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(fr) Marche contre la guerre à Québec

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Mon, 24 Mar 2003 19:37:07 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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Maintenant que la guerre est commencée, des brèches apparaissent dans le
consensus strictement pacifiste du mouvement pour la paix. À Québec,
comme dans des centaines d'autres villes du monde, il y a eu une
manifestation pacifiste samedi dernier pour s'opposer une fois de plus à
la guerre impérialiste en Irak. Comme pas mal partout ailleurs, le ton à
monté d'un cran. Alors qu'en février un groupe d'action directe avait été
vertement critiqué par la foule quand des œufs avaient été lancés sur le
consulat américain, cette fois-ci des centaines de manifestant-e-s ont
fait le siège du consulat et l'ont bombardés de balles de neiges sans que
personne ou presque ne trouve rien à redire.

Entre 3 000 et 4 000 opposant-e-s à la guerre se sont massés au Centre
Lucien Borne, lieu maintenant traditionnel de départ des manifestations
contre la guerre, vers 13 heures samedi dernier. Dès 12h30 des
libertaires et quelques rares anticapitalistes d'autres allégeances
(mao!) se sont rassemblés à quelques mètres de là avec bannières,
tambours et mégaphones. L'idée était de distribuer un tract -voir plus
bas- et d'inviter la gens à joindre un contingent anticapitaliste et
libertaire. Les foules du Québec, excepté dans certaines manifs
syndicales, étant peu enclines à marcher en cortèges distincts, il est
difficile de dire combien nous fûmes réellement (probablement un noyau
dur d'une cinquantaine de personnes avec une périphérie plus ou moins
volontaire de quelques centaines de personnes, surtout des jeunes). En
tout cas, nous avions nos slogans distincts et nos bannières à la queue
de la manif. Le plan de match était de remonter tranquillement la marche
mais ce fut plutôt ardu étant donné la densité de manifestant-e-s. Il
semble qu'au fur et à mesure de la marche, des groupes et des individus
se sont joint à la manifestation, ce qui expliquerait que les journaux
ont estimés la foule à 8 000 personnes (ce qui semble un peu trop beau
pour être vrai à la majorité des gens à qui j'ai parlé, mais qui sait?).

Avant le consulat américain, les organisateurs de la marche ont jugé bon
de faire un arrêt au consulat français pour " remercier " la France de sa
position " courageuse " et lui demander de " tenir le coup ". Évidemment,
cela n'a pas plu aux plus radicaux qui ont tentés avec plus ou moins de
succès de faire fuser des slogans soulignant le passé et le présent
impérialistes de l'état français (Kanakie, Algérie, Indochine,
Françafrique, etc.). À la surprise de plusieurs manifestant-e-s, les
organisateurs n'avaient pas prévu d'arrêts au consulat américain. Il faut
dire que la police de Québec a tout fait depuis un mois pour semer la
panique dans les rangs des coalitions Québec-Irak et Québec-Palestine.
Ils sont même allé jusqu'à téléphoner à la CSN, la principale centrale
syndicale soutenant les manifestations à Québec, pour les mettre en garde
contre les dangeureux groupes de casseurs anarchistes et tenter de les
dissuader de passer devant le Centre de recrutement de l'Armée canadienne
sur la rue St-Jean et devant le Consulat américain sur la terrasse
Dufferin. Il semble que la manœuvre fut un demi-échec et que le compromis
atteint à l'intérieur des coalitions fut de ne pas réprimer spécialement
les libertaires (pas de service d'ordre spéciaux assigné aux anars, comme
ça s'est déjà vu) mais de ne pas passer non plus devant le symbole
principal de l'Armée canadienne au centre-ville. Il faut croire tout de
fois que le consulat américain est vraiment un incontournable puisque
finalement, la marche est passée devant.

Ce qui restait du contingent anticapitaliste a spontannément décidé
(s'était pas prévu, on le jure!) de faire un arrêt au consulat. Il faut
croire que le choix était le bon et qu'il répondait aux attentes de
plusieurs manifestant-e-s puisqu'environ 500 personnes sont restées avec
nous (200 d'après le Journal de Québec pour qui s'était là le gros de la
nouvelle...). La manœuvre a bel et bien forcé une scission dans la
manifestation puisque malgré les engueulades avec une partie du service
d'ordre, qui a décidé de continuer la marche comme prévu et a voulu nous
forcer à les suivre, une autre partie significative du service d'ordre à
décidé de rester avec nous! C'est d'ailleurs l'un de ces " conscrits de
la paix " qui a allumé, avec un tract électoral de l'UFP (!), le drapeau
américain qui a été brûlé sur place. Pendant une demie-heure, une heure
peut-être, les balles de neiges et les ballounes de peintures ont fusées
sur le consulat au son des tambours. La police n'est pas intervenue et
n'a pas montrée l'antiémeute (massée deux rues plus haut).

