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(fr) Réfugiés sur le Littoral : Quel est le sens du vent ?

From Courant alternatif <oclibertaire@hotmail.com>
Date Sun, 3 Aug 2003 22:49:04 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Samedi 28 juin 2003, le Collectif C'SUR organisait une fête de soutien à
ses membres inquiétés par la police et la justice de Chirac, Raffarin,
Sarkozy. La fête réunissait 120 personnes. La répression rapproche les
soutiens, l'intervention du GISTI relance l'initiative au niveau national
alors que la justice n'en finit pas de liquider les affaires sordides que
l'Etat a généré sur la côte.


Le Show Médiatique

L'arrestation de Charles Framezelles dit "Moustache", militant de C'SUR,
chômeur au grand c¦ur hébergeant chez lui de nombreux réfugiés, est venue
marquer une nouvelle phase de répression sur la côte. Il s'agit cette
fois, non plus de criminaliser les étrangers-réfugiés mais ceux qui leur
viennent en aide. Le collectif pétitionnait pour réclamer des douches :
un camarade mis en examen. La solidarité devient plus que jamais une
nécessité. Le 03 mai, une partie des militants de C'SUR décident de se
donner une existence juridique légale sous la forme d'une association loi
de 1901 qui devrait permettre, d'après eux, d'être plus efficace face à
la répression (possibilité d'agir en justice ?). L'Association SALAM
(Aidons, Soutenons, Luttons, Agissons pour les Migrants et les pays en
difficultés) se donne pour objectifs d'informer les migrants des
conditions de l'exercice et de la protection de leurs droits,
d'accompagner les migrants dans leur démarche de demande d'asile, de
permettre aux membres de l'association de se former et de s'informer sur
la situation et les droits des migrants en France et en Europe, d'obtenir
le respect des droits fondamentaux des migrants, d'informer et
sensibiliser l'opinion publique sur la situation des migrants du calaisis
et également sur la situation des pays en difficulté, de soutenir
juridiquement les membres de l'association, de combattre toutes les
formes de racisme et de discrimination, d'apporter une aide humanitaire
aux migrants (soins, nourriture, hygiène...) (1)
Danièle Mitterrand, José Bové, des personnalités de gauche se rassemblent
: dénonçant d'une part l'arrestation de Moustache et l'enlisement de la
situation calaisienne et d'autre part la situation de précarité des
Kurdes expulsés de Sangatte en galère dans le dixième arrondissement. Un
train pour Calais permet aux militants responsables de venir se rendre
compte de la situation le 06 mai. Inutile de dire qu'entre le premier et
le 05 mai la préfecture avait fait le ménage dans le centre ville.
L'opération "Un train pour Calais" à fait la une des médias...
Un titre malheureux du journal Nord Littoral : "La solidarité a ses
limites", narrant la mise en examen de Moustache sert de base à une
première pétition : APU Moulins, Comité des Sans Papiers59, Fédération
Anarchiste, CNT 59, LCR, JCR, Ras l'front 59, Melt Assoc, Alternative
Libertaire, Actions pour la Citoyenneté en Algérie, MRAP Lille, Comité de
Défense des Droits des Sans Papiers 59, Chiche ! 59, SUD Education 59-62,
Les Alternatifs, La Mouette Enragée, l'OCL, C'SUR, des individus...
essentiellement du Nord Pas de Calais signent un premier texte "Non M.
Sarkozy, la solidarité n'est pas un délit ! Mais un devoir"


Fête militante et nouvelle répression

Nous avons avec les camarades de la Mouette Enragée (2) initié sur Calais
la mode de ces fêtes de soutien. Le 28 mai, 60 personnes ont dansé en
soutien au mis en examen Moustache. Fait nouveau : Des militants de C'SUR
qui n'étaient pas à Evian ont accepté de participer et sont intervenus
lors de la présentation de la répression. La fête se voulait contre
toutes les répressions. Ont été évoqué non seulement la situation du
littoral, celle des voyageurs de Roissy, mais également celle des Sans
Papiers de Lille, des camarades du Collectif Contre Les Expulsions de
Bruxelles ainsi que la situation des camarades de Longwy... Le débat a
permis de faire circuler l'information voire de toucher un public parfois
peu sensibilisé. Par ailleurs le contexte de grèves ne facilitait pas
l'organisation d'une fête. Deux jours plus tard, vendredi 30 mai, Jean
Claude Lenoir était arrêté à 6 heures du matin, mis en garde à vue avant
de se voir signifier, comme Moustache, outre une mise en examen pour aide
au séjour de clandestin, une interdiction de prendre la parole au nom de
C'SUR, de fréquenter des réfugiés, bref se voit interdit de toute action
militante alors que non jugé, il est présumé innocent. Avec Jean Claude
Lenoir, professeur et militant associatif pour la jeunesse et sports : ce
ne sont pas seulement les pauvres qu'il faut abattre, toute personne
intervenant est inculpable. D'autre part, il semblerait que la ligne
rouge soit désormais la manipulation d'argent pour le compte de réfugiés.
Pas toujours évident quand ce sont vos hôtes qui demandent de les aider à
encaisser un mandat venant du bout du monde et qu'ils sont sans papiers.

