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(fr) Petit retour sur Biosphere

From ni co lu <nicolu@chutelibre.org>
Date Wed, 23 Apr 2003 00:08:12 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Compte-rendu enthousiaste de l'action de guerilla jardinière du 12 avril
et petit retour sur biosphere
Préambule en forme de retour sur l'initiative biosphere:
Du 7 au 12 avril, le collectif Biosphere a souhaité s'opposer à la tenue
à Lyon du forum biovision, « davos des biotechnologies », par diverses
initiatives d'actions et débats publics: perturbation vomitive de la
séance d'ouverture du forum, lancer de banderoles sur le trajet d'une
croisière biovision et déambulation sonore autour de leurs dîners-débats
en ville, information critique sur le sommet dans lyon, rencontre
« common ground » entre agriculteurs-trices et militant-es urbain-es,
discussion publique avec jean pierre berlan (directeur de recherche à
l'inra qui a adressé avec biosphere une lettre ouverte à Biovision),
bouffe bio, débat sur les luttes et alternatives aux biotechnologies,
ainsi que sur les optiques
anti-naturalistes ou anti-industrielles... (des comptes-rendus
particuliers et images des actions et de
ces évènements sont disponibles en écrivant à biosphere@no-log.org, sur
les dépêches d'a-infos, sur le site d'a-seed « www.aseed.net », ou sur
les sites indymedia français et belges)
Ont participé à cette semaine diverses individu-es de lyon et de diverses
autres contrées impliqué-es (ou pas) dans des collectifs aussi variés
qu'A-seed (réseau écologiste et anticapitaliste hollandais), longo mai
(réseau de coopérative agricoles autogérées), cage (groupe d'action
directe anti-ogm basé en belgique), Biopiracy (campagne allemandes contre
les brevets sur le vivant), les tanneries (espace autogéré et potager
collectif squatté à dijon), bah (réseau d'échanges rural-urbain et de
production agricoleà Madrid), des agriculteurs-trices en lutte et des
individus de divers projets alternatifs et/ou squats comme la charade
(grenoble), l'ekluserie (rennes), ainsi que la duende, le gourbi, la
librairie libertaire « la gryffe » ou la boulangerie qui nous ont
accueilli à Lyon. L'initiative biosphere semble avoir essaimé et de
nouvelles rencontre common-ground ainsi que d'autres guerilla jardinières
s'annoncent. Certains évènements des mois à venir s'inscrivent dans la
continuité des thématiques de la semaine: une journée internationale
d'action
« genespotting » proposée par CAGE, ou encore l'implatation d'un village
bio contre l'agriculture industrielle proposé par A-seed dans un des
villages autogérés anti-G8.
Des compte-rendus critiques et plus détaillés de la semaine devraient
suivre pour celles et ceux que cela intéresse.

Compte-rendu de l'action de guerilla jardinière du samedi 12 avril 2003:
« Sème ta zone »:
La semaine s'est conclue sur une action de guerilla jardinière
extrêmement enthousiasmante à mon goût. Ce type de tactique d'agriculture
sauvage en milieu urbain avait déjà été essayé notamment à londres, en
hollande ou aux états-unis.
Elle s'inscrit dans une démarche anticapitaliste de réppropriation des
savoirs, de notre alimentation, de l'espace urbain et contre
l'agriculture industrielle (voir plus bas le tract distribué lors de la
manifestation) A Lyon, nous nous sommes d'abord retrouvé pour un
pique-nique sur une place ensoleillée pendant lequel furent établis des
tables de presse et un atelier de sambas auxquels se joignirent
joyeusement quelques gamins du quartier. Des manifestant-es sont peu à
peu arrivé-es armé-es de tout un tas de brouettes, pelles, piochons,
arrosoirs et de masse de plants et de graines. Derrière des banderoles
« sous les pavés, les potagers » et « biovision nous fait gerber », le
cortège s'est ensuite balladé pendant plusieurs environ deux heures dans
les quartiers du 3e et 7e arrondissement à Lyon au son endiablé d'une
samba carnavalesque qui avait pris forme en quelques heures grâce à
l'énergie de quelques musicien-nes internationalistes de rythm of
resistance.
Divers repérages avaient été fait et des arrêts avait été prévus sur un
certains nombre de plate-bandes, jardins publics, terrains vagues et
autre bouts de vert survivants au milieu du béton.
A chaque fois, une partie des manifestant-es se précipitaient pour
creuser des trous, essaimer et repiquer divers plants de choux, tomates,
salades, épinards, herbes médicinales, côtes de bettes et diverses herbes
médicinales. A Chaque fois était apposé un panneau vert donnant le nom et
l'origine des plants déposés avec le texte suivant : «"Je suis une
semence sauvage ! Contre les Biotechnologies et les géants de
l'alimentation capitaliste, les mini-potagers
urbains, sauvages ou non, permettent de sortir du rôle de simple
consommateurs-trices, d'échanger des savoirs-faires et de retrouver petit
à petit des possibilités d'autonomie alimentaire.
C'est un acte de solidarité avec les paysan-nes en lutte et une façon de
faire proliférer des plantes jugées comme illégales par l'industrie. Sème
ta zone et fais pousser !
Biosphere contre Biovision. »

