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(fr) Entretien avec Chomsky sur la politique étrangère des USA

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 30 Jan 2003 04:53:59 -0500 (EST)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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[ Entretien repris du site d'Indymedia Lille :
http://lille.indymedia.org/ ]

Lundi 27 janvier 2003 : traduction libre de l'interview de Noam Chomsky
du 28 décembre 2002.

Entrevue avec Chomsky

de Noam Chomsky Schnews 28 décembre 2002

Mark Thomas : Si nous commencions par la politique étrangère des états
unis en Irak et la « guerre à la terreur », que se passe-t-il
actuellement ?

Noam Chomsky : Tout d'abord je pense que nous devrions rester très
prudents quand nous utilisons la phrase « guerre à la terreur » Il ne
peut y avoir de guerre à la terreur. C'est une impossibilité logique. Les
US sont un des leaders mondiaux parmi les états terroristes. Les gars qui
sont actuellement aux responsabilités seraient tous condamnés pour
terrorisme par la cour mondiale. Ils auraient d'ailleurs du être
condamnés par le conseil de sécurité des nations unies si ceux-ci
n'avaient pas utilisés leur droit de veto, l'Angleterre s'abstenant bien
entendu. Ces gars ne peuvent pas mener une guerre contre la terreur.
C'est simplement hors de question. Ils ont déclaré une guerre à la
terreur il y a 20 ans et nous savons tous ce qu'ils ont fait. Ils ont
détruit l'Amérique centrale. Ils ont tué 1 million et demi de personne
dans le sud de l'Afrique. La liste est longue. Alors il n'y a pas de «
guerre à la terreur ».

Il y a eu un acte terroriste, le 11 septembre, très inhabituel, un
véritable événement historique, c'est la première fois dans l'histoire
que l'ouest a du faire face à ce genre d'attaque devenue routinière dans
le reste du monde. Le 11 septembre aura sans aucun doute changé la
politique, pas seulement pour les états unis, mais bien au delà. Chaque
gouvernement dans le monde a vu l'opportunité qui s'offrait à lui
d'intensifier sa propre répression et ses propres atrocités, de la Russie
et les Tchéchènnes aux gouvernements de l'ouest imposant plus de
discipline à leur population.

Les conséquences ont été très importantes - prenez par exemple l'Irak.
Avant le 11 septembre, les états unis avaient un intérêt de longue date
pour l'Irak - en effet elle possède la deuxième plus grande réserve du
monde. Alors d'une façon ou d'une autre les états unis allaient faire
quelque chose pour s'en emparer, c'est clair. Le 11 septembre a fourni le
prétexte. Il y a eu un changement dans la rhétorique sur l'Irak depuis le
11 septembre - Nous avons maintenant une excuse pour exécuter ce que nous
avons planifié.

La situation semblait figée jusqu'en septembre de cette année lorsque
l'Irak est soudainement devenueŠ "un danger immédiat pour notre
existence". Condo leeza Rice [conseillère à la sécurité nationale des
états unis] nous a mis en garde sur le fait que la prochaine preuve d'une
arme nucléaire sera un champignon atomique au-dessus de New York. Il y a
eu une importante campagne médiatique, avec des personnages politiques -
nous devons détruire Saddam cet hiver ou nous mourrons tous. Je vous
laisse admirer la classe
intellectuelle ne voyant pas que les seules personnes au monde à être
effrayés par Saddam Hussen sont américains. Tout le monde le déteste et
les Iraquiens sont sans doute effrayés par lui, mais en dehors de l'Irak
et des états unis, personne n'a peur de lui. Ni le Koweït, ni l'Iran, ni
Israël, ni l'Europe. Ils le déteste, mais ils n'en n'ont pas peur.

Aux états unis les gens ont très peur, il n'y a pas de doute. L'avantage
qui existe dans l'opinion publique pour la guerre est très mince, mais il
est basé sur la peur. C'est une vieille histoire aux états unis. Lorsque
mes enfants étaient à l'école élémentaire, il y a 40 ans, on leur a
expliqué qu'il fallait rester sous les tables dans le cas d'une attaque
atomique. Je ne plaisante pas. Le pays a toujours peur de quelque chose.
Le crime par exemple. La criminalité aux états unis est en gros
comparable à celle des autres sociétés industrielles, plutôt dans la
partie haute du spectre. D'un autre coté, la peur du crime est bien
au-dessus de celle des autres sociétés industrielles.

Cela c'est fait délibérément. Souvenez-vous que les gens qui dirigent
aujourd'hui sont presque tous des produits des années 80. Ils sont déjà
passés par là et connaissent parfaitement les règles du jeu. Pendant les
années 80 il y avait périodiquement des campagnes servant à terrifier la
population.

