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(fr) La France et le genocide au Rwanda ; et nous ?

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Sun, 4 Apr 2004 12:56:14 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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le 7 avril marquera le dixième anniversaire (un mot plutôt connoté
positivement, d'habitude !) du génocide au Rwanda ; nous pensons que
c'est l'occasion de revenir sur ce qu'a été ce génocide, et, surtout, en
ce qui nous concerne, nous autres habitants de la France, sur les
complicités de notre pays dans cette monstrueuse affaire.

Nous qui vous communiquons l'article ci-dessous, sommes un collectif
indépendant d'individus, souvent en lien avec l'association Survie (une
association qui fait un remarquable travail d'information sur ce sujet),
qui sommes extrèmement préoccupés par la politique étrangère de notre
pays, tout particulièrement en Afrique.

Nous pensons qu'il est extrêmement important de rompre l'omerta qui règne
dans notre pays sur les agissements criminels de nos
gouvernements successifs en Afrique, et qu'il s'agit de l'affaire de
tous. Y compris des professeurs, sur leurs lieux de travail, dans les
classes, bien sûr, mais aussi partout ailleurs : n'hésitez donc pas à
relayer également l'information dans les bulletins syndicaux, dans les
salles des profs, les associations que vous fréquentez, etc.

Si nous n'essayons pas de rendre ces faits publics, qui le fera ? Et si
personne ne s'en soucie, qu'est-ce qui empêchera que pareille
criminalité politique se reproduise ?

bien à vous,

Yves Bonnardel

P.S. nous donnons à la fin du texte une petite liste d'ouvrages qui
eux-mêmes donnent toutes les références des affirmations parfois
difficile à croire que vous trouverez ci-dessous ; sachez que ces
ouvrages ont parfois été attaqués en diffamation, que ce soit par
Charles Pasqua, Jacques Isnard ou Jean-Marie Colombani
(respectivement journaliste au, et directeur de publication du
Monde), ou bien encore par les présidents Déby, Bongo et Eyadema, et que
les "diffamés" ont perdu leur procès ! C'est une raison parmi
d'autres pour ajouter foi à ce qui suit...

P.P.S. si le texte n'arrive pas très lisible, ou si les caractères gras
ou italiques ont sauté, vous pouvez nous demander une version word en
format rtf, que nous vous enverrons volontiers en fichier
joint (36 ko).


A l'occasion du Xème "anniversaire" du génocide au Rwanda : il faut en
finir avec la politique française en Afrique !

On s'indigne beaucoup en France de l'impérialisme américain dans le
monde, et on oublie volontiers par contre que la France sait
également fort bien faire régner la terreur au-delà de ses
frontières. Notre petit pays fait largement autant de dégâts à
l'échelle internationale que son grand cousin ! Sans même parler de sa
politique de soutien à la junte birmane ou aux dictatures
laotienne ou chinoise, ou encore à la plupart des démocratures
d'Amérique latine, évoquons simplement ses interventions en Afrique :
l'association Survie estime à près de 10 millions de morts, dans les dix
dernières années, le nombre des victimes directes (par massacres,
assassinats, génocidesŠ) des politiques de l'État français, sans
parler des « morts indirectes » (par famines, épidémies, absences de
soins, etc., dues notamment au fait que les économies africaines sont
pillées, dévastées, et sont aujourd'hui exsangues).

Depuis quarante ans, la politique française en Afrique se résume
essentiellement à de la géopolitique de mauvais aloi et à
l'exploitation unilatérale des ressources naturelles des pays
prédatés. Les profits sont immenses. C'est pourquoi les armes
importent peu : la corruption, le meurtre, la manipulation et la
guerre. Loteries aux amputations, tortures, viols, disparitions
forcées, emprisonnements : tout est valable pour asseoir cette
politique. La France, « patrie des droits de l'Homme », a par exemple
soutenu par tous les moyens les inspirateurs et auteurs du génocide
rwandais. C'était il y a dix ans.
Plus d'une vingtaine de réseaux politiques, d'officines mafieuses, de
filières occultes, se partagent aujourd'hui le gâteau du protectorat
néocolonial de la France en Afrique.

L' « opinion » française n'existe pas : elle est ce qu'en font les
médias. La population française, passive, n'est pas informée des
agissements en son nom de « ses » élus, de « ses » chefs
d'entreprises, etc. De toute évidence, elle n'est pas pressée de
savoir, cette population toute baignée de démocratie. En fait,
appeler démocratie un régime capable de mettre des moyens
considérables dans le soutien à un génocide, sans que les gouvernés ne le
sachent ni ne cherchent à le savoir, pose en soi un problème.

