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(fr) Lock-out à Québec : scabs, violence et solidarité

From Nicolas Phébus <nicolasphebus@yahoo.com>
Date Mon, 3 Mar 2003 14:00:36 +0100 (CET)


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Lock-out dans les concessionnaires d'autos de Québec
SCABS, VIOLENCE ET SOLIDARITÉ

Plus de 600 membres du Syndicat national des employés de garage (SNEG)
ont voulu envoyer un message clair lors d'une assemblée spéciale tenue le
22 février dernier : ils et elles n'ont pas l'intention de céder un pouce
aux prétentions de leurs patrons qui les ont mis en lock-out le 11
décembre. Le moral et la solidarité étant au rendez-vous, pas question de
déserter les lignes de piquetage avant d'avoir gagné. " Si on rentre, on
rentre tous ensemble avec la tête haute, explique un délégué syndical,
pas question de laisser les patrons casser le syndicat. "

Ça joue dur sur les lignes...

On ne se doute pas de la violence qui règne sur les lignes de piquetage
dressées devant les 28 concessionnaires en lock-out de la région de
Québec. Les lock-outé-e-s que le Collectif anarchiste La Nuit a
rencontré-e-s nous avaient avertis du climat qui règnent sur les lignes.
Nous avions pu en être témoins directement, en assistant 'live' à une
arrestation. Depuis le début du conflit, les patrons ont embauché des
firmes de sécurité, et les " gros bars " qui vont avec, chargées de
filmer tous les faits et gestes des quelques 850 lock-outé-e-s. Les
gardiens de sécurité engagés par l'association patronale sont tellement
baveux que certains concessionnaires individuels ont préférer changer de
firme plutôt que d'envenimer plus la situation. On nous avait dit que
certains " gardiens de sécurité " avaient poussé le bouchon jusqu'à se
présenter sur les lignes le matin en disant: " bon, y'est 8 heures là,
qui veut des claques sur la gueule aujourd'hui? ".

La population a pu avoir une petite idée de ce qui se passe quand "
l'affaire Samy Tabet " a éclaté dans les médias, le 17 février. Le jeune
baveux, goon's patronal de son état, avait en effet été arrêté vers
minuit parce qu'il avait entrepris, pour se venger d'une altercation
ayant eu lieu sur les lignes dans la journée, de démolir à coup de deux
par quatre un abris de fortune construit par les syndiqué-e-s. Il avait
passé la nuit en taule parce qu'il avait dit aux policiers qu'il allait "
terminer le travail " pendant la nuit. Témoignage de la grande
sensibilité des patrons, le gars a fait réapparition en uniforme devant
un autre garage quelques jours plus tard. Un incident qui en dit long sur
le climat qui règne sur les lignes, tout comme l'apparition de
l'anti-émeute devant un autre garage, par un bel après-midi, parce qu'un
gardien avait reçu une balle de neige. En bref, les bousculades, les
engueulades, les amendes et les arrestations font partie du quotidien des
lock-outé-e-s.

...et en cour

L'exacerbation était à son comble à la mi-février chez les syndiqué-e-s
qui, en plus de se geler le cul à des températures pas possibles
(-40°C!), devaient faire face à une injonction limitant à 10 le nombre de
piqueteurs et piqueteuses. Le retour (relatif) du beau temps,
l'élargissement de la solidarité et quelques victoires en cour font
toutefois tranquillement changer la frustration de camp.

L'association patronale, qui tente de faire passer les syndiqué-e-s pour
des ti-counes violents, n'est pas particulièrement réglo, contrairement à
l'image qu'elle tente de projeter. En effet, le syndicat a réussi à
convaincre la Commission des relations du travail (CRT) d'émettre une
ordonnance pour faire cesser le travail des scabs (briseurs de grève)
dans 12 garages. En plus de faire faire le travail des lock-outé-e-s par
des garages non-syndiqués, certains concessionnaires faisaient carrément
faire le boulot sur place, derrière des placardages (très subtil!). L'un
des plus gros concessionnaires est allé jusqu'à déclarer qu'il n'était
pas au courant de l'illégalité de ses gestes (non mais!).

Autre développement au dossier, les patrons ont reçu une véritable giffle
de la cour supérieure le 19 février. En effet, alors que la corporation
patronale contestait l'injonction limitant à 10 le nombre de piqueteurs
et de piqueteuse (elle voulait les limiter à 3), un juge a rendu une
injonction globalement défavorable aux concessionnaires. D'un côté, elle
interdit définitivement aux syndiqués le droit de construire des abris
sur les terrains des
concessionnaires, de l'autre elle enlève toute limite au nombre de
personnes sur les lignes de piquetages (tout en encadrant sévèrement le
piquetage, par exemple: pas le droit d'être à moins de 4 mètres de la
voiture d'un cadre ou d'un client).

Solidarité

Les membres sont solidaires et tiennent bon sur les lignes qui sont
tenues beau temps, mauvais temps, pendant toutes les heures normales
d'ouverture (sauf le dimanche). La solidarité des autres secteurs du
mouvement ouvrier organisé ne fait pas défaut non plus puisque les
membres du SNEG ont pu se permettre de bonifier de 50$ par semaine leur
allocation de grève jusqu'à la fin du conflit (allocation maintenant
fixée à 280$ par semaine). Il faut dire que de plus en plus de
syndiqué-e-s, à l'instar des 450 membres du Syndicat démocratique des
employés de garage du Saguenay (SDEG-CSD), acceptent de lever des
cotisations spéciales de solidarité (15$ par semaine par membre pour le
SDEG).

Rappelons que les lock-outé-e-s se battent surtout pour leur qualité de
vie et contre la précarisation. Au moment d'écrire ces lignes, il semble
que la partie patronale ait renoncée à abolir la semaine de 4 jours, ce
qui a fait revenir le syndicat à la table de négociation (désertée depuis
le 11 décembre), mais tente toujours de faire passer l'introduction du
travail à temps partiel, de s'attaquer à la formation et à la relève,
sans parler de l'élargissement de la sous-traitance. Les syndiqué-e-s
refusant catégoriquement des reculs sur ces questions, surtout à l'heure
ou le rapport de force est en train de changer de camp, l'impasse est
totale. Avec le Salon de l'auto qui s'en vient en mars, parions que nous
n'avons pas fini d'entendre parler de ce conflit ouvrier.

Autre texte sur le même sujet:
http://nefac.northernhacking.org/feature/display/208/index.php



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