Créer la peur n'est pas difficile, mais cette fois le timing choisi était
si manifestement trop cadré sur la campagne pour l'élection au congrès
que même les commentateurs politiques ont reçu le message. La campagne
présidentielle devrait démarrer au milieu de l'année prochaine. Ils ont
besoin d'accrocher une victoire à leur ceinture pour pouvoir garder le
pouvoir. Dans le cas contraire la population va commencer à faire
attention à ce qui lui arrive, une grosse agression, une agression
majeure sur la population, comme pendant les années 80. Ils rejouent
exactement le même morceau. La première chose qu'ils aient faite dans les
années 80, ça a été de conduire le pays vers un énorme déficit. Cette
fois-ci ils le font en baissant les taxes pour les riches et en assumant
la plus grosse augmentation des dépenses fédérales depuis 20 ans.

Cela semble être une administration d'une corruption inhabituelle, un peu
comme une administration de Enron, un profit important passe dans les
mains d'un groupe in habituellement corrompu de gangsters. On ne peut
évidemment pas réellement parler de tous ça en première page, alors il
faut chasser tous ça de la première page. Vous devez éviter que les gens
y pensent. Il n'y a qu'un chemin pour effrayer les gens, et ils savent le
prendre.

Ainsi il y a des facteurs dans la politique intérieur qui sont une
question de timing. Le 11 septembre a donné le prétexte a
l'assouvissement d'un intérêt qui existait de longue date [en Irak].
Maintenant ils doivent faire la guerreŠ je présume qu'ils veulent qu'elle
soit terminée avant la campagne présidentielle.

La question c'est que lorsque vous êtes en guerre, vous ne savez pas ce
qui peut arriver. Il y a des chances que ce soit un jeu d'enfant, ça
devrait l'être, il n'y a pas d'armée irakienne, le pays va probablement
s'effondrer en deux minutes, mais vous ne pouvez en être sur. Si vous
prenez au sérieux les avertissements de la CIA, et ils paraissent sur
d'eux, ils disent que si il y a une guerre, l'Irak peu répondre par des
actes terroristes.

L'aventurisme américain conduit les pays à développer des armes de
destruction massive comme moyen de dissuasion. Ils n'ont pas d'autres
moyens de dissuasion. Les forces conventionnelles manifestement ne
marchent pas, il n'y a pas d'autres moyens de dissuasion. La seule façon
que chacun a de se défendre c'est en utilisant la terreur et les armes de
destructions massives. Il est donc plausible de penser que les Irakiens
le feront [les actes terroristes]. Je suppose que c'est la base de
l'analyse faite par la CIA et je suppose que l'espionnage anglais tient
un discours identique.

Mais vous ne voudriez pas que ça arrive en plein milieu d'une campagne
présidentielle. Que faire de l'effet d'une guerre, c'est simple vous
comptez sur les journalistes et les intellectuels pour ne pas en parler.
Combien de gens parlent de l'Afghanistan ? L'Afghanistan est retournée là
où elle était, conduite par des seigneurs de la guerre et des gangsters
et qui écrit sur le sujet ? Pratiquement personne. Si elle retourne là où
elle était, tout le monde s'en fout, tout le monde a déjà oublié.

Si les gens en Irak finissent par s'entre massacrer, je pourrai écrire
l'article dès maintenant. « Un peuple arriéré, nous avons essayé de les
sauver mais ils veulent s'entre tuer parce que ce sont des sales arabes
». Quand ça arrivera, je suppose, j'essaye de deviner, ils [les US]
seront déjà engagés dans la prochaine guerre qui sera probablement contre
la Syrie ou l'Iran.

Le fait est que la guerre contre l'Iran est déjà en chemin. Il est connu
que 12 % des forces aériennes israéliennes se trouve dans le sud est de
la Turquie. Ils sont là parce qu'ils préparent la guerre contre l'Iran.
Ils se fichent de l'Irak. Ils pensent que l'Irak est un jeu d'enfant, par
contre l'Iran a toujours été un problème pour Israël. C'est le pays de la
région qu'elle ne maîtrise pas, ça fait des années qu'elle demande aux
USA de s'en occuper. D'après un rapport, la force aérienne israélienne
vole maintenant jusqu'à la frontière iranienne pour espionner, provoquer
et ainsi de suite. Et ce n'est pas une petite force aérienne. Elle est
plus grande que la force aérienne anglaise, plus grande que n'importe
quelle force de l'OTAN exceptée celle des états unis. En conséquence
l'opération est probablement déjà entamée. Ils affirment qu'ils oeuvrent
pour soulever les séparatistes Azeri, ce qui a un certain sens. C'est ce
que les Russes ont essayé de faire en 1946, cela aurait du séparer
l'Iran, ou ce qui serait rester de l'Iran, du centre de production
pétrolifère de la Caspienne. Il devient alors possible de « cloisonner ».
Tout cela sera probablement déjà entamé quand cela arrivera, et quand
cela arrivera il y aura certainement une histoire expliquant comment
l'Iran allait dés le lendemain nous tuer, raison pour laquelle nous
devons nous en débarrasser dès aujourd'hui. Ca devrait au moins être le
schéma général.

