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(fr) Ça brasse dans les épiceries de Québec

From worker-a-infos-fr@ainfos.ca (Flow System)
Date Fri, 5 Sep 2003 11:39:28 +0200 (CEST)


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De: "Le Trouble" <letrouble@yahoo.fr>

Quand on parle de syndicalisme et de grèves, la plupart des gens n'ont
pas vraiment en tête une épicerie (on aurait plutôt tendance à penser
"usine", "industrie" ou à la limite "voirie"). Et pourtant les grèves se
multiplient dans les supermarchés de la région de Québec. Les 140
syndiqué-e-s du IGA-COOP de Sainte-Foy, par exemple, sont en grève
générale depuis le 18 avril dernier.

Contre la précarité

La lutte des syndiqué-e-s du IGA-COOP, et c'est tout à leur honneur, est
centrée sur les conditions des plus précaires des employé-e-s de
l'épicerie. D'un côté, l'administration veut changer de régime de
retraite, ce qui en excluerait les employé-e-s à temps partiel qui sont
majoritaires (55%). De l'autre, le syndicat veut améliorer les conditions
de ses membres et effectuer un rattrapage salarial (à cause de
concessions passées, les employé-e-s ont aujourd'hui une moins bonne
convention qu'en 1989, certain-e-s gagnent même moins aujourd'hui qu'en
1981). La demande extravagante du syndicat est de fixer le salaire de
départ 30¢ au dessus du salaire minimum et d'instaurer un boni de Noël
pour les employé-e-s à temps partiel. Tout ça dans un commerce qui fait
plus de 500 000$ de ventes par semaine et qui a fait un million $ de
profit net l'an passé. Plutôt que de permettre à ses employé-e-s à temps
partiel de gagner la somme astronomique de 152$ brut pour 20h par
semaine, l'administration a préféré perdre plus de 10 millions de ventes
jusqu'à maintenant...

Ça, c'est pour les clauses monétaires. À l'autre bout de la lutte
syndicale, il y a aussi la question des avantages sociaux et de
l'organisation du travail. Quand les syndiqué-e-s ont demandé à ce que
les temps plein aient, lorsque possible, un horaire permettant la vie
familliale (i.e. deux jours de congés consécutifs), ils et elles se sont
fait répondre c’est trop lourd à gérer, ça ne marchera pas! Idem pour la
revendication de 40 et 16 heures de maladie par année, respectivement
pour les temps plein et les temps partiel, et pour le programme de
formation.

Résultat: face à un employeur têtu et arrogant, 98% des syndiqué-e-s ont
préféré partir en grève le 18 avril.

Ça bouge dans les épiceries de Québec

Le IGA-COOP est la troisième épicerie de la région de Québec à faire la
grève depuis le début de l'année. "Malgré des bénéfices records pour les
grands de l'alimentation, des négos de plus en plus ardues" titre le
Périodique de solidarité syndicale des TUAC-503 (c'est le nom du journal:
PSST!). La présidente du local 503 des Travailleurs unis de
l'alimentation et du commerce (TUAC) s'excuse presque des conflits dans
le journal syndical. "Plusieurs membres de la section locale se
questionnent sur le nombre plus élevé que d'habitude de conflits de
travail depuis le début de l'année 2003, écris Marie-Josée Lemieux, à
l'aube de leur renouvellement de convention, c'est pour d'aucuns un sujet
de préoccupation". La syndicaliste explique que les principes à la base
des négociations du syndicat sont le maintien et l'augmentation du
pouvoir d'achat des syndiqués et l'instauration de mesure de conciliation
travail-famille. "Le recours à la grève consiste en tout temps en une
mesure de dernier recours, rappelle la présidente du local 503, dans tous
les cas de négociations, l'objectif premier est l'atteinte des buts fixés
par les travailleurs et les travailleuses dans le cadre de négociations
de bonne foi."

Malgré le durcissement des négociations, les syndiqué-e-s arrachent quand
même des gains. Au Supermarché G.P. Inc de Courville, par exemple, une
grève légale de 8 semaines a garanti des hausses de salaires, la sortie
du salaire minimum pour les débutant-e-s, un boni de Noël de 2% et une
humanisation des horaires (entre autres). Il est rassurant de constater
que la vague de combativité actuelle touche même les locaux des syndicats
profondément marqués par le syndicalisme d'affaire comme le sont les
TUAC. Dans tous les cas, quand des salarié-e-s qui touchent à peine plus
que le strict minimum se lèvent et se tiennent debout, ils et elles
méritent toute notre solidarité. Nous saluons leur détermination (plus de
3 mois et demi de grève, faut le faire!).

Le magasin Coop IGA est situé au 999, rue de Bourgogne dans
l’arrondissement Ste-Foy à Québec. Une quarantaine de personnes tiennent
des lignes de piquetages sur les heures normales d'ouverture. Les visites
de solidarité sont bienvenues. Les personnes voulant rejoindre le
syndicat peuvent composer le 418-623-4388.


- Collectif anarchiste La Nuit

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