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(fr) Révélations sur l'infiltration policière du milieu militant

From COBP Montréal <cobp@hotmail.com>
Date Sat, 17 Jan 2004 14:09:19 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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MONTRÉAL, le 16 janvier 2004. Un agent double du Service de police de la
ville de Montréal (SPVM) a infiltré pour une période prolongée le milieu
militant montréalais de 2000 à 2002. Le flic-espion était
infiltré si profondément qu’il a même été lui-même interpellé par ses
collègues policiers du SPVM à trois reprises lors d’arrestation de masse
de manifestantEs !!

L’agent double, le constable Benoit Charron, a confirmé son rôle
d’infiltrateur lorsqu’il a eu à témoigner, cette semaine et la semaine
passée, lors de deux procès différents mais tous deux reliés à
l’affaire du squat Préfontaine (août-octobre 2001).

Les témoignages sous serment de l’agent Charron permis de lever une
partie du secret voilé qui entoure les opérations d’infiltration
politique du SPVM.

L’agent Charron a témoigné devant la cour du Québec le 8 janvier 2004
dans un procès pour trafic de stupéfiants, où un ex-squatter de
Préfontaine était accusé d’avoir prit part à deux transactions de
revente de dope avec l’agent double (la première pour 20$ de pot et la
deuxième pour 40$ de crack).

Il n’y avait pas de trafic de drogue au squat Préfontaine, c’était
d’ailleurs interdit dans les règles internes. S’il y avait de la
consommation, ceux et celles qui consommaient s’approvisionnaient en dope
à l’extérieur du squat.

Dans les deux cas, c’est l’agent Charron qui avait approché l’accusé pour
lui passer ses commandes de weed et de crack. S’il y a eue de l’argent
et de la dope qui ont changés de main, alors c’était du simple
dépannage et non pas une activité de trafic à grande échelle.

L’agent Charron avait réussit à se faire accepter parmi le squat
Préfontaine et se faisait d’ailleurs appeler « Pat ». Par ailleurs, il
était presque tout le temps accompagné d’une jeune fille, qui elle se
faisait appeler « Julie » et qui agissait vraisemblablement comme sa
partenaire de police.

Bien qu’il gardait un profil bas et discret, il a réussit à gagner la
confiance de plusieurs squatteurs et squatteuses.

Avec ses longs cheveux blonds, son ti-pinch et son look à tendance
gothik, le flic-espion n’avait justement pas du tout la tête de l’emploi
du flic, car, avouons-le, nous sommes souvent habités de pleins de
préjugés quand vient le temps d’imaginer des gueules de flics.

Or, ce qu’il ne faut jamais l’oublier c’est que la police est à l’image
d’un monstre qui peut prendre une multitude de facettes et se fondre
sous différents visages. L’agent Charron, qui a soudainement cessé de
fréquenter le milieu militant au printemps 2002, a depuis repris
l’apparence du flic conventionnel avec son ensemble trois pièces et ses
cheveux coupés au ras la tête.

Lors du procès pour trafic de stupéfiants, le juge n’avait pas permis à
la défense d’aller bien au-delà des deux transactions qui étaient
reprochées à l’accusé dans son contre-interrogatoire de l’agent Charron.

Toutefois, l’agent Charron a confirmé qu’il avait été arrêté à Westmount
lors de la manifestation du 1er mai 2000. À la fin de l’avant-midi, le
juge a rendu son verdict et déclaré l’accusé coupable des deux chefs
d’accusation. La sentence n’a pas encore été prononcée, mais la poursuite
demande neuf mois d’emprisonnement.

Puis, l’agent Charron a été convoqué à la cour municipale le lundi 12
janvier 2004 pour témoigner dans un procès d’« attroupement illégal »
pour la manifestation du 4 octobre 2001, qui s’était tenue le lendemain
de l’éviction du squat.

À cette occasion, les manifestantEs avaient transporté leur colère
jusqu’à l’hôtel de ville, où les mots « Toc ! Toc ! » avaient été peints
à la canette sur la porte principale. Un épouvantail d’halloween avait
aussi été incendié et quelques pancartes électorales municipales
vandalisées.

Le flic-espion Charron et sa copine qui le suivait comme un chien de
poche comptaient parmi les 31 personnes qui avaient été arrêtées au
terme de la manifestation par l’escouade tactique à l’angle des rues
Sainte-Catherine et Amherst.

Évidemment, l’agent d’infiltration n’a jamais été accusé par ses
collègues policiers. Toutefois, il a été lui aussi été menotté et
conduit dans un panier à salade jusqu’au Centre Opérationnel Sud, sur la
rue Guy. Il avait d’ailleurs été l’un des derniers à quitter le C.O. Sud
parmi les personnes arrêtées.

De toute évidence, les boss de Charron ne voulaient pas brûler la
couverture de leur James Bond à la noix. Suite à l’arrestation du 4
octobre 2001, le constable Charron avait continué à fréquenter le milieu
militant radical montréalais, assistant à des assemblées de la
Convergence des Luttes Anticapitalistes ou prenant part à des
manifestations.

Le visage de l’agent Charron est aussi apparu sur une photo qui avait été
publiée dans Le Devoir de l’arrestation de masse préventive du 26 avril
2002, au square Dominion.

À la première journée du procès pour la manifestation du 4 octobre 2001,
l’agent Charron a été convoqué pour témoigner dans une requête en arrêt
des procédures présentée par l’accusée Geneviève Thibodeau, qui se
représentait seule.

Durant son témoignage, le constable Charron a admis avoir prit part à la
manifestation du 4 octobre 2001 et avoir été arrêté en compagnie de 30
autres personnes. De plus, il a admis avoir continué d’avoir des contacts
avec l’accusée dans les mois qui suivirent et a reconnu avoir rédigé un
rapport relativement à cet événement.

De son côté, le procureur Louis Duguay a affirmé au tribunal que la
poursuite n’avait aucune connaissance de la présence d’un agent double
parmi les personnes arrêtées. L’enquêteur au dossier, le
sergent-détective Alain Bousquet, a aussi prétendu la même chose.

D’une manière ou d’une autre, toutes ces cachotteries soulèvent des
questions. En effet, si le SD Bousquet n’a pas menti (ce qui ne peut être
exclu d’office) que faut-il alors penser du fait que la présence d’un
agent double au sein des manifestantEs arrêtéEs lui aurait été caché ?
Faut-il en déduire que le flic-espion ne faisait pas confiance à
l’enquêteur pour qu’il garde le silence ??

Quoi qu’il en soit, le juge Richard Chassé a déclaré l’accusée coupable
de participation à un « attroupement illégal » et l’a condamnée à une
probation de deux années et à une amende de 200$.


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Collectif Opposé à la Brutalité Policière
Collective Opposed to Police Brutality
cobp@hotmail.com
http://www.tao.ca/~cobp/index.html
Montréal, Québec, Canada



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