Campaign Against Arms Trade : A quel point voyez vous que l'importante
machine de production militaire qu'est l'Amérique réclame la guerre pour
faire la publicité de ses équipements ?

Chomsky : Vous ne devez pas oublier que ce qu'on appelle industrie
militaire n'est que l'industrie de la haute technologie. Le militaire
n'est qu'une couverture pour le secteur de l'état dans l'économie. A la
MIT [Institut de Technologie du Massachusetts] où je suis, tout le monde
sait cela, à part peut-être quelques économistes. Tous les autres le
savent parce que c'est les militaires qui payent leurs salaires. L'argent
arrive dans des endroits comme la MIT sous des contrats militaires pour
produire la prochaine génération de l'économie de haute technologie. Si
vous observez ce qu'on appelle la nouvelle économie - ordinateurs,
Internet - celle-ci arrive directement d'endroits comme la MIT, sous
contrats fédéraux pour la recherche et le développement, sous couverture
de production militaire. Puis c'est refilé à IBM lorsque quelque chose
devient vendable.

Aux alentours de la MIT on avait l'habitude de voir de petites
entreprises d'électronique. Aujourd'hui ce sont de petites entreprises de
bio-technologie. La raison est que la prochaine économie de pointe sera
centrée sur la biologie. Les fonds gouvernementaux pour la recherche
autour de la biologie ont formidablement augmentés. Si vous désirez
démarrer une petite entreprise qui vous rapportera un tas d'argent
lorsqu'un jour quelqu'un l'achètera, faites-le dans l'ingénierie de la
génétique, de la bio technologie et ainsi de suite. Ca va tout à fait
dans le sens de l'histoire. C'est généralement un secteur dynamique de
l'état qui fait avancer l'économie.

Une des raisons pour lesquelles les états unis veulent contrôler le
pétrole est qu'il y a du profit en retour, de multiples façons. Il ne
s'agit pas seulement de profit sur le pétrole, mais aussi des ventes
d'armes. Les plus gros clients d'armes US et probablement anglaises sont
soit l'Arabie Saoudite, soit les Emirats Arabes Unis, l'un des plus
riches producteurs de pétrole. Ils achètent la plupart des armes, cela
crée des bénéfices pour l'industrie high tech aux états unis. L'argent
revient directement au trésor américain et à celui de la sécurité. Sous
différentes formes c'est le principal soutien à l'économie US et
anglaise.

Je ne sais pas si vous êtes au fait de toutes les informations, mais en
1958 lorsque l'Irak a rompu la copropriété anglo-américaine sur la
production du pétrole, l'Angleterre devint complètement folle. A cette
époque les Britanniques étaient très dépendants des profits koweïtiens.
Les Anglais avaient besoin des pétrodollars pour supporter l'économie
britannique et on pouvait craindre que ce qui était arrivé à l'Irak
pouvait se répandre au Koweït. A ce stade, les Anglais et les états unis
décidèrent d'accorder l'indépendance au Koweït, jusque là ce n'était
qu'une colonie. Ils dirent vous pouvez avoir votre propre poste,
prétendre à un drapeau, ce genre de chose. Les Britanniques dirent que si
quelque chose se passait mal ils interviendraient impitoyablement pour
garantir le maintien du contrôle, et les états unis tombèrent d'accord
sur les mêmes points en Arabie Saoudite et dans les Emirats.

C.A.A.T. : Il y a aussi l'idée que c'est un moyen pour les américains de
contrôler l'Europe et les bords du pacifique.

Chomsky : Absolument. Parmi les gars les plus intelligents, George Kennen
démontrait que le contrôle sur les ressources énergétiques du
Moyen-Orient donnait aux états unis ce qu'il appelait « le pouvoir de
veto » sur les autres pays. Il pensait particulièrement au Japon.
Aujourd'hui les Japonais le savent bien, c'est la raison pour laquelle
ils ont travaillé sans relâche pour essayer de gagner leur indépendance
d'accès au pétrole, c'est une des raisons pour lesquelles ils se sont
acharnés, et ont finalement réussi, à établir des relations avec
l'Indonésie et l'Iran et les autres, pour sortir du système contrôlé par
l'Ouest.

