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(fr) Débat - Pour en finir avec le travail salarié - Orléans 14/05/04

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Tue, 11 May 2004 19:59:06 +0200 (CEST)


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POUR EN FINIR AVEC LE TRAVAIL SALARIE !
DEBAT PUBLIC AVEC JP LEVARAY ECRIVAIN VENDREDI 14 MAI 20H30 MAISON DES
ASSOCIATIONS A ORLEANS
Jean-Pierre LEVARAY, ouvrier dans une usine type AZF près de Rouen, est
militant syndical et libertaire. Il anime la librairie L’Insoumise et le
label alternatif On a faim. Écrivain, il a publié Putain d’usine, Après
la catastrophe et Classe fantôme, Chroniques ouvrières. Contre États et
patrons qui nous ont toujours jetés après usage ; pour en finir avec la
société de travail et les désastres qu’elle produit, notre compagnon
Jean-Pierre LEVARAY nous livrera son témoignage et ses analyses lors
d’une soirée-débat animée par la CNT Orléans et SECTION PIRATE le
VENDREDI 14 MAI 20H30 Maison des Associations 46 ter rue Ste Catherine
ORLÉANS

POUR EN FINIR AVEC LE TRAVAIL SALARIE

Salariés, chômeurs, précaires : même exploitation, même combat !

Le travail a toujours été sacré dans la société capitaliste. Du
stalinisme au fascisme, on a érigé le travail en véritable religion. Les
classes dominantes ont bien compris au fil du temps qu’il leur était fort
utile de transformer l’énergie humaine en argent. Les Etats, en soutenant
l’économie de marché - notamment par des subventions publiques aux
entreprises exonérées de charges -, n’ont fait que favoriser
l’exploitation par le travail. Ils ont de ce fait contribuer à normaliser
la précarité, arme de choix d’un capitalisme dont le seul but est
d’accroître ses bénéfices, que les actionnaires viennent picorer au
passage sur le dos des salariés.

« La fonction dernière du travail est policière, c’est-à-dire procède du
maintien de l’ordre social et pourrait se résumer par cette formule :
‘Comment occuper les hommes quand pour l’essentiel ils n’ont plus d’autre
utilité que celle de consommer » (AG chômeurs de Jussieu, tract du 7 mars
1998)

La précarité, qui découle du concept de ’crise’ brandi comme un
épouvantail par les gouvernements qui la gèrent grassement, permet ainsi
de disposer d’une main d’œuvre flexible, corvéable et sous contrôle. Elle
est la norme sinistre de la société de travail où l’on continue de nous
bourrer le crâne avec l’idée que la moindre baguette de pain se paie, que
« celui qui ne travaille pas ne mange pas » ; où les idéologues de la
contrainte déclinent avec un sérieux de hiboux les bons vieux thèmes
réactionnaires : ‘le sens du sacrifice’, ‘l’éthique traditionnelle de
l’effort’, garants de l’ordre et de la morale. On connaît la suite :
« Votre emploi prend fin dès à présent et vous êtes conséquemment
officiellement licencié » (signé Seita, Flodor, Moulinex...). Aux CDI,
qui ne doivent plus être que des exceptions, s’ajoutent les intérims,
CDD, emplois jeunes, CES et autres RMA, tous prisonniers du principe de
rentabilité qui se contrefiche du désastre écologique et social qu’il
génère.

« Qu’on ne nous parle pas d’amour du travail (...) cette étrange folie
nous a quittés » (Jean-Pierre LEVARAY)

De ce fait, la question du chômage est aussi celle du travail. Le chômage
n’est pas le contraire du travail mais un moment particulier dans les
stratégies autoritaires de gestion de l’exploitation capitaliste par
l’Etat. C’est selon cette logique répugnante que 264 800 chômeurs en fin
de droit [ ?] se sont vu supprimer en janvier 2004 leurs allocations,
avec les compliments de la CFDT !

« Le travail ne doit plus être ni le centre, ni la condition de nos
vies. » (Occupation du CAS, Nantes, 2 janvier 1998)

Travailler pour qui ? Pour quoi travailler ?

LIBERER LE TRAVAIL, SE LIBERER DU TRAVAIL Faut-il le rappeler : les
acquis sociaux ont été imposés de hautes luttes par un mouvement ouvrier
sans inhibition devant les nécessités de l’action directe et de
l’illégalité. Grèves sauvages, caisses de solidarité, sabotages, violence
de classe, ont longtemps constitué, de Chicago aux Asturies, les formes
conscientes d’une contestation radicale du travail salarié. Force est de
constater que le syndicalisme de cogestion et la gauche citoyenniste
tournent volontairement le dos à une quelconque perspective de rupture avec
l’exploitation capitaliste, à l’heure où près de 80% des Français
éprouvent plus de souffrances que de satisfaction au travail ! Plus
l’urgence s’accroît de s’approprier les moyens de notre existence, plus
on nous demande d’adapter le niveau des revendications, d’uniformiser la
contestation, de passer par des médiations. On ne négocie pourtant pas le
chaos humain et écologique du capitalisme, comme on ne réforme pas
l’esclavage. On les supprime.

« Qui ne prend pas en compte le fait que les ouvriers aspirent à
travailler beaucoup moins, voire à ne pas travailler du tout, n’a qu’un
cadavre dans la bouche. » (Jean-Pierre LEVARAY)

Pour nous, la GREVE GENERALE AUTOGESTIONNAIRE est un moyen de réaliser la
gestion directe de la production, d’en déterminer toutes et tous,
travailleurs ou pas, les motivations, l’organisation et les finalités.
C’est cette perspective radicale qui se dessine peu à peu dans les
tentatives spontanées de reprise autonome des moyens de production
(Québec, Argentine...) comme une réponse active et concrète à la guerre
que mène le capitalisme contre celles et ceux qui n’ont que la force de
leurs muscles et de leur intellect à proposer sur le marché pour
survivre. On peut espérer que les 3 400 suppressions d’emplois annoncées
par GIAT d’ici à 2006 suscitent quelque volonté de reconversion
autogestionnaire des usines d’armement en industrie de paix...

