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(fr) Le monde tel qu'il tourne mal

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Tue, 16 Mar 2004 18:19:40 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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En ce début d'année les experts de tous poils nous ont abreuvés
d'analyses aussi creuses que prétentieuses concernant les perspectives
pour 2004. A l'aide d'informations que nous envoient les militants et les
sympathisants de l'AIT, nous pouvons ici et d'ores et déjà dire quel sera
le scénario le plus probable : sauf à voir se développer des luttes
d'ampleur, basées sur l'action directe et la démocratie directe, qui sont
seules capables de renverser le rapport de force, cela sera la croissance
pour les capitalistes et leurs laquais, et la crise pour tous les autres.

REGAIN DES TENSIONS INTERNATIONALES

Un an après le montage de la guerre en Irak, premier pays pétrolier à
prétendre vendre son pétrole contre des euros et non contre des dollars,
c'est la foire d'empoigne autour du marché de la reconstruction
irakienne. Cela nous prouve, si besoin en était, quels étaient les
véritables motifs des dissensions au sein du Conseil de sécurité de
l'ONU. Le combat contre la tyrannie de Saddam Hussein n'était bien sûr
qu'une façade derrière laquelle se cachaient de puissants intérêts
financiers divergents.

Dans le partage du marché mondial autour de la guerre en Irak, les USA,
vite rejoint par l'Angleterre, se sont opposés à la Russie. Et la
France, au nom d'un pacifisme qui n'empêche nullement Vladimir Poutine de
poursuivre le massacre des Tchétchènes, s'est alliée avec la Russie. Pour
la première fois de son histoire, l'Union Européenne s'est trouvée
divisée sur une grande question internationale. Rappelons en effet que
l'Angleterre, lors même qu'elle n'était pas encore membre de la CEE,
était unie à la France contre les USA lors de la crise de Suez, en 1956
[1]. En 2003 Chirac a ouvert les bras à Poutine, et Blair a tendu la main
à Bush. La ligne de fracture créée au sein de l'UE (d'un coté
l'Angleterre, l'Espagne, les pays de l'Est, tels la Pologne, de l'autre
la France et l'Allemagne) est donc une première historique et elle aura
des conséquences sur la poursuite de la construction de l'UE, car
l'opposition entre les USA et l'Union Européenne n'est pas seulement
monétaire. Lors de la visite de Bush en Angleterre le 7 novembre
dernier, le Sunday Times expliquait que "Le président américain était
préoccupé par le fait que l'UE s'acheminait vers la création d'un nouvel
super État...". Cette "préoccupation" se traduira certainement par une
sorte de nouvelle guerre froide entre grandes puissances, avec une
multiplication de "points chauds". Les industriels de l'armement peuvent
donc de nouveau se frotter les mains. Tous les prétextes seront bons pour
coaliser des pays derrière les USA ou l'UE. Pendant que cette dernière
incorporera une dizaine de nouveaux États, la première, dont la
population atteindra 500 millions, va étendre son champ d'influence en
particulier à travers l'ALCA (Aire de libre commerce des Amériques) qui
succède à L'ALENA (Accord entre les trois pays d'Amérique du Nord). C'est
dans ce contexte que se comprend la "guerre du gaz" en Bolivie. La
Bolivie a connu, en janvier-févier 2003, une grève générale contre
l'aggravation des conditions de vie (augmentation de la rigueur
budgétaire, impôts de 12,5 % sur le salaire des fonctionnaires...). Cet
automne, d'importantes révoltes sociales ont conduit à la démission en
catastrophe (illustrée par sa fuite précipitée en hélicoptère) du
président en exercice. Pour canaliser l'élan révolutionnaire des masses
insurgées, les partis et les syndicats de gauche et d'extrême-gauche ont
imposé un mot d'ordre nationaliste et anti-chilien (contre le pays
voisin) : "Le gaz bolivien pour les Boliviens". Là comme au Venezuela, au
Brésil et en Argentine un nouveau gouvernement s'est formé dont le
discours nationaliste et faussement anti-yankee est destiné à embrigader
les populations derrière des intérêts qui ne sont pas les leurs. Pour le
moment, seule une minorité consciente d'anarchistes et de
révolutionnaires boliviens dénoncent cette stratégie. Dans ce bouillant
contexte latino-américain, l'AIT a été active, tant là où il existe des
sections constituées, comme en Argentine, Brésil et Colombie, que là où
se développent de nouveaux contacts comme au Mexique, Venezuela, Chili,
Cuba et Guatemala.

