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(fr) Un été mémorable au Vieux-Port - Montréal

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Sun, 28 Sep 2003 22:36:43 +0200 (CEST)


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Le titre de cet article risque d'être trompeur. Non, ce n'est pas le plus
récent film en projection chez Imax ou l'acrobate du Cirque du Soleil(1)
qui ont marqué nos mémoires, mais bien le conflit de travail entre la
Société du Vieux-Port et ses quelques 360 employéEs. Lors d'une grève de
48 heures des employéEs, les 24 et 25 mai derniers qui visait à faire
avancer les négociations sur la plus récente convention collective, le
patronat a décidé de renverser la vapeur en mettant en lock-out
l'ensemble du personnel syndiqué.

Le conflit du Vieux-Port éclate donc au moment où l'achalandage
touristique commence à être à son plus fort, prouvant que les
administrateurs de cette société de la couronne étaient prêts à perdre
un peu de revenu à court terme pour s'enrichir dans le long terme, sur
le dos de travailleurs-euses mal payéEs.

Il s'en est suivi un long et dur lock-out qui a duré jusqu'au début du
mois de juillet. L'administration du Vieux-Port a eu recours au travail
de scabs, la cour a émis des injonctions contre les syndiquéEs, la FTQ a
sorti ses "gros bras" quand elle a senti qu'elle perdait du poids dans
la balance, des anarchistes ont fait des actions de solidarité et une
importante minorité radicale venant de la base du syndicat s'est
organisée et a utilisé des tactiques de type "action directe" pour
arriver à ses fins. Dans cet article, nous tenterons, avec un certain
recul sur les événements, d'apporter une analyse sur le déroulement du
conflit.

Les lock-outs : en toute facilité avec des scabs et des injonctions

Il peut paraître étonnant qu'une partie patronale réponde à une grève de
48 heures par un lock-out. N'aurait-il pas été plus simple d'absorber la
grève de 48 heures et de reprendre les négociations dans un climat
non-conflictuel par la suite? La réponse, pour les patrons de la société
Société du Vieux- Port fut non, car ils ont jugé qu'il était nécessaire
dans leurs intérêts de tenir une position de force durant l'ensemble des
négociations. Les administrateurs ont fait savoir aux employéEs qu'ils
voulaient négocier(pas grand chose) avec eux, mais en continuant
d'opérer le site touristique avec le travail des scabs. En conséquence,
ils ont radicalement baisser la valeur du travail des syndiqués, en
faisant la preuve qu'ils n'étaient pas nécessaire au fonctionnement du
site.

Le lock-out de ces 350 employéEs fut d&#8217;ailleurs grandement facilité
par la présence de l'équipe de sécurité BEST, qui avait la double tâche
d&#8217;assurer aux visiteurs un accès normal au site ainsi que et
surtout de veiller aux agissements des lock-outés. Le rôle de BEST était
véritablement celui de scab...méritant le qualificatif de "worst" aux
yeux de qu'importe qui désire l'avancement des conditions et l'ultime
émancipation du travail.

Légalement, l'embauche du personnel BEST a été appuyée par l'absence
d'une loi anti-scab au niveau fédéral. Comme la Société du Vieux-Port
est une société de la Couronne, elle se place sous législation fédérale,
où il n'existe pas de loi anti-scab. Elle est donc dans le champ
d'exploitation pro- scab. Une des revendications des lock-outés du
Vieux-Port étaient l'établissement d'une loi anti-scab au fédéral. On
peut douter par contre de l'efficacité d'une telle revendication quand
on sait que le problème des scabs se présente dans tout conflit de
travail peut importe la législation en place(exemple : les scabs lors de
conflits au Québec malgrè la législation provinciale). Il serait plutôt
plus efficace de ramener à l'ordre certains locaux syndicaux de la FTQ
qui ont fait du "scabing" dans le passé(lors du conflit de Vidéotron par
exemple) et de remettre en question leur appartenance au mouvement
syndical. Et enfin, la force nécessaire pour contrer les scabs devrait
se puiser directement sur le terrain du conflit ainsi que dans la
construction d'un rapport de force qui s'étenderait à l'ensemble du
mouvement et non venir d'une législation qui échappe au contrôle des
travailleurs-euses.