Effectivement une des raisons du plan Marshall [après deuxième guerre
mondiale], ce magnifique plan bienveillant consistait à faire passer
l'Europe et le Japon du charbon au pétrole. L'Europe et le Japon avaient
tous deux des ressources internes en charbon, mais ils les remplacèrent
par le pétrole de façon à donner le contrôle aux états unis. 2 des 13
billions de dollars du plan Marshall arriva directement aux compagnies
pétrolières pour faciliter la conversion de l'Europe et du Japon à une
économie basée sur le pétrole. Question de pouvoir, il est excessivement
important de contrôler les ressources, et principalement le pétrole amené
à devenir la ressource principale pour les prochaines générations.

Le Conseil National de l'Espionnage [National Intelligence Council],
collection de différentes agences d'espionnage, publia une projection en
2000 appelée "Tendance Globale 2015". Ils firent l'intéressante prévision
que le terrorisme allait augmenter en conséquence de la globalisation.
Ils le disent carrément. Ils disent que ce qu'ils appellent globalisation
allait donner accès à une large économie partagée, à l'opposée de ce que
la théorie économique prévoit, mais ils restent réalistes et disent que
cela va aussi donner lieu à une augmentation du désordre, de la tension
et de l'hostilité et de la violence, pour une bonne part dirigés contre
les états unis.

Ils prédisent aussi que le pétrole du Golf Persique deviendra
excessivement important pour l'énergie mondiale et les systèmes
industriels, mais que les états unis ne compteront plus dessus. Mais
qu'ils devaient en garder le contrôle. Contrôler les ressources en
pétrole est plus une importante question qu'un accès. Parce que contrôle
égal pouvoir.

MT : Quelle comparaison pensez-vous que le mouvement actuel contre la
guerre fait avec le Vietnam ? Que pensez-vous que nous puissions faire en
tant qu'individus engagés dans l'action directe et la protestation ?
Pensez-vous qu'il existe une possibilité d'éviter qu'une guerre se
déclenche ?

NC : Je pense que c'est très dur parce que les délais sont très courts.
Vous pouvez le faire sans s'économiser, c'est important. Même si ça ne
s'arrête pas, pour la guerre c'est important de le faire sans compter
pour essayer d'arrêter la prochaine.

Comparé au mouvement contre la guerre au Vietnam, le mouvement actuel est
incomparablement loin devant. Les gens parlent du mouvement contre la
guerre au Vietnam, mais ils ont oublié ou ne savent pas comment ça c'est
réellement passé. La guerre du Vietnam a commencé en 1962, pour le
publique, avec une attaque officielle sur le Sud Vietnam - aviation,
guerre chimique, camps de concentration, le grand jeu. Aucune
protestationŠ le mouvement de
protestation qui s'est construit quatre ou cinq ans plus tard concernait
principalement le bombardement du Nord, qui fut terrible mais seulement
un spectacle. L'attaque principale concernait le Sud Vietnam et il n'y
eut jamais de protestation sérieuse contre ça.

Cette fois-ci il y a protestation avant que la guerre n'ait réellement
commencé. Je ne vois aucun autre exemple dans toute l'histoire de
l'Europe, ainsi que dans celle des états unis, d'une protestation d'un
niveau aussi conséquent avant une guerre. Cette fois-ci il y a une
protestation massive avant même que la guerre ait commencé. C'est un
formidable hommage aux changements dans la culture populaire qui a pris
place dans les pays de l'Ouest depuis les 30 à 40 dernières années. C'est
phénoménal !

SchNEWS : Il semblerait que dés que la protestation sort de là ou elle
est confinée, peut être une marche tous les six mois, elle est attaquée.
Ceux qui protestèrent récemment à Brighton contre la guerre furent
aspergés de poivre et bastonnés juste parce qu'ils étaient assis dans la
rue.

Chomsky : Plus il y a de protestation, plus il y aura de répression,
c'est la routine. Lorsque le mouvement contre la guerre au Vietnam c'est
véritablement construit, la répression c'est aussi construite. J'était
moi même tout prêt d'être jugé pour une longue peine de prison qui fut
stoppée par l'offensive du Tet. Après l'offensive du Tet, l'opinion
publique changea contre la guerre et ils annulèrent les procès. En ce
moment beaucoup d'individus peuvent finir à Guantanamo Bay, et les gens
s'en rendent compte.

Si il y a protestation dans un pays alors il y aura répression. Peut-on
vraiment l'empêcher ? cela dépend beaucoup de la réaction. Aux états unis
au début des années 50 il y a eu ce qu'on a appelé le maccarthysme et la
seule raison pour laquelle ça a réussit c'est qu'il n'y eut aucune
résistance. Quand ils essayèrent la même chose pendant les années 60 ce
fut
immédiatement un échec parce que tous simplement les gens en rirent et
ils ne purent le réaliser. Même un régime dictatorial ne peut pas faire
ce qu'il veut. Il doit avoir un minimum de support populaire. Dans un
pays plus démocratique le système de pouvoir est plus fragile. Il n'y a
rien de secret dans tout cela, c'est de l'histoire. La véritable question
est quelle sera l'importance de la résistance
populaire.http://lille.indymedia.org/

lundi 27 janvier 2003 :

Chomsky en français


Traduction libre de l'interview de Noam Chomsky du 28 décembre 2002. Une
modeste contribution, mais il m'a semblé nécessaire de pouvoir le lire
rapidement...