Insistons un peu (brièvement tout de même) sur les complicités
françaises dans le génocide au Rwanda, dont ce sera, le 7 avril 2004, le
dixième « anniversaire » du déclenchement. Il s'agit hélas d'un bon
exemple de cette habituelle politique française en Afrique.

Le génocide au Rwanda (avril-juin 1994) :

Rwanda 1994, le dernier génocide du XXe siècle : une grande partie des
victimes ont été torturées abominablement avant d'être tuées. Il s'agit
du génocide généralisé de plus d'un million de Tutsi et des massacres de
dizaines de milliers de Hutu accusés d'être leurs
complices. Les armes (des machettes surtout) ont été achetées avec le
soutien financier de la France, qui a également financé le
renforcement de l'armée rwandaise génocidaire, et dont des officiers ont
entraîné les milices meurtrières. Des membres de l'armée
française étaient présents au Rwanda pendant les massacres et
semblent avoir parfois participé aux contrôles racistes et dénoncé aux
tortionnaires des rescapés venus chercher une aide !
De fait, pendant tout le temps que dure l'extermination, on assiste au
soutien concret de la France au gouvernement intérimaire qui mène le
génocide au vu et au su de la communauté internationale : ce
gouvernement génocidaire se constitue au sein même de l'ambassade
française ! François Mitterand, qui suit jour après jour toute
l'affaire, déclare à ses proches, au cours de l'été 1994 : « dans ces
pays-là, un génocide, ce n'est pas trop important » (phrase rapportée
dans Le Figaro du 12 janvier 1998). La France et d'autres pays du
Conseil de sécurité obtiennent de l'ONU qu'elle retire ses troupes du
Rwanda, au moment même où elles auraient pu enrayer l'entreprise
d'extermination ; les diplomaties française et américaine à l'ONU
résistent aussi longtemps que possible à la qualification de génocide des
événements, afin d'éviter l'obligation d'intervenir ; puis,
lorsque les génocidaires devront militairement battre en retraite
devant leurs adversaires, ce sera encore la France qui, avec l'aval de
l'ONU, enverra une force armée d'interposition (ce sera
l'opération Turquoise) qui permettra aux génocidaires de s'enfuir, de se
regrouper et de continuer ça et là à massacrer dans les zones
qu'elle contrôle ! Dans cette prétendue « zone humanitaire sure », Radio
Mille Collines continuait de diffuser ses appels à « éradiquer les
cafards »Š La complicité des médias français à la politique du
gouvernement et à celle du Hutu Power est généralisée : aussi
longtemps que cela restera possible, il n'y aura aucune fausse note dans
un concert de légitimation de ce « nazisme tropical », dont un ministre
est accueilli en France bras ouverts dans le même temps que
d'innombrables charniers se remplissent, que les fleuves charrient des
dizaines de milliers de cadavresŠJean d'Ormesson parle en esthète dans le
Figaro de « massacres grandioses dans des paysages sublimes ». Après le
génocide, la France (ainsi d'ailleurs que le Vatican,
très actif lui aussi) sauve et accueille des génocidaires et se fait
l'écho des thèses révisionnistes, voire négationnistes.

Comment en arrive-t-on là ? retour sur le passé...

Le désir d'émancipation des anciennes colonies émerge fortement dès la
fin de la seconde guerre mondiale, renforcé non sans
arrière-pensées par les États-Unis et l'URSS. La pression politique est
forte pour De Gaulle. Mais il ne souhaite pas l'indépendance de l'ancien
empire colonial français, et ce pour au moins cinq raisons : - deux
raisons politiques : garder un cortège d'États clients
(un réservoir de votes) permettant à la France d'occuper une position
importante dans les institutions internationales ; tenir la place
assignée à la France dans la "Guerre froide", en évitant la
propagation du communisme dans les anciennes colonies.
- deux raisons économiques : l'accès aux matières premières
stratégiques comme l'uranium ou le pétrole ; la perpétuation des
rentes des sociétés coloniales (cacao, banane, bois, café, etc.).
- une raison supplémentaire : le détournement des rentes
africaines pour financer son propre mouvement gaulliste (via des
circuits qui irrigueront par la suite les autres partis de
gouvernement, de gauche ou de droite, ainsi que l'extrême-droite!).

Politiquement acculé, de Gaulle enclenche le processus de
décolonisation dans les années 60. Mais, tout en proclamant ce nouvel
état des relations internationales, il s'emploie à maintenir les pays
d'Afrique francophone sous la tutelle française par un ensemble de moyens
occultes.

