ou le sociologue observateur du monde syndical, il
s’agit de mesurer de façon “ objective ” le nombre d’adhérents ou de
votants aux élections professionnelles, la distribution du pouvoir, les
formes de la participation institutionnelle, l’émergence d’une couche
spécifique de professionnels du syndicalisme, sans oublier les mouvements
et les logiques internes de ce microcosme bureaucratique, mais aussi les
incohérences de la chaîne du contrôle social, la plus ou moins grande
emprise des syndicats sur le monde du salariat, le niveau de satisfaction
des adhérents en rapport avec leurs motivations – tout cela, bien sûr,
sans remettre en cause les éléments qui fondent la société du capital.
L’analyse fine des différents aspects de la collaboration syndicale cache
– il est facile de s’en rendre compte – la logique de fond de cette
collaboration, la neutralité “ scientifique ” permettant d’éviter des
questions gênantes pour les dominants. Dans la quasi-totalité de la
littérature politologique et sociologique sur la question syndicale, ces
mêmes caractéristiques se retrouvent depuis un bon demi-siècle, et nous ne
sommes pas près de voir la chose se modifier. (Les rares analyses que l’on
pourrait qualifier d’extrême gauche sont souvent porteuses d’autres tares,
dont nous parlerons plus loin.) Cela nous ramène à la fonction sociale de
ces analystes, à savoir permettre à ceux qui détiennent le pouvoir de
comprendre ce qui se passe dans les profondeurs de la société qu’ils
dominent, de gérer les contradictions, de parer au plus pressé en évitant
les affrontements sur la base desquels un sujet social autonome pourrait
finir par se constituer. Dans leur regard de professionnels on retrouve
l’héritage de ceux qui, au XIXe, siècle se souciaient d’analyser le
comportement des “ classes dangereuses ” – les quelques exceptions qui
font tache ne faisant que confirmer la règle : le foisonnement des études
sur les chômeurs, les pauvres ou les jeunes de banlieue au regard de la
minceur des études sur les élites devrait suffire à nous en convaincre.La “ neutralité ” supposée de l’expert correspond le plus souvent à un
refus de mettre en discussion le cadre social existant, autrement dit au
choix d’adopter sans le dire le point de vue du donneur d’ordres. C’est
cette logique, jamais explicite, qui oriente la plupart des recherches
sociologiques, politologiques ou statistiques, ainsi que dans la plupart
des sondages dont les médias nous abreuvent à longueur de journées. Si
certains chercheurs ont su mettre à profit dans leurs travaux la capacité
de critique sociale que le mouvement de 68 nous avait laissée en héritage,
force est de reconnaître que cet acquis a été résorbé depuis, comme
d’ailleurs bien d’autres éléments nés dans les mouvements de l’époque.
Le point de vue du salarié Lambda est à la fois plus simple et plus
compliqué à définir.La syndicalisation se fait très souvent au hasard : on s’intègre dans la
section syndicale de la boîte où l’on débarque pour obtenir un minimum de
protection, on suit l’exemple d’un copain déjà syndiqué, on trouve un
contact avec un syndicat plus ou moins disposé à assumer les emmerdements
prévisibles d’une implantation dans un secteur difficile (comme, on a pu
le voir, dans la restauration rapide ou le nettoyage). Tomber sur un
salarié qui a épluché le programme du syndicat avant de prendre sa carte
est improbable... Les migrations d’un syndicat à l’autre restent elles
aussi le fait d’une minorité et interviennent le plus souvent en réaction
à une compromission syndicale particulièrement énorme – comme, récemment,
le soutien de la CFDT à la réforme des retraites, qui a provoqué le départ
vers la CGT d’un joli bouquet d’adhérents.Son principal souci étant, généralement, de se protéger des abus de son
employeur, le salarié Lambda utilise pour cela les outils qu’il a
couramment à sa disposition : bureaux d’aide juridique, délégués
