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(fr) N° 24 de Syndicaliste: quoi de neuf dans le mouvement syndical ?

From a-infos-fr@ainfos.ca
Date Fri, 27 Aug 2004 16:31:35 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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[de convergence-libertaire]
Rien de spécial, la décomposition se poursuit. La
"lutte" pour la défense de l'Assurance Maladie a été
le simple remake de celle sur les retraites, en plus
caricaturale. Un recul social historique, une
conscience réelle du sens de ce recul chez les
travailleurs, des directions confédérales qui
orchestrent la division et le fractionnement, une
profession massivement mobilisée (EDF-GDF après les
travailleurs de l'éducation l'année dernière) mais
fragilisée par son corporatisme historique, des temps
forts complètement inefficaces, une gauche syndicale
qui court après la CGT et après ATTAC, un mouvement
révolutionnaire sans stratégie.

La seule différence tient peut être au fait que cette
défaite marque la fin d'une époque. Car après la
défaite des électriciens et des gaziers, que va t-il
rester du mouvement syndical ? Certains rêvent encore
à une lutte dans la durée. Pourtant, le cas des
intermittents, très médiatisé, a montré que sans
démarche interprofessionnelle il ne pouvait désormais
plus y avoir de recul réel de la bourgeoisie dans sa
politique offensive. L'année dernière, les mêmes
rêveurs, se refusant à élaborer un bilan politique de
la grève interpro, avaient prédit un rebond de la
lutte des travailleurs de l'éducation. Le constat
tient plutôt du champ de ruines. S’ il y a bien eu
mobilisation, elle s'est faite tardivement, sans
vigueur, sans objectif et surtout suite à de nouvelles
attaques du gouvernement (baisse des effectifs,
développement de la précarité et de la flexibilité).
Les deniers bastions du syndicalisme du public
s'effritent très rapidement. Qu'en restera t-il dans 3
ou 4 ans?
Certainement peu de chose.

Et pourtant, tout ceci était prévisible dès juin
dernier si un bilan sérieux avait été réalisé. Mais ni
le mouvement syndical ni les organisations
révolutionnaires ne semblent vouloir se remettre en
cause. Leur attitude tient plutôt de la fuite en
avant. Le spontanéisme, sous ses différentes formes,
tient lieu d’horizon pour l'avenir. On s'en remet à
une succession de luttes spontanées, sans les préparer
et surtout sans prévoir de perspectives de renouveau.
Au final, c'est le repli sur les appareils qui domine.

Or c'est certainement une nouvelle période qui
s'ouvre. Les luttes de la Libération avaient construit
un panorama social relativement unifié. Les services
publics nationaux et leurs statuts, les branches
professionnelles construites autour des conventions
collectives, les grandes concentrations ouvrières et
la Sécurité Sociale avaient modelé un mouvement
ouvrier structuré à une échelle nationale. Les luttes
au quotidien, même dans les boites privées, étaient
donc façonnées par cette réalité, par cette dimension
nationale. C'était l'époque des journées d'actions
professionnelles ou des grandes luttes de société.

Ce panorama social est en train de disparaître.
La gestion patronale, dans le public tout comme dans
le privé, s'intègre dans une dynamique décentralisée
et parcellisée. Quelle est la fédération syndicale
actuellement capable, vu les défaites récentes et la
démoralisation généralisée, de lancer une lutte
nationale d'ampleur même sur une base défensive ?
Peut-être quelques nationales surgiront ponctuellement
mais la lutte des classes va prendre ces prochaines
années une dimension très majoritairement locale.

Le syndicalisme de lutte et l'extrême gauche s'étaient
spécialisés dans des stratégie de débordement ou de
pression sur les appareils et sur les grandes luttes
nationales. Tout ceci n'aura désormais plus aucun sens
si ces luttes disparaissent.

Où sont les analyses stratégiques qui tiennent compte
de cette réalité ? Les militants s'y sont adaptés de
fait, mais simplement en produisant une activité
quotidienne tournée vers la défense individuelle des
travailleurs ou contre les restructurations locales.

Mais ces combats défensifs ne sont absolument pas
intégrés à une vision d'ensemble, à une perspective de
reconstruction.
La preuve en est l'absence d'élan interprofessionnel
après la défaite de mai-juin dernier. Les réflexions
interpro en sont resté au stade des bonnes intentions
et ce sont finalement les vieilles habitudes qui ont
repris le dessus.

Il est vraiment urgent d'ouvrir des perspectives.
Espérons que la grande claque que nous venons de
recevoir va réveiller certains d'entre nous. Les
militants de terrain ont conscience que leur
confédération respective, même les plus alternatives,
n'ont pas été à la hauteur. Malheureusement il n'est
pas certain que ce constat les amène à participer à la
grande œuvre de révolution interne que le mouvement
syndical doit mener. De toute façon, la "bataille"
interne contre les conservatisme et les bureaucraties
n'a de sens que si elle se fait sur la base d'un
projet alternatif. Dénoncer les directions syndicales
de façon incantatoire et théorique est une activité
stérile si cela ne se fait pas à travers une remise en
cause aussi individuelle.

En effet, si nous avons perdu c'est bien parce que la
campagne de défense de la Sécu n'a pas été menée dans
les boites, dans les quartiers sur une base syndicale.
La lutte n'a pas été préparée au niveau des UL. La
majorité des militants de terrain en partage donc
aussi la responsabilité.

La priorité tient donc à la nécessité de définir des
perspectives immédiates porteuses de renouveau et de
regroupement.
Pour cette raison, les campagnes lancées par le Réseau
Syndical Interpro doivent être massivement reprises
par les structures syndicales locales. La campagne sur
la précarité, qui s'appuie sur des recours collectifs
devant les tribunaux pour requalifier les contrats de
travail est un exemple. Elle permet d'organiser les
précaires sur du concret, de les amener dans la lutte,
de les obliger à s'emparer et à connaître leurs droits
mais aussi de relier tous les combats qui se mènent
sur ce terrain pour reprendre l'initiative interpro et
unitaire.

Il en est de même pour les réflexions sur la création
de sections syndicales et donc d'un matériel écrit
servant les nouveaux militants. La question de la
répression anti-syndicale devra aussi figurer parmi
les priorités. Tout d'abord parce que la protection
des militants est une principe que l'on doit
réaffirmer dans le cadre de la nouvelle phase de
luttes. Mais aussi par ce que cela permet de regrouper
les militants sur une base interpro et de les mettre
en confiance. Car de la confiance et de l'unité il va
en falloir face aux patrons dans les boites.
Alors faisons preuve de courage, ne fuyons pas le
syndicalisme d'entreprise et arrêtons de perdre notre
temps dans les gesticulations sans lendemains et dans
tous les beaux discours.

juillet 2004

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