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(fr) Informations sur le soulevement d'octobre 2003 en Bolivie (2)

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Tue, 30 Nov 2004 11:55:51 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Salut, vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d'un dossier d'infos
sur le soulèvement populaire de 2003 en Bolivie écrit par un compagnon de
la FORA argentine qui a passé plusieurs mois dans ce pays. Ce texte,
traduit par le SIA de Caen et publié dans le N° 18 de son journal
"Solidarité" (4 N°par an, abonnement de 8 euros, frais de port compris,
chèque à l'ordre du SIA, BP 257 14013 Caen cedex), peut être librement
reproduit et diffusé. @+

EL ALTO

(...) El Alto, immense banlieue changeante, réservoir de paysans aymaras
migrant de l'Altiplano, d'ex-mineurs relocalisés de Potosi et Oruro,
d'ouvriers de la mécanique et du textile, d'artisans, d'une immense masse
de jeunes sans travail, sans éducation et sans espoir dans une situation
sans issue, étrangers arrivés du Pérou (...) . Une misère explosive que
la ville ségrégue. Force condensée, potentialité d'une réponse. Et ce fut
une réponse d'une force formidable, celle de la ville soulevée. Le feu ("
On va tout cramer. "), la dynamite, les pierres, les barricades et les
tranchées répondirent aux fusils automatiques, aux tanks, aux
hélicoptères de l'armée et de la police. Aux massacres, comme celui de
Villa Ingenio, les habitants répondirent avec une fureur intense. Durant
la nuit les voisins posaient du fil barbelé d'un lampadaire à un autre
pour empêcher le passage des soldats. Chaque quartier, Rio Seco,
Ballivian, Juan Pablo II, Villa Ingenio, Senkata, Villa Adela, Santiago
Seguindi, Tupaj Katari, La Ceja et d'autres se regroupèrent autour de
leurs associations de voisinage (" Juntas Vecinales ", associations de
quartiers composées de voisins- NDT) comme centre et direction de la
lutte, chaque cloche des paroisses lançait des appels emportés exhortant
les habitants au combat. Ils s'organisèrent par pâtés de maisons, des
centaines de barricades et de tranchées furent faites. La dynamite
apportée par les mineurs servit pour faire exploser les passerelles de
béton et d'acier de l'avenue principale d'El Alto, pour empêcher le
passage des tanks, des camions et des troupes.

Le blocage de la raffinerie d'YPFB à Senkata, qui produit de l'essence,
du gaz liquide, du kérosène et du diesel provoqua la pénurie de carburant
pour la population de La Paz et pour les propres tanks et camions de
l'armée. Cela motiva la formation des " caravanes " (une fut un échec,
l'autre eut un succès relatif) composées de chars, de camions remplis de
troupes et d'hélicoptères qui furent très coûteuses en vies pour les
habitants d'El Alto et La Ceja. Cela constitua pour l'armée un échec car
pour obtenir un peu de carburant elle dut mettre sur pied une véritable
expédition. Les insurgés d'El Alto envahirent quotidiennement la cuvette,
occupant la place San Fransisco et le centre de La Paz. Les associations
de quartiers, les ouvriers syndiqués de la COR (Centrale Ouvrière
Régionale, un des niveaux d'organisation interne de la COB, la Centrale
Ouvrière Bolivienne-NDT) et les étudiants de la UPEA (Université
Populaire des Etudiants d'El Alto) furent les mille centres de la
rébellion et de la lutte.

Après les massacres du " Dimanche sanglant " à El Alto, la ville de La
Paz rejoignit le mouvement en appui aux habitants des hauteurs. Le lundi
la ville se réveilla paralysée, avec ses artères bloquées pour empêcher
le passage des véhicules. Des secteurs de la classe moyenne, des
intellectuels et des artistes commencèrent une série de piquets de grève
de la faim exigeant la démission de Sanchez de Lozada, en protestation
contre les assassinats et pour la cessation de la violence exercée par le
gouvernement contre la population civile au prétexte de " maintenir le
système
démocratique ". Jusqu'à la chute du gouvernement, Sanchez de Lozada
maintint une attitude pro-américaine avec le soutien des autres
gouvernements qui ne condamnèrent pas la répression.

