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(fr) Censure gauchiste !!

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Thu, 17 Apr 2003 14:30:05 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Ce texte a été écrit lors du mouvement de grève qui a touché l'université
du Mirail à Toulouse il y a quelques semaines. Son but n'est pas de faire
de la délation contre des syndicats ou des individus (même si certains se
reconnaîtront) mais de dénoncer des attitudes fascisantes.

Si vous passez au Mirail en grève, vous trouverez une ambiance
sympathique chez les grévistes, avec des affiches déclarant qu'aux
Assemblée Générale (AG) tout point de vue est le bienvenu, des tags
révolutionnaires, de la musique.. . Bref, le mot d'ordre semble être la
liberté d'expression et le dialogue. Je suis moi-même « entrée » dans ce
mouvement avec enthousiasme .(« youpi, il se passe enfin un truc à la fac
! On va autogérer tout ça et refaire un mai 68 ! »). Mais j'ai très
rapidement déchanté...

Je ne reviendrais pas sur le déroulement des AG staliniennes où toute
réflexion politique est tuée dans l'oeuf, cela a déjà assez été fait
(voir numéro précédent). Je voudrais parler, à travers mon expérience
personnelle, d'individus (certes minoritaires, j'ai même entendu un
gréviste les traiter de brebis galeuses !) qui se permettent de jouer les
cow-boys et de décider quelle vérité doit être diffusée au sein de la
fac. Et encore je n'aborde pas le service d'ordre, sinon je vais
m'énerver.. . Il y a donc 2 ou 3 semaines, j'ai appris que le comité de
lutte avait l'intention de distribuer des tracts sur le fonctionnement
des AG. Connaissant leur conception de la démocratie fort différente de
la mienne, j'ai proposé aux autres Jeunes Libertaires de faire un tract
sur le fonctionnement d'une AG en démocratie directe, et nous l'avons
rédigé. Le mardi d'après se déroulait une AG, nous y sommes donc allé
pour y tracter dans la joie et la bonne humeur. Deux amis tractaient à
l'entrée, une autre en haut et moi j'ai fait une erreur de jeune
militante : je suis allé toute seule tracter en bas. " En bas " cela
signifie la tribune le micro, donc le centre du pouvoir, avec autour tous
les syndiqués et surtout les petits chefs (les 2 étant tout à fait
compatibles). A peine 10 tracts distribués, un excité m'est tombé dessus
en braillent des propos incompréhensibles sur la LCR, la récupération.. .
je me suis rapidement retrouvée entourée par 5 personnes en train de
parler (ou de hurler) en même temps. Le désir de se donner en spectacle
de certains était évident.

Un type s'est mis à hurler des gradins « dégage avec ton parti politique
» (preuve qu'il n'avait pas lu les tracts, ou qu'il ne connaissait pas le
sens du mot libertaire) et quelques fans l'ont applaudi (si vous ne
connaissez pas l'ambiance des AG au Mirail, je peux vous dire que vous
manquez quelque chose : il y a les vedettes, au micro, les
applaudissements, les sketchs.. . c'est la fête !). Quelques jours après,
cette scène avait été transformé par : un type a parlé au micro et toute
la salle a applaudi ! décidément champions de la déformation historique
les gauchistes !

Soi-disant tous approuvaient le contenu du tract (pourquoi alors ne
l'appliquent-ils pas en AG ?) mais la signature ne leur plaisait pas, ou
il fallait tracter dehors, ou le mot libertaire allait faire fuir les
gens (c'est vraiment prendre les gens pour des cons) Bref nombre
d'arguments bidons. Il est amusant de constater que l'année dernière dans
une AG contre Le pen, AG beaucoup plus spontanée [1], où les gens
savaient vraiment de quoi ils avaient peur et où les habituels petits
chefs avaient beaucoup moins de poids, nous avons été accueilli (et nous
avions des tracts signés) avec gentillesse. Ce tract était un tract
informatif qui n'accusait personne (mais force est de constater que
certains se sentent visés), de plus il est indispensable de signer un
tract selon nous (on nous a accusé d'avoir distribué un tract non signé
quelques jours avant qui parlait du même sujet). De plus quelques jours
après SUD et l'UNEF ont distribué des tracts signés ! Et quand les profs
prennent le micro en appelant à une
intersyndicale, personne ne les traite de récupérateur !

Mais le principal problème dans cette histoire, ce n'est pas que le tract
« dérange » (tant mieux, cela prouve qu'il fait réfléchir !), c'est
d'avoir une attitude pareille, qui est une atteinte à la liberté
d'expression et à l'intégrité morale d'un individu, Nous aurions débarqué
dans une réunion de I'UNEF par exemple avec un tract les traitant de
pourris nous aurions trouvé tout à fait logique de nous faire virer à
coups de pieds aux culs. Mais se mettre à cinq autour d'une jeune fille
en hurlant, la menacer de la foutre dehors, c'est une attitude de salaud,
y'a pas d'autre mots. Je ne souhaite à personne de vivre pareille
expérience, qui est très dure à vivre, surtout.

