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(fr) L'éducation nationale en grève : pourquoi ?

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Fri, 23 May 2003 22:20:43 +0200 (CEST)


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Lettre aux parents et aux élèves
L'éducation nationale en grève : pourquoi ?

Les personnels de l'éducation nationale sont en grève reconductible pour
sauver le service public d'éducation et les retraites.
Comme tous les services publics, l'éducation nationale est privée de
moyens, menacée de privatisation, les statuts et les droits des
personnels sont remis en cause par la décentralisation. Très
concrètement, voici ce qui attend les élèves :

LA JOURNEE DE CAMILLE, ELEVE EN 2004-2005

8H00 : Camille arrive à la grille d'entrée du Lycée. C'est un vigile qui
travaillait l'an passé chez " Vendpascher " qui l'attend. Sur-prise,
c'est son voisin de pallier. Il a été engagé comme assistant d'éducation
par le proviseur en septembre.

8H05 : La salle de classe n'a tou-jours pas été nettoyée parce que les
agents de service, désormais employés par le conseil général, ont été
réquisitionnés pour une réception à la préfecture.

9H05 : dans le bâtiment scientifi-que, il n'y a plus de chauffage de-puis
15 jours : la société " Chauffmarcel " a augmenté ses tarifs, et
l'établissement ne peut plus financer l'entretien de la chau-dière.

10H10 : toujours pas de prof en espagnol : la vacataire qui avait
commencé l'année est partie, parce qu'on ne lui proposait pas assez
d'heures de cours pour obtenir un salaire décent. En plus, Camille a des
difficultés en espagnol, mais conserver le portugais en deuxième langue
était impossible : il n'y en a plus au lycée.

11H05 Camille découvre son qua-trième enseignant de maths de l'année. Le
troisième vacataire a dû partir, parce qu'il avait fait ses 200 heures.

12H05 : en cours d'histoire géogra-phie, il re-scotche le vieux manuel
(de l'ancien programme), tout en pensant avec envie à son cousin de
Bordeaux, qui lui dispose d'un cartable électronique payé par la région.
Cela dit, ça l'occupe, le prof a 66 ans, il n'est plus tellement
dynamique, mais il doit continuer à enseigner s'il veut une retraite
complète.

13H05 : à la cantine, le steak est encore froid, les plateaux repas sont
livrés congelés par l'entreprise " Cépabon ", et le micro-ondes commence
à fatiguer. Cela consolera ses amis qui mangent un sandwich sur la cour
parce que, sans fond social, leurs parents ne peuvent plus financer la
cantine.

15H30 : en sortant de cours, Ca-mille se rend au centre communal d'action
sociale, afin de s'entretenir avec l'assistante sociale pour une aide
financière. En attendant c'est 2 heures par jour au fast-food " Salbouff
" pour soutenir sa famille. Son père, ancien agent au collège a une
retraite de misère. Il a pourtant travaillé 35 ans ; le problème, c'est
qu'il faut cotiser 40 ans. En s'arrêtant, il a vu ses revenus dimi-nuer
de 44%. Au début Camille pensait même que la caisse de retraite s'était
trompéeŠQuant à sa s¦ur, à 29 ans elle est toujours au chômage, et attend
un départ en retraite de sa mère pour reprendre sa place d'hôtesse de
caisse chez " Kasselesprix ", grâce à son Bac+2.

17H30 : Camille prend rendez-vous au CIO. Ce n'est pas possible avant le
prochain trimestre : le conseiller d'orientation psychologue est accaparé
par la formation continue du département. Camille voudrait faire une
école d'art, mais les brochures sur l'orientation ne parlent que de stage
chez " Toubéton ", la grosse entreprise de la région qui sponsorise les
ateliers du lycée des métiers.

Ce scénario est déjà largement engagé, de la maternelle à l'Université.
C'est bien la casse des missions de l'école que le gouvernement a
décidée. L'école concerne tout le monde, et le combat des personnels de
l'éducation est l'affaire de toutes et tous.
- Défendre l'école, c'est défendre l'avenir des élèves
- Défendre les statuts et les retraites, c'est défendre l'emploi et
l'avenir professionnel de toute la population.

Saint Nazaire, le 6 mai 2003

Assemblée générale des grévistes de l'Education nationale

Soutenue par les syndicats CGT ; FNEC-FO ; FSU ; UNSA




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