Sa principale stratégie sera la mise en place de dirigeants africains
favorables à la France par l'élimination physique des leaders
indépendantistes (voir plus bas) ou des élections truquées. Bon
nombre des chefs d'État choisis ont été formés dans les écoles
françaises de sous-officiers ou d'officiers. Plusieurs appartiennent aux
services secrets français. Des accords secrets sont passés avec les
dirigeants de ces pays officiellement indépendants. Depuis plus de
quarante ans, les pays francophones au sud du Sahara vivent avec des
accords de coopération, notamment monétaires et militaires,
conçus pour qu'ils ne soient jamais indépendants.

Se met ainsi en place un réseau contrôlé et entretenu par une série de
correspondants : officiers des services secrets, hommes
d'affaires, fonctionnaires, conseillers de tout poil. Chaque
président africain est chaperonné par un colonel des services secrets
français, soi-disant chargé de sa sécurité, et de multiples
conseillers. Par exemple, tous les conseillers du président ivoirien
Houphouët-Boigny étaient français.

Encouragée entre autres par l'impulsion américaine, la notion de «
développement » émerge avec le mouvement de décolonisation : les pays
industrialisés occidentaux doivent aider les pays sous-développés. Comme
la plupart des pays de l'OCDE, la France met en place toute une gamme
d'institutions chargées de la coopération et du développement. Les
dépenses affectées à cet effet sont rassemblées sous l'appellation « Aide
Publique au Développement » (APD). L'État français y consacre 30 à 40
milliards de francs (4 à 6 milliards d'euros environ) chaque année. Loin
d'¦uvrer pour le développement, cette APD a en réalité plusieurs
fonctions :
- maintenir en place les régimes « amis » et si possible étendre
l'influence de la France en Afrique.
- favoriser le détournement des ressources africaines.
- aider à vendre un certain nombre de productions françaises.
L'association SURVIE estime que la moitié du total de l'APD est
directement détournée et que moins de 2 % sert effectivement à
réduire l'extrême misère de plus d'un milliard d'humains.

En réalité, le « développement » économique, social et politique est au
contraire littéralement saboté. Malgré les dépenses gigantesques
officiellement consacrées aux États d'Afrique francophone, la situation
de ces pays après quatre décennies de "coopération" est révélatrice : on
devine que la rente a très peu profité aux populations. Pire, leurs
dettes sont gigantesques.

Pendant toute cette période, les discours des différents gouvernements se
sont drapés de vertu : la France « meilleure amie de l'Afrique et du
développement », les droits de l'Homme, la grandeur culturelle, la
Francophonie, la lutte contre l'influence hégémonique anglo-saxonne, etc.
Notons à ce propos que même si le gouvernement affiche une distanciation
avec les États-Unis, les passerelles entre les services secrets, les
hommes d'affaires ou les militaires français et américains sont beaucoup
plus fortes que l'on ne l'entend généralement affirmer. Les réseaux
franco-africains sont en lien étroit avec le dispositif clandestin de la
Guerre froide : la France joue son rôle dans l'échiquier géopolitique
occidental (cf. par exemple Verschave, Noir Chirac, les Arènes, 2002).

En plus des trafics de drogue et du blanchiment d'argent via les
loteries, casinos ou paris hippiques, quantité de petites entreprises
(fournitures, armements, trafics divers) financent les services secrets.
Une partie des fonds gigantesques de la rente du pétrole ou des matières
premières, et des commissions sur les ventes d'arme, est récupérée par
ces services qui multiplient ainsi par trois ou davantage les crédits
votés à leur intention par le Parlement français.

La convertibilité du franc CFA et la prolifération des paradis fiscaux
permettent enfin la multiplication des circuits parallèles d'évasion de
capitaux et de blanchiment d'argent en toute opacité.

Pendant le règne de Giscard, le réseau initial, dont la stratégie de «
raison d'État » était directement contrôlée par l'Élysée et sa fameuse
cellule africaine, va se dissoudre en une quinzaine de réseaux ayant
chacun ses propres stratégies. La politique africaine de la France semble
alors ne plus relever de décisions centralisées, aussi criminelles
soient-elles, mais être le résultat aléatoire d'un jeu de fléchettes
autour d'enjeux alléchants : détournement de l'APD ou de la rente des
matières premières, financement parallèle de la vie politique française,
"terrain de jeux", de primes et de promotions pour les militaires,
blanchiment d'argent, trafic d'armes et de drogues, etc.