syndicaux, commissions paritaires, instances diverses de conciliation,
prud’hommes et autres tribunaux administratifs. Il ne se demande pas
pourquoi ces outils ont été mis en place, ni s’ils servent avant tout au
contrôle social ou à l’individualisation des conflits : il les utilise, un
point c’est tout. Une des conséquences collatérales des lois Auroux, qui,
en quelque sorte, consacraient le rôle institutionnel des syndicats, a
été, en renforçant leurs fonctions de négociation, d’accompagnement, de
gestion individuelle des conflits, d’inciter salariés et syndicats à
attendre quelque chose d’un ensemble de procédures juridiques dont ceux-ci
sont partie prenante, et de les encourager, de fait, à délaisser l’action
collective sur le terrain. À l’époque où ces lois ont été introduites,
l’État était prêt à lâcher du lest dans les différentes commissions
paritaires, ce qui crédibilisait ces instances. Aujourd’hui où les
rapports de forces sont nettement plus favorables aux patrons et à leurs
représentants politiques, il ne lâche plus grand-chose et les limites de
l’action juridique apparaissent d’autant plus clairement.Il est relativement exceptionnel que le salarié Lambda se mette à la
recherche d’outils pour lutter collectivement, mais lorsque ça arrive, il
a alors tendance à s’adresser aux syndicats existants, sur la base de
l’idée qu’il sont là pour ça. Et, sans tarder, il découvre qu’ils “ ne
font pas leur métier ”. La déception l’amène alors souvent à se retirer,
quitte à reprendre sa carte temporairement pour obtenir un soutien
juridique à un moment précis, pour monter une section, pour participer à
une élection, pour faire barrage à un patron particulièrement vindicatif.
Parfois il arrive que, pour pouvoir lutter collectivement, on se donne
d’autres instruments. C’est la tendance qu’on a pu observer dans
différents secteurs tout au long des années 80, parallèlement à la
désyndicalisation : les coordinations de cette époque ont su dans certains
cas, portées par l’ampleur des mouvements, faire preuve d’une autonomie
relative par rapport au patronat et à l’État. Le fait que ceux qui en
étaient à l’origine étaient souvent des militants syndicaux n’infirme pas
cette clé de lecture, au contraire : si ces militants avaient eu la
possibilité de se servir des syndicats pour lutter, ils n’auraient pas
cherché à construire d’autres outils ; en le faisant, ils reconnaissaient
implicitement (et parfois même explicitement) qu’il était impossible d’en
faire usage pour la lutte collective. Certes, les syndicats, CGT en tête,
se sont dépêchés de prendre le train en marche pour éviter de perdre le
contact avec le mouvement, et, jusqu’à présent, ils sont parvenus à en
garder le contrôle, ne serait-ce qu’au moment des négociations. Ce qui,
bien sûr, renvoie aux potentialités et aux limites de ces mouvements.Le salarié isolé, qui dans la vie sociale “ normale ” est incapable de
remettre en cause le monde qui l’entoure, peut, dans le contexte d’un
mouvement d’ampleur, éventuellement radical, commencer à se poser des
problèmes d’un ordre totalement différent. Et si les solutions trouvées
jusque-là restent insatisfaisantes, force est de constater que ce n’est
que dans un contexte de ce genre qu’il peut commencer à se les poser.
L’exemple le plus clair reste le mouvement de décembre 1995 : assez bien
anticipé par la CGT (qui avait une peur bleue d’assister à une nouvelle
éclosion de coordinations) puis bien contrôlé au moment des négociations,
lorsqu’il commençait à s’essouffler, il a pourtant permis que se posent
collectivement des problèmes de société, qui malheureusement dépassaient
l’horizon de ses forces et de ses possibilités concrètes.Mais n’oublions pas qu’un contexte de mouvement peut influencer les
comportements, les perceptions et dans certains cas aussi les mentalités
de salariés qui dans la vie de tous les jours ne sont engagés dans rien.
