A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Català_ Deutsch_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ All_other_languages _The.Supplement
{Info on A-Infos}

(fr) Agir contre la répression à Blagnac

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Fri, 21 Feb 2003 14:11:31 +0100 (CET)


 _________________________________________________
   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
            http://www.ainfos.ca/
        http://ainfos.ca/index24.html
 _________________________________________________

*AGIR CONTRE LA RÉPRESSION À BLAGNAC*
-> http://cnt-ait.info/article.php?id_article=580

Vingt ans cette année que je suis infirmière territoriale à la Mairie de
Blagnac. Pendant quinze ans j'ai eu l'opportunité de travailler dans des
secteurs d'activité intéressants tels que l'insertion et l'aide aux plus
démunis. On m'a confié des missions de responsabilité sans en avoir
forcément le titre et le salaire correspondant, des projets à mettre en
place dont personne ne voulait, et j'avoue humblement avoir travaillé
beaucoup et avec plaisir dans ces missions de service public qui de
plus, concernaient les franges de population le plus en difficulté.

Il y a un peu plus de cinq ans, changement politique des élus (nous ne
parlerons pas d'étiquette politique ! Qu'importe...). Mise en place
alors de primes aléatoires sur les payes du personnel avec des
inégalités salariales volontairement entretenues par l'autorité. Ces
modes "discriminés" de distribution de "récompenses", sur des bases
inconnues ou arbitraires, nous obligent avec un collègue sympathisant de
la CNT à réagir et à sortir un tract dénonçant ces pratiques.

La sanction déguisée tombe sans délai : mutation de service pour nous
deux. Il y avait alors deux solutions, soit s'occuper juridiquement de
nos cas individuels, soit créer une section CNT officielle à la Mairie
et continuer à mettre en place les rapports de force nécessaires. Au vu
de ce qui nous semblait arriver de peu réjouissant pour les mois à
venir, nous avons choisi la deuxième solution.

Une fois la section mise en place, un bulletin mensuel "L'intelligence
de la lutte" nous permet d'expliquer nos idées, et d'intervenir sur des
affaires courantes (paiement du 1er mai pour les vacataires, répression,
inégalités...)

Parallèlement dans le cadre de mon poste de travail (j'étais passée d'un
poste de responsable de secteur à un poste de terrain sous la
responsabilité d'une personne ayant un grade inférieur au mien), la
pression continue : on me confie des missions qui me sont ensuite
retirées, on m'affecte, on me désaffecte, je fais le dos rond !

Mon collègue quant à lui n'est pas trop inquiété, il a changé de service
mais la pression est tombée.

Sur le plan syndical, une lutte se met en place à l'initiative des
vacataires de l'animation. Cette lutte monopolise pratiquement les
actions de la section CNT-AIT pendant près d'un an (conseils d'employés,
AG des vacataires, actions directes de terrain, propagande) Les
vacataires ne souhaitant surtout pas de syndicats dirigistes et voulant
rester maîtres de leur lutte et de leurs moyens d'action, très vite ne
se sont retrouvés avec eux que le syndicat des autonomes et la CNT-AIT
(SUD en pointillé) dans un esprit assembléiste.

Les autorités se retrouvent donc dans l'impossibilité de négocier comme
elles le font d'habitude avec les syndicats traditionnels et les
vacataires demandent à être reçus ensemble dans le cadre d'une assemblée
générale. Les élus sont décontenancés et le mouvement se durcit. Les
grèves du 13 avril et du 4 mai 2000 se déroulent avec des assemblées
générales sur la place de la Mairie. C'était bien la première fois dans
l'histoire de la mairie de Blagnac que des employés solidaires se
mettaient en grève et décidaient ensemble, sans dirigeant, sur un espace
public, des suites à donner au mouvement (jusqu'à 200 personnes sur la
place de la Mairie).

Les élus plient ! Les vacataires ont gagné leur lutte au-delà de leurs
espérances (12 titularisations pour 6 demandées) dans un esprit
solidaire et égalitaire.

L'été a passé ! Je pensais naïvement que la pression à mon encontre
allait se calmer. En fait, insidieusement, sous couvert de
restructuration de services, je passe sous les ordres d'une nouvelle
personne et d'autres postes sont créés (postes bien sûr que l'on ne me
propose pas même s'ils étaient plus adaptés à mon profil professionnel
que le poste que j'occupais !). Toujours avec mon sens naïf du service
public, je me dis que ce sera peut être positif pour les usagers (plus
de personnel donc moins débordé et une meilleure qualité de travail). Un
mois après, sans en être avertie au préalable, mes deux supérieurs
hiérarchiques arrivent dans mon bureau et m'annoncent qu'ils ont ordre
de leurs hiérarchies de m'informer que mes missions de travail sont
reprises par une autre personne.

Le choc est dur pour moi. Je me retrouve les semaines qui suivent dans
un bureau avec un téléphone et plus de dossiers.

Je demande des entretiens qui n'aboutissent pas, les choses traînent
jusqu'au jour où je reçois un coup de fil pour me convoquer pendant mes
vacances de Noël à un entretien avec la haute technocratie des
fonctionnaires. Ils m'expliquent alors qu'ils se sont un peu perdus dans
l'organisation, me demandent d'expliquer le travail que je faisais (ça
faisait un an que j'étais à ce poste là !) et me disent qu'avec mon
statut d'infirmière territoriale, il est très difficile de me trouver un
poste. Ils n'avaient eu aucune difficulté jusque là à me confier des
fonctions de chef de service et de travailleur social !

