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(fr) Premier mai : la lutte continue!

From Union locale de Québec NEFAC <nefacquebec@yahoo.ca>
Date Fri, 2 May 2003 12:16:07 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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Le premier mai c’est, depuis plus d’un siècle, la
journée internationale des travailleurs et des
travailleuses. Intimement liée aux luttes de la classe
ouvrière internationale, la date commémore la lutte
pour la journée de travail de huit heure qui avait
culminé en une grève générale à Chicago en 1886. Cette
grève avait été réprimée dans le sang et avait été le
prétexte à la décapitation du mouvement ouvrier
anarchiste de la ville (quatre syndicalistes
libertaires pendus et un suicidé). En décrétant le
premier mai « journée internationale des travailleurs
et des travailleuses » le mouvement ouvrier
révolutionnaire international avait voulu bien sûr «
honorer des martyrs » mais également marquer la
permanence des revendications ouvrières face au
capital.

Le Premier Mai au Québec

Contrairement à ce qu’affirme la propagande syndicale,
c’est en 1906 que le premier mai est célébré pour la
première fois à Montréal. Ce sont les anarchistes
yiddish du groupe « Aide Mutuelle » qui auraient
organisé cette première manifestation en collaboration
avec le socialiste québécois Albert Saint-Martin*.
Cette première manifestation, en plus de revendiquer
la journée de huit heures, s’est déroulée aux cris de
« vive l’anarchie! » et « à bas la calotte! ». Le
drapeau rouge et les slogans des révolutionnaires
n’eurent pas l’air de plaire aux élites. En effet,
l’année suivante, une foule hostile évaluée à 10 000
personnes –composée de curés et d’étudiants
réactionnaires de l’Université de Montréal-- attaque
la manif et tente d’empêcher la marche. La répression
commence alors à s’abattre sur les révolutionnaires,
le drapeau rouge est interdit de manifestation, les
marches sont empêchées « pour la sécurité des
protestataires », etc. Pourtant, les célébrations
prennent quand même de l’ampleur. Ainsi, en 1914, près
de 3000 sans-travail et 2000 socialistes défilent à
Montréal. Manque de bol, les réactionnaires sont plus
de 100 000 d’après les journaux d’époque. Dans les
années 1930, sur la lancée de l’anti-communisme de
Maurice Duplessis, la police de Montréal se dote d’une
« escouade contre les communistes » et interdit toute
manifestation le premier mai. En 1936 quelques
centaines de jeunes communistes tentent de marcher
quand même mais sont sauvagement dispersés par les «
constables spéciaux ».

Jusqu’aux années 1970, le premier mai est délaissé au
Québec au profit de la « fête du travail » instauré
par les patrons américains justement dans le but de
faire oublier les événements de 1886 et de détourner
l’attention des prolos du mouvement ouvrier
révolutionnaire et de ses revendications. Ceci dit,
avec la montée des luttes au Québec et, surtout, la
grève générale de 1972, la célébration du premier mai
revient à l’ordre du jour. Devant la force de frappe
des marxistes-léninistes, qui organisent des
contingents de plusieurs milliers de personnes au
milieu des années 1970, les anarchistes commencent à
produire un journal spécial pour l’occasion, intitulé
La Nuit comme ce modeste bulletin, histoire de
rappeler les origines libertaires des manifestations.
Depuis 30 ans donc, le premier mai est de nouveau
célébré par le mouvement syndical québécois. À
Montréal, de grandes marches ouvrières sont organisées
auxquelles participent des contingents
révolutionnaires et, depuis quelques années, des
contingents anarchistes de plus en plus importants. À
Québec, par contre, la célébration du premier mai se
limite plus souvent qu’autrement à un pique-nique
syndical sur l’heure du midi à l’ombre de la colline
parlementaire. Il nous semble évident que de tels
rassemblements au centre-ville sur l’heure du midi ne
sont destinés qu’à une « aristocratie ouvrière »
jouissant déjà de droits syndicaux étendus et ne sont
donc pas appropriés pour la majorité des esclaves
salariés d’aujourd’hui qui, trop souvent, ne peuvent y
participer parce qu’ils et elles travaillent,
justement. Cela laisse plusieurs militants sur leur
faim. Faute d’énergie, notre collectif avait dû se
contenter l’an passé du collage d’une affiche spéciale
pour le premier mai. Cette année nous nous reprenons
avec un rassemblement anticapitaliste et libertaire.
Après des débuts sans doutes modestes, nous espérons
pouvoir ancrer une tradition de manifestations de rues
de plus en plus combatives à Québec.

Au delà des revendications immédiates...

Quand on regarde le carnet de revendications de la
grève générale du premier mai 1886, on se rend compte
qu’elles sont pour l’essentiel reprises dans les
normes minimales du travail en vigueur légalement au
Québec. C’est dire comment la société a peu progressé
depuis le temps! En fait, nous avons plutôt régressés,
surtout si l’on considère la montée de la précarité et
la dégradation des conditions de travail. Qui peut se
targuer aujourd’hui d’avoir un horaire fixe, de ne
faire qu’une journée de huit heures maximum et d’avoir
un jour de repos garanti toutes les semaines? C’est
pas compliqué, soit l’on ne travaille pas assez et
c’est la galère pour joindre les deux bouts, soit on
travaille beaucoup trop et il ne reste plus de temps
pour rien d’autre! Les revendications immédiates et
quotidiennes nous semblent donc aujourd’hui aussi
pertinentes qu’en 1886 et, comme à l’époque, seul un
mouvement ouvrier combatif pourra garantir leur
satisfaction.

Ceci dit, un autre idéal animait les participant-e-s
de la grève générale de 1886 : celui d’un monde sans
patrons, ni députés. Un monde où l’esclavage salarial
aurait disparu pour laisser la place à l’autogestion
généralisée des moyens de production et d’échange. Un
monde où la production serait faite pour combler les
besoins humains, et non pour accumuler les profits.
Cet idéal, le communisme libertaire, nous le portons
fièrement aujourd’hui avec cette manifestation. Notre
classe, le prolétariat, est la seule en mesure de
réaliser pleinement les changements nécessaires pour
atteindre cet objectif. Nous avons le nombre, nous
avons la force nécessaire pour renverser à tout jamais
le régime de terreur qui nous enferme dans le
statu-quo perpétuel.

Créons des contre-pouvoirs!
Pour l’anarchie et le communisme,
Collectif anarchiste La Nuit

* Chauvinisme national oblige, de collaborateur,
Saint-Martin est devenu organisateur sous la plume des
historiens nationalistes...


-RAPPEL-RAPPEL-RAPPEL-RAPPEL-RAPPEL-RAPPEL-RAPPEL-

L'Anarchie au travail...

Une table ronde avec des syndicalistes libertaires

Samedi 3 mai, à 19h

au 155 Charest Est. Salle 2



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Union locale de Québec (NEFAC)
a/s Groupe Émile-Henry
C.P. 55051, 138 St-Vallier Ouest
Québec (Qc), G1K 1J0

nefacquebec@yahoo.ca
http://www3.sympatico.ca/emile.henry/nefac.htm




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