Cette constatation, somme toute banale, tous ceux qui ont participé à une
grève – je veux dire par là à une vraie grève, grande ou petite, peu
importe, mais décidée directement par ses acteurs, et pas à une journée
d’action ou à une mobilisation rituelle – ont pu la faire. D’où la
difficulté à définir le point de vue du salarié Lambda, car il peut se
modifier profondément et rapidement en fonction du contexte.Certains, comme Negri, ont chanté les louanges de l’absence de mémoire des
mouvements, y voyant sans doute une chance d’asseoir leur autorité et
d’imposer leur idéologie. Or, si cette absence de mémoire est difficile à
nier, elle est à replacer dans son contexte historique : autrefois
c’étaient les minorités agissantes (groupes formels ou informels,
associations, milieux professionnels, partis et syndicats “
révolutionnaires ”…) qui se chargeaient de transmettre la mémoire d’un
mouvement à l’autre, en y mettant bien sûr aussi une dose de leur
idéologie. Avec la destruction accélérée des vieilles communautés
prolétariennes et des groupes qui prétendaient les représenter (ou les
influencer), il est somme toute normal que cette déstructuration se
traduise aussi par une perte de mémoire collective, et que les mouvements
s’en trouvent plus désarmés face à leurs adversaires.
Pour le gauchiste (mais aussi pour bon nombre d’anarchistes, notamment
ceux qui pratiquent l’entrisme syndical), la question syndicale se pose en
ces termes : prendre le contrôle de l’organisation dont il est membre ou
tenter d’en influencer la direction – ce qu’il fait inlassablement mais à
quoi il ne parvient jamais. Depuis 1945, jamais un groupe gauchiste n’a
réussi à prendre le contrôle de l’organisation syndicale où il s’était
incrusté ; et ceux qui commençaient à constituer un obstacle à la
stratégie et pour l’exercice des fonctions essentielles de l’organisation
ont été virés. Le dernier exemple en date étant, en France, l’expulsion
des “ moutons noirs ” de la CFDT, qui se sont trouvés contraints de donner
naissance aux syndicats SUD, où l’on voit parfois renaître les mêmes
logiques qui avaient cours à la CFDT.Dans la réalité des faits, le travail des gauchistes consiste à animer des
sections syndicales de base (mais parfois aussi à intervenir aux niveaux
intermédiaires de la hiérarchie syndicale) dans un rôle de porteurs d’eau
pour des confédérations de plus en plus exsangues. Or, si les salariés ont
bien compris que ce n’est pas auprès des syndicats qu’il faut chercher
pour pouvoir lutter collectivement, du côté des gauchistes la persistance
de l’idéologie syndicaliste (idéologie au sens marxien de croyance
largement répandue, sans fondement critique) est telle qu’il est bien
difficile d’arriver ne serait-ce qu’à s’interroger sur le sens et les
problèmes de la crise des syndicats, tout questionnement sur ce sujet
étant pris comme une manifestation pure et simple d’anti-syndicalisme. Ce
genre de personnage attribue cette crise, non sans raison d’ailleurs, à la
montée du chômage et de la précarité, à la vitesse du turn-over, mais
refuse obstinément de s’interroger sur les responsabilités des syndicats
dans leurs propres difficultés. L’attitude la plus courante est celle de
l’autruche : on se contente de propager la foi auprès du travailleur
Lambda, qui n’en a généralement rien à foutre. Parfois, il arrive que l’on
tombe sur des intégristes du “ hors du syndicat, point de salut ”, qui
reproduisent les pratiques bureaucratiques des syndicats jusque dans leurs
propres débats, là où il n’y a même pas l’excuse d’un enjeu de pouvoir,
tant ils ont intégré la mentalité de l’institution qui constitue leur
horizon de vie. Entre les différents courants trotskistes, on relève des
différences mineures, mais réelles : le Parti des travailleurs s’implante
en général à FO, Lutte ouvrière à la CGT ou parfois encore à la CFDT, la
LCR se partageant entre la CGT et les SUD. À des degrés différents, ils
sont animés par une commune logique électoraliste, qui les pousse à
subordonner leur action dans les syndicats à leurs stratégies électorales
respectives. On trouve aussi des anarchistes à l’intérieur des différents
syndicats (qui souvent épousent les discours patriotiques de leur chapelle
lors de leurs querelles), à côté des deux (ou même trois) CNT, qui se
réclament de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire
mais constituent assez rarement autre chose que des petits groupes
affinitaires. Mais les difficultés et contradictions auxquelles sont
confrontés les petits syndicats radicaux ou révolutionnaires sont d’une
autre nature, et n’entrent pas dans le cadre de notre analyse (4).