Entrevue avec Chomsky

de Noam Chomsky Schnews 28 décembre 2002

Mark Thomas : Si nous commencions par la politique étrangère des états
unis en Irak et la « guerre à la terreur », que se passe-t-il
actuellement ?

Noam Chomsky : Tout d'abord je pense que nous devrions rester très
prudents quand nous utilisons la phrase « guerre à la terreur » Il ne
peut y avoir de guerre à la terreur. C'est une impossibilité logique. Les
US sont un des leaders mondiaux parmi les états terroristes. Les gars qui
sont actuellement aux responsabilités seraient tous condamnés pour
terrorisme par la cour mondiale. Ils auraient d'ailleurs du être
condamnés par le conseil de sécurité des nations unies si ceux-ci
n'avaient pas utilisés leur droit de veto, l'Angleterre s'abstenant bien
entendu. Ces gars ne peuvent pas mener une guerre contre la terreur.
C'est simplement hors de question. Ils ont déclaré une guerre à la
terreur il y a 20 ans et nous savons tous ce qu'ils ont fait. Ils ont
détruit l'Amérique centrale. Ils ont tué 1 million et demi de personne
dans le sud de l'Afrique. La liste est longue. Alors il n'y a pas de «
guerre à la terreur ».

Il y a eu un acte terroriste, le 11 septembre, très inhabituel, un
véritable événement historique, c'est la première fois dans l'histoire
que l'ouest a du faire face à ce genre d'attaque devenue routinière dans
le reste du monde. Le 11 septembre aura sans aucun doute changé la
politique, pas seulement pour les états unis, mais bien au delà. Chaque
gouvernement dans le monde a vu l'opportunité qui s'offrait à lui
d'intensifier sa propre répression et ses propres atrocités, de la Russie
et les Tchéchènnes aux gouvernements de l'ouest imposant plus de
discipline à leur population.

Les conséquences ont été très importantes - prenez par exemple l'Irak.
Avant le 11 septembre, les états unis avaient un intérêt de longue date
pour l'Irak - en effet elle possède la deuxième plus grande réserve du
monde. Alors d'une façon ou d'une autre les états unis allaient faire
quelque chose pour s'en emparer, c'est clair. Le 11 septembre a fourni le
prétexte. Il y a eu un changement dans la rhétorique sur l'Irak depuis le
11 septembre - Nous avons maintenant une excuse pour exécuter ce que nous
avons planifié.

La situation semblait figée jusqu'en septembre de cette année lorsque
l'Irak est soudainement devenueŠ "un danger immédiat pour notre
existence". Condo leeza Rice [conseillère à la sécurité nationale des
états unis] nous a mis en garde sur le fait que la prochaine preuve d'une
arme nucléaire sera un champignon atomique au-dessus de New York. Il y a
eu une importante campagne médiatique, avec des personnages politiques -
nous devons détruire Saddam cet hiver ou nous mourrons tous. Je vous
laisse admirer la classe
intellectuelle ne voyant pas que les seules personnes au monde à être
effrayés par Saddam Hussen sont américains. Tout le monde le déteste et
les Iraquiens sont sans doute effrayés par lui, mais en dehors de l'Irak
et des états unis, personne n'a peur de lui. Ni le Koweït, ni l'Iran, ni
Israël, ni l'Europe. Ils le déteste, mais ils n'en n'ont pas peur.

Aux états unis les gens ont très peur, il n'y a pas de doute. L'avantage
qui existe dans l'opinion publique pour la guerre est très mince, mais il
est basé sur la peur. C'est une vieille histoire aux états unis. Lorsque
mes enfants étaient à l'école élémentaire, il y a 40 ans, on leur a
expliqué qu'il fallait rester sous les tables dans le cas d'une attaque
atomique. Je ne plaisante pas. Le pays a toujours peur de quelque chose.
Le crime par exemple. La criminalité aux états unis est en gros
comparable à celle des autres sociétés industrielles, plutôt dans la
partie haute du spectre. D'un autre coté, la peur du crime est bien
au-dessus de celle des autres sociétés industrielles.

Cela c'est fait délibérément. Souvenez-vous que les gens qui dirigent
aujourd'hui sont presque tous des produits des années 80. Ils sont déjà
passés par là et connaissent parfaitement les règles du jeu. Pendant les
années 80 il y avait périodiquement des campagnes servant à terrifier la
population.

