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(fr) Déclaration des Journées anarchistes de Porto Alegre

From eljorge <eljorge@free.fr>
Date Wed, 5 Feb 2003 03:32:21 -0500 (EST)


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Déclaration finale des Journées Anarchistes 2003
Porto Alegre, Rio Grande do Sul, Brésil
24 et 27 janvier 2003
Théâtre du Musée du Travail

Nous, anarchistes organisés dans la Fédération Anarchistes Uruguayenne
(FAU), la Fédération Anarchiste Gaúcha (FAG), le Collectif Editorial
Lutte Libertaire (São Paulo) et le Laboratoire d'Études Libertaires (LEL
- Rio de Janeiro), signons cette Déclaration qui s'appuie sur une base
importante d'accords. Cette avancée correspond à un travail continu de
coordination qui dure depuis presque dix ans.

Les peuples latino-américains ne vivent pas des temps faciles.
Aujourd'hui, l'Empire a laissé son cynisme de côté et parle directement
de temps et de délais (plutôt courts) pour mettre en oeuvre leur
politique. Et ces temps et délais ne serviront pas à discuter s'ils
mettront ou non leur politique interventionniste en oeuvre, mais bien à
les appliquer. Ils prétendent concrétiser, de différentes manières, leurs
objectifs stratégiques définis et soutenus par les pays du Nord unis en
un seul bloc.

Ils exhibent sur nos terres une présence militaire qui veut devenir
permanente, avec des bases militaires déjà installées dans des zones
stratégiques de notre  continent. L'ALCA* signifie, de fait,
l'institutionnalisation de la domination, créant une situation juridique
où sera légitimée la casse des souverainetés et de la légitime identité
des peuples.

Chercher une réponse commune et organisée des peuples latino-américains
est une manière de faire face et de combattre cette escalade militariste
de l'Empire, qui contrôle la pensée unique, qui déclare la guerre au
monde dans un discours totalitaire, et qui tente de criminaliser toute
forme de résistance et de fragmenter chaque jour un peu plus les
opprimés. Il crée, de cette manière, une classification absurde entre
bons et mauvais, terroristes et démocrates, traitant comme dangereux tous
ceux qui veulent manger tous les jours.

Avec les politiques que les gouvernements nationaux veulent mettre en
pratique, il n'existe aucune possibilité de s'en sortir aujourd'hui. En
effet, leur fonction primordiale est d'administrer les intérêts de
l'Empire.

Nous vivons une époque où les sociaux-démocrates parlent de la recherche
de quelque chose d'impossible : un capitalisme humain où des organismes
et agences internationales (comme l'OEA** et d'autres) peuvent agir avec
neutralité. Aucune personne vivant et travaillant dans une quelconque
région de l'Amérique Latine ne peut croire que ce qui était connu dans
les années 60 comme l'organisation des colonies des USA peut être la
solution à un conflit national, comme c'est le cas au Venezuela
aujourd'hui.

Ils sont nombreux les obstacles que nous devons affronter. La
fragmentation des opprimés, notre grande ennemie, en est peut l'un des
plus grands. Un ensemble d'idées et de symboles se reproduisent
quotidiennement dans l'imaginaire populaire. L'atomisation à laquelle
nous devons faire face tente de reproduire ce que nous appelons des
anti-valeurs, les moyens de communication y jouant un rôle primordial.

L'individualisme, la guerre entre pauvres et l'universalisation d'une
vision du monde bourgeoise sont des valeurs qui traversent nombre de
luttes actuelles qui finissent par mourir, isolées. Des réponses à des
problématiques communes et générales qui nous concernent tous finissent
dispersées, déconnectées les unes des autres.

Nous comptons peu d'éléments agglutinants qui puissent former un poing
fermé capable de répondre aux ennemis de classe,  et qui puissent
confluer en un seul front, sans sectarismes, et avec le respect de la
diversité de tous les peuples que compte notre continent. Cette partie du
monde s'est construite sur l'invasion de toutes les nations et peuples
originels de notre terre, que les oppresseurs ont appelé indigènes, tout
comme les peuples des nations d'Afrique furent traités de noirs. Notre
lutte s'inscrit dans la résistance indienne, noire et populaire depuis
500 ans. Il nous appartient de chercher constamment des alternatives pour
aujourd'hui, actions et formes, pour résister aujourd'hui en faisant de
la mémoire des luttes un instrument générateur d'identité.

Nos peuples n'ont pas vécu et ne vivent pas sans espérance. La
résignation suicidaire ne réussira pas à vaincre la solidarité et la
lutte. Sans aller chercher trop loin, nous avons l'exemple du peuple
bolivien, qui est sorti dans la rue, indigné, contre la tentative de
privatisation de l'eau, bien naturel qui ne saurait être la propriété de
quelques uns.

Nos organisations tentent d'accomplir leur part dans la résistance
latino-américaine, construisant un anarchisme engagé et identifié avec
les classes opprimées, inséré dans le milieu populaire, impulsant les
luttes, l'action directe à tous les niveaux, l'indépendance de classe,
l'autogestion et la solidarité entre ceux d'en bas.

Nous ne voulons ni ne sommes l'avant-garde de rien du tout. Les peuples
ont toujours su choisir leur propre chemin. Nous savons que nous devons
toujours respecter les rythmes et processus divers des différents espaces
sociaux. L'autodétermination des peuples s'exprime de manière externe
face à l'ennemi, et, en interne, dans les avancées des formes
d'organisation populaire.

Notre tâche aujourd'hui est de faire l'effort d'agglutiner tous les
secteurs populaires en lutte qui existent dans chaque recoin d'Amérique
Latine, en recherchant l'unité d'un front des classes opprimées capable
de stopper les avancées de l'Empire en notre terre.

Le poing fermé pour l'ennemi de classe

La main tendue au compagnon de lutte !

Pour le socialisme et pour la liberté,

Vivent ceux qui luttent !


* NdT : ALCA ou encore ZLEA, c'est-à-dire la Zone de Libre Echange des
Amériques

** NdT : OEA : Organisation des États Américains


Coletivo Editorial Luta Libertária (São Paulo), Laboratório de Estudos
Libertários (LEL - Rio de Janeiro), Federação Anarquista Uruguaia (FAU),
Federação Anarquista Gaúcha (FAG)


Traduction: eljorge@free.fr



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