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(fr) Rebellion # 28 - Pour le syndicalisme révolutionnaire

From "infoladen biel (ajz-netz)" <infoladen.biel@freesurf.ch>
Date Wed, 28 Apr 2004 23:12:33 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Rebellion no. 28, Feuille d'agitation de l'Organisation Socialiste
Libertaire, vient de paraître pour le premier mai.

Pour le syndicalisme révolutionnaire

Les succès électoraux récents des partis socialistes espagnol et
français méritent une analyse approfondie et nuancée. Mais ils ne
changent rien pour l’essentiel. La social-démocratie - ou plutôt le
social-libéralisme - fait une politique qui non seulement défend le
système capitaliste mais met en oeuvre les principaux éléments de sa
régulation néo-libérale. Schröder et Blair le démontrent chaque jour.
Zapatero le confirme. Hollande le rappellera demain. Pour ne rien dire
des sociaux-démocrates autrichiens qui pactisent avec Haider ou du Parti
socialiste suisse qui gouverne avec Blocher.

Les managers de la social-démocratie

La social-démocratie développe certes une conception différente de celle
des formations conserva­trices et néolibérales sur ce que doit être
l’équilibre général du système. En particulier, tout en laissant libre
jeu aux forces du marché, le social-libéralisme appelle de ses vœux le
maintien d’un filet de sécurité qui limite l’explosion de la misère
sociale.

En même temps, et fondamentale­ment, la social-démocratie appuie les
politiques répressives et sécuritaires, le démantèlement du service
public, l’attaque contre le salaire social. Elle soutient la
mobilisation de la puissance pu­blique, de l’Etat de classe, au service
de la valorisation du capital. C’est en invoquant à chaque fois le
‘moins pire’ que le social-libéralisme arrive à convaincre les gens d’en
bas qu’il vaut mieux que les forces politiques bourgeoises.

Le syndicalisme institutionnel contre les luttes

La plupart des syndicats ‘majori­taires’ se soumettent à cette politique
social-libérale. Ils l’ac­com­pagnent, la négocient, la mettent en
œuvre. Ils encadrent, pour la maintenir dans la passivité et
l’impuissance, une partie du salariat, sans parvenir jamais à freiner la
longue ruine des acquis et des garanties. Le syndicalisme institutionnel
n’organise pas la défense du prolétariat contre l’atomisation et à la
précarité sociale, contre la dictature de l’économie.

Certes, le syndicalisme institution­nel anime parfois des mobilisations
ponctuelles en prenant bien soin que les salariéEs de base n’agissent
pas en auto-organisation, ne gagnent pas en autonomie. Ces luttes
limitées et contrôlées représentent la réaction inévitable pour
conserver son statut et son rôle dans le marchandage de la force de
travail et pour garantir les quotas de pouvoir subalterne qui en
dérivent.

Le syndicalisme institutionnel est devenu fondamentalement la courroie
de transmission de la politique social-libérale. La social-démocratie et
le syndicalisme institutionnel ne sont ni trans­formables, ni
redressables par une politique d’opposition interne.

L’investissement et la conquête de places dans les appareils, avec à la
clé la tentative de maintenir et de revitaliser les liens qui demeurent
entre ces organisations et les classes populaires ne mène à rien.

Lorsqu’il n’existe pas de cadre alternatif, il faut cependant com­mencer
à construire une pratique d’auto-organisation au sein des syndicats
majoritaires. Il existe en effet au sein de ceux-ci des noyaux et des
pratiques de base et il n’est pas toujours possible de dévelop­per
immédiatement des initiatives syndicales de base indépendantes.

Mais l’activité syndicale de base ne doit en aucun cas être orientée
vers la conquête de pans de l’appareil, mais vers le dégagement et
l’accumulation de pratiques d’action directe. Evidemment, pour exister
et durer, l’action directe doit tendre à se donner ses structures
propres, indépendantes des appareils...

Rappelons qu’en 1923, lors de la refon­da­tion de l’AIT, il est
explici­te­ment envisagé la possibilité de bâtir des fractions
syndicalistes révolutionnaires dans les syndicats réformistes. Ce sera
d’ailleurs le cas dans l’expérience romande des années 20 & 30 dans la
FOBB avec les ligues d’action du bâtiment et la conquête d’une autonomie
significative pour de très nom­breuses structures syndicales de base.

Le cas ordinaire de la Suisse

En Suisse, notre pain de chaque jour est fait du syndicalisme de paix du
travail et de la participation structurellement subalterne des
socialistes à tous les niveaux de pouvoir étatique.