C'était un bonheur rare que de voir une forme de manifestation ou la
majorité des personnes présentes pouvaient ainsi participer de manière
créative et ransformer l'espace urbain dans une joyeuse anarchie
potagère. Si bien que l'entousiasme aidant et en dehors des arrêts
prévus, n'importe quelle plate bande finit par devenir cible de légumes
squatteur-euses.(un groupe de lycéen-nes ayant perdu la manif à même
continué tout seul pendant quelques heures à planter dans lyon avec son
propre équipement). Des engrais verts et du petit épeautre (variété
rustique de blé) furent répandus allègrement.
Un autre bonheur rare, quand tant de manifestations ne reçoivent que
vague indifférence ou hostilité, fut de constater combien les
habitant-es de ces quartiers encore populaires (nous avions évité le
centre-ville et ses rues marchandes à dessein) réagirent positivement et
avec curiosité à cette action. La guerilla jardinière offre donc, me
semble-t-il, des possibilités de réappropriation constructive de
l'espace en lien avec un message politique radical sur des thématiques
qui semblent trop souvent impalpables et étrangères aux urbain-es.
Pour que ces actions puissent réellement sortir d'un cadre
majoritairement symbolique, il reste néanmoins à se poser de réelles
questions quant aux suivis possible sur les parcelles ensemencées et avec
les gens des quartiers concernés, ainsi que sur les possibilités que ces
actions aboutissent à des « squats » de terrain à plus long terme ou à
l'implication dans des projets existants.
Il est à espérer en tout cas, comme certain-es personnes l'ont annoncées
samedi dernier, que des guerillas jardinières se multiplieront et à Lyon
et ailleurs, ainsi que des potagers sauvages plus permanents. Si vous
voulez en parlez autour de vous, des photos sont disponibles à la demande
(nicolu@chutelibre.org)
Rappelons que c'est le printemps et donc le moment ou jamais (pour autant
qu'il se décide à repleuvoir un jour)

Compte-rendu réalisé par nicolu des tanneries en son nom et donc à
prendre
comme des impressions individuelles.

Voici maintenant le tract distribué lors de cette actions et qui se veut
expliquer les objectifs politiques de cette démarche:

Rejoignez la "guerilla jardinière" contre les biotechnologies et les
géants de l'alimentaire.
Samedi 12 avril à partir de 12h place Guichard, Lyon 3e

Que se cache t-il derrière notre assiette ?

La production alimentaire implique en plus des transports de n'importe
quel aliment sur des milliers de kilomètres, un usage massif de pétrole,
de produits chimiques et d'emballages plastiques, la disparition de la
biodiversité et la destruction des sols et des cours d'eau, le contrôle
des ressources alimentaires par quelques grands groupes industriels, des
catastrophes sociales et des millions de sans-terre massé-es à travers le
monde dans des bidonvilles.
La biotechnologie parfait ce système totalitaire en produisant des
semences génétiquement stériles et des OGM qui vont se croiser avec les
autres espèces et rendre toute autre forme d'agriculture inenvisageable.
Et ce alors qu'il est aujourd'hui totalement impossible d'en calculer les
dangers ou de stopper après coup la pollution génétique. Les brevets sur
le vivant vont permettre aux firmes transnationales de s'approprier et de
disposer de droits exclusifs sur les plantes, animaux et gènes.
Une agriculture plus "libre" reposait notamment sur le droit des paysans
à garder chaque année une partie de leur récolte pour obtenir les
semences de l'année suivante.
A l'heure actuelle, les paysan-nes ne peuvent plus utiliser de graines
non-brevetées par l'industrie et doivent racheter chaque année des
graines hybrides conçues pour ne plus produire de semences valables.
Le développement de l'agriculture industrielle et capitaliste fait
disparaître la majorité des paysan-nes sur la planète, où les
transforment en simples "techno-serfs" à la botte des multinationales.
Quant aux consommateurs-trices des villes ou des campagnes, nous vivons
le plus souvent coupé-es de tout rapport concret à la production de notre
alimentation et sommes à la merci de ces logiques
capitalistes et scientistes..
Les mythes du "progrès" et du "développement" visent à empêcher tout
raisonnement lucide sur les dangers et l'irréversibilité des
biotechnologies et de la production agricole industrielle..

