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(fr) Déconstruire la masculinité

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 25 Dec 2003 22:36:36 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Si nous avons en tant qu'hommes beaucoup à perdre en déconstruisant cette
éducation qui fait de nous des dominants par rapport aux femmes, par les
bénéfices matériels, psychologiques et sociaux que nous en retirons, nous
avons à y gagner de nouvelles relations, de nouveaux rapports sociaux
égalitaires, à sortir de cette aliénation, aliénation des individus par
la masculinitéŠ Nous avons à y gagner notre libération parce que le
système hiérarchique dominant-e/dominé-e est un système qui traverse
l'ensemble des rapports sociaux, de classe, de genre (la domination
masculine) ou les rapports (néo-)coloniaux, et que l'on ne saurait abolir
totalement un rapport de domination sans abolir les autres, puisque
ceux-ci sont solidaires.

Notre objectif, en tant qu'anarchistes, est la libération des
individu-e-s, libération de la domination et de la norme sociale vers la
multiplicité des choix de vie et de comportement, le seul rejet étant
celui de la domination et de la contrainte. Cette libération ne se fera
pas sans la remise en cause de la masculinité (ensemble de comportements
sociaux obligatoires pour le sexe mâle) comme construction sociale
aliénante pour les hommes, oppressive pour les femmes. Cette
déconstruction, c'est la solidarité que nous pouvons exercer, dans le
respect de l'autonomie des luttes, envers la lutte féministe, à partir de
notre position sociale d'hommes.

Pour cela, les groupes non-mixtes hommes peuvent s'avérer un outil
intéressant, s'ils savent créer les conditions permettant de sortir
autant d'une logique dangereuse de victimisation des hommes (style « nous
aussi nous sommes victimes du patriarcat » qui nie la spécificité de
l'oppression des femmes et la réalité d'un rapport social de pouvoir
fondé sur des relations dissymétriques, la domination masculine) que
d'une logique de culpabilisation et d'auto flagellation sans perspective,
ou encore des rapports de compétitions entre hommes (le « plus pro
féministe que moi tu meurs » présomptueux qui enferme la discussion dans
le jugement bouc émissaire et qui empêche les hommes présents de parler
de leur vécus, de leur pratiques sans s'enfermer derrière une image lisse
et de façade par peur du jugement, ce qui est une condition sine qua non
pour avancer).

Il s'agit, en partant de la confrontation de nos vécus et de nos
pratiques, de réfléchir collectivement sur les moyens de rompre avec les
pratiques que nous percevons comme sexistes. En identifiant la domination
dans nos comportements et nos pratiques, sa forme et ses lieux, ses
mécanismes, notamment inconscients, en partant de notre position de
dominant en ce qui concerne les rapports hommes/femmes, nous pouvons nous
donner les moyens d'agir, de remettre en cause nos présupposés, ceux-là
même qui souvent sous-tendent les comportements. Nous pouvons travailler
des comportements individuels et collectifs, si nous arrivons à rompre
avec une atmosphère de culpabilisation (sans par contre rentrer dans la
déresponsabilisation ou la négation de l'oppression), à créer une
atmosphère d'entraide visant à se tirer les uns et les autres vers le
haut, et pas à se rassurer à bon compte en transférant sur l'autre le
problème sans s'interroger sur ses propres pratiques.

Il est également important de rompre la solidarité masculine dans le
silence face aux situations de violences envers les femmes. Essayer
d'intervenir au mieux dans l'espace public, en tant que militants,
éducateurs, sans donner des leçons de féminisme bien malvenues aux
femmes, en prenant toujours en compte notre position sociale masculine
dans la façon dont nous faisons nos interventions, pour que celle-ci
interfère le moins possible. Parler, aborder des pratiques différentes en
terme de rapports de couples, de jalousie, de possession, de sexualité,
avec ses ami-e-s, son entourage. Essayer d'être solidaires. Ne jamais
tenir les choses pour acquises et se questionner en permanence sur nos
pratiques.

Expérimenter d'autres modes de relations, d'autres pratiques, avec les
femmes, entre hommes et avec soi-même, en étant vigilant et en tentant de
briser la compétition et le rapport viriliste.

Sam
groupe Durruti, Lyon

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Le texte ci-dessus est tiré d'un 4 pages réalisé par la commission
antipatriarcale de la Fédération anarchiste.

Vous pouvez commander ce 4 pages à l'adresse suivante :
Publico, 145, rue Amelot, 75011 Paris

ou au mail suivant :
adeline.g(A)no-log.org




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