Créer la peur n'est pas difficile, mais cette fois le timing choisi était
si manifestement trop cadré sur la campagne pour l'élection au congrès
que même les commentateurs politiques ont reçu le message. La campagne
présidentielle devrait démarrer au milieu de l'année prochaine. Ils ont
besoin d'accrocher une victoire à leur ceinture pour pouvoir garder le
pouvoir. Dans le cas contraire la population va commencer à faire
attention à ce qui lui arrive, une grosse agression, une agression
majeure sur la population, comme pendant les années 80. Ils rejouent
exactement le même morceau. La première chose qu'ils aient faite dans les
années 80, ça a été de conduire le pays vers un énorme déficit. Cette
fois-ci ils le font en baissant les taxes pour les riches et en assumant
la plus grosse augmentation des dépenses fédérales depuis 20 ans.

Cela semble être une administration d'une corruption inhabituelle, un peu
comme une administration de Enron, un profit important passe dans les
mains d'un groupe in habituellement corrompu de gangsters. On ne peut
évidemment pas réellement parler de tous ça en première page, alors il
faut chasser tous ça de la première page. Vous devez éviter que les gens
y pensent. Il n'y a qu'un chemin pour effrayer les gens, et ils savent le
prendre.

Ainsi il y a des facteurs dans la politique intérieur qui sont une
question de timing. Le 11 septembre a donné le prétexte a
l'assouvissement d'un intérêt qui existait de longue date [en Irak].
Maintenant ils doivent faire la guerreŠ je présume qu'ils veulent qu'elle
soit terminée avant la campagne présidentielle.

La question c'est que lorsque vous êtes en guerre, vous ne savez pas ce
qui peut arriver. Il y a des chances que ce soit un jeu d'enfant, ça
devrait l'être, il n'y a pas d'armée irakienne, le pays va probablement
s'effondrer en deux minutes, mais vous ne pouvez en être sur. Si vous
prenez au sérieux les avertissements de la CIA, et ils paraissent sur
d'eux, ils disent que si il y a une guerre, l'Irak peu répondre par des
actes terroristes.

L'aventurisme américain conduit les pays à développer des armes de
destruction massive comme moyen de dissuasion. Ils n'ont pas d'autres
moyens de dissuasion. Les forces conventionnelles manifestement ne
marchent pas, il n'y a pas d'autres moyens de dissuasion. La seule façon
que chacun a de se défendre c'est en utilisant la terreur et les armes de
destructions massives. Il est donc plausible de penser que les Irakiens
le feront [les actes terroristes]. Je suppose que c'est la base de
l'analyse faite par la CIA et je suppose que l'espionnage anglais tient
un discours identique.

Mais vous ne voudriez pas que ça arrive en plein milieu d'une campagne
présidentielle. Que faire de l'effet d'une guerre, c'est simple vous
comptez sur les journalistes et les intellectuels pour ne pas en parler.
Combien de gens parlent de l'Afghanistan ? L'Afghanistan est retournée là
où elle était, conduite par des seigneurs de la guerre et des gangsters
et qui écrit sur le sujet ? Pratiquement personne. Si elle retourne là où
elle était, tout le monde s'en fout, tout le monde a déjà oublié.

Si les gens en Irak finissent par s'entre massacrer, je pourrai écrire
l'article dès maintenant. « Un peuple arriéré, nous avons essayé de les
sauver mais ils veulent s'entre tuer parce que ce sont des sales arabes
». Quand ça arrivera, je suppose, j'essaye de deviner, ils [les US]
seront déjà engagés dans la prochaine guerre qui sera probablement contre
la Syrie ou l'Iran.

Le fait est que la guerre contre l'Iran est déjà en chemin. Il est connu
que 12 % des forces aériennes israéliennes se trouve dans le sud est de
la Turquie. Ils sont là parce qu'ils préparent la guerre contre l'Iran.
Ils se fichent de l'Irak. Ils pensent que l'Irak est un jeu d'enfant, par
contre l'Iran a toujours été un problème pour Israël. C'est le pays de la
région qu'elle ne maîtrise pas, ça fait des années qu'elle demande aux
USA de s'en occuper. D'après un rapport, la force aérienne israélienne
vole maintenant jusqu'à la frontière iranienne pour espionner, provoquer
et ainsi de suite. Et ce n'est pas une petite force aérienne. Elle est
plus grande que la force aérienne anglaise, plus grande que n'importe
quelle force de l'OTAN exceptée celle des états unis. En conséquence
l'opération est probablement déjà entamée. Ils affirment qu'ils oeuvrent
pour soulever les séparatistes Azeri, ce qui a un certain sens. C'est ce
que les Russes ont essayé de faire en 1946, cela aurait du séparer
l'Iran, ou ce qui serait rester de l'Iran, du centre de production
pétrolifère de la Caspienne. Il devient alors possible de « cloisonner ».
Tout cela sera probablement déjà entamé quand cela arrivera, et quand
cela arrivera il y aura certainement une histoire expliquant comment
l'Iran allait dés le lendemain nous tuer, raison pour laquelle nous
devons nous en débarrasser dès aujourd'hui. Ca devrait au moins être le
schéma général.

