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(fr) Courant alternatif # 136

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Mon, 9 Feb 2004 12:55:41 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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Sommaire
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Edito
Nucléaire : bilan de la manif et commentaire sur le dernier bulletin de
Stop-Nogent
Santé : plan hôpital 2007
La Poste
La double peine reste d'actualité
LA SOCIETE POLICIERE EN MARCHE
Deuxième retour de Palestine
Note de lecture : Masculin//féminin : dissoudre la hiérarchie
Prêt-à-penser et bon pour cogner au menu du jour
Cote d'Ivoire
Situation aux Etats-Unis (2e partie)
Flics et militaire


Edito
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Deux ans après le coup du 21 avril, ceux qui croyaient faire barrage à
l'autoritarisme et au racisme en sont pour leurs frais. Sarkozy, avec ses
discours et sa politique démagogique, tient aujourd'hui le haut du pavé.
Le délire lepeniste a tout naturellement trouvé une chambre d'écho au
ministère de l'intérieur. Détournant l'attention des réels problèmes
sociaux, la sécurité est présentée comme une priorité justifiant de fait
le renforcement de l'autorité de l'Etat. Après les démonstrations de
force dans certains quartiers populaires en début de règne, on passe
aujourd'hui à une remise au goût du jour des grandes rafles. Ces
pratiques que l'on croyait d'un autre âge ont été testées il y a peu
contre des populations roms dans plusieurs villes de France. Par ces
actions criminelles le pouvoir entretient des préjugés racistes tenaces
dans la population française en faisant l'amalgame avec certains trafics
avec lesquels ses populations n'ont rien à voir. Par les moyens employés,
ces opérations prennent l'allure d'un véritable nettoyage ethnique :
destructions d'habitations au bulldozer assorties d'expulsions
immédiates.

Des méthodes du même ordre sévissent encore aux alentours de Calais. La
région connaît depuis des mois les patrouilles de flics arpentant les
rues à la recherche de celles et ceux qui tentent de trouver asile
outre-Manche. Les rafles n'y suffisant pas, police et justice s'acharnent
à détruire les solidarités concrètes surgies spontanément d'une partie de
la population locale, éc¦urée par les pratiques vichystes des autorités.

Pression et arbitraire s'accentuent également dans la façon de donner la
justice, comme si les procédures, déjà peu favorables aux exclus et
laissés-pour-compte, n'étaient pas assez expéditives. Des tribunaux
d'exception apparaissent désormais dans les centres de rétention, dans
les zones portuaires et aéroportuaires. Les migrants déjà fragilisés sont
soumis à un simulacre de justice où la police détient en fait
l'initiative.

Sous couvert de lutte contre l'insécurité, toutes ces pratiques
s'affichent sans honte aucune, ne choquent que quelques minorités. La
pression s'accentue avec la bénédiction de la plupart de ceux qui
pourraient en être les futurs victimes. Ceux-là même qui n'entendent
rien aux manifestations élémentaires de solidarité. Que dire des
réactions à l'égard d'actions menées contre le système carcéral tant est
répandue la conviction de l'utilité sociale de la prison ? C'est
d'ailleurs à l'occasion de l'une d'elles que 400 manifestants et
manifestantes se sont faits rafler peu après les manifestations du FSE et
du FSL, le 16 novembre 2003.

Avec ces démonstrations de force, l'Etat a en outre la satisfaction de
constater qu'une part non négligeable de la société, y compris dans les
secteurs militants, ne cesse de demander son intervention à tout propos.
Les lois tombent pour nous protéger de dangers réels ou supposés, de la
violence routière au voile en passant par la consommation de tabac, etc.
L'Etat prétend ainsi s'intéresser aux aspects de la vie quotidienne,
intervient tel un patriarche, donne son avis sur tout comme si nous ne
devions nous occuper de rien.

Alors que son rôle régulateur semble se réduire dans le domaine
économique où il organise la transition au libéralisme intégral, l'Etat
travaille parallèlement sa puissance policière. Dans l'affaire du
foulard, le gouvernement n'hésite pas à se servir de valeur qui lui est
étrangère comme le "droit des femmes" pour déclencher la stigmatisation
d'une part importante de la population immigrée. La démagogie se fait
encore une fois la meilleure alliée de l'autoritarisme. Elle contribue là
aussi a créer un dérivatif aux préoccupations grandissantes en matière
sociale. Sur ce terrain, l'Etat avance en détruisant les acquis du
mouvement ouvrier. L'accélération des réformes ne semble rencontrer de
résistance sérieuse malgré le mouvement contre la destruction des
retraites. Avec l'offensive concertée du patronat, le sentiment
d'insécurité se fait plus fort chez les salariés comme chez les chômeurs.
Le rouleau compresseur avance, logeant progressivement tout le monde du
travail à l'enseigne de la misère et de la précarité. Peut-être est-ce
pour cela que le pouvoir tente de construire des barrières artificielles
entre les différentes catégories populaires ?

Face à ces attaques frontales, violentes, force est de constater que le
dialogue n'est plus de mise, s'il l'a un jour été. Tant qu'aucune
réaction sérieuse n'émergera, tant qu'aucune remise en cause politique à
quelque niveau que se soit ne conteste la domination étatique et
économique, la chape de plomb continuera de nous écraser. Le
totalitarisme teinté de populisme pourra parader sur les ruines du
mouvement ouvrier et de l'alternative révolutionnaire. Car toujours,
totalitarisme et populisme seront les produits inévitables de toute
démission ou de tout échec du prolétariat et de celles et ceux qui
militent pour le dépassement de ce système destructeur.

Oeuvrons ensemble afin qu'il ne nous reste autre chose que la "petite
fleur, celle qui me pousse à l'intérieur" chanson... d'un certain
Béranger.

OCL/Reims

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Edito tiré de "Courant alternatif" # 136 - février 2004.
24 pages. 2,3 euros.

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