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(fr) Manif contre l'expulsion du squat Exil - Zurich

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Mon, 27 Sep 2004 23:19:42 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Zürich: compte-rendu d'une manifestation nocturne de soutien à EXIL et
autres espaces occupés
Ce samedi 25 septembre 2004 à 20h avait lieu une manifestation contre
l'expulsion de EXIL (qui peut survenir dès le 29 septembre prochain), et
pour la défense des espaces squattés, menacés par une récente modification
de la loi (voir squat.net/fr/news/zurich260904.html).
Rendez-vous était donné à 20h dans Baeckeranlage, parc situé dans un
quartier populaire de Zürich, non loin de feu-Egocity et de Kalki, espace
d'activités et d'habitation occupé dans la foulée de l'expulsion d'Egocity
en janvier dernier. Tout autour du parc, un dispositif policier est
déployé pour "aceuillir" les manifestant-e-s et contrôler les identités.
Deux personnes seront d'ailleurs arrêtées, pour être en possession de
lunettes protectrices. Seule une entrée permet d'éviter la fouille, et
c'est assez vite quelques centaines de personnes qui s'y retrouvent, pour
entamer une manif ponctuée de quelques slogans en allemand et français,
secouée par des pétards et autres feux d'artifice.
L'atmosphère est assez tendue, du fait de la forte présence policère
initiale, et le début de la manif est marqué par quelques hésitations et
mouvements de foule, au gré du rapprochement de véhicules anti-émeute. Des
cagoules, masques et capuches apparaissent de toutes parts, et c'est sur
un ton très combattif que la cortège, rassemblant alors quelques 400
personnes, entame une marche rapide àtravers les rues. Un camion sono
ayant finalement réussi à contourner le filtrage policier rejoint la
manifestation, qui prend des allures de Reclaim The Streets, avec
alternance de musiques techno, punk ou disco, entrecoupées de déclarations
au mégaphone.
La manifestation traverse divers quartiers résidentiels. Des habitant-e-s
se montrent aux fenêtres, saluent, agitent les mains et allument des feux
d'artifice pour certain-e-s. Divers slogans pro-squat sont peints à la
bombe sur les murs le long du trajet, ainsi que beaucoup de graffitis, les
tagueurs locaux semblant avoir pris pour habitude de se mêmer aux
manifestations pour décorer les murs (ce qui ne va pas sans heurs,
certain-e-s manifestant-e-s interpelant vertement les taggeurs, leur
reprochant de noyer le message politique dans une entreprise toute
personnelle).
La manifestation rejoint alors des zones plus commerciales. Hormis les
graffiti, le cortège fait preuve d'une relative discipline collective, et
les vitrines de banques et autres gros concessionnaires automobiles sont
épargnées. L'objectif politique semble être celui d'une démonstration de
force, sans verser dans l'affrontement direct avec les flics. Arrivé
devant un tunnel, le camion-sono accèlère, et la manifestation pique un
sprint jusque de l'autre côté, pour ne pas laisser le temps à la police de
prendre les manifestant-e-s en sandwich au milieu. Des camions à eau et
autres véhicules anti-émeute se font voir au bout, bloquant le passage
vers le centre-ville, et quelques projectiles commencent à voler en
direction du barrage policier. La manifestation prend cependant soin de ne
pas s'arrêter, et poursuit sa route sur le côté.
Arrivée sous un pont de chemin de fer, la manifestation applaudit le
déploiement d'une banderole, mais remballe vite son enthousiasme quant une
ligne de flics anti-émeute se déploie à l'horizon, et que des camions de
police se font voir derrière. Nouvelle bifurcation, seconde accélération.
Tout le monde se met à courir, pour passer le boulevard avant les flics,
et empêcher que ceux-ci ne saisissent le camion-sono. En bout de course,
c'est un peu la pagaille. Le camion-sono est parti, et des groupes de
personnes arrivent en ordre dispersé. Quelques personnes se frottent à la
police sur l'arrière et tentent de bloquer son avancée en déplaçant
quelques véhicules, tandis que la manifestation se disloque, des petits
groupes partant dans diverses directions. Il est 23h et des poussières.
Au bilan, une manifestation dynamique et déterminée, mais dont la
lisibilité politique laissait à désirer. Peu de banderoles et pancartes,
sinon sur le camion-sono, de trop rares slogans, et des tracts explicatifs
distribués avec parcimonie. Un bon acceuil de divers-e-s passant-e-s, mais
une certaine incrédulité pour d'autres, que les diverses actions de
communication [1] menées les jours précédents n'auront probablement pas
atteint, s'il s'agit de toucher une plus large audience que les milieux
déjà sensibilisés. Néanmoins, une marque de détermination certaine en
direction de la police et des autorités, qui doivent y comprendre qu'ils
ne viendront pas au bout des squats sans mal. Un moment dans la résistance
des squats zurichois, en tout cas.
[1] Entre autres collages, diffusions de tracts et de communiqués, une
heure d'information sur EXIL a été programmée sur Radio Lora
(http://lora.ch/), station FM locale alternative (également accessible via
Internet).
------

