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(fr) Enseigner est-il le job le plus stressant ?

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Mon, 14 Jun 2004 12:11:09 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Geignards, grincheux, râleurs... : voilà comment beaucoup de gens hors du
cadre scolaire, voient les enseignants.

Une analyse des appels à la ligne ouverte contre le stress en grande
Bretagne, montre qu'un enseignant sur 15 a appelé l'an dernier, et les
resultats produisent divers effets. Les enseignants ont déclaré à la BBC
que leur métier était l'un des plus difficiles, alors que les
non-enseignants ont montré leur désaccord, en affirmant : "Est-ce que
vous vivez dans la réalité ?". Alors ce métier, stressant ou pas ?

Il faudra bien admettre que oui, preuves à l'appui et en dépit des
dénégations.

Il y a quelques années, le Health and Safety Executive (revue
spécialisée) a publié un rapport de l'Université de Cardiff (Pays de
Galles) qui, entre-autres, a comparé les niveaux de stress de différentes
professions. L'étude, une échelle du stress professionnel, montre que 20
pour cent des personnes déclarent avoir de hauts niveaux de stress au
travail. Chez les enseignants, ce taux est double. En fait, ceux-ci
dépassent même ce niveau en atteignant 41% de stress fort. Dans l'ordre,
viennent ensuite les infirmiers(ères) avec 31% et les cadres-dirigeants
avec 27%.

De façon intéressante, plus la rémunération des déclarants est forte et
plus leur niveau d'éducation élevé, plus ils avaient de chances de se
déclarés stressés. Par ailleurs, il est intéressant de noter que le
groupe se déclarant le moins stressé, est constitué par les
déménageurs-magasiniers. En effet, quand j'étais étudiant, j'ai travaillé
comme déménageur, et sauf quand le client insistait pour monter son piano
à l'étage, je peux dire que c'était vraiment cool. Sauf peut-être pour le
mal de dos !

Maintenant reste que cette évaluation est fondée sur l'évaluation
personelle de son niveau de stress. Les plus sceptiques des
non-enseignants parmi vous diront sans doute que cela ne prouve rien, si
ce n'est que les enseignants se plaignent plus que les autres.


Mais sachant qu'il serait impossible de montrer quelle catégorie d'emploi
est la plus difficile, il faut bien admettre que si un si grand nombre
d'enseignants se plaignent, c'est qu'une grande partie d'entre-eux n'est
pas satisfaite de son emploi. Et c'est bien cette perception qui importe
quand on évalue les niveaux de stress. Il ne faudrait pas non plus en
venir à négliger le phénomène parce que les uns accusent les autres
d'exagérer.

Il est bien convenu que si les enseignants se sentent malheureux au
travail, celà a sans doute une influence sur les élèves, sur leur
recrutement et sur le turn-over des profs, sans mentionner le coût des
congés de maladie. C'est donc aussi pourquoi ceux qui montrent du doigt
le grand nombre de congés des enseigants se trompent.

Il ne s'agit pas d'une compétition pour savoir qui travaille le plus de
jours ou d'heures , ni de savoir qui subit le plus de pressions pour
accomplir sa mission, mais plutot de considérer l'état d'esprit des
employés. Sur ce point, celui des enseignants semble ne pas être très
serein. Le fait que celui des infirmiers suit de près suggère quelques
indications.

L'un et l'autre catégorie travaillent dans des environnements très
structurés, très hiérarchisés, oû l'évaluation du public est très
présente et oû le contact avec ce public est quasi permanent. Alors
lequel de ces paramètres constitue la plus grande cause de stress. Les
mails adressés à la rédaction de BBC News Online (d'ou provient cet
article), semblent indiquer que c'est le comportement des écoliers qui en
est la cause.

Ceux qui valident cett option sont aussi ceux qui travaillent dans les
écoles sans toutefois être enseignants. Un agent administratif
d'exécution et un responsible informatique ont déclaré ne plus pouvoir
supporter le comportement insultant des enfants envers les enseignants.