Ce gateau attire une multitude d'acteurs entremêlés :
- Les réseaux politiques français (Chirac, Pasqua, Madelin, Mitterand,
Roussin,Rocard, etc.).
- Les services secrets
- Le lobby militaire
- Des multinationales (TotalFinaElf, Bouygues et Suez (BTP, eau), Bolloré
(transports), Rougier (bois), Pinault (distribution), Castel (boissons),
etc.)
- L'extrême droite
- Un certain nombre d'excroissances de la franc-maçonnerie
- Des sectes comme la Rose-Croix ou les Templiers
- Ajoutons des ONG de façade, des trafiquants en tout genre et bien sûr
la mafia transnationale.

Ces réseaux s'entremêlent. Des « solidarités » se sont tissées entre la
classe politique, la hiérarchie militaire, les Services, la justice, les
médias, les groupes industriels, la haute finance, les administrations.
Elles sont un gage d'assistance mutuelle et d'omerta.

La Françafrique, c'est tout un système de connivences entre des potentats
africains installés ou protégés par Paris, et leurs parrains français,
politiques, militaires et financiers.

Un bilan partiel, provisoire, de la FrançafriqueŠ

En quarante ans, ce sont des dizaines de millions de morts, des
centaines de milliards détournés, des peuples maintenus sous le joug de
dictatures sanglantes, des économies réduites à peau de chagrin. Voyons
un peu :

- Génocides, massacres, tortures : notamment, massacre des
Bamilékés au Cameroun de 1957 à 1970 (des centaines de milliers de
victimes), complicité de génocide au Rwanda en 1994 (un million de
morts), litanie de massacres au Tchad (au moins 100 000 morts depuis
1980, des dizaines de milliers de personnes violées et torturées),
soutien aux politiques d'extermination dans le Sud-Soudan (deux
millions de morts depuis 20 ans), et plus généralement installation,
formation, équipement et absolution de polices tortionnaires, de
gouvernements se maintenant au pouvoir par des politiques criminelles de
masse, etc.

- Des assassinats de personnalités symbolisant l'émancipation
de l'Afrique : les présidents togolais et burkinabè Sylvanus Olympio
(1963) et Thomas Sankara (1987), l'assassinat en plein Paris de
l'opposant tchadien Outel Bono (1973) ou de Dulcie September (1988),
représentante du parti anti-apartheid de Nelson Mandela, etc. Sans
compter les innombrables assassinats ou morts sous la torture de
"gêneurs" ordinaires, tel le journaliste burkinabè Norbert Zongo
(1998), et, de ci de là, des assassinats aussi de ressortissants
français (juges, coopérants, etc.).

- Des guerres : notamment, guerre du Biafra en 1967, guerre
civile en Angola de 1975 à 2001, au Liberia entre 1989 et 2003, en Sierra
Leone depuis 1991, au Congo-Brazzaville (1997-2003). Quelque trois
millions et demi de morts au total. La France dans de nombreux cas de
conflits n'hésite pas à armer les deux camps : les bénéfices sont
doublés, et « on » est sûr de gagner sur tous les tableaux.

- L'investiture démocratique des dictateurs par un truquage
systématique des élections (au Cameroun, au Togo, au Tchad, au Gabon, à
Djibouti, en Mauritanie, au Congo-Brazzaville, etc.).

- La prédation des richesses pétrolières, minières et
agricoles, remplacées par une dette abyssale.

- Le « gel » de tout développement économique, social et
politique, afin que nulle opposition ne trouve les moyens de se
développerŠ

Tous les Présidents de la République et les Premiers ministres depuis
1958 tolèrent parfaitement ce système d'emblée criminel, devenu
chaotique et incontrôlable, dont les caisses noires sont
phénoménales. L'opposition gauche/droite est largement dépassée.
Presque toutes les personnalités de ces partis « de gouvernement » -
c'est-à-dire la droite et le PS - sont pris dans l'engrenage
françafricain.

« Plus jamais ça ! », une invocation creuse ?

Il faut cesser de tant s'indigner de l'impérialisme américain et de
parallèlement si peu se pencher sur la politique de notre État : une
telle dénonciation sélective frise la complicité ! La critique des États,
et tout particulièrement du nôtre, ne doit pas non plus
s'arrêter à ce qui se passe sous nos yeux, en Métropole !
Il faut que la question de la politique étrangère de notre pays
devienne enfin une question publique, centrale, objet de débats
politiques !