Il s'est superposé à la présence de scabs, une série d'injonctions
réduisant l'efficacité du piquetage, les plus importantes étant la
limitation à un maximum de 6 piqueteurs-euses par entrée et
l'interdiction d'être sur le site du Vieux-Port. Alors qu'en début de
conflit, il n'était pas rare de voir 40- 50 piqueteurs-euses aux entrées
du site, ces injonctions ont eu un effet de démobilisation immense.
Pendant quelques jours, les injonctions ont été défiées par les
lock-outés mais ils en ont subi les conséquences, à coups
d'interventions policières et d'amendes sévères.

Dans ces conditions, on peut juger que la Société du Vieux-Port a été en
mesure de lock-outer ses employéEs sans perdre de sommes importantes de
revenus. Bien sûr, l'achalandage a été réduit dans les premiers jours du
conflit, mais par la suite c'était le retour à la normale, avec la visite
de plusieurs milliers de personnes par jour au site touristique, souvent
sans même savoir qu'un conflit de travail avait lieu.

Petit bouleversement : l'arrivée des anarchistes

En fait, les anarchistes dans toute cette histoire, c'est nous : le
Groupe anarchiste Bête Noire, membre local de la NEFAC à Montréal et
quelques sympathisantEs libertaires venant de d'autres groupes à
Montréal. Nous avons pris
l'habitude depuis quelques mois de faire du travail de solidarité lors de
conflits de travail et qui peut prendre la forme aussi banale que
d'aller "jaser" avec des grévistes sur les lignes de piquetage. Dans le
cas du Vieux-Port par contre, une voie tactique s&#8217;est dessinée
rapidement : défier les injonctions. En effet comme elles ne
s'appliquaient pas à nous, n'étant pas membres du syndicat, rendre la
vie difficile aux scabs et rompre le climat vacancier du site
touristique nous étaient plus facile. Tout ceci pouvait se faire en une
action et c'était de traverser la ligne de sécurité pour aller sur le
site distribuer les feuilles d'information (tracts) du syndicat.

Avant de passer à l'action, nous avons proposé notre plan à quelques
syndiquéEs des plus présentEs sur les lignes et comme assurance, nous
l'avons fait approuver par le président du local syndical. Ainsi pendant
plusieurs semaines, nous avons fait des mobilisations publiques (qui
n'ont pas été très suivies, malheureusement) pour faire du "piquetage de
solidarité". À chaque dimanche, une 15aine d'entre nous se rendaient sur
le site pour faire connaître le conflit aux visiteurs. La plupart des
gens à qui nous distribuions l'information étaient très sympathiques aux
travailleurs-euses et décidaient souvent de ne pas dépenser leur argent
chez les entreprises qui continuaient à opérer durant le lock-out.

La sécurité BEST, elle, était moins accueillante. Plusieurs fois, nous
avons été intimidéEs, filméEs, bousculéEs, expulséEs...mais il faut dire
que nous leur avons rendu la monnaie de leur pièce en les filmant,
bousculant, etc. La guerre c'est la guerre! Surtout quand elle se joue
sur le terrain des classes sociales. De semaine en semaine, le nombre
d'agents de sécurité ne cessait d'augmenter les dimanches, à l'attente
de notre arrivée. Réellement, on peut dire que nos actions ont eu un
impact économique sur le conflit, obligeant la Société du Vieux-Port à
dépenser des montants importants d'argent qu'elle n'avait pas prévu.

Tout ceci nous a grandement rapproché des syndiquéEs du Vieux-Port. Non
seulement s'attendaient-ils à nous voir les dimanches, mais pour
plusieurs c'était également le premier contact avec des anarchistes en
action. Des initiatives comme celles de notre groupe, en terme de
solidarité avec les luttes du travail, ne sont pas nouvelles, mais il y
a eu une absence de ce type d'action depuis une vingtaine d'années au
Québec. Si nous revenons un peu dans le passé, il s&#8217;agissait
surtout de groupes marxistes-léninistes dans les années 70 et 80 qui ont
été les derniers soi-disant révolutionnaires à s'impliquer dans les
luttes du travail. Nous pensons que notre approche est différente et
meilleure que la leur était. Alors que ces vieux m-l ne voyaient pas le
potentiel des mouvements autonomes et auto-organisés du prolétariat et
que, pour eux, le mieux était de les canaliser dans l'avancement du
parti; nous pensons qu'au contraire la force de notre classe réside dans
sa capacité de mener elle-même ses combats, au sein de ses propres
organisations de masse, sans la superposition d'un parti d'avant- garde à
ces organisations(syndicats, groupes communautaires, etc.). Simplement,
les m-l étaient présentEs dans les luttes pour faire grandir le parti,
nous sommes dans les luttes pour faire grandir les luttes.