Le syndicaliste de base se trouve, de nos jours, dans une position
particulièrement inconfortable : entre l’enclume des compromissions de la
haute hiérarchie de son organisation et les besoins pressants, voire les
appels au secours, de ses collègues de travail. C’est lui qui fournit aux
syndicats le carburant dont ils ont besoin pour avancer. Ses tâches sont
multiples : assurer la défense au jour le jour de ses collègues, trouver
des arrangements avec les responsables de l’entreprise (ou du service)
dans des rapports de forces si défavorables que cela relève le plus
souvent du bluff ; mais aussi justifier les choix syndicaux auprès des
collègues et tenter de rendre crédibles les appels à des journées d’action
souvent inutiles décidées au sommet, voire, notamment dans la fonction
publique (à travers la pléthore de commissions où se négocient les
avancements, les reclassements, les mutations), gérer la clientèle du
syndicat ; et puis calmer le jeu face aux collègues qui voudraient en
découdre, faire savoir que bouger maintenant, comme ça, c’est “ aller
droit dans le mur ” ; couper, enfin, l’herbe sous les pieds de ce qu’il
perçoit comme une possible concurrence (d’autant plus dangereuse qu’elle
viendrait d’“ inorganisés ” et pas d’une autre boutique syndicale)...Le syndicaliste de base est généralement honnête et paie souvent le prix
de son engagement en termes de carrière dans l’entreprise – encore que,
grâce aux sociologues, nous savons qu’au cours de ce dernier demi-siècle,
beaucoup d’ascensions sociales se sont faites par les filières syndicales.
Toutefois, dans certains secteurs où le rapport de forces est
particulièrement défavorable, les cas de corruption pure et simple ne sont
pas l’exception (5). Son horizon n’est pas celui d’un changement radical
de société, mais plus simplement de l’implantation et de la survie de son
syndicat dans l’entreprise, la branche, la ville ou le département. C’est
lui qui est le mieux placé pour toucher du doigt les limites de l’action
syndicale et pour constater l’ampleur de la désyndicalisation. Il sait
bien, en effet, que les appels à se syndiquer restent sans effet si leurs
organisations sont incapables d’offrir une perspective permettant de rêver
à une société différente ni, surtout, d’apporter un soutien concret à la
résistance quotidienne et aux revendications d’augmentation de salaire,
d’amélioration des conditions de travail, d’égalité de traitement, ni même
d’assurer sérieusement la défense contre les licenciements et la
répression patronale…Il arrive que, moins embarrassés par le sectarisme idéologique et les
querelles de pouvoir que les gauchistes, les syndicalistes de base se
dotent d’instruments de lutte utiles pour se battre et parfois gagner,
comme les coordinations apparues dans les années 80 dans les transports et
les hôpitaux et, plus récemment, dans l’Education nationale et les métiers
du spectacle. Ils font souvent l’objet de l’intérêt des stratèges des
partis convaincus d’incarner l’avant-garde, qui tentent par divers moyens
de les recruter. Et si certains, parfois, semblent éprouver de la
sympathie pour les références mythologiques (et les pratiques sectaires)
de groupuscules se réclamant du syndicalisme révolutionnaire, il faut y
voir surtout l’expression de leur désorientation face aux difficultés et
aux contradictions de leur position, car de ce côté-là il n’y a guère,
dans l’état actuel des choses, de perspective crédible à la clé.
Pour le “ libertaire critique ” que nous aimerions être, le problème n’est
pas de convaincre qui que ce soit de quitter son syndicat ou ce qui
constitue pour lui une forme de protection minimale, mais plutôt de
chercher à construire des outils supplémentaires à la fois pour se battre
et pour élaborer, et faire partager, un regard critique sur les syndicats,
en évitant de semer ou de cultiver des illusions sur ce qu’il est possible
d’en tirer, notamment quand le but est de changer en profondeur les
rapports sociaux, le mode de production et de distribution de la richesse
sociale (6). Mais comment définir un point de vue pertinent ? Avec quels
critères et selon quelle logique ?En premier lieu, il s’agit de mettre au centre de notre réflexion la
relation entre les buts et les moyens, cette relation fondamentale sur
laquelle Malatesta n’a cessé d’insister à son époque. Donc de se
questionner : Que cherchons-nous à comprendre et à détecter dans une
situation sociale (ou un mouvement) donnée ? L’État (au sens large de
structure assurant le contrôle social) est-il un instrument utilisable
lorsque l’on cherche à modifier radicalement les rapports sociaux ?