Nos démocraties occidentales sont coutumières de crimes à grande
échelle. Le phénomène est trop général pour que l'on puisse croire à des
accidents. Le problème n'est pas celui d'individus qui
abuseraient indûment des responsabilités qui leur sont confiées. Si des
pratiques telles que celles de la Françafrique perdurent depuis si
longtemps, si on en retrouve de similaires dans presque tous les pays
occidentaux, c'est parce que les institutions politiques de ces pays les
permettent, voire les favorisent. Nos démocraties
représentatives ont pour conséquence de créer une classe dirigeante à qui
elles donnent tout pouvoir. Elle est composée des gens qui sont les
décideurs dans les domaines politique, économique, militaire,
journalistique, etc. Il n'y a tout simplement aucune raison de penser que
leurs intérêts sont les mêmes que ceux du reste de la population. Dans
ces conditions, tolérer ce système, c'est non seulement renoncer à
décider pour soi-même, mais c'est aussi accepter que des crimes
comme le soutien au gouvernement génocidaire rwandais soient commis en
notre nom, c'est en accepter une part de responsabilité.

Agir dans nos pays est une nécessité qui peut s'avérer vitale pour les
millions de personnes qui sont aujourd'hui à la merci de nos
dirigeants. La lutte contre notre propre complicité est politique, bien
sûr, mais aussi sociale et culturelle. Nous ne savons pas
vraiment comment établir des contre-feux. Nous ne le saurons qu'en
essayant. La première chose à faire est de toute façon de rendre
publique, partout où faire se peut, la réalité de cette politique
française.

Pour l'instant, pratiquement seule l'association Survie travaille
vraiment sur la question de la politique française en Afrique (et
fait un travail fantastique !), mais que peut-elle si personne ne se
soucie de relayer l'information ; si nous ne nous y mettons pas
aussi, qui s'y mettra ? Nous autres professeurs n'avons pas à
demeurer complices, par le silence ou l'indifférence, de la politique
criminelle de nos gouvernements. Bien au contraire, notre rôle auprès des
élèves doit être l'information, ainsi que l'éveil de l'esprit
critique, l'indépendance d'esprit par rapport aux pouvoirs, quels
qu'ils soient, et tout particulièrement ceux qui s'exercent en notre nom.
Ce mois d'avril, nous allons commémorer les dix ans du dernier holocauste
en date. N'est-il pas temps de réagir ?


Yves Bonnardel et Sem Laforêt
en adaptant librement des textes de Survie et la postface de Un
génocide sans importance (éd. Tahin party, 2002, 3 euros, ou bien
téléchargeable gratuitement sur le site des éditions :
http://tahin-party.org), avec leur accord.

Pour de plus amples infos, lire de Jean-Paul Gouteux, La nuit
rwandaise (éd. L'esprit frappeur, 2002, 10 euros), ou bien encore, de
Verschave, Françafrique, le crime continue (éd. Survie, 2002, 2,3
euros), disponible à la Fédération SURVIE
01 44 61 03 25
survie@wanadoo.fr
http://www.survie-france.org/

Voir aussi : http://rwandap.free.fr/

ou bien encore l'Association Internationale de Recherches sur les
Crimes contre l'Humanité et les Génocides : http://www.aircrige.org

Un certain nombre d'associations (la Cimade, Aircrige, l'Obsarm et
Survie) et de personnalités ont constitué une Commission d'enquête
citoyenne, qui a examinée du 22 au 26 mars 2004 l'ensemble des
éléments à sa disposition faisant peser sur la France le soupçon
d'une complicité multiforme avec l'un des plus graves crimes du
XXèmesiècle. Les conclusions de la Commission, d'ores et déjà
disponibles, sont accablantes et sont un bon résumé, détaillé et
argumenté, de ce qu'on peut reprocher à l'État français. Voir :
http://www.enquete-citoyenne-rwanda.org/

A lire Pour plus d'info (une sélection qui est loin d'être exhaustive !)
- Alison des Forges (FIDH), Aucun témoin ne doit survivre, Karthala, 1999
- Jean-Paul Gouteux, La Nuit rwandaise. L'implication française dans le
dernier génocide du siècle, L'Esprit Frappeur, 2002
- Jean-Paul Gouteux, Le Monde, un media au-dessus de tout soupçon ?,
L'Esprit Frappeur, 2000
- Michel Sitbon, Un génocide sur la conscience, L'Esprit Frappeur, 1998 -
Jean-Pierre Chrétien (dir.), Rwanda : Les médias du génocide, Karthala,
1995
- François-Xavier Verschave, La Françafrique, Stock, 1998
- François-Xavier Verschave, Noir Silence, Les Arènes, 2001
- François-Xavier Verschave, Noir Chirac, Les Arènes, 2002
- Roméo Dallaire, J'ai serré la main du Diable, Libre Expression, 2003

Une brochure "Francafrique" est par ailleurs disponible sur le site
http://luttins.ouvaton.org/ (cliquer sur "Brochures").

[ expéditeur/expéditrice <y.bon(a)free.fr> ]




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