En ce sens, un des buts secondaires de notre implication dans le conflit
du Vieux-Port était de populariser l'idée de solidarité inter-syndicale
et de solidarité entre travailleurs-eueses non-syndiquéEs et syndiquéEs.
Nous pensons qu'il serait profitable d'avoir un réseau d'appui
para-syndicale de travailleurs-euses combatives qui pourrait déjouer les
obstacles parfois poser par les bureaucraties syndicales. Avec cette
approche une travailleuse de la FTQ pourrait faire du travail de
solidarité avec un travailleur de la CSN en conflit ou aider à la
syndicalisation d'une entreprise avec un syndicat indépendant et tout
ça, peu importe leur affiliation syndicale. L'idée est de renforcer les
luttes à la base et de rendre inopérantes les hautes instances des
centrales. Quelques lock-outés du Vieux-Port ont donné leur nom pour
faire du travail de solidarité lors de futurs conflits de travail et
éventuellement faire parti d'un tel réseau.

Une minorité radicale se forme durant la lutte

Justement, en terme d'activité et d'organisation à la base, des membres
du local de l'AFPC(2) du Vieux-Port en ont donné de bons exemples durant
le conflit. Quand il fut clair pour eux que le piquetage symbolique du
site du Vieux-Port n'était pas suffisant pour faire plier
l'administration et gagner la lutte, une minorité plus radicale dans le
syndicat s'est organisée sur ses propres bases pour mettre en &#339;uvre
des actions plus directes contre l'administration. Ainsi, des visites
bruyantes ont été rendues aux domiciles des administrateurs, et des
"jobs de nuit" visant à toucher l'infrastructure du site ont été
effectuées régulièrement, au point que l'administration a accepté de
retourner à la table de négociation si les actions directes cessaient.

Les activités de la minorité radicale ont connu une grande part de
popularité auprès du membership général du syndicat. Par exemple, quand
ont été fait les appels à visiter les administrateurs chez eux, qui
annonçaient clairement le niveau de l'action et le risque d'arrestation
qui s'y rattachait, il y avait quand même de 50 à 60 syndiquéEs qui
répondaient positivement aux appels. Il faut dire que ces initiatives
venaient à un moment opportun dans la lutte; c'était au moment où la
direction refusait de négocier et que le piquetage du site devenait de
plus en plus inefficace. Si ces conditions ont favorisé la participation
d'un grand nombre de la base, elle ont aussi eu une influence sur la
direction syndicale(jusqu'aux hautes instances de la FTQ), qui, voyant
que son rôle à la table de négociation était en train de s'effacer, était
maintenant prête à permettre aux membres de "toute faire" pour forcer
l'administration à revenir aux communications normales.


On peut clairement constater par cet exemple, qu'en temps de crise lors
d'un conflit impliquant un syndicat "traditionnel", il y a de l'espace
et des possibilités pour une force organisée dans la base qui peut
prendre un certain contrôle sur la direction de la lutte et ce, malgré
les structures officielles du syndicat qui tendent plus souvent à
étouffer les initiatives de la base au profit d'une approche plus
hiérarchisée. Ce qu'il faut craindre par contre c'est la récupération
que pourrait faire les dirigeants syndicaux des luttes organisées à la
base, qui vont apprécier un certain "radicalisme" de façade pour forcer
le retour aux négociations, mais qui ne voudront pas nécessairement de
solutions radicales au conflit.

La FTQ s'en mêle : retour aux négociations

Le premier juillet, fête du Canada, au moment où des actions directes
contre l'administration du Vieux-Port avaient lieu presque à tous les
jours, il s'est tenu une grande manifestation de solidarité où
l'intention était de mobiliser d'autres syndicats membres de la FTQ
(auquel l'AFPC au Québec est membre). On peut dire, peut-être à cause du
moment de la mobilisation, que ce fut un échec. À vrai dire, les seuls
membres de la FTQ présents, à part les syndiquéEs du Vieux-Port, étaient
une dizaine de "gros bras" de la construction et une poignée de hauts
dirigeants tel Henri Massé. La manifestation, de quelques 400 personnes,
fût plutôt alimenter par une bonne présence de la base du syndicat du
Vieux-Port et de sympathisantEs, comme nous de la NEFAC.