La ville fut envahie par les 4 cotés : les paysans des environs de La
Paz, des Yungas et d'Achacachi avancèrent sur la ville et l'envahirent
progressivement, de manière quasi-imperceptible. 10 000 travailleurs
d'Oruro marchèrent sur La Paz. Sans compter les mobilisations de mineurs
et de paysans à Potosi, dans la ville de Sucre et aussi les paysans du
département de Chuqisaca. A Cochabamba la COD (Centrale Ouvrière
Départementale, un des niveaux d'organisation de l'appareil de la
COB-NDT), l'Université San Simon, les syndiqués de la Fédération des
manufactures et des cantonniers et du faubourg de Quillacollo. D'autre
part les 30 000 cocaleros du Chapare (bastion du M.A.S., Movimiento Al
Socialismo, Mouvement Vers le Socialisme , dirigé par Evo Morales)
bloquèrent la route Cochabamba-Santa Cruz. On a reproché à ce mouvement
de ne pas avoir marché sur La Paz. Les indigènes marchèrent sur Santa
Cruz, à San Julian, il y eut un paysan tué.

Ceux du Mouvement des Sans Terre se mobilisa dans tous le pays, surtout à
Santa Cruz, dans le Grand Chaco autour de Tarija, dans l'Altiplano et
dans la partie des Yungas proche de La Paz.

Concernant la manière dont circula l'information durant le conflit, on
peut dire qu'elle fut a-hiérarchique, à travers des journaux, des radios
(surtout populaires, de quartiers et associatives) et quelques canaux de
télévision. Elle fut horizontale et multidirectionnelle, provenant de
partout en direction de partout, dénonçant les assassinats et la
répression
gouvernementale, encore que je puisse dire par expérience que
l'information sur ce qui se passait en Bolivie a eu beaucoup de
difficultés à circuler avec clarté hors de ce pays. Il faut mettre en
avant le travail
d'information réalisé par les radios d'El Alto (Pachamama, Huainatambo,
Radio Intégration etc...). A La Paz et dans tous le pays, le formidable
système de radios et de communication ERBOL, qui forme un réseau de
radios dans tout l'intérieur du pays, articula les différents plateaux de
la guerre du gaz. "

LA CHUTE DE SANCHEZ DE LOSADA

Le durcissement des grèves, la pénurie à La Paz et surtout l'énorme
indignation face à une telle répression firent que les secteurs de la
classe moyenne sortirent à la rue pour exiger la démission de Goni. Aucun
local de parti politique ne resta debout, tous en flammes ou saccagés par
le peuple désormais fatigué, écœuré de tant de magouilles. Les grèves de
la faim menées par des intellectuels, des artistes et des secteurs
enseignants se multiplièrent dans tout le pays. La COB, se voyant obligée
de suivre, se limita à refuser le dialogue avec le gouvernement. Les
syndicats de base étaient en train de la déborder complètement dans la
rue, rendant évident à quel point la bureaucratie syndicale et les
politiciens s'étaient éloignés des problèmes propres aux travailleurs.
Chaque secteur, chacun avec ses propres revendications, convergea avec
les autres sur quelques points fondamentaux : la démission du président,
la révision de la loi des hydrocarbures, l'assainissement de terres et
l'annulation de la loi " Coca Zéro ". La " guerre sociale " finit par
s'apaiser fortement avec la démission du président Sanchez de Lozada. La
chute de son gouvernement soi-disant démocratique fut retardée du fait de
l'appui de l'ensemble des organismes internationaux (en commençant par
l'ambassade des Etats-Unis, l'Organisation des Etats Américains, le Pacte
Andin etc...) qui voyaient son renversement comme un " danger " pour
toute la région vu qu'après 20 ans de démocratie (sous l'œil vigilant de
l'armée et des USA), excluante et raciste l'ensemble des médiations
politiques bourgeoises sont fortement
questionnées. D'où l'appui permanent qu'il a reçu aussi de la part du MIR
et de la NFR (Nouvelle Force Républicaine), des chambres et organisations
patronales, de l'église. Les classes moyennes hautes prirent des
positions franchement fasciste encourageant à tirer sur les paysans et
les indiens. L'attitude politique soutenue par les dirigeants du MAS, du
mouvement indigène Pachacuti et de la COB consista à faire pression sur
le
gouvernement pour tenter de le convaincre de faire une déclaration disant
clairement à qui appartient le gaz, aux multinationales ou aux boliviens,
mais l'immense mouvement du peuple les obligea à prendre plus de mesures
et à promouvoir les grèves de la faim vues par la COB comme un mécanisme
de conciliation sans remise en cause du système de gouvernement. On peut
aussi ajouter qu'alors que la base appelait à un congrès, les dirigeant
boycottaient cette idée en arguant de raisons de sécurité et qu'ils en
ont restreint l'accès quand il n'a plus été possible de l'empêcher,
s'efforçant en permanence d'encadrer et d'étouffer les formes d'action
directe, authentiques et spontanées, mises en œuvre par l'ensemble des
travailleurs boliviens.

