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(fr) Alerte Magouilles radioactives à Feurs !

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Fri, 15 Oct 2004 01:04:33 +0200 (CEST)


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Branle bas de combat contre l'empoisonnement radioactif !
A Feurs, la population et les salariés disent NON !!!

Vendredi 8 octobre, à 20h30, la salle de la Maison de la commune est
comble. Près de 250 personnes sont venues à cette réunion publique
convoquée par l'Association pour la Défense de la Santé et de
l'Environnement (ADSE) et la Commission de Recherche et d'Information
Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD).Les visages sont inquiets et
l'ambiance est tendue. Pour cause !

De quoi s'agit-il ?
Les salariés de la fonderie Feurs Métal (450 personnes) alertent la
population forézienne sur les dangers extrêmes d'un projet industriel
hautement mortifère.
Ils sont épaulés par leur syndicat CGT, l'ADSE, une association locale,
et la CRIIRAD, une commission indépendante, dont la réputation est
fameuse pour son intégrité militante en matière de lutte contre
l'empoisonnement radioactif.
L'objectif est de mobiliser la population, les mondes associatifs et
syndicaux, afin de stopper le projet de Mr Jean Luc Gambiez, le patron
fou de Feurs Métal, entreprise appartenant au groupe AFE, une
multinationale de la métallurgie.
Non moins fou est le préfet de la Loire qui a autorisé ce projet, par
arrêté du jeudi 30 septembre 2004.
Non moins fous sont les élus, ainsi que les patrons de la nomenklatura
forézienne, qui lui ont accordé leur bénédiction !
Non moins fous sont les fonctionnaires de la DRIRE et les experts
officiels qui acquiescent à ces décisions irresponsables !

D'après l'ADSE, "la Direction du groupe AFE envisage de retraiter des
ferrailles contaminées, voire faiblement irradiées issues de la filière
de l'Uranium sur le site de Feurs Métal."
L'usine de Feurs Métal est dans un état de vétusté et d'insalubrité
avancée. Les ouvriers en témoignent publiquement. Elle est entre autre
spécialisée dans le recyclage de ferrailles spéciales. En particulier,
elle s'occupe des piles salines et alcalines, par le biais de l'unité
autonome VALDI (une trentaine de salariés), qui possède une concession à
vie dans la filière. Le garde pêche a retrouvé des piles dans la Loire,
mais pas que ça. Et il n'est pas le seul à avoir constaté des pollutions,
parfois grave, de l'environnement... Des procès sont en cours contre la
direction de l'usine.
Pourquoi les ouvriers sont-ils inquiets ? Avouez qu'il y a de quoi ! La
vétusté des installations, les pollutions "accidentelles" ... Il y a
beaucoup de raisons de s'inquiéter...

Déjà, en 1983, un premier scandale est étouffé. L'usine retraitait des
matériaux irradiés à l'insu des salariés et de la population.
Puis, en 1996, l'usine déverse dans les égouts des produits toxiques
issus du traitement des films gamma graphiques.
Le 6 février 2000, un four à arc explose. Six personnes sont blessées par
brûlures dont deux très grièvement.
Ensuite, en avril et octobre 2003, la vétusté des installations
occasionne des dégagements de métaux lourds dans les fumées. Sous la
pression du syndicat, certains cadres seront ensuite sanctionnés pour
avoir tenté d'empêcher les ouvriers de sortir de leurs ateliers. Ceux-ci
fuyaient l'asphyxie.
La population fut évacuée à 50 m. Ceux qui résidaient à 55 m, et au delà,
ne furent pas évacués, car considérés comme hors d'atteinte des
brouillards envenimés.

La dame de la médecine du travail témoigne quant à elle que l'usine de
Feurs était déjà réputée à Paris, dans les années soixante, pour ses
maladies professionnelles. Aujourd'hui, c'est pareil, sauf que d'autres
maladies sont concernées.

Le nouveau projet concerne le démantèlement de la centrale du Tricastin.
Rien moins que ça ! 120 000 tonnes de ferrailles contaminées à retraiter,
d'ici 2012. Il s'agit des containers de la société SOCATRI, ayant servi à
transporter de l'uranium appauvri et faiblement enrichi, ainsi que les
tuyauteries de la société Eurodif. Un premier essai concernera quatre
coulées, 20 tonnes en tout. À 1 becquerel par gramme de radioactivité
moyenne, d'après les dossiers de la DRIRE, on obtient pour ces vingt
tonnes : 2 millions de becquerels, pour ce simple essai ! Ça promet !