Campaign Against Arms Trade : A quel point voyez vous que l'importante
machine de production militaire qu'est l'Amérique réclame la guerre pour
faire la publicité de ses équipements ?

Chomsky : Vous ne devez pas oublier que ce qu'on appelle industrie
militaire n'est que l'industrie de la haute technologie. Le militaire
n'est qu'une couverture pour le secteur de l'état dans l'économie. A la
MIT [Institut de Technologie du Massachusetts] où je suis, tout le monde
sait cela, à part peut-être quelques économistes. Tous les autres le
savent parce que c'est les militaires qui payent leurs salaires. L'argent
arrive dans des endroits comme la MIT sous des contrats militaires pour
produire la prochaine génération de l'économie de haute technologie. Si
vous observez ce qu'on appelle la nouvelle économie - ordinateurs,
Internet - celle-ci arrive directement d'endroits comme la MIT, sous
contrats fédéraux pour la recherche et le développement, sous couverture
de production militaire. Puis c'est refilé à IBM lorsque quelque chose
devient vendable.

Aux alentours de la MIT on avait l'habitude de voir de petites
entreprises d'électronique. Aujourd'hui ce sont de petites entreprises de
bio-technologie. La raison est que la prochaine économie de pointe sera
centrée sur la biologie. Les fonds gouvernementaux pour la recherche
autour de la biologie ont formidablement augmentés. Si vous désirez
démarrer une petite entreprise qui vous rapportera un tas d'argent
lorsqu'un jour quelqu'un l'achètera, faites-le dans l'ingénierie de la
génétique, de la bio technologie et ainsi de suite. Ca va tout à fait
dans le sens de l'histoire. C'est généralement un secteur dynamique de
l'état qui fait avancer l'économie.

Une des raisons pour lesquelles les états unis veulent contrôler le
pétrole est qu'il y a du profit en retour, de multiples façons. Il ne
s'agit pas seulement de profit sur le pétrole, mais aussi des ventes
d'armes. Les plus gros clients d'armes US et probablement anglaises sont
soit l'Arabie Saoudite, soit les Emirats Arabes Unis, l'un des plus
riches producteurs de pétrole. Ils achètent la plupart des armes, cela
crée des bénéfices pour l'industrie high tech aux états unis. L'argent
revient directement au trésor américain et à celui de la sécurité. Sous
différentes formes c'est le principal soutien à l'économie US et
anglaise.

Je ne sais pas si vous êtes au fait de toutes les informations, mais en
1958 lorsque l'Irak a rompu la copropriété anglo-américaine sur la
production du pétrole, l'Angleterre devint complètement folle. A cette
époque les Britanniques étaient très dépendants des profits koweïtiens.
Les Anglais avaient besoin des pétrodollars pour supporter l'économie
britannique et on pouvait craindre que ce qui était arrivé à l'Irak
pouvait se répandre au Koweït. A ce stade, les Anglais et les états unis
décidèrent d'accorder l'indépendance au Koweït, jusque là ce n'était
qu'une colonie. Ils dirent vous pouvez avoir votre propre poste,
prétendre à un drapeau, ce genre de chose. Les Britanniques dirent que si
quelque chose se passait mal ils interviendraient impitoyablement pour
garantir le maintien du contrôle, et les états unis tombèrent d'accord
sur les mêmes points en Arabie Saoudite et dans les Emirats.

C.A.A.T. : Il y a aussi l'idée que c'est un moyen pour les américains de
contrôler l'Europe et les bords du pacifique.

Chomsky : Absolument. Parmi les gars les plus intelligents, George Kennen
démontrait que le contrôle sur les ressources énergétiques du
Moyen-Orient donnait aux états unis ce qu'il appelait « le pouvoir de
veto » sur les autres pays. Il pensait particulièrement au Japon.
Aujourd'hui les Japonais le savent bien, c'est la raison pour laquelle
ils ont travaillé sans relâche pour essayer de gagner leur indépendance
d'accès au pétrole, c'est une des raisons pour lesquelles ils se sont
acharnés, et ont finalement réussi, à établir des relations avec
l'Indonésie et l'Iran et les autres, pour sortir du système contrôlé par
l'Ouest.

Effectivement une des raisons du plan Marshall [après deuxième guerre
mondiale], ce magnifique plan bienveillant consistait à faire passer
l'Europe et le Japon du charbon au pétrole. L'Europe et le Japon avaient
tous deux des ressources internes en charbon, mais ils les remplacèrent
par le pétrole de façon à donner le contrôle aux états unis. 2 des 13
billions de dollars du plan Marshall arriva directement aux compagnies
pétrolières pour faciliter la conversion de l'Europe et du Japon à une
économie basée sur le pétrole. Question de pouvoir, il est excessivement
important de contrôler les ressources, et principalement le pétrole amené
à devenir la ressource principale pour les prochaines générations.