LE " NOUVEAU GOUVERNEMENT " DE CARLOS MESA

Rapidement, le pouvoir fut assumé par le vice-président Carlos Mesa,
historien et journaliste. Il s'était reconverti en vice-président "
indépendant " et avait pris ses distances avec le " Gonisme ", critiqué
sa politique, bien sur sans pour autant abandonner son poste, ce qui en
fit le nouveau chef du gouvernement d'un pays qui exigeait des réponses
et qui, à travers ses mouvements, lui donna un délai de 90 jours. Mesa
débuta son mandat en invitant des personnes " indépendantes " à remplir
des fonctions au sein de l'Etat. Les coupures de routes furent levées
mais la mobilisation continua. Le gouvernement entrant fit le pari de
durer et, si nécessaire, de continuer à réprimer en isolant les
mouvements et en affaiblissant la mobilisation en arrêtant des activistes
et des syndicalistes, préservant de cette manière l'ensemble des
institutions et la législation mise en place par le gouvernement
antérieur. Un autre moyen trouvé par Mesa pour semer la confusion fut de
dévier le conflit qui visait le gouvernement et sa politique en
réactivant le vieux ressentiment contre le Chili à propos du débouché
maritime, indispensable pour exporter le gaz. Il put pour cela s'appuyer
sur les déclarations explosives faites par Hugo Chavez au sommet des
chefs d'Etats hispanophones à Santa Cruz où il exigea que le Chili donne
un accès à la mer à la Bolivie, ce qui eut un écho immédiat en Bolivie
comme au Chili. A ce même sommet, Kofi Anan pour l'ONU et Aznar, avec
toute son appareil de protection anti-terroriste, vinrent saluer et
soutenir Mesa.