La "Guerilla jardinière": une lutte et une alternative concrète !

Samedi 12 avril à partir de 12h place Guichard, le collectif biosphere
qui a lancé une semaine
d'initiatives et d'actions en opposition au forum biovision, "davos des
biotechnologies", vous propose de participer à une action festive de
"guerilla jardinière". Il s'agira après un pique nique, de se ballader
dans Lyon en "repiquant" des légumes et en semant des graines sur tous
les "p'ti bouts de vert" qui jalonnent la ville: plates bandes
délaissées, terrains en friche, jardins publics...
L'entretien de ces multiples petits potagers sauvages est une manière de
résister à l'empire des biotechnologies:
-la guerrilla jardinière permet de sortir du rôle de simples
consommateurs-trices, d'échanger des savoir-faire et de retrouver petit à
petit des possibilités d'autonomie alimentaire.
-les semences plantées seront majoritairement non-brevetées et
non-hybrides: leur échange
et leur prolifération permettra de sauvegarder des espèces illégales aux
yeux de l'industrie (vous pouvez refaire chaque années des graines en
laissant certaines des plantes "monter en graine").
-ces pratiques sont un acte de solidarité avec tous-tes les paysan-nes en
lutte, une façon de les sortir de leur isolement en montrant que d'autres
se préoccupent de ces problèmes et de recréer des liens urbain-es-
ruraux-ales. Si la "guerilla jardinière" s'inscrit dans la durée et
devient un jeu plus quotidien, c'est aussi une excellente façon de se
réapproprier un espace urbain réservé à la vente et la circulation
automobile, de découvrir le plaisir de faire "pousser" et de produire
d'excellents légumes gratuitement. Ces expériences d'agriculture urbaine
peuvent paraître anecdotiques quant à l'enjeu de nourrir une population
entière. Pourtant, même si la "guerillla jardinière" n'est évidemment pas
une solution suffisante, de petites parcelles, pots, toits ou terrains
abandonnés et bien exploités peuvent apporter des quantités de nourriture
parfois surprenantes.
Vous pouvez leur amener quelques sacs de compost, faire de temps à autres
un petit tour à vélo de vos endroits préférés, où les placer au fil de
vos parcours quotidiens pour en prendre soin.
Un grand nombre de plantes nécessitent peu de travail pour pousser et se
reproduire: épinards sauvages, menthe, topinambours, mâche, courges ou
choux. Alors que les multinationales pharmaceutiques laissent mourir des
millions de personnnes à travers le monde et fabriquent des maladies
autant qu'elles les soignent afin d'écouler leurs stocks, il est possible
aussi de retrouver des médications douces et alternatives à base de
plantes et huiles essentielles. Nous mettrons en place à cet effet une
mini-arpent de pharmacie alternative avec quelques herbes vivaces: sauge,
thym, marjolaine... Il est même possible à long terme de s'entendre avec
des gens du quartier pour occuper un petit bout de friche et en faire un
potager permanent près de chez vous (A Dijon, Toulouse, Grenoble ou
Rennes, les potagers collectifs squattés se multiplient actuellement). Il
existe aussi bien sur encore quelque potagers associatifs et jardin
ouvriers en milieu urbain.

Ouvrez l'oeil, des légumes vont pousser dans lyon et n'attendent que
d'être entretenus, de se reproduire librement ou d'être ramassés !

Collectif Biosphere vs Biosquare
contact: biosphere@no-log.org / 06 08 16 46 63



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