Le Conseil National de l'Espionnage [National Intelligence Council],
collection de différentes agences d'espionnage, publia une projection en
2000 appelée "Tendance Globale 2015". Ils firent l'intéressante prévision
que le terrorisme allait augmenter en conséquence de la globalisation.
Ils le disent carrément. Ils disent que ce qu'ils appellent globalisation
allait donner accès à une large économie partagée, à l'opposée de ce que
la théorie économique prévoit, mais ils restent réalistes et disent que
cela va aussi donner lieu à une augmentation du désordre, de la tension
et de l'hostilité et de la violence, pour une bonne part dirigés contre
les états unis.

Ils prédisent aussi que le pétrole du Golf Persique deviendra
excessivement important pour l'énergie mondiale et les systèmes
industriels, mais que les états unis ne compteront plus dessus. Mais
qu'ils devaient en garder le contrôle. Contrôler les ressources en
pétrole est plus une importante question qu'un accès. Parce que contrôle
égal pouvoir.

MT : Quelle comparaison pensez-vous que le mouvement actuel contre la
guerre fait avec le Vietnam ? Que pensez-vous que nous puissions faire en
tant qu'individus engagés dans l'action directe et la protestation ?
Pensez-vous qu'il existe une possibilité d'éviter qu'une guerre se
déclenche ?

NC : Je pense que c'est très dur parce que les délais sont très courts.
Vous pouvez le faire sans s'économiser, c'est important. Même si ça ne
s'arrête pas, pour la guerre c'est important de le faire sans compter
pour essayer d'arrêter la prochaine.

Comparé au mouvement contre la guerre au Vietnam, le mouvement actuel est
incomparablement loin devant. Les gens parlent du mouvement contre la
guerre au Vietnam, mais ils ont oublié ou ne savent pas comment ça c'est
réellement passé. La guerre du Vietnam a commencé en 1962, pour le
publique, avec une attaque officielle sur le Sud Vietnam - aviation,
guerre chimique, camps de concentration, le grand jeu. Aucune
protestationŠ le mouvement de
protestation qui s'est construit quatre ou cinq ans plus tard concernait
principalement le bombardement du Nord, qui fut terrible mais seulement
un spectacle. L'attaque principale concernait le Sud Vietnam et il n'y
eut jamais de protestation sérieuse contre ça.

Cette fois-ci il y a protestation avant que la guerre n'ait réellement
commencé. Je ne vois aucun autre exemple dans toute l'histoire de
l'Europe, ainsi que dans celle des états unis, d'une protestation d'un
niveau aussi conséquent avant une guerre. Cette fois-ci il y a une
protestation massive avant même que la guerre ait commencé. C'est un
formidable hommage aux changements dans la culture populaire qui a pris
place dans les pays de l'Ouest depuis les 30 à 40 dernières années. C'est
phénoménal !

SchNEWS : Il semblerait que dés que la protestation sort de là ou elle
est confinée, peut être une marche tous les six mois, elle est attaquée.
Ceux qui protestèrent récemment à Brighton contre la guerre furent
aspergés de poivre et bastonnés juste parce qu'ils étaient assis dans la
rue.

Chomsky : Plus il y a de protestation, plus il y aura de répression,
c'est la routine. Lorsque le mouvement contre la guerre au Vietnam c'est
véritablement construit, la répression c'est aussi construite. J'était
moi même tout prêt d'être jugé pour une longue peine de prison qui fut
stoppée par l'offensive du Tet. Après l'offensive du Tet, l'opinion
publique changea contre la guerre et ils annulèrent les procès. En ce
moment beaucoup d'individus peuvent finir à Guantanamo Bay, et les gens
s'en rendent compte.

Si il y a protestation dans un pays alors il y aura répression. Peut-on
vraiment l'empêcher ? cela dépend beaucoup de la réaction. Aux états unis
au début des années 50 il y a eu ce qu'on a appelé le maccarthysme et la
seule raison pour laquelle ça a réussit c'est qu'il n'y eut aucune
résistance. Quand ils essayèrent la même chose pendant les années 60 ce
fut
immédiatement un échec parce que tous simplement les gens en rirent et
ils ne purent le réaliser. Même un régime dictatorial ne peut pas faire
ce qu'il veut. Il doit avoir un minimum de support populaire. Dans un
pays plus démocratique le système de pouvoir est plus fragile. Il n'y a
rien de secret dans tout cela, c'est de l'histoire. La véritable question
est quelle sera l'importance de la résistance populaire.




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