Depuis que le nouveau gouvernement est en place, il a été bien soutenu
mais manœuvre avec difficulté pour contenir une crise qui vient de loin
et qui va être difficile à calmer et, comme s'il s'agissait d'une comédie
absurde, les " dirigeants " des mouvements sociaux qui s'adjugent la "
paternité " du mouvement d'octobre cherchent désespérément leur troupe de
dirigés pour pouvoir faire pression afin d'obtenir une participation à la
conduite de l'Etat et pour obtenir des arrangements économiques. Le
Chapare est un cas exemplaire, la " vox populi " affirme que Repsol a
fait " don " de 200 000 $ aux organisations cocaleras pour protéger ses
puits et assurer la sécurité de son infrastructure dans la région
tropicale de Cochabamba et que c'est à travers de négociations avec le
gouvernement antérieur et les Etats-Unis qu'Evo Morales a arrangé la
conversion du combatif mouvement syndical des cocaleros en instrument
politique du MAS, avorton politico-syndical ayant son assise à Cochabamba
sous le prétexte qu' " il faut se faire entendre ", ce qui renvoie une
nouvelle fois les ouvriers vers ces chaînes que sont les urnes et la
politique des partis. Un autre exemple est le pacte, dont l'existence est
avérée par une vidéo, passée par la COB avec la NFR et son leader Manfred
Reyes Villa et qui a pour objectif, à travers un accord formel entre les
2 forces, de créer une pression afin de provoquer un vide dans le
gouvernement favorisant ainsi la possibilité d'un soulèvement militaire
(très improbable). Le pacte a été conclu suite à un rassemblement qui a
eu lieu à Cochabamba, nid de petits dirigeants opportunistes (qui animent
l'actuelle Coordination du gaz, qui était la Coordination de l'eau en
l'an 2000) qui cherchent à s'approprier le mouvement général bolivien.
Nombreuses sont les tentatives de récupération du mouvement mais, jusqu'à
présent, aucun syndicat ou parti n'a pu s'affirmer comme étant la force
dominante. Citons : - Des manifs de la COB qui réunissent à peine
quelques centaines de personnes, alors qu'à certains moments cette
centrale mobilisait des dizaines de milliers d'ouvriers. - Le dirigeant
de la COB, Jaime Solares (ex-tortionnaire et indic de la dernière
dictature) qui déclara la grève illimitée plus d'un jour après que les
vaillants et solidaires mineurs de Huinuni, dynamite en main, soient
descendus sauver La Paz de la répression. Il a depuis été rejeté par de
nombreux secteurs et surtout par les travailleurs de l'industrie minière
qui connaît actuellement une croissance du fait de la hausse
internationale des prix des minerais. Celle-ci a provoqué une
réactivation de cette industrie et par conséquent des créations d'emplois
et l'embauche d'une main d'œuvre qualifiée qui a sensiblement élevé le
nombre de mineurs en activité. - Une grève générale illimitée suivie
seulement par la Fédération des Instituteurs (d'obédience trotskiste). -
Une marche sur La Paz depuis l'Altiplano qui a réunit, toujours selon les
chiffres de la COB, entre 7 et 10 000 personnes alors qu'un nombre
beaucoup plus élevé de manifestants était attendu. - La grève d'El Alto
(qui fut un bras de fer entre les dirigeants rivaux des
associations de quartier) fut un échec et la COR, voyant qu'elle échouait
aussi de son coté, se vit obligée de déclarer qu'elle n'appuyait cette
mesure que moralement. - Le M.A.S., parti politique dirigé par Evo
Morales, le leader des fédérations de paysans cocaleros, avec 8 sénateurs
(parmi eux Filemon Escobar, un ancien de la COB), a subi une scission à
El Alto et des divisions dans le secteur cocalero, sans mentionner la
prise de distance effectuée par les secteurs indigènes liés à ce
mouvement qui se considèrent marginalisés dans leurs propres rangs. - Ça
ne va pas mieux pour le MALLKU, son dirigeant Felipe Quispe voyant son
leadership affaibli au sein de la Centrale Unique des Travailleurs
paysans de Bolivie. Il est accusé de ne pas respecter les décisions des
assemblées de paysans et de corruption dans la gestion des fonds
communautaires. Sans oublier que les aymaras de Warisata débordèrent
complètement sa supposée autorité le faisant clairement apparaître comme
un guignol de plus parmi l'ensemble des dirigeants fabriqués par les
médias et les gouvernements en place qui ont besoin de porte-paroles
officiels. La société du spectacle les a appelé et ils sont venus à la
recherche de bases sociales susceptibles de servir de troupes de "
déstabilisation politique " en faveur de leurs propres intérêts. Ce qui
est intéressant, dans ce nouveau réveil des travailleurs boliviens, c'est
de voir comment cette crise a permis de déployer et d'imaginer d'autres
dispositifs d'organisationnels, spécialement sur un plan local, où les
travailleurs, les étudiants et les indigènes s'organisèrent souvent en
assemblées (spécialement chez les mineurs), méconnaissant les dirigeants
imposés. Ces forces en interrelation formèrent durant le conflit une
espèce de " fédération spontanée de mouvements sociaux divers " qui
s'unirent pour atteindre des objectifs communs, renverser le
gouvernement, remettre en question la politique des partis (et y compris
le syndicalisme dépendant et négociateur), affirmer la souveraineté du
peuple sur les ressources naturelles propres et légitimes qui se voit
sans cesse niée par les intervention du capital international qui génère
comme conséquence une marchandisation de la nature et de la biodiversité
qui influe directement sur la vie des peuples originaires pour lesquelles
la Terre est chaque fois plus bafouée.

