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(fr) Les ficelles de la République

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Sat, 6 Sep 2003 23:07:33 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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Ce texte s'adresse avant tout aux stratèges de la défaite, aux
spécialistes de l'abandon comme aux doux rêveurs de l'autogestion
pacifiste. Lorsquela rue se peuple de banderoles syndicales, les voilà tout en joie,
parlant de futurs enchantés demain-matin-dès-l'aube promis et de
révolution de velours, le pouvoir rendant les armes et la caisse au
moindre grincement de dents du prolétaire, c'est bien connu.

Mais au moindre bruissement de négociation ou de danses de Grenelle
syndicales, les voilà qui pleurent l'espoir envolé et la révolution
perdue dans les couloirs télévisés des assemblées. "Faisons la grève
avant les exam" recommandait l'étudiant si FIDEL, soucieux de ses
lendemains de cadre au soleil éternel du libéralisme et de ses vacances.
A croire que la sociale est affaire d'emploi du temps, de météo ou de
slogan mobilisateur.

Certes, les manifs populaires et multicolores valent mille fois le
silence et la grisaille du quotidien, mais on est loin de la révolte.

La révolte, elle commence tout juste lorsque la manif dérape ou s'entête,
quand les organisations syndicales nous disent de rentrer nous coucher
parce que l'on bosse le lendemain et que quelques-uns leur répondent que
demain c'est repos, c'est regrève. et que les autres, tous les autres
applaudissent. Au fond, au risque jouissif de décourager à jamais les
chantres de l'abandon, les manifs du moment ne sont qu'un des outils de
gestion de la paix sociale. Après les manifs syndicales, il y a les
négociations avec spectacle, poing sur la table et jeux de chaise
musicale. Si cela ne suffit pas, il y a la consultation populaire, le
débat des élites sur le fond, le référendum, le changement de
gouvernement, les élections législatives ou présidentielles s'il le faut.
On pourrait les appeler les ficelles de la république. Après, si vraiment
tout cela ne suffisait pas, il y a la force avec toutes les variantes que
l'on connaît, de la provocation à l'occupation et la répression
militaire. La république ne manque pas d'instruments de manipulation pour
renvoyer les petits au boulot et les grands aux assemblées.


Lorsque l'on repose les pieds sur terre et que l'on ne se rêve pas en
Bakounine de fanfare (Bakounine ! Au fait, combien d'années de zonzon ?),
on vit ces manifs comme des brèches, comme des instants privilégiés où
les gens, décadenacés du boulot et du quotidien marchand, ouvrent leurs
oreilles et leur parole, redeviennent davantage solidaires, inventifs,
critiques, partageurs. Ce sont des moments où nos idées pour un monde
fraternel peuvent être entendues et partagées. Ce sont aussi des moments
où nos pratiques de l'action directe et de la démocratie directe peuvent
être mises à l'épreuve.

Mais attention, pas de mistoufle, pas d'arnaque. Ce que l'on a à dire et
à faire concerne bien une critique globale et un changement radical de
société et l'instauration d'un monde sans classe ni privilège.

Pour nous, le seul succès qui vaille serait l'abolition des retraites, du
salariat, de l'Etat, des églises et l'émergence d'une organisation
autogestionnaire, sans centralisme ni hiérarchie des tâches ou des
fonctions.

Dans ces manifs, nous avons toute notre place, mais pas pour mendier une
retraite moins miséreuse ou un maigre salaire à vie. Non, nous ce que
l'on veut, c'est une vraie vie, sans salaire ni retraite, sans profit ni
misère, avec du temps pour des tâches collectives, mais surtout toute la
vie pour apprendre à vivre. Au final, dans ces manifs encadrées et gérées
par le pouvoir syndical et policier, notre tâche est surtout de semer la
rage et de rendre l'espérance. Eux s'en désolent, nous on la sème.

http://cnt-ait.info

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