Bureaucrates politiques et syndi­caux du social-libéralisme helvéti­que
ont promu toutes les attaques contre les classes populaires. Ils/elles
ont facilité la diffusion de toutes les démarches de flexibili­sation du
travail. Ils/elles ont négocié toutes les procédures de démantèlement du
service public. La poste en constitue l’exemple le plus caricatural. Un
socialiste dirige la restructuration capitaliste de l’en­tre­prise
publique et un syndica­lisme de collaboration organise une mobilisation
inefficace, inca­pable de résister effectivement à cette restructuration.

Faire autre chose autrement

Pour défendre les acquis les plus élémentaires du point de vue matériel,
social, culturel ou politi­que, il n’y pas d’autre voie que d’accumuler
puissance et luttes, capacité d’auto-organisation et autonomie
stratégique et poli­tique du mouvement social.

Sur le terrain syndical, cela sup­pose un pari nouveau sur le
syndi­calisme révo­lu­tionnaire, un retour qui aussi est une création.
Pour dé­fendre les salaires, les garanties collectives, les droits, les
presta­tions de service public, la soli­da­rité sociale, nous avons
besoin, d’abord d’un syn­dica­lisme d’auto-organi­sation.

Un syndicalisme où, de manière fédérée et unitaire, les
travail­leuses/eurs soient en activité, sujetTEs de l’organisation et de
la lutte, maîtresESSES d’une organisa­tion anti-hiérarchique,
coopéra­tive, démocratique.

Un syndicalisme indépendant de l’Etat, des institutions, de tous les
partis politiques - machines à accumuler et à gérer du pouvoir au
service du système et à leur propre profit.

Action directe

Un syndicalisme d’action directe enfin. Non pas de cette ‘action
directe’ caricaturale et fétichiste qui pense trouver son essence entre
deux cagouléEs qui cassent une vitrine - caricature largement promue par
les plumitifs bourgeois, les flics et les incultes -, mais l’action
directe née de l’idée et de la pratique du mouvement prolé­tarien.

L’action directe signifie qu’entre la domination et nous, il n’y a rien.
Il n’y a aucune institution au-dessus des classes, aucun appareil
étatique neutre, aucune instance publique qui puisse transcender les
divisions entre exploiteurs/euses et ex­ploi­téEs, entre dominantEs et
domi­néEs, tout en assurant une justice égale pour touTEs. C’est à
nous-mêmes, et à nous-mêmes seulEs, à notre capacité de pensée et
d’action, que revient la tâche de construire une politique de
libéra­tion.

Un syndicalisme enfin de trans­formation sociale qui, prenant appui sur
les luttes, précipite et accumule des libérations irréver­sibles,
jusqu’à l’émancipation totale des femmes et des hommes.

Ce syndicalisme révolutionnaire, tel qu’il s’exprimait au début du 20ème
siècle dans la Charte d’Amiens, paraît incomplet, voire inachevé à
certainEs camarades, qui voudraient en préciser la nature
anarcho-syndicaliste. Or le communisme libertaire de l’avenir reste un
chantier à peine ouvert, avec quelques esquisses. Peut-on, après
l’expérience du ‘socialisme réel’ et de la social-démocratie historique,
concevoir un autre projet d’émancipation que celui qui opère la fusion
entre la sociali­sation de l’économie, l’autogestion et la démocratie de
base, dans un mouvement permanent d’auto-institution de la société?

Il n’y a pas de projet de trans­forma­tion sociale qui ne porte, à sa
base, la culture, les valeurs, les moteurs politiques du mouvement
liber­taire, même si nous savons que cette transformation sociale sera à
la fois fidèle et nouvelle par rap­port à ce qui fut accompli autrefois.

Le mot 'anarchosyndicaliste' d’ailleurs vaut bien celui de syndi­caliste
révolutionnaire. A celles et ceux qui marchent et qui se battent sans
connaître encore toute l’histoire, peut-être le second est-il simplement
plus ac­­cueil­lant.

PS

11 mars 2004: 200 personnes tuées et 1500 blessées par des bombes, dans
les trains de banlieue à Madrid. Ce sont d’abord des jeunes et des
travailleurs/euses espagnolEs et immigréEs qui ont été frappéEs.

Comme des milliers de personnes à travers le monde, celles et ceux qui
sont tombéEs à Madrid sont victimes du terrorisme d’organi­sations qui
veulent dominer les sociétés et atteindre les pouvoirs constitués en
frappant les peuples. Ces organisations veulent toujours conquérir le
pouvoir d’Etat ou sont au service de pouvoirs étatiques. Mais leur
action barbare ne doit pas faire oublier qu’il y a aussi le terrorisme
direct ou indirect des Etats eux-mêmes.

Aucune cause ne peut justifier le carnage, ni celle qui invoque la lutte
contre les Etats occidentaux, ni celle qui invoque la légitimité de
l’action étatique.

www.rebellion.ch/




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