EXIL est l'un des derniers grands squats d'activités à Zürich, composé
d'un espace d'activité hébergeant notamment une salle de concert ainsi
qu'un atelier de sérigraphie, d'une maison d'habitation, ainsi que d'un
"wagenburg" (camp de roulottes et camions), au sein desquels vivent
quelques 30 personnes. Le lieu est occupé depuis deux ans, et propose une
programmation régulière d'activités depuis.
Il y a tout juste deux semaines, les occupant-e-s d'EXIL ont appris qu'ils
et elles en seraient en expulsé-e-s le 29 septembre 2004. Le propriétaire
n'est autre qu'Andreas Eberle, grand propriétaire et speculateur suisse,
qui s'est maintes fois fait remarquer pour son zèle à expulser les maisons
occupées (le squat Egocity, expulsé et rasé début janvier 2004, lui
appartenait) et ses magouilles financières (il a du par deux fois se
présenter devant le juge, pour ne pas avoir payé ses ouvriers, et pour
avoir détourné plus de 100 000 francs de l'état suisse, destinés à la
transformation d'une maison en logement social).
Mais au delà du risque immédiat de voir un espace autogéré disparaître,
c'est la possibilité même d'inscrire des projets d'occupation de maisons
abandonnées dans la durée qui se voit aujourd'hui menacée. Jusqu'à
présent, il fallait à un propriétaire un projet concrêt de reconstruction
de son bâtiment pour pouvoir en expulser les occupant-e-s. Il lui fallait
alors réunir permis de construire *et* permis de démolir pour que la
police entre en scene. Mais une subtile modification de la loi, survenue
récemment, ouvre la porte à l'expulsion systématique des maisons occupées:
le propriétaire n'a désormais besoin que d'un permis de démolir pour
expulser (disponible dans de brefs délais), sans forcément de projet à
l'appuis.
EXIL est le premier espace a être directement victime de cette
modification légale, son propriétaire n'ayant aucun projet de construction
sur le terrain. Sa défense mobilise donc, au delà de l'habituelle
solidarité intersquat, nombre de squatteurs et squatteuses concerné-e-s
par cette nouvelle mesure. Diverses actions ont déjà eu lieu pour soutenir
le squat, parmis lesquelles divers slogans de soutien peints à la bombe et
collages sur les murs de Zürich, ainsi qu'une déambulation à vélo à
travers la ville le 20 septembre dernier. Rendez-vous était donné ce
samedi 25 à 20h, pour une large manifestation contre l'expulsion d'EXIL,
dans la constitution plus générale d'un rapport de force visant à empêcher
la destruction de tous les espaces autogérés squattés, dans une ville ou
l'occupation de maisons abandonnées est de plus en plus difficile.
darkveggy <darkveggy(a)squat.net>

[ Infos reprises du site http://squat.net/fr/ ]



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