Le tout s'est passé relativement en douceur, tellement en fait que la
journaliste du Soleil a cru, contrairement à son collègue du Journal de
Québec, que la marche avait fait un arrêt au consulat et n'a rien vu
aller! Les organisateurs, et c'est tout à leur honneur, n'ont pas
dénoncés l'action spontannée. Sébastien Bouchard, l'un des
portes-paroles, a déclaré au Journal de Québec : " Quelques balles de
neiges lancées joyeusement par des manifestant-e-s s'est la moindre des
choses en regard des 10 000 (??) morts que feront les bombes américaines.
" Après l'arrêt au consulat, les quelques 500 manifestant-e-s ont repris
la route vers le carré d'Youville, prenant la rue St-Jean à sens inverse.
Le Centre de recrutement de l'Armée a été redécoré en chemin par
plusieurs auto-collants anti-guerre et la marche s'est arrêtée sous la
porte St-Jean. Malheureusement, le gros des manifestant-e-s n'y était
plus, les coalitions ayant dissous la marche. Les bannières tendues sur
la porte St-Jean par un commando y était toujours cependant. La
circulation a été bloquée pendant un temps, puis tout le monde est rentré
chez soi, sans autre incidents (ni arrestations).

Nicolas Phébus pour a-infos

Post-Scriptum : Dans les médias, les flics disent avoir arrêtés une
personne qui " rodait " autour du consulat avant la marche, elle sera
accusée de " flanage ". Criss de répression!

[Voici le texte du tract diffusé à 1 000 exemplaires par les libertaires
de Québec dans la manifestation.]

Quand les riches jouent à la guerre...
Les pauvres ramassent les balles.

Voilà à peine quelques jours que l'invasion de l'Irak a débuté et déjà
les scènes de la dernière guerre du Golfe nous reviennent en tête. "
Frappes chirurgicales ", " dommages collatéraux ", " libération et
pacification de l'Irak " : le pouvoir politique et militaire crache de
ses hauts-parleurs (CNN, Fox, LCN, etc.) sa propagande haineuse. Une
haine pour la liberté, bafouée quotidiennement en temps de guerre, comme
à San Francisco où 1300
manifestant-es ont été arrêté-es dès les premières heures de l'invasion.
Une haine pour la vérité, cachée sous deux tonnes de TNT dans les
décombres des quartiers populaires de Bagdad. Une haine pour
l'auto-détermination des peuples, qu'elle soit culturelle, sociale ou
politique. La classe dominante occidentale exerce sur le monde une
hégémonie totalitaire dont bénéficient directement une poignée de
privilégiés, à commencer par les actionnaires des firmes du complexe
militaro-industriel fabricant les tanks et les avions qui polluent
aujourd'hui le ciel et le désert irakien.

À qui profite cette guerre?

Nous ne sommes pas dupes des véritables intérêts en cause : le fric, le
pouvoir et la domination des multinationales anglo-américaines sur une
région toute entière. Les états et leur machine de guerre sont le bras
armé du capital. Si nous formons aujourd'hui un contingent
anti-capitaliste et anti-autoritaire dans cette manifestation, c'est pour
dénoncer l'étroite complicité entre le pouvoir économique et le pouvoir
politique, tous deux responsables de ce conflit et de combien d'autres
encore. Mais au delà de la dénonciation, nous portons un réel désir de
changement. Le monde que nous voulons n'a rien à voir avec un simple
retour au status-quo . Bien sûr, nous ne voulons pas de leur guerre,
mais nous ne voulons pas non plus de leur " paix " ! Une société où le
fossé entre riches et pauvres, entre dominants et dominés va en
s'accroissant est tout sauf une société pacifique! Le flicage dans nos
rues comme dans nos manifs, c'est la guerre; la chasse aux pauvres dans
les quartiers devenus " huppés ", c'est la guerre; les morts anonymes sur
les chantiers, c'est la guerre; le déficit zéro, les mises à pied
sauvages et les lock-out déguisés, c'est la guerre. Une guerre de basse
intensité contre les intérêts des classes ouvrières et populaires. Une
guerre qui fait aussi des victimes, ici, chez nous.

Contre la fatalité, il faut s'organiser

Du boycott jusqu'au sabotage, de la grève à l'action symbolique, du
théâtre de rue jusqu'aux graffitis, milles et unes tactiques peuvent être
employées pour faire échec à la guerre. L'important, c'est de s'organiser
avec les gens en qui on a confiance, que ce soit sur nos milieux de
travail, dans nos écoles ou nos quartiers. Beaucoup de chemin reste à
faire pour que cette guerre soit la dernière. Mais ce travail doit
commencer maintenant en combattant les préjugés qui nous empêchent de
bouger, les patrons qui nous exploitent comme salarié-es, l'État et sa
police qui elle aussi " pacifie " notre société.

Pour la liberté, l'égalité et la solidarité!

- des libertaires



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