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(fr) Collectif Hommes contre le patriarcat - Montreal

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 25 Mar 2004 12:09:05 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
_________________________________________________

** Qui nous sommes...
Le collectif Hommes contre le patriarcat est un groupe affinitaire
pro-féministe radical, contre le patriarcat et la différenciation
sexuelle/genrée, dans une perspective anti-capitaliste, anti-État,
anti-racisme; bref contre tous les systèmes d'oppression.

** Principes et objectifs
Nous reconnaissons la lutte féministe comme une lutte de classe et de
libération des femmes et constatons donc qu'elle appartient en tous
points aux femmes. Nous croyons de notre devoir d'appuyer les militantes
féministes, en mesure des désirs et particularités des différents groupes
et individues avec qui nous auront tissé des liens, et que cet appui nous
mène plus particulièrement à intervenir au sein de notre classe, soit
auprès des hommes. Nous souhaitons mater les groupes masculinistes dans
leur désir de lutter contre le féminisme ainsi que dans leur désir
d'embrigader les hommes dans l'identité masculine, et ce par tous les
moyens nécessaires. Nous désirons également appliquer des changements
radicaux dans nos vies dites privées, dans nos comportements et
attitudes, afin d'en éliminer les manifestations sexistes, patriarcales.
Nous ne voyons pas de limites à ces changements, les considérons comme
libérateurs, et prônons l'intervention systématique par rapport aux
comportements observés, même si nous
reconnaissons que le rythme de ces changements ne doit pas nuire à notre
condition psychologique et que les pressions exercées doivent demeurer
respectueuses des individus, dans la mesure où il y a bel et bien
reconnaissance de la problématique et surtout volonté de changement.

Nous ne sommes pas des militants de l'identité masculine, ou autrement
dit, des militants masculinistes. Le terme « masculinisme », opposé
directement au terme « féminisme », implique selon nous un désir de
libération du masculin dans les conditions sociales actuelles et dans le
rapport de classes sexuées, donc une consolidation du pouvoir masculin
sur les femmes. Nous ne revendiquons pas l'affirmation d'une identité
masculine, même renouvelée, puisque ceci correspondrait à souhaiter le
maintien de la dichotomie hommes-femmes, basée sur de fausses prémisses
naturalistes. Nous croyons au projet d'indifférenciation sexuelle, mais
en tant que finalité et non en tant que projet immédiat. Des
revendications purement égalitaristes, dans l'état actuel des choses,
consisteraient à nier les luttes de classe féministes et à assimiler la
société complète, hommes et femmes, à la norme masculine dans laquelle
les femmes occuperaient systématiquement le bas de l'échelle sociale. «
Le traitement égalitaire d'êtres inégalement situés ne génère que plus
d'inégalité » (1). Nous croyons donc que la lutte pour
l'indifférenciation sexuelle doit succéder à une réussite substantielle
de la lutte féministe radicale.

Nous ne nous définissons pas comme « opprimés » par le Patriarcat. Nous
faisons partie de la classe sexuée dominante masculine et bénéficions des
privilèges sociaux accordés aux hommes, tout comme nous participons à
divers degrés à l'oppression des femmes. Si notre désir de nous départir
de ce pouvoir et de lutter contre le système à sa source, tout comme
toute divergence de la norme pour un homme, provoque une certaine
répression de la part de la classe masculine, cette répression est plutôt
liée à un processus de rupture de classe, de trahison, et ne peut être
comparée à l'oppression vécue systématiquement par les femmes au
quotidien. Cette répression/consolidation par le patriarcat sur les
comportements masculins limite les possibilités liées à
l'autodétermination identitaire de l'individu de sexe masculin (et
féminin) ce face à quoi nous trouvons un intérêt matériel, et non
seulement humaniste, dans la lutte contre le patriarcat. Nous
revendiquons le droit de ne plus être oppresseur, de ne plus servir le
patriarcat et de ne plus en bénéficier, de ne plus sefaire assigner un
rôle, un discours et de faux intérêts.

Un axe important de ce pouvoir patriarcal se retrouve dans le rapport
hétérosexuel imposé. Non seulement il nous garantit l'accès aux femmes :
notre pouvoir sur le corps des femmes est inscrit dans toute relation
sexuelle hétérosexuelle. Le potentiel d'être géniteur nous accorde le
droit de co-décider du devenir du corps et de la vie complète des femmes
via le choix de la grossesse et de la parentalité, donc concrètement
d'apposer notre droit de veto sur les choix de toute femme
hétérosexuelle. Nous refusons ce pouvoir et sommes bien entendu pour le
libre choix de l'interruption ou de la poursuite de toute grossesse par
les femmes et ce sans aucune intervention masculine ou tierce non
explicitement demandée. Le foetus fait partie du corps de la femme et
notre rôle doit en être un de support face à ce travail non-rémunéré
qu'est la grossesse. Nous ne possédons aucun droit face à ce f¦tus. Nous
reconnaissons à la futuremère le droit de refuser la paternité à tout
géniteur. Notre paternité ne doit être que sociale et doit se faire sous
le signe indifférencié sexuellement de parentalité; l'image spécifique de
parents sexués ne servant que de modèles masculins et féminins permettant
l'identification sexuelle et la reproduction perpétuelle de la différence
sexuelle chez les enfants.

