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(fr) Compte-rendu - occupation des locaux de l'OMI - Lyon

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Tue, 15 Jun 2004 12:17:51 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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http://ainfos.ca/index24.html
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Lyon, 14 juin 2004 - Communiqué de presse : occupation des locaux de
l'Office des Migrations Internationales à lyon
Ce lundi 14 juin 2004 apres-midi, une vingtaine de personnes, en colère et
déterminées, ont investi pendant deux heures les locaux de l'Office des
Migrations Internationales à Lyon (7 rue quivogne, lyon-perrache 2e, tel. 04 72 77 15 40).
Cette occupation a pour objet de dénoncer la responsabilité de l'OMI, Office
des Migrations Internationales, organisme sous tutelle du ministère de
l'Emploi, du travail et de la cohésion sociale, via la Direction de la
Population et des Migrations (DPM), dans la mise en place et l'application
des politiques migratoires en france (en harmonisation avec les politiques européennes).

L'efficacité de ces politiques repose sur l'articulation de deux mécanismes
de gestion des personnes migrantes :
Un mécanisme répressif : l'OMI est par exemple en charge des programmes
"d'incitation au retour volontaire" (sic) vers l'Afghanistan, l'Irak,
certains pays d'Afrique subsaharienne ou du Maghreb, etc. : en guise
d'incitation, c'est bien souvent de pressions qu'il s'agit, sur des migrants
précarisés et facilement intimidables, d'autant plus vu le peu
d'informations sur leurs droits – cf. par exemple une plaquette distribuée à
Sangatte par l'OMI, où était juste expliqué que la situation "irrégulière"
des exilés "n'est et ne peut être que temporaire et précaire", que la France
et l'Angleterre "n'étaient pas les pays des droits de l'homme attendus", et
qu'il valait mieux que les migrant-e-s rentrent "chez eux", le tout sans
même évoquer les droits à la demande d'asile. Une fois l'accord obtenu,
l'OMI propose alors quelques dizaines d'euros, un aller simple en avion et
la garantie à l'arrivée d'une prise en charge et d'un suivi par de ses
partenaires locaux, il a été démontré régulièrement que, bien entendu, il en
était rarement ainsi – on se souvient des Rroms de Roumanie évacués de
bidonvilles parisiens en 2002, puis "retournés volontairement" grâce aux
bons offices de l'OMI, à qui les autorités saisissaient le passeport à
l'arrivée, voir l'accablant rapport publié par Médecins du Monde et la
Fédération Internationale des Droits de l'Homme à ce sujet, en septembre
2003.

L'OMI est également de plus en plus présent dans les centres de rétention
administrative (CRA), ces lieux d'enfermement qui constituent un rouage
essentiel du dispositif d'expulsion des étrangers indésirables – pour
l'instant pour distribuer des cigarettes aux personnes retenues (on dit
souvent du permanent de l'OMI dans les CRA qu'il est le seul à ne pas être
débordé de travail, contrairement aux permanents de la CIMADE, au personnel
de soins, ou même des forces de sécurité encadrées par la PAF :
l'augmentation récente du temps de rétention de 12 à 32 jours, des capacités
"d'accueil" des CRA, bref la propagande sarkozienne en matière d'expulsions
suffisant à saturer les CRA, et à dynamiser la tension à l'intérieur).
Un mécanisme de "tri sélectif" des personnes étrangères sur le territoire
français, en fonction des besoins économiques du moment avec les fameux
"contrats OMI", par exemple, pour les travailleurs saisonniers (environ 4500
en 2001) dans le Sud-Est.
Ceux-ci ne bénéficient d'aucun des droits auxquels ont accés la majorité des
salariés (chômage, heures supplémentaires, couverture sociale, retraite,
logement, etc.) et ne pouvent obtenir ni RMI, ni prime de précarité, ni
carte de séjour, ni regroupement familial... Rien à envier aux travailleurs
marocains de la région tristement célèbre d'El Ejido... Des mouvements de
ces ouvriers agricoles, suivis par certains syndicats et groupes de défense
des droits humains, ont réussi à faire un peu de lumière, récemment, sur ces
pratiques (voir le mémorandum du CODETRAS, Collectif de défense des
travailleurs étrangers dans l'agriculture, publié en 2002
et disponible sur internet : http://www.espace.asso.fr/doc/doc_them_1.htm),
qui perdurent au moins depuis les années 50 et 60 lorsque l'OMI se chargeait
d'importer des travailleurs du Maghreb ou de Yougoslavie dans les secteurs
où un manque de bras se faisait cruellement (pour les entrepreneurs)
ressentir : BTP, agriculture, etc.

Cette pratique de gestion est rendue possible par l'implantation de l'OMI
dans un certain nombre de pays : Maroc, Tunisie, Pologne, Turquie, Roumanie,
Mali, etc.
La mise en place récente (courant 2004 l'ensemble des départements sera
couvert par ce dispositif) des "contrats d'accueil et d'intégration", dont
l'OMI a la charge, sera aussi l'occasion pour l'Etat français d'opérer une
sélection entre les "bons" et les "mauvais" étrangers sur des critères,
encore et toujours, d'"intégration républicaine", dont on sait les prémices
idéologiques d'écrabouillement d'individus de nombreux groupes sociaux,
sommés de se mettre dans le rang citoyen. Ah, ce contrat réaffirme entre
autres "le respect des droits fondamentaux", par exemple, la "liberté de
circulation" – si-si, ils ont osé... Bien entendu, dans les articles de
ce contrat, nulle trace d'une quelconque réciprocité entre les deux parties,

c'est-à-dire l'Etat français et la personne étrangère sommée de s'intégrer :
il s'agit uniquement d'imposer à celle-ci un certain nombre de devoirs. Par
le suivi (par l'OMI) des formations (civiques et linguistiques) imposées,
c'est d'un tour de vis supplémentaire dans les dispositifs de contrôle
social qu'il s'agit.
Par ailleurs, l'OMI fait payer aux personnes étrangères une taxe de 200
euros environ à l'occasion de la délivrance du premier titre de séjour
(article 133 de la loi de finances pour 2003 (n° 2002-1575 du 30 décembre
2002) : il n'y a pas de petits profits...

Pour récapituler : nous demandons le démantèlement des agences de gestion et
de contrôle des étrangers comme l'OMI ; la régularisation de tous les
sans-papiers avec des cartes de 127 ans minimum, ou encore mieux, plus de
papiers du tout pour personne ; comme seule politique migratoire : la
liberté de circulation et d'installation, bref, ce qui serait le plus simple
pour tout le monde, l'abolition de toutes les frontières.

collectif lOMInestpasnotreami, section lyon-sud-est


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