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(fr) CQFD # 7

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 8 Jan 2004 12:44:16 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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SOMMMAIRE
---------
En une
Code du travail : toilettage canin au salon du Medef (cf. texte
ci-dessous)

En page 2
En 1938 déjà on remettait « la France au travail », par Mathieu Bouchard.

En page 3
Excédents pénitentiaires par Willy Daunizeau

Coupe de l'America : Marseille rate son holp-up, par Olivier Cyran +
Attac invente l'altercoupe de l'America, par Marc Pantanella

En page 4
La loi contre l'homophobie, par Claude et Dominique

Vraie-fausse insécurité : retour sur le procès de Pantin, par Sylvie
Tissot

Le droit de grève pris en otage, par Fred Michel

En page 5
Nos miettes coloniales : Mayotte, laboratoire de la France de demain, par
Hervé Gouyer

En page 6
Christophe Aguiton, faux ami du mois

Le FSE et les médias libres, par Victor Lehaineux.

En page 7
Arnaud Lagardère : le féminisme d'un marchand de canons, par Lionel
Raymond

Euros kakis et billets verts : l'Europe de la défense, par François
Maliet

Chronique de guerre sur le Kurdistan, par Jean Philippe Turpin

En centrale
Tous des bêtes par Martin, Faujour, Babet, et Kader

En pages 10 et 11
Les conseillers ANPE en conclave au casino Partouche d'Aix-en-Provence :
reportage sur l'emploi au pays du blackjack + interview d'une agente
ANPE, par Stéphane Goxe et Lionel Raymond

En pages 12 et 13
Esclavage rural : les travailleurs immigrés de l'OMI, par Marie Nennes

En pages 14 et 15
Science : l'anarchie chez les extraterrestres + La chronique de Hamé sur
le bon vieux temps des colonies + Chronique musicale punk de Pierre
Etbunk et Will Notdead + Volés chez le bouquiniste.

En der'
La vie de bureau chez Mermet : T'en baves là-bas si j'y suis, par la
rédaction de CQFD.

Et toujours des brèves à l'arrach

Sans compter les dessins, photos et illustrations de Rémi, Aurel, Martin,
Faujour, Lindingre, Jiho, Berth, XXL, Babouse, Lefred-Thouron, Lasserpe,
Lerouge, Martin, Faujour, Babet et Kader

EN UNE
------
Toilettage canin au salon du Medef

C'est un vieux, un très vieux fantasme patronal que le gouvernement
s'apprête à exaucer : réduire le code du travail au format kleenex, se
moucher dedans et balancer le machin au nez des « partenaires sociaux »
qui, avec un peu de chance, l'avaleront sans plus d'histoires. Fin
novembre, le ministre des Affaires « sociales », François Fillon, a en
effet nommé une commission de neuf membres chargés de « toiletter » (sic)
le code du travail. Leurs conclusions devront servir de base à un projet
de loi attendu pour janvier. Si l'on s'en rapporte au petit Robert, le
toilettage est l'action qui consiste à « faire la toilette d'un animal de
compagnie ». On ne saurait mieux suggérer l'estime dans laquelle les
sous-traitants ministériels du Medef tiennent les droits du salarié, ou
ce qu'il en reste. Déjà sérieusement liftées par les dérégulations, le
sous-travail obligatoire (RMA), la métamorphose de l'ANPE en super-agence
d'intérim, les projets de laminage de l'inspection du travail et tous les
opulents cadeaux offerts aux employeurs, les protections juridiques du
travailleur ‹ fruits d'une lutte longue et acharnée ‹ se retrouvent au
salon du toilettage canin. Sauf que ce n'est pas une épilation qui guette
le caniche, ni un ruban rose sur la tête : en fait de toilettage, il faut
plutôt s'attendre à un désossage.

Car Fillon a bien fait les choses. D'abord, il n'a trompé personne sur
ses intentions : « Je souhaite que sur l'organisation du travail et sur
les heures supplémentaires (contingent et rémunération), les entreprises
retrouvent une plus grande liberté » (les Echos, 20/11/03). Pour le dire
mieux : je souhaite que les salariés marnent plus dur, plus longtemps et
pour moins cher. Comment ? En remplaçant les contraintes légales,
évidemment trop « complexes », par des accords signés « soit au niveau
des branches, soit au niveau des entreprises », dans le cadre de la seule
loi qui vaille : celle du plus fort, celle du cash. La seconde trouvaille
de Fillon, c'est d'avoir confié la présidence de cette commission à un
virtuose du vandalisme social : Michel de Virville, le secrétaire général
et directeur des ressources humaines du groupe Renault. C'est ce type qui
a annoncé la fermeture de Vilvoorde en 1997. Trois mille ouvriers sur le
carreau. « Il nous a appris ça par une conférence de presse à Bruxelles,
sans même se rendre sur l'usine », se souvient un délégué syndical. La
même année, Renault engrangeait un bénéfice net de 5,4 milliards de
francs.

Pour réfléchir au code du travail et à son nécessaire « assouplissement
», le DRH de Renault est à coup sûr le candidat rêvé. Les stocks humains
qu'il a en gestion sont rompus à la souplesse : selon la CGT, les
intérimaires représentent 12,2 % des effectifs, contre 3,5 % à l'époque
de Vilvoorde. A l'embauche, un ouvrier touche moins de 1 000 euros par
mois, alors que les dix plus gros salaires de la boîte ‹ celui du PDG non
compris ‹ représentent un volume de 5,7 millions d'euros par an. Soit
environ 50 000 euros par cravate et par mois. Il est certain que quand
vous pesez autant que cinquante smicards réunis, cela vous confère, aux
yeux de l'Etat, du législateur et des actionnaires, une autorité
indiscutable pour « débloquer », comme dit Michel de Virville, « les
limites de l'emploi salarié et indépendant, les contrats de mission, la
sous-traitance », ou encore les « limites de la notion de temps de
travail effectif, le régime des dérogations au régime du repos
hebdomadaire, le temps partiel » (Le Monde, 27/10/03). C'est-à-dire, pour
tailler en rondelles les dernières différences qui séparent le salarié de
« l'animal de compagnie ». Ou, en l'occurrence, de la bête de trait.
Garder confiance, cependant ! Le DRH de Renault n'est-il pas homme de
dialogue et de consensus ? C'est en effet comme directeur de cabinet de
Jean-Pierre Soisson, dans le gouvernement « d'ouverture » de Michel
Rocard, qu'il a gagné en 1988 ses premiers galons de citoyen au service
du bien public. On dit même qu'il en a gardé de solides amitiés au parti
socialiste. Le toilettage canin, voilà encore un truc pas mal pour
transcender les vieux clivages.



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