LE MOUVEMENT ANARCHISTE EN BOLIVIE

Durant le voyage réalisé dans une bonne partie de la Bolivie j'ai pu
constater qu'était très rare l'existence de groupes ou d'organisations de
tendance clairement anarchiste. Les compagnons boliviens sont isolés les
uns des autres et il est très difficile de se procurer de la littérature
libertaire. En plus de l'évident manque de moyens, j'ai surtout
rencontrer de jeunes militants. A Tarija, on trouve déjà depuis quelques
années le collectif " Grito Silencioso " (" Cri Silencieux "), composé
d'une poignée de travailleurs et d'étudiants, qui réalisent un travail de
diffusion des idées à travers des publications, des affiches et des
graffitis. C'est un collectif relativement informel, mais avec une base
idéologique claire. Débordés par les évènements, ils se trouvèrent durant
le conflit dans la partie de la Bolivie qui était en faveur de
l'exportation et contre le mouvement général. Ils venaient de tenter de
mettre en place un projet de local et de bibliothèque anarchiste qui a
été récupéré par les militants du MAS. Ils reçoivent et diffusent de la
presse anarchiste des pays limitrophes mais elle leur parvient en petite
quantité et sans régularité. Les compagnons insistent sur la nécessité
d'avoir du matériel de propagande et de diffusion vu qu'il n'y en a
quasiment pas dans le pays. Ils considèrent que c'est indispensable pour
atteindre un développement des idées et pratiques libertaires,
spécialement alors qu'un processus de remise en cause du pouvoir et de
recherche d'autonomie émerge dans la société bolivienne. Dans la ville de
Sucre, il existe des militants isolés qui formèrent à un moment le groupe
" Juventudes Libertarias " (" Jeunesses Libertaires ") qui se dédièrent
surtout à diffuser de l'information sur internet mais il est impossible
de pouvoir les rencontrer sur place ou de les contacter à travers des
coordonnées qu'ils diffusent. A Potosi, je n'ai pas trouvé trace
d'activité libertaire. J'ai seulement su que des jeunes diffusent des
fanzines. Cochabamba fut un peu une surprise et une déception. Il y a une
forte propagande présentée comme libertaire impulsée par les gens du
mouvement Tinku Juvenil, très populaire parmi les jeunes étudiants de
Cochabamba, qui travaillent avec le discours et le symbolisme anarchiste
à travers la publication " Graffiti " afin de récupérer les jeunes qui
sont en général dégoûtés des partis. Ils s'appuient sur l'autonomisme
indigène et en font la promotion mais ils sont en réalité le mouvement de
jeunesse, non déclaré, du MAS, très proches d'Evo Morales et de la
Fédération des Manufactures. Les gens de Tinku ont des conseillers
municipaux et font partie de la Coordination du gaz. J'ai de plus pu
constater leur relation avec la SAC suédoise et avec les OSL d'Argentine
et du Brésil (Organisation Socialiste Libertaire). Avec leur stratégie
marxiste-léniniste et leur logique réformiste, ces gens ont déjà essayé
de mettre sur pied 2 rencontres anarchistes qui ont échoué car les autres
groupes ont refusé d'y participer et dénoncé la tentative de récupération
politique. Ce mouvement a aussi participé au récent forum alternatif de
Barcelone. D'un autre coté, mais toujours dans un esprit réformiste, il y
a le GAMS (Groupe d'Appui aux Mouvements Sociaux) composé par un groupe
d'intellectuels universitaires qui s'autoproclament libertaires et dont
l'un des membres fait partie du gouvernement de l'université. Cette "
avant-garde conseillère " assiste sur des questions économiques et
politiques le dirigeant cocalero Evo Morales et est également liée à
Tinku et la COB. Dans la ville de la Paz, on trouve le groupe autour du
professeur Juan Perelman, groupe informel et peu nombreux qui a diffusé
la publication anarchiste " Combate " dans les rues pendant le conflit,
profitant de la forte influence obtenue par la propagande réalisé par
Perelman ces dernières années sur la question du Gaz pour présenter les
positions de l'anarchisme aux gens. Les compagnons de La Paz, comme ceux
de Tarija, sont isolés et manquent de moyens mais ils se bougent pour
amener de la propagnande aux ouvriers, spécialement aux mineurs. Avec
eux, il a été possible d'aller diffuser le journal dans le village minier
d'Huinuni où nous fûmes bien reçus par les travailleurs et les habitants
en général qui nous achetèrent le journal avec enthousiasme et nous
invitèrent à nous exprimer à la radio du syndicat et dans celle du
village, juste un jour avant leurs élections syndicales. Nous pûmes
constater alors qu'il existe une recherche d'autres formes
d'organisations et surtout une ouverture, une envie d'expérimenter de la
part des travailleurs. Il faut noter que les mineurs d'Huinuni eurent un
rôle décisif dans la mobilisation qui renversa le gouvernement de Sanchez
de Lozada. Il existe aussi à La Paz un groupe de jeunes, assez actif dans
la mesure de ses moyens, qui sont plus dans le mouvement contre-culturel
urbain et qui n'ont pas de relations avec les gens de " Combate ". C'est
tout ce que j'ai pu constater comme activité anarchiste dans le pays mais
je sais qu'existe d'autres groupes que je n'ai pas pu rencontrer comme le
groupe " Quilombo Libertario " à Santa Cruz et un autre (je ne sais plus
où) qui s'appelle " Nucleo anarquista en accion " (" Noyau anarchiste en
action ").

Ces 2 groupes ont publié des articles dans le journal espagnol " Tierra y
Libertad " que j'ai utilisé pour compléter l'information dans ce dossier.




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