« Nous ne travaillerons jamais » (sur le mur ANPE, Les Minguettes, Eté
1981)

L’ABOLITION DU SALARIAT

refuser que le travail soit une fin en soi et que nos vies soient
suspendues à un salaire
favoriser la rotation des tâches entre tou(te)s et faire un usage
émancipateur de la technique pour diminuer radicalement le temps consacré
par chacun(e) à produire les biens nécessaires
développer l’autonomie populaire pour définir ensemble, sans chefs,
sans sous-chefs, les moyens et les buts de la production
échanger expériences, pratiques et savoirs sans logique de rentabilité
généraliser la gratuité
en finir avec les activités écologiquement et socialement nuisibles...

Document

APPEL DES CHÔMEURS, PRECAIRES ET DE LEURS CAMARADES POUR LA CONTINUATION
ET L’EXTENSION DU MOUVEMENT.

Il y a encore des gens aujourd’hui pour ignorer, ou feindre d’ignorer, ce
que signifie la misère de la vie quotidienne dans toute son étendue. Le
problème du chômage dans sa formulation présente, est aussi bien celui du
travail et plus encore celui de l’emploi de la vie même. C’est par là que
notre lutte en vient à concerner chacun. Parce que l’écart entre ce que
certains s’autorisent à exiger de nous (par la force il faut bien le
dire) et ce que nous sommes prêts à supporter n’a cessé de s’accroître,
nous sommes parvenus à un point de rupture. Un mouvement social conscient
et réaliste ne peut guère se contenter de revendiquer ; ce serait laisser
entendre que ceux à qui l’on s’adresse peuvent nous indemniser pour tout
ce qu’ils nous prennent. Ce qui est en jeu, c’est la réappropriation de
tous nos moyens, en commençant par être maître du moyen d’expression de
notre lutte. En assemblée générale, nous ne tolérons la présence d’aucun
journaliste. Le chômage n’est pas le contraire du travail. C’est un
moment du travail. Nous savons quel profit le capitalisme tire de
l’ampleur du chômage comme menace permanente pesant sur chaque
travailleur. Croire que le chômage est le grand méchant loup, c’est
sous-estimer les instruments de pression dont le capitalisme est capable
de se doter. Quand bien même il serait capable d’abolir le chômage, ce ne
serait que pour se maintenir. Mais la meilleure façon d’abolir le
chômage, c’est d’abolir le travail et l’argent qui lui sont associés.
Supprimer le travail en le transformant en une activité utile, et se
réapproprier la vie sont une seule et même chose.

JUSSIEU, janvier 1998

RMA L’EXPLOITATION COMME INSERTION

Le RMA est un type de contrat d’insertion qui s’adresse aux allocataires
du RMI, afin, dit-on, de les « aider à sortir d’une situation
d’assistance et pour rendre l’emploi plus attractif », parce qu’il serait
« absurde de priver le RMIste, la collectivité nationale et le monde du
travail, d’une possibilité de faire converger leurs intérêts
respectifs ». Tu parles ! Il est vrai qu’à force d’entendre "le droit au
travail" présenté comme la grande revendication émancipatrice ( ! ?),
l’Etat et le patronat se sont accordés sur cette vision laborieuse de
l’existence en mettant en place un dispositif de gestion de main-d’œuvre
à bon marché. Le RMA sera pour l’entreprise un "contrat aidé" de 6 mois,
défiant toute concurrence. L’employeur privé et/ou public touchera du
Conseil Général le RMI de l’allocataire et lui reversera cette somme
augmentée de 130 euros, pour atteindre un demi-SMIC (soit 545 euros).
L’ancien RMiste devenu RMAste ne cotisera que sur la base de 130 euros.
Pour ouvrir des droits à la retraite, il faudra donc qu’il
travaille...160 ans à ce régime ! ! ! L’ASSÉDIC empochera ses cotisations
mais ne lui reversera rien quand il retournera au chômage. Il n’aura que
le RMI. Il n’aura droit à aucune indemnité journalière en cas d’accident
ou de maladie. Il n’aura ni le droit de grève, ni le droit de déplaire à
son patron. Pour l’Etat qui « veut réduire les 300 000 offres d’emplois
annuelles non pourvues » (Le Monde, 19 février 2004) et pour le patronat,
toute indemnité est par nature une "assistance" de trop, qui nous
dissuaderait de chercher à nous vendre sur le marché aux esclaves du
salariat. Faisant "le tri" parmi les allocataires du RMI et reposant sur
la « rénovation des outils de
solidarité » (La Presse), le RMA s’avère être un moyen de plus pour
fournir des salariés sans droit aux entreprises locales.

CONTRE LE TRAVAIL OBLIGATOIRE !

QUI SOMMES-NOUS ? Anarchistes et anarcho-syndicalistes, organisés ou non,
nous sommes un collectif librement associé. Nous agissons, ponctuellement
ou pas, en faveur de tout ce qui peut renforcer une contestation
antiautoritaire du capitalisme, pour une société fondée sur l’autogestion
de tous les domaines de la vie sociale. Nous voulons la démocratie
maintenant !

cnt45@no-log.org
sectionpirate@no-log.org

[ expéditeur/expéditrice <shortcuts(a)no-log.org> ]



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