Le procédé de retraitement est basé sur un mensonge grossier et éhonté :
prenez 20 % de ferrailles irradiées, mélangez les à 80 % de ferrailles
saines, et le tout sera acceptable pour la consommation civile courante
des biens de consommation. A lui seul, ce bobard mériterait une
condamnation pour tentative de crime contre l'humanité par empoisonnement
radioactif de populations civiles !
En fait, on obtiendrait 3 600 000 T de ferraille contaminée, c'est à dire
5 fois plus.
Allez savoir ce que vont devenir les ferrailles concernées. Les
procédures de traçabilité invoquées par les experts pour rassurer les
naïfs ne sont que des foutaises. Quelques mensonges de plus. Dans le
milieu industriel, tout le monde sait que cette "traçabilité" est quasi
impossible à obtenir dès lors qu'on atteint les cycles de recyclage
ultérieurs. C'est à dire qu'on pourra difficilement suivre la matière
contaminée au delà de sa deuxième vie, au cours des cycles multiples de
retraitement. Lorsque l'on sait que les effets de la radioactivité
mettent plusieurs milliers d'années, au minimum, à s'estomper, imaginez
l'ampleur du désastre.

Cette opération crée un précédent gravissime : par ce procédé, on
contourne la législation française, qui interdit d'utiliser les déchets
du nucléaire dans les produits de consommation courante. Alors les
becquerels, où va-t-on les retrouver, dans un avenir plus ou moins
éloigné ?
Sur les rivages de l'estuaire nantais, suite aux pollutions possibles de
la Loire ? Où bien dans l'acier de construction de nos futurs immeubles
d'habitation, de travail, de loisir ... ? A moins que ce ne soit dans les
futures canettes de Coca, dans les châssis des lits d'hôpitaux, ou bien
même dans les composants métalliques de nos autos et des jouets que nous
offrirons à nos enfants.
Allez savoir !
Il sera bien temps là de déclencher une enquête épidémiologique pour se
laver de la misère créée, à défaut de pouvoir inverser les taux de
leucémies en constante progression !
Bénévoles et bonnes consciences de tous horizons, il va falloir filer
votre pognon à la recherche sur le cancer. On déduira 50 % de vos dons
sur vos revenus imposables, grâce à la loi Coluche.

L'usine pourrie est au cœur de la bourgade forézienne (7877 habitants, au
recensement de 1999), rejetant ses trop pleins de merde dans le fleuve le
plus long de la France et dans l'atmosphère d'un pays de terroir. Ses
employés, embauchés ou précaires, viennent de toute la région, contraints
à travailler dans des conditions d'hygiène et sécurité déplorables, sous
l'autorités de cadres irresponsables, menteurs et méprisants !
Les ouvriers de Feurs Métal comptent d’autres calamités. Outre les
conditions d’hygiène et sécurité dégradées, ils endurent aussi les
méfaits économiques des délocalisations. AFE a expédié une partie des
activités de Feurs Métal en Slovaquie, à Robotnicka, là où ils peuvent
empoisonner les gens pour bien moins cher. Depuis un an, on compte une
centaine d’emplois en moins, rien que sur le site de Feurs.

Les bandits en col blancs sont sans scrupules. Avec ce nouveau projet,
ils dépassent toutes les limites. Il faut dire que le cours des
ferrailles sur les marchés boursiers mondiaux s'est récemment envolé de
120 %. Certains comptent les (gros) sous ! On ne peut imaginer la
totalité du pactole que si l'on envisage qu'après Tricastin, il y aura
plein d'autres centrales à démanteler.
C'est effrayant.

La réunion est conduite par le délégué CGT de la boîte. Il raconte le
dossier. Le représentant de la Fédération Rhône Alpes de Protection de la
Nature (FRAPNA), une institution de défense de l'environnement dépendant
du préfet, tente ensuite d'expliquer pourquoi sa chef (absente à la
réunion) s'est abstenue de voter contre le projet. Mais que peut-être, au
vu des multiples incohérences et insuffisances du dossier qu'ils n'ont
pas manquées de souligner, ils envisageraient de reconsidérer leur
position. - Ben ..., faudra bien vous résoudre à choisir votre camp, et à
en assumer toutes les conséquences !