Peut-on s’en remettre à des structures qui à la fois perdent leurs
adhérents et voient leur survie dépendre de plus en plus directement de
l’État ? Comment renverser les rapports de forces, dans un service, une
boîte, un secteur, et autant que possible dans la société tout entière,
avec des forces pour l’instant fort modestes, sachant qu’il s’agit d’aider
des mouvements à démarrer, à se structurer, à durer, à s’imposer, à
s’élargir à l’échelle de la société, du pays, du continent ? Les
organisations existantes peuvent-elles nous aider à y parvenir ? Cela
arrive parfois, oui. Mais qu’elles imposent leur propre logique ou se
plient à celle des mouvements (comme ce fut le cas en 1998 avec le
mouvement des chômeurs, limité mais réel, et, plus récemment, avec celui
des intermittents du spectacle, qui a obligé la CGT à le suivre pendant un
moment) est loin d’être neutre.Dans le rapport de forces, la façon dont sont compris les enjeux, les
motivations des différents acteurs, les buts à atteindre, n’est pas
secondaire, ni d’ailleurs l’imaginaire de ceux qui luttent, la façon dont
ils conçoivent la société qu’ils voudraient construire et les rapports
qu’ils cherchent à mettre en place dès le premier jour. Car ces éléments
pèseront dans le développement de la lutte. Il est donc nécessaire, à nos
yeux, de faire un travail de décryptage (y compris en s’intéressant à la
littérature sur les classes sociales), pour y déceler les éléments qui
peuvent nous servir, en se lestant de l’idéologie dominante qui ne cesse
de faire son chemin dans les esprits.C’est pourquoi on ne peut se permettre d’oublier la double nature du
syndicat, à la fois instrument de lutte et moyen de contrôle social -
chose que les intégristes du “ hors du syndicat point de salut ” effacent
de leur horizon d’analyse. Une double nature qui autrefois s’incarnait
dans la dichotomie syndicats révolutionnaires / syndicats réformistes, les
uns et les autres étant alors porteurs d’un projet, différent, de
transformation de la société. Mais comment parler aujourd’hui ce langage
du début du siècle passé, sachant qu’aucune confédération n’a plus de
projet de société et que toutes se bornent à gérer la boutique et les
acquis dans le cadre politique et social existant ? Il faut bien, jusque
dans le langage, établir une distinction entre les syndicats
institutionnels (tels qu’ils existent vraiment, reconnus par le pouvoir et
le patronat) et ceux, tous petits, qui se veulent porteurs d’un regard
critique ou d’une option “ révolutionnaire ”.Mais on ne peut non plus se borner à répéter les arguments des
conseillistes d’il y a un demi-siècle, qui prendraient aujourd’hui
facilement l’allure d’un anathème contre ceux qui s’obstinent à utiliser
l’outil syndical. Ne faut-il pas plutôt, tout en faisant le constant de
l’intégration, des tares, des faiblesses des syndicats, chercher aussi
d’autres instruments de défense des salariés qui soient l’expression de
leur volonté autonome et qui leur permettent de se constituer en classe
pour soi, et cela dans le conflit, dans la lutte ? Sans en rester, donc, à
un constat de sociologues ou de gardiens de la pureté de la lutte des
classes.Nous sommes bien conscients que la crise actuelle des institutions du
vieux mouvement ouvrier, celui que l’on a connu aux XIXe et XXe siècles,
est un passage douloureux. Mais ne faut-il pas essayer de déceler dans ce
moment de crise les facteurs d’espoir, les possibilités de rupture, les
premières manifestations d’autonomie, les noyaux de solidarités nouvelles
qui cherchent à se frayer un chemin ?De ce point de vue, la fin de “ l’empire du mal ” est une chance : elle
permet que l’émancipation des travailleurs soit enfin envisagée comme
devant être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, et non plus d’un parti de