Ils m'expliquent qu'il leur manque une puéricultrice en crèche et que
dans l'attente de ce recrutement, j'irai en crèche et que comme je suis
infirmière, ça devrait faire l'affaire, tout cela dit avec beaucoup de
rondeur et de pommade. N'ayant pas forcément le choix, leur précisant
que je n'ai aucune compétence dans ce secteur d'activités et demandant
absolument un écrit précisant que cette affectation est temporaire, je
commence à travailler dans cette structure de 90 enfants entre 3 mois et
3 ans.

Le profil de poste ne correspond en rien à la réalité, le manque de
personnel est criant et je me retrouve sur un double poste de travail,
remplaçant les auxiliaires de puériculture auprès des enfants et dans le
même temps à gérer les problèmes de santé des enfants, les entrées, les
sorties, les plannings et j'en passe.

Un matin, je suis affectée par la directrice sur la section des bébés
(20 enfants entre 3 mois et 1 an) avec un agent de service qui était
ivre, une heure après je suis appelée sur la section des grands car un
enfant faisait des convulsions, je laisse mon premier poste avec la
collègue incapable d'assumer son poste de travail et je vais palier à
l'urgence sur l'autre secteur. Lorsque ma journée fut finie à 19h, je
savais qu'il ne fallait pas que j'aille travailler le lendemain,
tellement la pression était importante ; j'avais peur de commettre une
faute professionnelle et de "péter un plomb" face aux gamins.

En accord avec mon médecin, nous avons démarré des arrêts maladies. J'ai
pris rendez-vous très rapidement auprès du médecin du travail pour lui
expliquer la problématique. J'ai écrit à plusieurs reprises au maire
pour lui demander une autre affectation : pas de réponse ou réponse
évasive.

Les mois s'écoulent, tout est bloqué. Je passe en demi-traitement, plus
de prime, ni mensuelle ni annuelle puisqu'elles sont basées sur "la
qualité" de travail de l'agent. Le médecin du travail, qui entend ma
requête, demande une expertise médicale pour essayer de débloquer la
situation. Je suis convoquée en expertise psychiatrique à Rangueil au
centre médico-légal, l'expert remplit son questionnaire. Il semble
entendre et comprendre ce que je lui dis. Le dossier passe en comité
médical, la réponse tarde plusieurs semaines et là quelle n'est pas ma
stupeur en apprenant qu'une contre expertise est demandée par
l'employeur.

Ce récit est bien long et n'explique pas dans quel état psychologique on
se retrouve dans ce genre de situation. Difficile d'imaginer quand on a
bossé toute sa vie, que du jour au lendemain on se retrouve avec des
journées vides, des regards en coin dans la rue, des sous-entendus, des
justifications à donner à son entourage, à ses amis, à sa famille, des
fins de mois ingérables, comment on se sent floué et humilié. Difficile
d'imaginer qu'ils peuvent être si forts pour bousiller la vie d'une
personne qu'ils veulent anéantir.

Après avoir été en congé de maladie et passé une contre-expertise fin
janvier dans l'attente d'un nouvel examen de mon dossier par le comité
médical départemental, j'ai appris incidemment que j'étais mise "en
disponibilité d'office depuis le 15 janvier 2003", sans en avoir été
officiellement informée et sans que l'administration, en réponse à mes
questions, soit capable de me préciser à quoi correspond ce statut !

Décidée à ne pas subir l'arbitraire de l'administration municipale, et
largement soutenue par des collègues employés municipaux et par des
sympathisants, réunis dans un Comité de Soutien d'individus ainsi que
par les syndicats de l'Union régionale CNT-AIT de Midi-Pyrénées, la
riposte s'organise sur trois niveaux :
Sur le plan individuel, avec un avocat qui mettra en oeuvre toutes les
procédures d'usage dans ce type de cas,
Au niveau du Comité de Soutien : des pétitions de solidarité ont déjà
reçu un large écho, et différentes actions sont en préparation,
En ce qui concerne l'Union régionale des syndicats CNT-AIT, une campagne
d'information nationale dénonçant des disfonctionnements graves dans ce
dossier comme dans d'autres à la Mairie de Blagnac est en cours
d'élaboration. Une caisse de solidarité à été créée et un appel à
souscription a été lancé.


ENVOYEZ VOTRE CONTRIBUTION SOLIDAIRE A :

CNT-AIT, 7 rue St REMESY, 31000 TOULOUSE. Chèques à l'ordre de :
CNT, CCP 3 117 57 H
TOULOUSE

1ère LISTE DE SOUSCRIPTION :
E.B. 220 Euros / Neg. 38 E / JP.G. 80 E / Qrou. 20 E / ML. M 100 E /
B.G. 30 E / D.B. 100 E / O.M. 200 E / G.A. 230 E / D.T. 20 E / A.P. 100
E / A. 50 E / V.J. 500 E / F.N. 70 E / G.L. 10 E / R.M. 30 E / J.G. 30 E
/ A. 30 E / H.V. 15 E / G.A.E. 80 E

-> http://cnt-ait.info/article.php?id_article=580

Lire aussi le dossier consacré à la lutte des municiaux de Blagnac : ->
http://cnt-ait.info/rubrique.php?id_rubrique=40

_______________________________________________
Actualité de l'Anarcho-syndicalisme
http://liste.cnt-ait.info
http://cnt-ait.info
Contact@cnt-ait.info
Reproduction, diffusion et traductions encouragées





*******
*******
 ****** Agence de Presse A-Infos ******
 Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

 Pour s'abonner -> écrire à LISTS@AINFOS.CA
 avec le message suivant: SUBSCRIBE A-INFOS-FR
 Pour plus d'info -> http://www.ainfos.ca

 Vous voulez reproduire ce message?
 Pas de problème, veuillez s'implement inclure cette section.

A-Infos Information Center