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(fr) Enorme vague de résistance en Suisse

From infoladen biel (ajz-netz) <infoladen.biel@freesurf.ch>
Date Sat, 17 Jan 2004 14:14:30 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Les luttes sociales et économiques se sont multipliées dans tout le pays
d'une manière que la Suisse n'avait plus connue depuis long-temps.
L'automne chaud a vu des centaines de milliers de gens descendre dans la
rue contre les licenciements et les mesures d'économie. Que ce soit à
Lausanne, à Bellinzone, à La Chaux de Fonds, à St. Gall, à Berne ou à
Zurich, la grogne monte face aux attaques contre le service public. Et ce
de manière surprenante dans des régions qui ne sont pas
particulièrement combatives, comme le canton d'Argovie, où 280
établissements scolaires ont participé aux actions de protesta-tion et où
5000 personnes ont manifesté le 25 novembre. Un sérieux avertissement
pour les adeptes du démantèlement social, en tête desquels on retrouve la
droite dure et les nouveaux con-seil-lers fédéraux Blocher et Merz.


Zyliss - Grève contre la délocalisation

L'entreprise helvétique modèle Zyliss menace de boucler son usine de Lyss
et de déplacer la production en Asie. Les 80 employéEs se mettent en
grève. Ils/elles obtiennent gain de cause à force de créativité et de
com-ba-tivité, avec le soutien du Syndicat Industrie et Bâtiment SIB.
Même si la délocali-sation est maintenue et que la "Diethelm Keller
Holding" (6,5 milliards de chiffre d'affaires) pourra ainsi continuer à
réduire ses coûts de production, les travailleurs et travailleuses
pour-ront continuer à travailler pour une nouvelle entreprise, la
'NEW-CO'. Zyliss garantit le paiement des salaires jusqu'à fin 2004.


Allpack - Une grève pour la dignité!

Peu après, le 25 novembre, ce sont les ouvriers et ouvrières d'Allpack
SA à Reinach (BL) qui débra-yent. Ils/elles réagissent ainsi à une
détérioration massive de leurs conditions de travail, que la direction
essaye d'imposer à travers le licenciement de tout le personnel et de
nouveaux con-trats prévoyant la suppression du 13e salaire, une semaine
de vacances de moins, la réduction du congé maternité de 13 à 8
se-maines. Le salaire moyen est de 3.400 fr. brut. Les travailleurs, en
majorité des femmes migrantes, se montrent d'emblée très combatives. Le
climat de la boîte est en effet détestable: Des poussières de
médicaments en suspension représentent un risque pour leur santé. Quand
le travail vient à manquer, les ouvrières sont 'prêtées' à
d'autres entreprises comme No-var-tis ou Almedica. Les horaires ne sont
connus dans le meilleur des cas que le vendredi de la semaine précédente
et connaissent de fréquentes modifications de dernière minute.
Protester ou tomber malade entraîne des menaces de licenciement. La
grève, très dure, se prolonge 9 jours. Le propriétaire, Robert
Scheitlin, refuse tout dialogue et licencie 13 grévistes. Le canton de
Bâle-campagne et la directrice radicale de la police Sabine Pegoraro
volent au secours d'Allpack en faisant arrêter les piquets de grève par
les grenadiers. Trois grévistes sont blesséEs. Le lendemain, 500
personnes manifestent à Liestal contre la violence policière et en
solidarité avec la lutte des grévistes d'Allpack. Là encore intervention
musclée de la police, avec la participation d'une unité spéciale
antiterroriste. L'Etat n'a pas hésité à montrer son vrai visage de
défenseur des intérêts capitalistes. Cette intervention est scandaleuse
et représente un précédent dangereux pour les luttes futures.

Des négociations au couteau permettent d'imposer deux des revendications
des grévistes: Le 13e salaire est maintenu, ainsi que la 5e semaine de
vacances. comedia, en tant que représentant syndical des 13
licenciéES, entamera une procédure pour licenciements abusifs,
ceux-ci ayant été prononcés en pleine grève. De plus, la direction
d'Allpack s'engage à négocier une convention collective avec comedia.
Au 10e jour de grève, les travailleurs et travailleuses acceptent ce
résultat et mettent un terme à la grève, tout en sachant que leur combat
pour des salaires et des conditions de travail décen-tes est loin d'être
terminé(*).


...et à Ems-Chemie?

L'entreprise de Blocher a enregistré pour le premier semestre 2003 un
bénéfice de 72 millions de francs. Les actionnaires ont encaissé ce
printemps 220 millions de dividendes. 150 millions pour le seul Dr.
Blocher. Et pour maintenir ces profits, Ems-Chemie va licencier 43
employéEs et en mettre un nombre inconnu en retraite anticipée. Ces
dernières années, l'entreprise a diminué de moitié le nombre de ses
salariéEs, à 1200. Soulignons que Ems-Chemie ne connaît toujours pas de
convention collective. Cela nous donne un avant-goût de ce que le
conseiller fédéral Blocher, fervent défenseur des actionnaires, va
défendre au gouvernement.

Ces luttes et ces grèves manifes-tent à quel point les gens ont pris
conscience des attaques à leurs conditions de vie et de travail, en
particulier avec les menaces qui pèsent sur le service public, en
matière de soins et de formation. Ces diverses manifestations, grèves
d¹avertissement et grèves montrent que la tradition de paix du travail
est en train de s'effriter. Pour faire front à la guerre sociale des
dominantEs, d'autres actions seront nécessaires: Nous sommes loin d¹être
au bout du tunnel en matière d¹économies. La vague de résistance doit se
poursuivre!


* Se posent tout-de-même une série de questions sur la direction de la
grève:

Peut-on considérer comme un succès une grève qui se termine sur des
licenciements secs? Pourquoi n'y a-t-il pas eu de tentative d'étendre la
grève aux autres établissements du même patron? Pourquoi a-t-il fallu
attendre l'intervention policière pour qu'une large mobilisation se mette
en place? Pourquoi la problématique des mauvaises conditions sanitaires
n¹a-t-elle pas été portée vers les client d'Allpack et les associations
de consommateurs/trices?

Texte tiré de Rebellion #26,
journal de l'Organisation socialiste libertaire
www.rebellion.ch/




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