A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Català_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) Journee des droits de la femme, unite et ta soeur ?

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Fri, 2 Apr 2004 16:46:48 +0200 (CEST)


_________________________________________________
A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
_________________________________________________

Pourquoi quelques anarchaféministes refusent de s'associer à la journée
internationale des droits de la femme... pendant que d'autres courent au
meeting de Ni putes ni soumises

Journée internationale des droits de la femme, Unité... et ta soeur ?

En tant que féministes, nous luttons au quotidien pour l'abolition du
patriarcat. En tant qu'anarchistes, nous savons que notre lutte pour la
liberté ne passe pas par la prise de pouvoir (que celle-ci se concrétise
par une démarche électoraliste ou par une avidité de représentation
sociale tous azimuts, ces deux formes aboutissant à une hiérarchisation
des individus). Il est bien acquis par le féminisme que notre lutte ne se
résume pas à des revendications anti-sexistes qui peuvent parfaitement
trouver leur place dans la société patriarcale que nous subissons (ces
revendications pouvant d'ailleurs être reprises par les hommes) mais
qu'elle vise à redonner aux femmes une parole propre qui leur a toujours
été niée. De la même façon, parce que nous sommes aussi anarchistes, si
nous pouvons lutter de façon ponctuelle avec divers collectifs,
syndicats, associations et partis, pour autre chose que l'abolition
immédiate de l'État ; nous ne pouvons jamais nous fondre dans une
organisation niant par sa nature (composition et/ou fonctionnement)
l'oppression étatique.

Autant nous reconnaissons l'oppression spécifique exercée sur toute les
femmes (qu'elles soient ministres RPR ou militantes anarchistes), autant
la réponse politique et sociale que chacune apportera sera différente. Il
apparaît donc clairement que si nous pouvons être d'accord sur de
perpétuels états des lieux de l'oppression des femmes (journée des droits
de la femme ou autres grandes messes), toute dynamique unitaire de
réponse à cette oppression est vouée à l'échec car elle supposerait qu'on
nomme nos différences politiques. Suffit-il de subir la même oppression
pour être s¦urs ? N'est-ce pas plutôt les réponses choisies qui font
notre féminisme ? S'il est facile de constater l'oppression spécifique
subie par les femmes voilées, il est peu dire que de nombreuses femmes de
la sphère politique décisionnelle n'ont jamais montré le moindre signe de
solidarité féministe... Ce sont plus nos choix de riposte qui font notre
identité que notre oppression, partant de là, on a plus de chances de
trouver notre s¦ur du côté des sans-papieres fuyant un mariage forcé ou
la misogynie religieuse érigée en système politique par exemple, qu'à
l'occasion de la journée internationale des droits de la femme.

On aurait pu alors, nous dira-t-on, participer à cette journée
internationale des droits de la femme en étant conscientes des ces enjeux
de pouvoir mais espérer avoir un bon rapport de force, évalué au prorata
de l'énergie investie. Si tel était le cas (vu le nombre de collectifs où
les anarchistes ont joué les petites mains), il y a longtemps que le PS
serait un sous-groupuscule passé aux oubliettes de l'histoire ouvrière et
la parole anarchiste omniprésente. On croit ouvrir une brèche et on se
noie... Précisément parce que notre anarcha-féminisme se veut ancré dans la
réalité sociale et politique on ne peut considérer la journée
internationale des droits de la femme comme une bulle féministe
totalement détachée du monde extérieur. Comme on peut le voir dans les
luttes des sans-papier-e-s, contre la réforme des retraites, des
universités, de l'éducation nationale, de la protection des
chômeur-euse-s, du statut des intermittents, etc., le PS, le PC, les
Verts, LO, la LCR et leurs nombreux satellites retrouvent une frénésie
militante à l'approche des élections régionales et cantonales qui ont
lieu deux semaines plus tard. Pourquoi la journée internationale des
droits de la femme échapperait-elle à cette récupération ? Si les partis
ont un bénéfice politique évident à briller par leur présence lors de
cette journée, partager ces paillettes avec les institutions ne peut être
d'aucun bénéfice politique pour l'avancée concrète des idées
anarcha-féministes.

Nourries, entre autres, du travail de terrain des culs-terreuses que nous
sommes, cette journée internationale des droits de la femme permettra à
l'intelligentsia de remplir ses cahiers de doléances sur l'état pitoyable
des droits des femmes. Cahiers qu'elles rendront une fois la messe dite,
avec lesquels nous pourrons retourner dans nos quartiers nous affronter
avec les institutions sur la défense concrète des femmes précaires avec
ou sans papiers. Il ne s'agit donc pas de nier l'intérêt de reparler
encore et toujours des violences faites aux femmes mais de questionner le
cadre institutionnel dans lequel ce travail s'effectue. Car enfin, à qui
s'adresse cette journée internationale des droits de la femme ?
Pense-t-on que les femmes précaires se déplaceront dans les diverses
conférences et rassemblements prévus pour l'occasion pour découvrir de la
bouche des féministes officielles la réalité de leur oppression ? Notre
pratique militante qui consiste à lutter ensemble au quotidien contre
notreoppression commune n'est-elle pas plus efficace pour une réelle prise de
conscience et surtout pour enclencher une vraie dynamique ?


T'as pas vu ma soeur ?

Refuser de participer à la journée internationale des droits de la femme,
c'est clairement se désolidariser d'une initiative qui privilégie le
possible impact médiatique aux luttes de terrain. Nous renonçons à tisser
des liens éphémères avec les femmes qui retrouveront demain leur cher
strapontin dans les sphères du pouvoir (gouvernemental mais aussi
syndical, associatif, partisan, professionnel, etc.). L'émancipation des
femmes sera l'oeuvre des femmes en lutte contre toute oppression
(capitaliste, raciste, étatique ou patriarcale), elle se construira en
nommant nos différences ou ne se construira pas. En tant
qu'anarcha-féministes, nous préférons mettre en actes la solidarité et,
dans des pratiques communes, reconnaître nos s¦urs.

Les désaccordéoneuses libérées

[ texte repris d'Indymedia Lille : http://lille.indymedia.org/ ]




*******
*******
****** Agence de Presse A-Infos ******
Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

Pour s'abonner -> écrire à LISTS@AINFOS.CA
avec le message suivant: SUBSCRIBE A-INFOS-FR
Pour plus d'info -> http://www.ainfos.ca

Vous voulez reproduire ce message?
Pas de problème, veuillez s'implement inclure cette section.

A-Infos Information Center