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(fr) Lutte des pions et aide-éducs en Basse-Normandie

From s.ia@laposte.net
Date Fri, 21 Feb 2003 14:15:27 +0100 (CET)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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[ titre d'a-infos-fr ]

Message en acte pour toutes les académies en lutte de la part des pions et
aide-éducs de Basse-Normandie
OCCUPATION DU RECTORAT DE CAEN, INTERVENTION BRUTALE DE LA POLICE.
LEURS COUPS NE NOUS FERONT PAS CEDER !!! EN AVANT POUR LA GRANDE MUTINERIE
!!!
Après l´AG réussie du mardi 18 Février (une centaine de
personnes), un rendez-vous était fixé pour une nouvelle AG sur
la fac le jeudi 20 Février à 14H.
Cette AG, comme prévu, n´a pas eu lieu.
80 personnes se sont rassemblées au phénix. Comme prévu, un
convoi de 8 véhicules s´est garé au moment judicieux à
proximité et une quarantaine de personnes, entassées dans les
bagnoles, sont parties rapidement vers l´objectif. Celui-ci
avait été préalablement infiltré par quelques personnes qui
furent prévenues du départ des voitures.
Une première personne s´était auparavant assurée de l´absence
de tout dispositif conséquent de police. Puis 4 autres
personnes ont pénétré en ordre dispersé dans le bâtiment.
2 d´entre elles, repérées, en ont été virées par le personnel.
2 autres ont échappé à la vigilance.
Les 8 bagnoles se sont garées derrière le rectorat. 40
grévistes en sont descendus. Ils se sont rapidement
rassemblés. Capuches, bonnets, foulards, écharpes ont été mis
et c´est masqués que les gens se sont élancés en courant à
travers une vaste pelouse, ont sauté par dessus barrières et
grillages avant de se précipiter vers une des portes d´entrée
latérales du rectorat.
Les 2 compères présents dans le bâtiment, prévenus de notre
arrivée imminente par portable, ont ouvert la porte
magnétique, l´ont bloqué avec du bultac et ont résisté à la
bousculade d´un RG (nom de code : Solange !!!) épaulé
(mollement) par un membre du personnel d´entretien du rectorat
(un autre ATOSS lui s´est carrément barré refusant d´endosser
le rôle de flic que Solange voulait lui faire jouer).
Nous sommes donc rentrés à l´arrache en poussant un peu avant
qu´une tentative sérieuse ait pu être mise en place pour nous
en empêcher.
Nous avons donc réussi à pénétrer dans le « Bunker », « la
Bastille », surnoms locaux donnés au rectorat depuis qu´ils le
ferment systématiquement lorsque nous arrivons en manif (ils
se souviennent des occupations de Novembre 1998 et de la
tentative de séquestration de la rectrice de l´époque !!!).
Le reste des gens rassemblés au phénix nous ont rejoints en
cortège « express » et c´est donc une bonne centaine de
personnes qui ont investies au final le rectorat. Le collectif
d´aides-éducs de la Manche était là ainsi que des étudiants
solidaires et quelques chômeurs et intermittents.
Les médias locaux ont été contactés mais la présence
simultanée de François Fillon, ministre du travail (attendu
par des chômeurs et des intermittents), à Caen a nuit à une
bonne médiatisation de l´action. Par contre, les forces de
police étant occupées ailleurs, on a pu rester au rectorat
plus longtemps.
La rectrice, invitée à partager les petits fours avec Fillon,
était absente. Seul le triste sieur Pellizari, son directeur
de cabinet, était présent.
Après être montés au premier où se trouvent les bureaux de la
rectrice et squattés là quelques temps, on a fini par partir
en cortège très bruyant dans les couloirs de tout le
rectorat. « Ni précaires, ni matons, vive la lutte des
pions », « Intégration, titularisation des emplois-jeunes de
l´éducation », « Du pognon pour l´éducation, pas pour la
répression », « Aides-éducateurs licenciés, postes de
surveillants supprimés, ça ne peut plus durer, ça va péter »
furent nos slogans.
Meubles entassés, photocopieuses débranchées furent laissées
dans notre sillage. Des centaines de photocopies sauvages
furent faites sur une photocopieuse ne nécessitant pas de code
et bien des ramettes de papier se volatilisèrent dans la
nature... Il semble même que quelques serrures stratégiques car
hiérarchiques aient été bouchées avec une bombe de mousse
expansée...
Des tracts furent diffusés au personnel ainsi qu´une copie de
la lettre de protestation que ce même personnel avait rédigé
courant Janvier contre la présence à répétition de la police
dans leurs locaux dés qu´une manif était annoncée. La très
grande majorité du personnel a d´ailleurs manifesté sa
solidarité avec notre lutte par des paroles encourageantes ou
de simples sourires.
Un petit concert de jazz manouche fut même improvisé par un
guitariste et un violoniste grévistes qui firent danser une
partie des occupant(e)s tandis que de drôles d´odeurs
exotiques et enivrantes emplissaient l´air.
Au bout d´un moment, nous décidâmes de demander à Pellizari de
sortir de son bureau pour discuter avec nous tous du moratoire
sur le prélèvement des jours de grève, la situation des
collègues pions non stagiairisés et les congés des aides-éducs
qui risquent de ne pouvoir être prises (auquel cas elles ne
