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(fr) RMA: une attaque de plus de la bourgeoisie

From Courant alternatif <oclibertaire@hotmail.com>
Date Mon, 21 Jul 2003 10:00:23 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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Le 8 février 2001, le sénat adoptait un projet de RMA (Revenu Minimum
d'Activité) transmis en juillet 2002 à l'assemblée nationale. Le RMA,
ouvert aux titulaires de certains minimums sociaux (dont le RMI) est un
dispositif de retour au turbin. Mais derrière le RMA, se prépare le RME
(Revenu Minimum d'Existence), qui est l'autre volet d'une volonté de
refonte globale des bas salaires.


De la misère du RMI en milieu marchand...

C'est une belle unanimité parlementaire qui votait le Revenu Minimum
d'Insertion(RMI) en 1988. Le gouvernement socialiste de Rocard faisait
d'une pierre deux coups. D'un côté, il soignait le côté "social" de son
gouvernement, d'un autre il exécutait les volontés patronales. Dans cette
période de chômage en hausse, le patronat refusait la création d'un
revenu qui ne soit pas basé sur le travail salarié. C'est que le chômage
de masse ne servirait plus à rien en terme de pression sur les bas
salaires ! Avec la création du RMI, sauce Rocard, le patronat a été ravi.
Le RMI échappe aux moins de 25 ans qui sont les proies privilégiées des
boulots les plus précaires. L'obtention du RMI est assujettie à
l'objectif du retour au travail. Ni son montant misérable (aujourd'hui
360 euros mensuel) ni son flicage quotidien (le RMI est reconductible
tous les trois mois) ne permet d'ailleurs aucun autre échappatoire que le
salariat.
Lors du mouvement de chômeurs, chômeuses et précaires de 1998, l'arrogant
Jospin ne lâchera rien pour les gueux-ses. Il réitérera ce qui avait été
la feuille de route de Rocard : " il ne peut y avoir de revenus issus de
l'assistance, seuls comptent les revenus du travail ". C'est marche ou
crève !


RMA : la seule activité qui compte c'est le travail

Mais c'est qu'aujourd'hui, les objectifs de Rocard ne sont pas tous
atteints. La gestion du RMI coûte cher, une part importante des
allocataires ne comprend toujours pas qu'il n'y a que la joie des
ateliers qui rendent heureux-ses et certains départements régulièrement
ensoleillés se
trouveraient gangrenés par la tentation de la sieste de sept jours. Aussi
en ces temps d'attaques sociales tout azimut, le projet RMA est à la fois
le minimum de ce qui doit passer dans un premier temps pour le patronat,
mais aussi la première pierre d'une refonte globale des bas salaires.
Ce qui est en train de passer, c'est bien entendu le projet de revenu
minimum d'activité (RMA) : 20h de boulot payé au SMIC horaire dans une
entreprise privée ou publique, bref une sorte de CES (Contrat Emplois
Solidarité) pour un patron qui touchera en contrepartie l'allocation du
RMArd-e et sera exonérée de charges. Cette main d'¦uvre extrêmement
précarisée ne coûterait finalement aux entreprises que 1 euros 70cts de
l'heure. Juteux les gueux ? Ce qui est en train de passer aussi, c'est le
transfert de la gestion du RMI aux régions dans le cadre de la loi sur la
décentralisation. Ce qui signifie inéluctablement qu'il y aura des
départements à RMI "normal" (les départements les plus pauvres) et des
départements où le taux du RMI sera bas (les départements les plus
riches). Bref une ségrégation sociale et territoriale.


RMA et RME : un projet pour l'ensemble des bas salaires

Mais derrière tout ça, se cache des desseins bien plus gigantesques que
les seules incitations du retour au turbin. Car en effet une carotte
(même bien fade) sans bâton, ça ne sert pas à grand chose. C'est donc là
qu'intervient le projet de RME (revenu minimum d'existence), remplaçant
le RMI, confié à Madame "Travail Famille Patrie", Christine Boutin.
Christine Boutin a été la rapporteuse d'une commission des affaires
sociales de l'assemblée nationale sur le RME qui a précisé notamment qu'à
part "pour les plus marginalisés", le RME devrait être lié au RMA qui lui
serait "lié à une obligation d'insertion, à travers une activité".
C'est donc une effrayante discipline de travail qui attend les
"assisté-e-s", car qui dira engueulades et portes qui claquent sur les
lieus de boulots du RMA dit grosses catastrophes à la fin du mois sans
même un RME. De plus, avec le coût de la main d'¦uvre des RMArd-e-s, les
entreprises auraient bien tort de continuer d'employer des intérimaires,
voire même des Smicard-e-s. Comme il n'est pas pour l'instant prévu de
cotisation ASSEDIC pour le RMA, ce serait donc onze millions de personnes
(ensemble des bas revenus) qui partageraient la spirale terrifiante de la
flexibilité : boulot de merde- miettes d'allocs.


Quelles luttes ?

Le mouvement de 98 a laissé comme principales traces d'avoir existé et
surtout d'être capable de pouvoir recommencer. Mais son arrêt avait été
brutal. La journée d'action du 27 janvier 98 avait été désorientée par la
CGT-chômeurs et la direction d'AC ! afin de soutenir le gouvernement de
la gauche plurielle et sa loi d'orientation relative à la lutte contre
les exclusions et avaient appelé au terme de la journée à une
manifestation parisienne un mois plus tard. Les collectifs existants
avaient continué de mener des actions pendant quelques mois, mais les
plus "enragé-e-s" d'entre elles et eux, avant que les collectifs
s'éteignent les uns après les autres, avaient rejoint des organisations
comme AC !, des collectifs de soutien aux sans-papiers et/ou participé
aux rassemblements antiglobalisation. Depuis la parution du projet de
RMA, quelques timides manifestations ont eu lieu, mais les intérêts des
plus précarisés restent relativement isolés dans les différents rapports
de force actuels. Par exemple sur les retraites, en étant précaires et
flexibles, il est difficile d'envisager de cotiser n'est-ce même 37 ans
et demiŠ De même, il est important de constater que le privé est
aujourd'hui bien plus constitué de travailleurs et travailleuses
précaires que "d'embauché-e-s". Cet inversement bouleverse aussi bien
les rapports de lutte sur les lieux de travail que les moyens d'actions
de la classe ouvrière.

Jérôme ch, Strasbourg, 3 juillet 03

Article tiré de "Courant alternatif" # 131 - été 2003.
32 pages. 3,8 euros.

Journal disponible dans les maisons de la presse, dans certaines
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hors-séries) 31 euros. 1 numéro gratuit sur demande.

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