A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Català_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
{Info on A-Infos}

(fr) Réflexions autour de l'éducation...

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Thu, 25 Sep 2003 22:19:15 +0200 (CEST)


_________________________________________________
A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
_________________________________________________


Education nationale

Les personnels de l'Éducation nationale bougent encore. Tant mieux. Les
raisons de protester sont nombreuses. Des moyens d'action originaux se
dessinent. C'est le moment d'affirmer les solidarités. C'est aussi le
moment de poser les questions de fond sur ce qu'est ou devrait être
l'école.

------------------------------------
NON A L'A.G.C.S*
SOLIDAIRES DES PRECAIRES

Sur 17000 enseignants du 2ème degré dans la région Midi-Pyrénées, ils
sont 1300 contractuels. Le nombre de vacataires et de suppléants est
inconnu du fait de leur grande "mobilité". Au niveau national, il y avait
en1997, 18000 non titulaires et à la rentrée 2002, ils étaient 47000.
Ces personnels précarisés sont répartis selon trois "statuts" plus
précaires les uns que les autres :
- les contractuels : embauchés à l'année (au mieux) pour un salaire de
7200 francs à bac+3 et 8400 à bac +4 sans aucune garantie de réemploi
l'année suivante. Jugé trop favorable, ce statut est supprimé à la
rentrée 2003, - les suppléants (régime mis en place au début de l'année
scolaire 2002) : baisse d'un cran et offre des contrats de quelques
semaines à quelques mois, - les vacataires : encore plus précaires. Le
Rectorat propose des contrats de 200 heures (maximum sur une année
scolaire, non renouvelable). Au terme du contrat, le vacataire n'a même
pas droit au chômage.
Tous ces personnels sont à la "disposition" du Rectorat qui les répartit
dans l'Académie sans aucune indemnité de déplacement, sans aucune
assurance quant à leur avenir. Par ce dispositif, tout est en place pour
précariser l'ensemble du système scolaire à court terme. Il suffirait en
effet de tarir les postes aux concours, de les combler par des précaires
et les voux exprimés par l'OCDE (cf, "Cahiers de politique économique" n°
13, OCDE) et l'AGCS seront exaucés sans combat ! Ils sont en grève à nos
côtés, ne les laissons pas seuls gérer ce problème qui touche à plus ou
moins long terme toute la fonction publique. Le système des précaires est
déjà présent dans de nombreuses administrations (impôts, postes.).
D. (Montauban).

[*Accord général sur le commerce et le service]
------------------------------------------------------------------

LES PROFS ET LES INSTITS SONT DANS LA RUE ! CHOUETTE !

Ce sont les élèves qui sont contents : ça leur fait des vacances !

Et contre quoi ils manifestent, les profs ?

Contre l'allongement de la durée de leur boulot ? Ils ont bien raison !

Contre la régionalisation des moyens pour l'école et pour le maintien de
l'école publique, laïque, et tout ça ? Bon !

À les voir défiler avec leurs banderoles et leurs slogans, on se
prendrait presque à rêver. à rêver qu'ils y restent, dans la rue, pour
enfin se mettre à lutter :

- Contre l'école à deux vitesses qui existe déjà, et qui oriente les
gosses de pauvres vers les boulots de pauvres dès la sortie de l'école
primaire,

- Contre la mainmise du marché sur l'école, bardée de publicités et qui
se contente de former les travailleurs dont les patrons ont besoin pour
faire marcher leurs entreprises,

- Contre l'école autoritaire, où les gosses apprennent à la fermer et à
obéir à leur instit et où les ados doivent continuer d'en faire autant
face à leur prof-flic, qui peut maintenant les faire mettre en tôle.

