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(fr) Sur les lignes, une chronique syndicale - Montréal

From Collectif La Nuit (NEFAC) <nefacquebec@yahoo.ca>
Date Sun, 9 May 2004 13:24:34 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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SUR LES LIGNES Une chronique syndicale

L'actualité syndicale est prise par la lutte contre le gouvernement
Charest (boycott des Forum régionaux, contestations juridique, vote de
grève générale) le tout sur fond de négos dans le secteur public. Bref, la
conjoncture est lourde de luttes. Pourtant, les luttes dans les
entreprises se poursuivent, sans qu'on y porte trop attention.
Serge Savard dans de beaux draps

Le chandail de l'ancien joueur de hockey Serge Savard
s'est retrouvé au 'Temple de la honte' à la mi-avril
(en pleine série Canadien-Bruins!). C'est que le
bonhomme est l'un des principaux actionnaires (à 49%)
de l'hôtel Marriott Château Champlain au centre-ville
de Montréal. En lock-out depuis le 16 février, les
employéEs voulaient ainsi dénoncer le manque de
respect de la direction. Récement affilié à la
Fédération du commerce (CSN) les syndiquéEs du Chateau
Champlain veulent rejoindre les conditions de travail
de leurs camarades et, surtout, faire coïncider la fin
de leur convention collective avec celle des autres
syndicats CSN. Le boss ne veut évidemment rien savoir
et se permet d'être très baveux, ainsi il a épluché
chaque convention de la CSN a fait ressortir tous les
éléments les moins avantageux et les a proposés à ses
employéEs en spécifiant que chaque refus entrainerait
une diminution de l'offre. L'hôtel, qui n'a pas fermé,
est sensé fonctionner avec des "bénévoles" dont
certains sont directeurs de grands hôtels dans leurs
temps libres... Si vous voulez en savoir plus, vous
pouvez aller visiter le site du syndicat
(http://www.sttmcc.com) qui aime bien la visite et
demande de venir le soutenir sur les lignes (1, Place
du Canada, Montréal).

Les usines de textiles ne font pas que fermer

On est plutôt habitué à voir les usines de textile
fermer et les syndicats faire des pieds et des mains
pour "sauver les emplois", comme à Cavalier Textile en
estrie où la CSD tente de former une coopérative
ouvrière pour sauver l'usine. Pourtant, il y a encore
des usines qui ouvrent et des syndicats qui se
forment! China Worldbest, une multinationale chinoise,
s'est installée à Drumondville il y a trois ans (c'est
la mondialisation à l'envers!). À l'origine l'usine,
qui produit du fil, devait rapidement embaucher
jusqu'à 300 personnes mais le nombre de salariéEs n'a
jamais dépassé 125. L'usine ne survivrait que grâce
aux injonctions de fonds de sa société mère (qui ne
veut pas perdre les 45 M$, dont 15 venant de
subventions gouvernementales, investi dans la
construction de l'usine). Tout cela n'a pas empêché,
au contraire, les salariéEs de se joindre au Syndicat
du vêtement, du textile et autres industries
(SVTI-FTQ) qui compte déjà quelque 12 000 membres au
Québec. Les négociations ont été difficile puisque la
première convention collective n'a été signée qu'un an
plus tard, le 21 avril dernier. Selon un porte-parole
syndical, "(les dirigeants de l'usine) nous ont dit
qu'ils n'appréciaient pas notre présence. C'est une
culture totalement différente. Les dirigeants nous
disaient qu'ils aimeraient mieux avoir des immigrants
chinois comme travailleurs dans l'usine." Le contrat
prévoit des augmentations de 15,7% sur deux ans ce qui
amenera les salaires à la moyenne des syndiquéEs de
l'industrie textile dans la région (14$/heure).

Grève contre la flexibilité chez Agropur

Les 200 travailleurs et les travailleuses des usines
de Plessisville et Notre-Dame-du-Bon-Conseil
d'Agropur --une "coopérative" bien de chez-nous qui se
comporte comme une multinationale-- ne veulent rien
savoir de la "flexibilité". Pour être sûr d'être bien
compris, ils et elles ont votés une grève générale, la
première depuis 1981, à 97% après avoir rejeté
"l'offre" patronale à 99%. Les deux usines, qui
transforment 15% du lait québécois, sont syndiquées à
la CSD et négocient en même temps depuis 1983 (elles
ont la même convention). Aujourd'hui Agropur veut
scinder la négociation en deux et réduire les paiement
pour le temps supplémentaire en embauchant des
occasionnels et en mettant la semaine de travail sur 7
jours au lieu de 5. « Ils veulent séparer les deux
unités pour mieux règner et pour mieux nous affaiblir
et ils veulent nous mettre des horaires de travail sur
sept jours, alors qu'on a des horaires de travail du
lundi au vendredi », s'indigne le président du
syndicat, Jean Guy Lefebvre. Avec le nouvel horraire
de travail, les employéEs perdraient 11 000$ par année
en temps supplémentaire (rien que ça!). On comprend
que ça ne fait pas l'affaire des syndiquéEs qui sont
en grève depuis le 7 avril...

Grève dans un centre de travail adapté

Ça fait longtemps que tout le monde sait que les
programmes de réinsertion à l'emploi sont des
pépinières à cheap labor et que les "participantEs" à
ces mesures se font littéralement exploiter. Les
boîtes qui embauchent des handicapéEs sont sans doutes
les pires de toutes. La situation est cependant
peut-être appelée à changer, des syndicats se formant
de plus en plus dans les patentes d'économie sociale
et de réinsertion. C'est le cas, entre autre, de
l'Atelier la flèche de fer, à Québec, un centre de
travail adapté qui produit de la peinture
industrielle. Là bas, la quarantaine d'employéEs
handicapéEs se sont syndiquéEs à la FTQ et sont
actuellement en grève générale illimitée. C'est que le
boss ne leur offre que 56¢ d'augmentation sur trois
ans, ce qui porterait leur salaire à la mirobolante
somme de 8,50$/heure (15 000$/année). Quand on sait
que le gouvernement subventionne chaque job à 115% du
salaire minimum (soit 8,57$/heure), la situation est
proprement scandaleuse. Selon le syndicat, les
employéEs se font exploiter et ils et elles devraient
être traitéEs comme n'importe quel autre salariéE.
Espérons que leur exemple fera tâche d'huile.

* * *

Au moment d'écrire ces lignes (26 avril 04), il y
avait plus de 1 653 prolos en grève ou en lock-out
dans la "belle province".

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Cette chronique est tirée du numéro deux de Cause
Commune, le nouveau journal d'agitation de la NEFAC.
--> Si jamais vous voulez en voir une copie, envoyez
nous une grande enveloppe (9X12) préadressée avec deux
timbres dessus. Nous écrire pour de plus grande quantitées.

=====
Collectif anarchiste La Nuit (NEFAC-Québec)
a/s Groupe Émile-Henry
C.P. 55051, 138 St-Vallier Ouest
Québec (Qc), G1K 1J0

nefacquebec@yahoo.ca
http://www.nefac.net



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