seraient d´ailleurs pas payées...).
Pellizari, retranché dans son bureau au bout d´un couloir lui
même fermé par une porte partiellement vitrée, ne nous
gratifia que de quelques regards méprisants lancés du bout de
son couloir-sanctuaire. Sanctuaire mon derche, vu qu´à force
de tambouriner à la porte, un carreau a fini par tomber en
miettes. L´occasion étant alors trop belle, le loquet
intérieur de la porte du couloir fut tiré et les grévistes
allèrent cherché un Pellizari nettement moins arrogant
directement dans son bureau.
Un débat animé eut alors lieu avec lui sur toutes les
questions concrètes qui nous préoccupent au niveau académique.
Il a confirmé l´absence de garantie sur la stagiairisation des
pions entrés en fonction cette année et non encore
stagiairisées. Le moratoire sur le prélèvement des jours de
grève a été confirmé ainsi que le fait que des négociations
auraient bien lieu en fin de conflit sur simple demande « des
syndicats représentatifs ».
Pellizari se vit même quasi sommé de signer une déclaration de
soutien à notre lutte. Là il ne fut pas loin de craquer tant
un certain nombre de grévistes mirent en cause son absence
d´humanité ensevelie sous le devoir de réserve. Rude journée
pour lui...
Un bémol cependant, contrairement à l´occupation de 98, le bar
de la direction ne put être pillé. Un excès de précipitation a
rendu les intentions trop transparentes et une secrétaire de
choc récupéra in extremis une bouteille de porto et de martini
rouge arrachées aux placards de l´Etat oppresseur et destinées
à assouvir la soif des prolétaires à la gorge trop sèche
d´avoir passer l´après-midi à gueuler... Les salauds !!! On y a
pas eu droit !!! Nous nous vengeâmes finalement sur une
poignée de bouteilles de cidre chaud récupérées dans la cafet
des personnels. On fait avec ce qu´on a ...
Un téléphone fut ensuite mis à contribution pour passer des
coups de fils aux radios locales et à des collègues et amis
pour faire savoir que l´occupation continuait et qu´il fallait
venir la renforcer. Un appel à venir nous ravitailler fut donc
diffusé sur une « onde rock » caennaise. Mais personne n´était
dupe, l´heure passait et le départ de Fillon allait bientôt
libérer des forces de police.
Celle-ci arriva effectivement vers 19H20. La cinquantaine de
grévistes encore présents se rassembla, enfila bonnets,
foulards et sacs à dos, s´assit ou s´allongea de manière
compact en faisant la chaîne comme cela avait majoritairement
été décidé en AG souveraine.
Une poignée de valeureux collègues se passèrent des antivols
autour du cou et s´enchaînèrent entre eux puis aux barreaux
métalliques de la rambarde des escaliers. Il ne fut donné
aucune réponse à un commissaire de police qui tenta de nous
impressionner. Quelques collègues, faisant usage de leur
respectable liberté personnelle, choisirent de quitter le
groupe ne se sentant pas en mesure d´assumer la confrontation.
Les forces de police commencèrent alors leur intervention.
Personnes traînées par terre, policiers marchant sur les gens,
les tirant, leur donnant des coups de pieds, les écrasant de
tout leur poids, les faisant tomber dans les escaliers... bref
la police en action. Il ne fut toutefois pas fait usage des
matraques. Des femmes de ménages rassemblées à quelques
distances crièrent bien fort leur colère face à la violence
des hommes en bleu. Nos slogans ne cessèrent de ponctuer leur
évacuation brutale.
Une trentaine de policier de la BAC, de la brigade de maintien
de l´ordre (une quinzaine de flics de la nationale volontaires
en tenue anti-émeutes avec casques et boucliers) et de la
police urbaine nous repoussèrent hors du bâtiment puis hors de
l´enceinte du rectorat.
Une fois dans la rue, nous bloquâmes la circulation et
reprîmes de plus belle nos slogans avant de repartir groupés
en cortège improvisé. Nous nous sommes dispersés
progressivement à l´approche du centre ville. Il était environ
19H45. La police n´a procédé à aucune interpellation. Il ne
semble pas y avoir eu de blessés sérieux. Il en sera peut-être
autrement lors de prochaines occupations. Nous le savons. Nous
n´avons plus le choix. Nous n´avons pas subi comme des
victimes l´intervention policière. Nous l´avons cherchée et
assumée collectivement.
EN AVANT DONC POUR LA GRANDE MUTINERIE !!!!!!!!! FOUTONS LA
MERDE POUR MIEUX METTRE LE NEZ DU GOUVERNEMENT DEDANS !!!!!!!!!!!

PS : Le concert de mercredi soir a rassemblé environ 300
personnes et rapporté plus de 600 euros au comité de lutte.
Un journaliste d´une radio locale a assisté à l´évacuation et
a apparemment fait une bande son de celle-ci. Un photographe
indépendant a aussi pris des clichés que nous allons essayer
de nous procurer pour diffusion.
On sera là à la réunion de coord à Rennes.

POUR LA GREVE ILLIMITEE A LA RENTREE !!!!!!
POUR LA RADICALISATION DES ACTIONS !!!!!!!

SALUT AUX CORSES PARTIS UN PEU DEGOUTES DE PARIS LE SOIR DU
06 !!!!!!!!!
ON LEUR DIT DE PAS LACHER L´AFFAIRE PARCE QU´ICI ON EST EN
TRAIN DE COMMENCER A L´EMPOIGNER NOUS AUSSI !!!!!!!!!!!!!!!!!!




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