Les ouvriers au début, peinent à se faire entendre. Leur parole est moins
facile. Mais dès qu’ils obtiennent l’attention de l’assemblée, chacun y
va de son témoignage. Ils décrivent les accidents que nous avons évoqués.
Ils parlent de la vétusté de leurs outils de travail.
Lorsqu'au fil des interventions citoyennes, quelqu'un évoque de demander
leur soutien aux élus, les ouvriers répondent que les élus étaient au
courant du projet et qu'ils ont donné presque tous leur accord.
Un autre absent notoire de la réunion est d'ailleurs Monsieur le Maire.
Il a quand même envoyé quelques adjoints afin d'expliquer qu'il s'était
rendu à une réunion de travail à Monsac (en Dordogne). Lorsque l'ADSE
demande à Mme l'adjointe s'ils pourront s'installer sur le marché de
Feurs, mardi 12 octobre à 9h, histoire de ne pas se faire sortir comme la
semaine
précédente sur le marché de Montbrison, avec leurs panneaux et leurs
pétitions, celle-ci répond après de longues hésitations par une vague
question : "De quelle taille les panneaux ?".
L'assemblée est outrée, et le délégué syndical intime aux représentants
de la Mairie que pour le soutien, ou c'est oui, ou c'est non. C'est pas
oui peut être et peut-être que non.

Nous sommes tous concernés ! Ouvriers, commerçants, résidents du comté de
Feurs, habitants et travailleurs du Forez, de France, de Navarre et de
partout ailleurs. Cette certitude revient comme un leitmotiv au cours de
la soirée.
Il faut stopper cette saloperie. Tout le monde est d'accord !
Comme première action, une manifestation est programmée pour le samedi 23
octobre, à 9h, devant le siège de Feurs Métal. Elle déambulera ensuite
dans les rues de la commune.
D'ici là, toutes les énergies militantes sont bienvenues pour :
- sensibiliser la population, les syndicats, les mouvements associatifs,
sur les dangers de ce dossier.
- faire signer la pétition en vue de retarder le projet par le
déclenchement d'une enquête publique. 20 000 signatures sont requises au
minimum.
- mobiliser la population pour la manifestation. Il est en effet
important de marquer un grand coup pour cette entrée en matière, même si
nous sommes convaincus qu'une simple manifestation ne suffira pas à
stopper le projet.

La lutte sera difficile, mais nous sommes déterminés à vaincre !
La FRAPNA évoque la possibilité d'associer les experts de la CRIIRAD aux
groupes d'experts officiels. Cela est bien loin d'être suffisant. Comme
il a été rappelé, l'objectif absolu est de stopper le projet, et non pas
d'envisager d'éventuelles négociations qui consisteraient à rendre le
projet acceptable, aux yeux de l'opinion publique et des ouvrier de
l'usine. Au pire, si de telles réunions venaient tout de même à exister,
il faudrait y associer les organisations ouvrières, commerçantes, le
mouvement associatifs, les organisations de défense de l'environnement et
de la santé, la population au travers de ses individus les plus variés .
Leurs voix ajoutées, ne devraient pas être consultatives, mais bien
décisives et majoritaires.

Une autre décision est prise par l'assemblée, c'est l'organisation d'une
consultation référendaire des électeurs à l'échelle du comté. Nous
restons critique par rapport à cette décision, même si nous la
respectons. Cette consultation citoyenne ne risque-t-elle pas de faire
double emploi avec la pétition ? Le pari de compter sur les électeurs,
dans un contexte plus officiel n'est-il pas risqué ? On risquerait de
s'apercevoir qu'il y aura des votes favorables au projet. L'état et les
patrons sont en effet maîtres dans l'art de la propagande. Il n'est pas
exclu qu'une partie de l'électorat succombe à leur communication.
Déjà, la direction d'AFE émet un chantage à l'emploi, invoquant 6000
postes concernés, et tente de culpabiliser les ouvriers protestataires,
malgré l’évidence flagrante : ceux qui ferment les usines, c'est toujours
les patrons, et jamais les ouvriers.
Parlons-en des ouvriers, et rendons leur hommage. Ils prennent des
risques personnels importants en dénonçant cette histoire. C'est par leur
initiative et leur courage que nous sommes alertés sur cette saloperie.
Sachons être solidaires et dignes de leurs démarches.

Acteurs du mouvement syndical, associatif, activistes de touts poils,
défenseurs de l'environnement, de la santé publique et autres, il est
l'heure de sonner le branle bas de combat au travers de tout le
territoire, et de fournir une mobilisation maximale pour soutenir les
salariés de Feurs Métal, ainsi que la population de Feurs et du
département de la Loire, pour stopper un projet de contamination
radioactive de masse, qui dépasse largement l'échelle de notre
département.
Venez toutes et tous à Feurs, le samedi 23 octobre 2004, à 9h, devant le
siège de l'usine Feurs Métal !

Agenda : jeudi 21 octobre à 20h30 : prochaine réunion publique du
collectif, à la Maison de la Commune de Feurs.

Des outils Internet (site + liste de diffusions) vont être mis en place,
nous vous tiendrons au courant.


Ramon – Saint Etienne – le mardi 12 octobre 2004

[ expéditeur/expéditrice <ramon(a)no-log.org> ]




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