Toujours est-il que les écoliers n'étaient pas la principale cause des
appels à la ligne ouverte des enseignants. Le plus grand nombre d'appels
concerne le stress que les appelants appellents "conflits". L'an dernier
8382 enseignants ont appelé parce qu'ils avaient un conflit avec un
responsable, un collègue, un parent ou un inspecteur. Seule la moitié ont
appelé pour un problème de comportement des élèves.

Je ne suggère pas qu'il faille minimiser l'impact de l'indiscipline sur
les enseignants. C'est d'ailleurs, comme le montre une autre étude, la
principale cause d'abandon définitif du métier d'enseignant. Le
comnportement des élèves se situe au-delà des écoles et peut s'étendre au
champ des changement sociétaux, et le déclin du respect de l'aurorité
(pouf n.d.l.t). Par contraste, résoudre les problèmes avec les dirigeants
ou les collègues (qui cumulent quand même 91% des plaintes) se situe en
revanche dans le champ de compétence de l'école.

Ce week-end peut-être lors de la Conférence annuelle des directeurs
d'école, ceux-ci devront peut-être s'interroger sur les raisons qui
accusent les cadres comme la principale source de stress et d'anxiété.
Une autre réflexion devra également s'inspirer des études comparatives du
stress en Grande -Bretagne et en France. Celle-ci élargie à 800
enseignants, montre des différence substancielles : 22% des congés de
maladie sont en
Angleterre, attribués au stress, contre 1% en France. Près de la moitié
des ensiegnants anglais, contre seulement 1 sur 5 en France, déclarent
avoir envisagé de quitter l'enseignement. En dépit de ces diférences, à
la fois enseignants anglais et français citent le comportement de leur
classe, le faible statut social du métier, et le manque de soutien des
parents, comme des causes de stress.

Alors pourquoi ces différences au plan du stress ? Les français
travaillent moins d'heures et ne sont pas tenus d'être présents à
l'école, sauf quand leurs horaires d'enseignement les y obligent. Une
approche similaire est envisagée en Russie par exemple, oû les
enseignants choisiront désormais un contrat qui précise exactement le
nombre d'heures oû ils devront enseigner à l'école. Sans doute que c'est
la solution, une plus grande flexibilité au regard des heures contractées
oû l'enseignant travaillant, mais à
l'extérieur de l'école cette fois, est encouragée (donc sans obligation
de rester dans la salle des profs).

Ou peut-être, le secret des français est-il le suivant : une heure avec
les troisième, et puis une heure au bistro, avant d'aller retrouver la
prochaine classe, relaxé et détendu.

Traduction d'un article de Mike Baker correspondant à BBC News


En guise de commentaires, rappelons que le refus du Grand débat sur
l'école par la CNT-AIT et beaucoup de camarades non-syndiqués se trouve
être justement, dans la volonté excessive de la hiérarchie de renforcer
le contrôle interne et externe des enseignants, par le corps
d'inspection, et nouveauté, par les parents. C'est d'ailleurs écrit noir
sur blanc dans les recommandations du Haut Conseil sur l'Evaluation de
l'Ecole. Comme par hasard, cette idée a été formulée par des parents
d'èlèves, (entre-autres la Présidente de la PEP, assocation connue pour
son soutien indéfectible au Medef). Le contrôle social des citoyens et
des fonctionnaires n'est pas une fatalité, rappelons-le.
S'il devait toutefois le devenir, nous appliquerons alors volontiers la
méthode aux représentants de l'oppression. A savoir les militaires qui
ont perdu toute les guerres du XXème siècle, la population civile ayant
payé le tribut le plus lourd comme on le sait, et libéré le pays en 1945.
Ils méritent donc qu'on les mette à la porte ! Quand à la force publique
chargée d'assurer la sécurité dite "publique", on peut dire qu'elle
mérite un zéro pointé, pour incompétence, violence et indiscipline.

Et maintenant en cette période de fête du travail, je soumettrais
volontiers quelques mots de Raul Vaneigem :
''l'amour du travail bien fait et le goût de la promotion dans le travail
sont aujourd'hui la marque indélébile de la veulerie et de la soumission
la plus stupide "?.

Joseph Gare

Tiré du site du syndicat éducation CNT-AIT du Gard :
http://cnteducation30.free.fr
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