C'est sûr que si les profs se mettaient à manifester contre tout ça, et
pour une véritable école pour tous,

Où tous auraient les mêmes chances d'apprendre et la possibilité de
choisir un métier, parce qu'on ne formerait pas de la main d'ouvre mais
des êtres humains conscients et responsables,

Où on utiliserait la curiosité spontanée des enfants pour leur enseigner
des connaissances, leur appétit des autres pour leur apprendre à vivre
ensemble et où on leur donnerait des outils pour leur permettre de se
prendre eux-mêmes en charge, au lieu de leur apprendre la soumission,

Alors.

Le pouvoir aurait peur pour de bon, parce que quand ces enfants seraient
devenus des adultes, on ne pourrait pas les manipuler comme des moutons,
Et moi, je crois que je me mettrais à aimer l'école !

Une mère d'élève.

-------------------------------
D'UN FERRY A L'AUTRE ...

Toute politique éducative s'enracine dans l'idéologie. Les professions
s'y reconnaissent. Ainsi, un certain nombre d'enseignants ont manifesté aux
cris de "Jules, reviens, Luc est devenu fou", slogan peut-être plus
révélateur qu'il n'y paraît à première vue.

Ces professeurs apparemment légitiment leur existence sur une figure
politique, celle de Jules Ferry qui, après tant d'années, est devenu le
symbole d'une revendication égalitaire. On oublie l'histoire. Il n'est
pas difficile de voir ce qu'est l'école et ce qu'elle fait aux enfants.
On pose Ferry comme l'instigateur de l'école unique. Il se trouve juste
que ce n'est pas le cas. Il a légitimé un système dual qui existait
déjà. Il y avait l'école d'un côté, mais aussi le lycée et l'université
de l'autre, où n'avaient -et n'ont accès- que certaines classes sociales.
On viendra me parler d'égalité. Qui passe le bac ? Quel bac ? Qui va à
l'université ? Qui y a-t-il en SEGPA ? Pourquoi n'y a-t-il aujourd'hui
encore que 6 % d'enfants d'ouvriers à l'université ?

Ferry a développé le principe de la méritocratie, fondée sur la
sélection.
Il se trouve juste que l'examen est un acquis social, c'est donc un
système où la topologie décide de tout. La perversité vient du fait que,
sur ces soi-disant bases égalitaires, l'on nous persuade que les exclus
seraient responsables de leur exclusion. Ferry fut un des instigateurs
du colonialisme, qu'il développa sur un présupposé scientifique
d'universalité. Mais, de quelle science s'agissait-il ? L'école est un
lieu de contrôle social où s'exerce une violence symbolique, de moins en
moins symbolique d'ailleurs. Dans ce contexte, la laïcité de Ferry et la
citoyenneté ne sont que des moyens de maintien de l'ordre national et du
conformisme social.

Pourquoi l'école est-elle en crise ? Parce que les élèves en ont assez
qu'on les baratine avec des discours de citoyenneté, de violence à
l'école. (seuls des professeurs ont été séduits par ce discours : ils
semblent revivre la "mission civilisatrice" première de l'école
républicaine). Parce qu'il est désormais visible que son rôle
"d'ascenseur social" n'a jamais fonctionné que comme alibi. Parce que le
gouvernement voit bien qu'elle est inefficace dans son rôle de maintien
de l'ordre social alors que ce rôle est si bien rempli par les médias.
C'est bien pour cette dernière raison qu'il lui "coupe les vivres" !

Alors, puisque l'école est en crise, profitons-en. Transformons la
"crise" en critique sociale.

Isa.
-------------------
Actualité de l'Anarchosyndicalisme http://cnt-ait.info

Forum Libertaire - Santé Social Education - Exemplaires gratuit sur
simple demande à
CNT AIT
BP 158
82001 MONTAUBAN Cedex




*******
*******
****** Agence de Presse A-Infos ******
Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

Pour s'abonner -> écrire à LISTS@AINFOS.CA
avec le message suivant: SUBSCRIBE A-INFOS-FR
Pour plus d'info -> http://www.ainfos.ca

Vous voulez reproduire ce message?
Pas de problème, veuillez s'implement inclure cette section.

A-Infos Information Center