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(fr) Paix en Côte d'ivoire, liberté pour l'Afrique !

From AL <relations.presse@alternativelibertaire.org>
Date Tue, 23 Nov 2004 10:34:10 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Le mardi 23 novembre à 18h à Paris, métro Solférino,
Alternative libertaire appelle au rassemblement pour exiger le
retrait des troupes françaises de Côte d’Ivoire, et une
solution politique africaine.

Paix en Côte d’Ivoire - Liberté pour l’Afrique !

Deux ans de guerre civile larvée, l’armée française qui
s’interpose, puis des émeutes à Abidjan contre l’occupation
française... Que se passe-t-il en Côte d’Ivoire ? Une fois de
plus, la France a-t-elle les mains blanches ?

La « Françafrique », c’est le nom du système maffieux par
lequel la classe dirigeante française a conservé des liens de
vassalité avec les chefs d’Etat d’Afrique francophone, contre
l’intérêt des peuples.
Avec les troubles en Côte d’Ivoire, c’est tout l’échafaudage
de cette « Françafrique » qui vacille. Quand, le 19 septembre
2002, une rébellion a éclaté dans ce pays pour renverser le
régime corrompu et xénophobe de Laurent Gbagbo, les forces
françaises « prépositionnées » dans le pays ont été aussitôt
mobilisées (opération Licorne) pour stopper la rébellion
avant qu’elle ne s’empare de la capitale économique, Abidjan.
L’Élysée a alors entamé un périlleux numéro d’équilibrisme.
D’une part il s’est agi de montrer aux « pays du champs » que
la France ne laissait pas tomber un gouvernement ami. D’autre
part il fallait éviter de s’engager dans un nouveau bourbier à
la rwandaise, alors que l’Elysée a en 1994 soutenu le régime
responsable du génocide des Tutsis – et qu’à présent tout le
monde le sait, sauf en France apparemment.
Mais en gelant le front pendant deux ans, sans « choisir son
camp », l’État français a fâché tout le monde : les rebelles
privés de leur victoire, et le régime dépité que la France «
alliée » n’écrase pas franchement la rébellion.

La cause de la guerre : le droit du sang

Tout le drame ivoirien réside dans l’article 35, inscrit
récemment dans la Constitution, inspiré du droit du sang, et
qui stipule que tout candidat à l’élection présidentielle «
doit être ivoirien de père et de mère eux-mêmes ivoiriens ».
Cette magouille politicienne avait pour but à l’origine, en
1994, d’éliminer de la course à la présidentielle un candidat,
Alassane Ouattara, qui ne répondait pas à ce critère. Mais la
question est devenue passionnelle dans un pays qui compte de
nombreux enfants d’immigré(e)s. La suite ? Dix années de
querelles et de théorisation de l’« ivoirité », au cours
desquelles l’ethnicisation de la vie politique ivoirienne ira
croissant, jusqu’à atteindre aujourd’hui son paroxysme.
Gbagbo, élu en 2000, a poursuivi dans la même voie xénophobe,
et la rébellion trouve en grande partie sa cause dans la
marginalisation des Ivoiriens « douteux », nés de parents
immigrés, ou simplement musulmans.

Les accords de paix enterrés

Dès janvier 2003, des accords de paix ont été signés, sous
l’égide de la France, à Marcoussis (Essonne). Mais le régime
de Gbagbo a tout fait pour ne pas appliquer ces accords
(notamment, il n’a pas supprimé le fameux article 35), et il a
mis à profit ces presque deux ans de trêve pour se réarmer,
encourager le déchaînement nationaliste, et réprimer dans le
sang l’opposition légale. Ainsi le 25 mars 2004, la police
ouvre le feu à Abidjan contre une « grande marche pacifique »
qui réclamait l’application des accords de Marcoussis : 350 à
500 morts selon l’opposition.

Troupes occidentales hors d’Afrique !

Tout cela pour aboutir au redémarrage des hostilités et au
bombardement accidentel du cantonnement français le 8 novembe.
La riposte a déclenché la fureur populaire, entraînant
l’évacuation de la minorité blanche du pays, dans le chaos que
l’on sait.


Quelle que soit l’issue finale de la tragédie ivoirienne, elle
nous conduit à faire ce constat :

1. La classe politique ivoirienne, en sombrant dans la folie
nationaliste et l’exaltation de l’« ivoirité », porte la
responsabilité de la guerre civile.

2. Mais l’État français, en garantissant l’impunité des chefs
d’Etat vassaux en Afrique, encourage implicitement leurs l'e
politiques les plus odieuses, comme ça a été le cas au Rwanda
et en Côte d’Ivoire.

3. C’est pourquoi, si l’armée française aujourd’hui « sauve
des vies » en évacuant les Blancs menacés, sa présence
continue en Afrique est un danger constant pour les peuples.

4. La priorité est de revenir à la paix, et de rendre aux
Africains la maîtrise de leur destin. L’armée française doit
se retirer. S’il faut faire respecter des accords de paix, que
ce soit le fait d’une force issue de l’Union africaine, même
sans se faire d’illusions sur le désintéressement des Etats
qui la composent.

5. La solution politique passera de toute façon par
l’émergence d’un mouvement social antiraciste et
anticolonialiste, face aux politiciens xénophobes et aux
impérialismes français et états-uniens.


COMMUNIQUE DE PRESSE D’ALTERNATIVE LIBERTAIRE



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