POLITIQUES ANTI-SOCIALES : CONSENSUS INTERNATIONAL DES ETATS

Les tensions internationales qui sont dues aux intérêts contradictoires
des marchés ne doivent pas masquer que, malgré les divisions affichées et
les batailles pour des "parts de marché" entre ses diverses
fractions, il existe une unité fondamentale de la bourgeoisie
internationale contre les exploités.

Même s'il y a des différences d'échelle, de la France au Brésil, des USA
au Bengladesh, les États, qui sont l'outil de la bourgeoisie, vont tous
dans un seul sens : toujours plus d'oppression. Partout,
l'appauvrissement et l'exploitation croissante des populations d'une
part, la confiscation des libertés individuelles et collectives d'autre
part, constituent les deux branches de la tenaille capitaliste qui écrase
les populations. Quelque soit l'État et le parti au pouvoir, on retrouve
en effet cette même et seule politique dans le monde entier. La baisse
des revenus des salariés, la dégradation des conditions de vie et de
travail sont omniprésentes. Mais la population, tout comme en
Bolivie, n'a pas encore le niveau de conscience suffisant pour
s'auto-organiser massivement et déjouer les piéges tendus par des
syndicalistes et des gauchistes à la botte de la bourgeoisie. Cela, même
si, comme en Italie, des volontés de riposte se font jour. Ainsi, la
grève générale appelée par nos compagnons de l'USI-AIT, les CUB et les
COBAS contre la réforme des retraites a été très suivie : prés de un
million et demi de participants le 7 novembre dernier. A Milan l'USI-AIT
a regroupé 2 000 travailleurs dans un cortège de 50 000 manifestants.
Dans sa déclaration "Retraites, guerres, et droits : Il est l'heure de la
grève générale et de la révolte sociale..." l'USI souligne : "Nous ne
devons pas oublier que l'action actuelle du gouvernement de centre droit
ne fait que suivre l'action initiée par celui de centre gauche qui a
commencé à s'attaquer aux retraites en diminuant les pensions et en
élevant l'âge de retraite, cela avec la collaboration active des
syndicats CGIL, CISL, UIL". En Italie comme ailleurs, les syndicats
d'intégration et les politiciens ont donc tout mis en ¦uvre pour faire
réussir les projets du capitalisme. En France, le projet RMA contre les
chômeurs et les travailleurs est survenu après la réforme des retraites.
La non-mobilisation sur ce sujet démontre surtout que les travailleurs,
échaudés par l'échec de mai-juin 2003, se méfient de plus en plus des
syndicats. La manifestation parisienne contre la réforme des allocations
chômage (24 décembre) à l'appel des syndicats CGT, SUD et
d'organisations qui se veulent représentatives de chômeurs a été suivie
par 80 personnes !

La section brésilienne de l'AIT, qui s'affronte au "Parti des
travailleurs" du président Lula, est en pointe dans ce combat contre les
alliés gauchistes du capitalisme, des affiches anarchosyndicalistes
fleurissent sur ce thème : "Contre les vols des retraites et de la Sécu :
Dehors Lula et compagnie".

Autre point d'accord entre les États mondiaux : la répression et la lutte
contre les libertés. Au nom de l'insécurité et du terrorisme, tous
collaborent pour réunir les polices et les fichiers. Tels, qui sont en
compétition, comme les USA et la France, s'entendent fort bien pour
écraser les individus. L'augmentation exponentielle des textes
répressifs et le renforcement des mesures contre les "sans papiers"
rentrent dans cette logique. Des nouvelles nous parviennent du
Bengladesh. Des travailleurs du textile qui, depuis des années, sont en
lutte pour leurs droits et communiquent avec l'AIT sont durement
réprimés, certains sérieusement blessés, d'autres assassinés. L'AIT a
soutenu les campagnes de leur organisation, la NGWF, contre les
conditions de travail endurées par les ouvriers et a apporté un soutien
financier. Ce cas n'est pas isolé : au Pakistan, une organisation
syndicale s'est également mise en contact avec l'AIT en vue de son
affiliation. La répression sévit aussi en Europe. Les sept personnes
arrêtées le 21 juin lors de la manifestation contre le sommet de
Thessalonique (Grèce) et ignominieusement emprisonnées en sont un
exemple. (Cf. http://cnt-ait.info/article.php?id_article=878)

Article du Combat Syndicaliste de Midi-Pyrénées N° 84 - Février - Mars
2004

[1] Il faut rappeler que l'Angleterre, lors même qu'elle n'était pas
encore membre de la CEE, était unie à la France lors de la crise de Suez,
en 1956, contre les USA.

-> http://cnt-ait.info/article.php?id_article=884

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