spécialistes de la révolution prétendant s’en charger à leur place. La
crise des syndicats-institutions que nous connaissons aujourd’hui détend
les mailles du contrôle social qui bouchait l’horizon de toute lutte
radicale. Je pense en particulier à la grève des cheminots de 2001 : avec
une CGT toute-puissante, jamais elle n’aurait existé (7). Et le
corporatisme des grèves des années 80 peut lui-même être interprété de
façon moins négative (8).L’angle d’analyse choisi n’est pas sans conséquences pratiques. Non
seulement dans la perspective d’un changement de société, mais aussi dans
l’immédiat, où il s’agit entre autres de répondre à une répression
patronale et étatique dirigée contre les salariés qui luttent (dont pas
mal de syndicalistes) : force est de constater que les syndicats sont
généralement inactifs, inefficaces, absents, et que les quelques
initiatives prises pour assurer leur défense viennent de réseaux de
soutien ou de militants syndicaux de base, restés pour l’instant isolés.
Réussiront-ils à se fédérer et à fédérer les énergies de salariés avec ou
sans étiquette syndicale afin de parvenir à une action d’ampleur, ou
resteront-ils prisonniers de logiques de chapelle génératrices
d’impuissance ?
Ch. de Gouttière

Notes

1) Il va sans dire que la grossière typologie que je dresse ici peut
connaître des exceptions, des croisements, et bien sûr beaucoup de
nuances. Nous savons bien que “ tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir
”, mais, si l’on veut saisir les différentes nuances de tons, il faut bien
commencer par fixer les couleurs de base de la palette.2) Voir par exemple les préoccupations qui s’expriment dans l’article de
Jacques Trenteseaux, “ La montée des extrémistes ” (Enjeux-Les Échos,
novembre 2002, p. 72-78), après les grèves à McDo de 2001-2002, où
l’auteur met explicitement l’accent sur la nécessité de disposer de “
syndicats puissants et responsables ”, seul barrage contre la montée du “
radicalisme ”.3) C’est de moins en moins vrai... depuis que la CGT a négocié son entrée
dans la Confédération européenne des syndicats. Coïncidence ?4) En attendant que nous abordions cette question, le lecteur qui lit
l’italien pourra se reporter au débat sur la bureaucratisation du
syndicalisme alternatif qui s’est développé dans les pages de la revue
milanaise A, rivista anarchica, avec comme point de départ l’article “ Un
lavoro duro ed oscuro ” de Cosimo Scarinzi, auquel plusieurs militants
syndicaux libertaires réagissent (numéros de juin et d’octobre 2004,
consultables en ligne : http://www.anarca-bolo.ch/a-rivista).5) Dans les entreprises sous-traitances de nettoyage notamment, c’est
notoire, et d’autant plus scandaleux que cela se fait avec la complicité
du plus haut niveau des hiérarchies confédérales, qui ont su monnayer leur
silence et leur passivité contre des financements indirects.6) A ma connaissance, la dernière tentative en ce sens remonte à 1993,
avec la publication du numéro 3 des Cahiers du cercle Berneri, entièrement
consacré à la crise des syndicats en Europe occidentale.7) Voir “ Grève des cheminots : vous avez dit "corporatisme" ? ”, Tsunami
n° 3, printemps 2001, p. 14-18.8) Ch. de Gouttière, “ Autour des grèves de l’automne 1988 : les
coordinations face au syndicalisme ”, Les Cahiers du doute n° 3, p. 28-50.

Textes extraits de La Question sociale # 2, revue libertaire de réflexion
et de combat.
La Question sociale
c/o Librairie Publico
145 rue Amelot
75011 Paris
laquestionsociale(a)hotmail.com

192 pages. Prix du numéro : 7 euros (étranger 14 euros).
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Abonnement de soutien, étranger, institutions et bibliothèques : 40 euros.

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