Désobéissance

C'est dans ce contexte d'inculpation qu'une nouvelle initiative
pétitionnaire du GISTI prend tout son sens. Elle renouvelle le mouvement
de désobéissance civile de 1997. Tout le monde se souvient de l'appel des
artistes et cinéaste à la désobéissance des lois Pasqua qui ont précédé
la victoire de Jospin aux législatives.
Il ne s'agit plus cette fois de dénoncer la répression mais d'affirmer la
désobéissance civile. Largement reprise dans la presse la pétition
continue de circuler (3). Sarkozy a cru de son devoir de répondre sous la
forme d'un courrier qu'il demande au GISTI de faire suivre aux
pétitionnaires. Il affirme que la nouvelle loi "...n'aggrave absolument pas
ni dans son article 17, ni dans son article 18 les sanctions pénales de
droit commun encourues par les personnes physiques ou les personnes
morales qui facilitent l'entrée et le séjour sur le territoire français
d'étranger en situation irrégulière (...) car elles sont considérées comme
proportionnées à la nature du délit...". Les poursuites récentes seraient
liées à des personnes ayant "... abusé de la bienveillance habituelle des
services [de police]...". Il prétend que les "délinquants de la solidarité"
se font les complices des passeurs, proxénètes et autres exploiteurs de
clandestins. "... ce renforcement des sanctions pour ce type de criminalité
est la transposition dans notre droit interne de la convention de Palerme
du 12 décembre 2000...". Ce à quoi le GISTI répond : "...Comment accepter
qu'une politique pénale, dans un Etat de droit, dépende de la
bienveillance et de la tolérance de l'administration, plus précisément du
pouvoir exécutif ? Au contraire, il appartient au législateur de définir
strictement les éléments constitutifs de l'infraction et donc d'indiquer
quels sont les comportements qui tombent sous le coup de la loi pénale.
Si le gouvernement n'entend pas inquiéter ceux et celles qui aident des
étrangers en détresse, il lui serait loisible d'indiquer dans la loi que
seuls peuvent être poursuivis les groupements qui agissent dans un but
lucratif... Mais ce gouvernement, comme les précédants d'ailleurs,
préfèrent rester dans le vague et conserver cet instrument de pression
sur les associations..." (4)


Une affaire sordide

Le 29 avril 2002, entre les deux tours de la présidentielle, trois
personnes s'étaient offertes un carton sur les réfugiés. Ils avaient lors
d'une équipée en voiture autours de Sangatte tiré sur des réfugiés
irakiens. Bilan : deux blessés dont un grave. La justice vient de rendre
son verdict le 19 juin : cinq ans dont quatre fermes. Au tribunal on
plaide la soirée trop alcoolisée pour essayer de faire oublier le crime
raciste.

Depuis trois mois, le Collectif C'SUR distribue quotidiennement 80 à 100
repas par jour. L'Etat n'en finit pas de liquider les situations qu'il a
créées pour le plus grand profit des employeurs de clandestins. Samedi 28
mai quelques réfugiés étaient présents à la soirée organisée par C'SUR.
Ils étaient avec leur famille d'accueil. Ils n'ont pas pris la parole, il
n'y a pas eu de prise de parole. Auraient­ils eu des choses à dire ? De
quel côté souffle le vent ? Du côté du pognon, de la répression et de
l'enlisement. Le vent n'est décidément pas favorable pour celui qui ne
sait où il va.

François. La Mouette Enragée.
Boulogne /mer le 2/07/03

(1) Maison Pour Tous - Association SALAM- 81 boulevard Jacquart - 62 100
Calais. Contact : http:// monsite.wanadoo.fr/association.salam/

(2) La Mouette Enragée : journal anticapitaliste et libertaire du
littoral.

(3) On peut la trouver à : http://petition.gisti.org/manifeste/index.htlm

(4) http://petition.gisti.org/manifeste/lecture.htlm


Article tiré de "Courant alternatif" # 131 - été 2003.
32 pages. 3,8 euros.

Journal disponible dans les maisons de la presse, dans certaines
librairies et par abonnement : pour 1 an (10 numéros mensuels + 2
hors-séries) 31 euros. 1 numéro gratuit sur demande.

pour contacter l'Organisation communiste libertaire :

OCL c/o clé des champs, BP 20912, 44009 Nantes cedex 1
E-mail : oclibertaire@hotmail.com
Site web : http://oclibertaire.free.fr/




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