Nous assumons le partage égal des responsabilités face à un enfant, même
si le géniteur ne souhaite pas à priori la parentalité. Nous croyons
qu'il serait toutefois souhaitable que ces responsabilités, dans ce cas,
soit éventuellement prises en charge par la société, par un réseau de
ressources matérielles et d'entraide, qui différencierait la parentalité
biologique de la parentalité sociale, non placée sous le signe de
l'hétérosexualité forcée et des rapports de domination, mais plutôt sous
celui de responsabilité. Ceci permettrait de rompre le lien nécessaire
entre la mère et un géniteur masculin dont elle ne souhaite peut-être pas
la présence ultérieure forcée, de laisser libre champ à la parentalité
homosexuelle et à la responsabilisation sociale plutôt que biologique; en
précisant que cette déresponsabilition des parents géniteurs ne pourrait
survenir que dans un contexte social idéal.
Notre lutte contre le patriarcat s'inscrit également dans le cadre d'une
lutte globale contre l'ensemble des formes d'oppression. Ainsi, nous
considérons que le capitalisme, l'État, le racisme sont oppressifs. Le
capitalisme étant un système qui exploite les salariéEs au profit des
patrons (bourgeoisie), l'État étant l'outil de domination politique et
idéologique des classes dominantes sur des classes dominées, et donc des
hommes sur les femmes. Par la violence "légale" de l'armée et de la
police, il impose la volonté des dominants alors que par ses instruments
idéologiques (médias, école, religion), il acquiert le consentement des
dominéEs, comme il généralise, naturalise et institutionnalise les bases
du patriarcat. Le racisme étant quant à lui la prétention de la
supériorité d'une race sur d'autres, fondée sur la pensée de la
différence comme pour les rapports de sexe/genre, et servant souvent
l'occidentalo-centrisme et l'impérialisme des nations du centre au dépend
de la périphérie. Tous ces systèmes d'oppressions touchent plus
spécifiquement les femmes, de par leur condition déjà précaire et
sur-dominée à l'intérieur de chacune des classes dominées, ce qui leur
vaut une double voire triple oppression

Notre mode d'organisation, fortement inspiré de groupes féministes,
consiste en un regroupement affinitaire sur le modèle de « cellule »
autogérée. Nous voulons ainsi nous concentrer sur le discours, qui se
doit d'être radical et révolutionnaire, et favoriser le développement
d'une idéologie bien tissée, dans le but de participer activement aux
débats sociaux liés aux questions de rapports de sexe-genre et de
provoquer des débats politiques, des remises en questions radicales et de
troubler l'hégémonie masculiniste et leurs tenants. Nous voulons donc
restreindre notre nombre afin de ne pas niveler le discours vers le bas,
de ne pas monopoliser toutes nos énergies militantes à convaincre les
individus désirant adhérer au groupe du bien fondé de notre plate-forme.
Nous pourrons ainsi nous concentrer sur l'action et l'agitation politique
et surtout éviter à tout prix de devenir une vitrine déculpabilisante et
de certification opportuniste d'une pseudo implication pro-féministe pour
les mâles opportunistes présents en grand nombre dans les organisations
de gauche, et éviter d'être noyautés par des militants à tendances
masculinistes. Bref, nous ne désirons pas être des certificateurs de
bonne conduite sexuelle et demeurons tous dignes de critiques et désireux
de changements personnels. Nous sommes pour la révolution permanente des
mentalités et des comportements, comme des structures sociales. Nous
essayons d'éviter dans notre fonctionnement les pièges de la « langue
macho » et d'être cohérents avec nos principes politiques de respect, de
non-compétition. Toutes nos décisions se prennent au consensus.

Nous agissons principalement sur notre milieu immédiat par des activités,
rencontres, etc., de manière ponctuelle. Nos principales activités se
résument actuellement à la production de tracts proféministes lors de
diverses manifestations et l'élaboration d'un atelier critique sur le
masculinisme, ainsi que de diverses interventions publiques. Divers
ateliers, dont certains en collaborations avec des féministes radicales,
sont projetés pour l'automne 2003. Nous tentons de tisser autant de liens
que possible avec les groupes et individues féministes, principalement
des féministes radicales, et tentons d'assurer une certaine redevabilité
versus leurs objectifs : plusieurs moyens d'assurer cet ancrage avec
leurs plans d'actions restent encore à développer.

© Hommes contre le Patriarcat, 2004.

1 Martin Dufresne et Hélène Palma, Autorité parentale conjointe : le
retour à la loi du père, dans Nouvelles Questions Féministes, Vol. 21, no
2, Lausanne, Suisse, 2002

[ texte tiré d'un nouveau portail internet www.antipatriarcat.org/ ]




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