Ce fut une manifestation très mouvementée où des centaines d'auto-
collants "Lock-Out" ont été posés sur le site que nous avons pénétré
malgré l'injonction. À la fin de la manifestation, Henri Massé,
président de la FTQ, a fait un discours qui résumait les intentions de
la direction de la FTQ. Parlant de l'administration du Vieux-Port, il a
affirmé "qu'ils peuvent nous refuser de bonnes conditions de travail,
nous mettre en lock-out, mais il ne peuvent pas nous refuser à la table
de négociation". C'était bel et bien les intentions de la FTQ :
retourner à la table de négociation et régler le conflit peu importe ce
qui était offert aux employéEs du Vieux-Port. D'ailleurs, ceci fait
partie d'une stratégie générale de la FTQ qui se veut
non-confrontationnelle avec les employeurs. Comme preuve, ils ont
récemment émis un communiqué(3) vantant le fait qu'une toute petite
proportion de leurs membres étaient présentement en conflit de travail.
On jurerait que c'est un communiqué émis par une association du
patronat!

Un contrat insatisfaisant et un avenir sombre

Ce n'est donc pas par hasard que quelques jours suivant le premier
juillet les négociations ont été reprises entre l'administration et le
syndicat du Vieux-Port. Par la suite, l'exécutif du local syndical est
arrivé avec une offre d'entente avec l'administration pour présenter aux
membres. L'entente était, à quelques changements près, essentiellement
la même qu'avant la grève de 48 heures. On offrait des augmentations de
salaire de 3% et bien peu de chances d'atteindre la permanence à travers
des pages et des pages d'ententes spécifiques par rapport à
l'organisation du travail qui ne touchent pas directement la plupart des
employéEs. Le contrat a été accepté avec une majorité favorable de
seulement 62% et le 38% qui était contre en est sorti avec la plus
grande insatisfaction.

Véritablement, des semaines de lutte n'ont pas fait reculer
l'administration et le statu quo a été lâchement accepté par la
direction syndicale et une majorité du membership. Beaucoup d'employéEs
à temps plein du Vieux-Port, après avoir lutté collectivement pour
améliorer leur conditions de travail et de vie en général, devront se
rabattre sur des solutions individuelles et se chercher un meilleur
emploi ailleurs. Bien des étudiantEs, qui travaillent à temps partiel au
Vieux-Port, ont été heureux de retourner au travail malgré les avancées
minimes, question de ne pas perdre leur "été" de travail. Peut- être se
rendront-ils compte qu'à la fin de leurs études c'est le même marché
d'emploi, favorable au patronat, qui les attend? Il est malheureux de se
rendre compte que beaucoup d'entre-eux et elles n'ont pas solidariser
suffisament avec leurs camarades qui travaillent à temps plein et pour
qui le conflit mettait en jeu les conditions générales de leur vie
(salaire, stabilité, temps de travail, etc). Il faut croire que
l'idéologie libérale de la réussite a une influence particulièrement
forte sur les étudiantEs, chez qui l'espoir de s'élever socialement et
même changer de classe reste présent tout au long du cheminement des
études. Dans ces conditions, on sent moins le besoin de solidariser avec
un pauvre type qui fera certainement toute une vie de "prolo". Pour être
juste, ce n'était clairement pas l'attitude de tous les étudiantEs
faisant partie du conflit, même que certainEs ont été très actifs- ives
du début à la fin.


Si l'avenir est sombre pour les travailleurs-euses précaires du
Vieux-Port et ailleurs, les solutions permanentes restes collectives et
dans la lutte. Espérons que la prochaine fois la lutte ne sera pas que
pour revenir au même point d'exploitation, mais bien pour faire reculer
et ultimement se débarrasser des patrons.

notes :

(1) Imax et Le Cirque du Soleil sont deux compagnies qui ont des
installations dans le Vieux-Port.
(2) En fait, c'était les locaux 10333 et 1-A-333 de l'AFPC, Alliance de
la Fonction Publique Canadienne.
(3) Il y a en ce moment(août 2003) 348 syndiqué-e-s membres de la FTQ en
conflit dans 7 entreprises nous annonce le secrétaire général de la
centrale, M. René Roy. Pour lui, c'est une occasion de se réjouir et de
se péter les bretelles : &#8220;ce nombre est l'un des plus bas
enregistrés à la FTQ depuis plusieurs années et l'on peut s'en
féliciter. Cela indique que, dans la situation économique actuelle, nos
syndicats arrivent à négocier de bons contrats de travail sans avoir à
recourir à la grève ou à subir de lock- out &#8221;, dit-il. (Citation
tiré d'un communiqué émis le 8 août 2003 par la FTQ)


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