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(fr) Argentine : histoire de l'hôtel autogéré Bauen

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 7 Apr 2005 18:49:59 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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http://ainfos.ca/index24.html
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Le 21 mars dernier, deux ans se sont écoulés depuis la récupération de
l'Hôtel 3 Etoiles BAUEN, aujourd'hui autogéré par ses travailleurs et
travailleuses. Il est géré aujourd'hui par 100 personnes organisées en
coopérative. Malgré le fait de ne pas avoir de figure juridique, ils ont
célébré cet anniversaire dans un auditorium bondé. Aucun des présents
n'a voulu perdre l'occasion d'entendre les paroles de ceux et celles qui
se sont battus pour cette récupération de l'hôtel, qui est également
utilisé comme espace de rencontre pour les organisations ouvrières.

____________


Il a été célébré le 21 mars dernier, dans l'auditorium de l'hôtel qui
tant de fois a été prêté pour des conférences d'organisations ouvrières,
des réunions de travailleurs et de chômeurs comme pour des évènements
culturels, le deuxième anniversaire de la récupération de l'hôtel.

L'émotion et la joie a empêché beaucoup de travailleurs et de
travailleuses de terminer leurs phrases de remerciement à la présence de
tous ceux et celles qui n'ont pas voulu rater la fête.

Deux banderoles en rapport à l'autogestion rappelaient la lutte des
travailleurs pour éviter la fermeture de l'hôtel. L'une d'elles réclamait
"l'expropriation définitive maintenant." En effet l'hôtel ne possède
pas de figure juridique qui permette son exploitation. Mais cela n'a pas
empêché les travailleurs/euses de fêter l'audace d'avoir réouvert ce
domaine situé dans le coeur de Buenos Aires. "Nous avons la force de
continuer à nous battre, d'abord pour la légalisation de l'occupation
temporaire et ensuite pour l'expropriation définitive", a expliqué Fabio
Resino, représentant du Mouvement National des Entreprises Récupérées
(MNER), qui a participé à la lutte des travailleurs-euses. "Je voudrais
demander à nos gouvernants de se rappeler de nous.", a imploré Gladys
Alegre et Eva Losada a ajouté : "Cela est assez difficile pour nous.
Nous ne sommes pas des politiques, nous sommes de simples
travailleurs-euses qui luttons pour notre source de travail."

Une projection de diapositives a retracé le début du conflit au plus de
200 personnes présentes tandis que Fernando Arana, travailleur du Bauen,
relatait le procesus d'occupation de l'établissement et sa mise en
marche. "Après une année de contact avec nos collègues, nous avons été
aidés pour former une coopérative. Nous sommes allés à une réunion à
Chilavert (imprimerie récupérée) et le 21 mars 2003 avons décidé de
prendre les installations de l'hôtel." Après cette prise, ils ont réussi
à ce que le juge en charge du conflit leur octroit la garde de
l'immeuble. "Nous devions simplement occupé les installations sans même
avoir d'argent pour manger. Nous demandions de l'argent aux feux de
signalisation." En juin 2004, fatigué(e)s de ne pas avoir de réponse de
la justice, ils ont fait l'expérience de remonter une entreprise.
Marcelo Ruarte, président de la coopérative, s'est exclamé : "ce
procesus n'ont a donné une liberté qui ne nous avait jamais été donnée".

"Un jour comme aujourd'hui, il y a deux ans, nous sommes rentré(e)s ici
avec le MNER et des assemblées de quartier", Fabio Resino a réalisé un
résumé du procesus de récupération : "Il y avait une poignée de
travailleurs-euses avec beaucoup de peur, avec beaucoup de doutes de
pouvoir faire fonctionner cela, mais aussi avec beaucoup d'espoir de
pouvoir récupérer le travail qu'ils avaient perdu un an et demi
auparavant. Cela s'est passé il y a deux ans et il y a dix mois, nous
avons pris ensemble la décision politique d'ouvrir cet hôtel, au-delà
des décisions judiciaires".

Le Bauen avait été vendu en 1997 au groupe chilien Solari S.A pour 16
millions de pesos (équivalents dollars à l'époque). A partir de cette
date et jusqu'en 2001, cette entreprise n'avait payé qu'une partie de
l'immeuble. Cette même année l'entreprise fait faillite. Les Lurcovich,
famille propriétaire original de l'hôtel, ont alors réclamé au juge la
restitution de l'immeuble en argumentant l'absence de paiement total. Le
magistrat a accepté la demande de la famille mais à la condition qu'elle
rende au groupe Solaris l'argent versé, ce qui jusqu'à présent ne s'est
toujours pas réalisé.

Après la faillite, le magistrat a autorisé les travailleurs-euses à
continuer le fonctionnement de l'hôtel, sous supervisation d'un syndic.
Cependant, en raison du fait que l'hôtel était toujours déficitaire, le
28 décembre 2001, le syndic a décidé sa fermeture. Durant l'année 2002,
l'hôtel était fermé et ses employé(e)s au chômage. A la fin de cette
année, une partie d'entre eux est rentré en contact avec le MNER et le
21 mars 2003 ils ont réalisé l'occupation. Les travailleurs-euses sont
entré(e)s par une porte postérieure et ont trouvé un lieu abandonné,
avec l'entrée bouchée, les chambres scellées et l'intérieur rempli de
nuages de poussière.

(…)" Quand nous avons pris cette décision, nous étions 32 et aujourd'hui
il y a plus de 100 compagnons dans cette coopérative", a continué
Resino. "On est passé d'une rémunération de 100, 200 pesos à un salaire
moyen de 700 pesos. Quand nous avons décidé de réouvrir le Bauen, nous
ne l'avons pas fait seulement en pensant aux bénéfices personnels, nous
avons discuté pour que tous les travailleurs qui se battent ainsi que
les organisations de chômeurs aient cet espace comme lieu de
coordination. C'est pour cette raison qu'il est courant de voir dans ce
même salon les travailleurs du métro de Buenos Aires discuter de leurs
luttes, d'y voir les chômeurs, les organisations populaires et cela nous
rempli d'orgueil. Il y a deux ans, les compagnons et compagnes de cette
coopérative n'avaient pas d'expérience syndicale et encore moins
d'expérience politique. La semaine dernière, ils ont parcouru 1 200
kilomètres pour être au côté des travailleurs de la céramique Zanon (la
plus grande entreprise récupérée, le "fer de lance" de la lutte) qui
étaient menacés par le gouvernement provincial."

Durant cette soirée, il a également été lu des dizaines d'adhésions de
soutien dont une du Vénézuéla. Dans l'assemblée, il y avait un large
spectre de militants mais aussi des députés et des personnalités, qui
au-delà de leurs différences, ont unanimement pris la défense de ce
hôtel qui auberge des solidarités.

Agence Red Accion (ANRed)
redaccion@anred.org
5 avril 2005
Traduction : Fab (santelmo(a)no-log.org)




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