Toutefois cette expérience ne nous a pas découragé, surtout qu'à part ces
quelques excités le tract a été bien accueilli. Quelques jours après, la
Section Universitaire de la CNT AIT (c'est-à-dire les membres des JL et
de la CNT qui étudient ou travaillent au Mirail) a distribué un tract
intitulé " quelle lutte ? Que nous vous reproduisons ici. Nous étions 6
personnes, dont 4 étudiants du Mirail. Au bout de 20 mn, 5 personnes sont
arrivées groupées, l'air tendu. Ces personnes étaient toutes à l'Aget ou
proches. Au bout de 3 secondes (ont-il seulement lu le tract ?) ils se
sont groupé autour d'une amie en hurlant, dont un (qui c'est excusé par
la suite de son comportement, le seul, mais ça fait plaisir) qui nous a
dit qu'on ne pouvait critiquer la lutte car on n'en faisait pas partie !
Que signifie faire partie de la lutte ? En tant qu'étudiante (ayant en
plus participé à presque toutes les AGs, bossé aux inscriptions et
militant toute l'année) je considère être concernée par la lutte, que je
le veuille ou non, surtout avec les piquets durs. De plus, si ces gens là
se sentent visés quand nous parlons d'une minorité récupératrice, c'est
eux qui ont un problème !

Donc, encore une fois, une fille (quelle hasard vous ne trouvez pas ?)
s'est retrouvée entourée par une horde de mâles en mal d'émotions. Il a
fallu l'intervention d'un copain (pardon, d'une " autorité masculine ")
pour qu'ils se calment (en jetant les tracts par terre bien sûr) nous
avons pu à cette occasion constater la conception de la participation
féminine à la lutte chez ces grands militants anti-sexistes : le type
arrive, hurle, montre sa virilité, puis une petite minette lui prend le
bras " mais calme toi mon chou c'est des méchants ". L'après-midi suivant
le tractage, nous avons tenu comme tous les mercredis la table de presse
CNT/ JL . Et même cette forme d'expression semble déranger : un nouvel
excité est venu nous insulter ! Toutefois, de nombreuses personnes nous
ont affirmé leur soutien ou leur embarras. Les étudiants grévistes sont
très mal à l'aise face à de tels comportements, qui ne sont l'effet que
d'une dizaine de types en mal de sensations. Alors où que vous soyez
refusez de telles attitudes ! Tractez, diffusez, écrivez, criez vos
idées, et ne vous laisser pas bâillonner par les censeurs de l'ordre
social, même s'ils disent « agir pour la lutte ».

Aucune indulgences pour ceux qui attaquent la liberté d'expression,
quelque soit le bord politique dont ils se réclament !

Suzon

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Une Assemblée Générale : c'est quoi ?

La véritable pratique démocratique dans une AG

Lutter contre la prise de pouvoir dans une AG ne peut se faire que quand
le fonctionnement de celle-ci suit le principe de la démocratie directe.
C'est avant tout une assemblée décisionnelle ou chacun prend part aux
décisions à travers un débat ouvert et démocratique.
N'importe quelle action doit avoir été débattue et acceptée par tous. Il
ne doit pas exister de tribune possédant de pouvoir oratoire, décisionnel
ou de remballage de gueule quelconque.
Par contre, la présence d'un mandaté aux tours de parole (et uniquement
aux tours de parole) est nécessaire . Puis celle d'un secrétaire qui
détient la tache fastidieuse mais indispensable de tout écrire (même les
débats). L'ordre du jour est décidé et accepté collectivement.
Le débat dans une assemblée générale est ouvert à toutes les prises de
position et c'est à tout un chacun de lutter contre le monopole de parole
et toutes tentatives de prise de pouvoir.

Quelle lutte ?

Nous assistons à un essor revendicatif étudiant, touchant essentiellement
une privatisation de l'enseignement déjà en cours depuis plusieurs
années. Sous prétexte d'unité de lutte, l'analyse politique est écartée.
Des étudiants se mobilisent avec sincérité en apportant une vision plus
globale du problème, ce qui est légitime. Par contre, une petite minorité
lutte à des fins syndicales et/ou personnelles.

La privatisation de l'enseignement n'est qu'une suite logique de
l'organisation actuelle de la société capitaliste. La lutte doit alors
être globale et ne pas remettre en question l'enseignement en tant que
tel contribue au maintien des inégalités. (écoles : apprentissage de la
soumission, de la compétition, des valeurs du capitalisme,..). La
transmission du savoir se perpétue dans une logique de reproduction de
l'organisation sociale, pourquoi vouloir la garder en tant que telle ?

L'université financée par le public ou le privé reste une institution
ayant pour objectif le maintien d'une société de classe par l'élite.
Devons-nous étudier pour l'état OU pour l'entreprise ? Ni pour l'un, ni
pour l'autre !

La CNT-AIT (jeunes libertaires) est un syndicat inter-corporatif
regroupant tous les corps de métiers, chômeurs, RMIstes, étudiants. Ce
syndicat n'a pas de permanents (donc de personnes " payées pour contester
"), pas d'élus et ne se présente pas aux élections. Nous luttons contre
les systèmes inégalitaires, pour une société libertaire fondée sur l
'autogestion et la démocratie directe.
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Article du numéro 29 d'il Etait Une Fois La Révolution, Con !
le journal des Jeunes Libertaire de Toulouse.
www.anarchie.net/jeuneslibertaires
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[1] Le déroulement des AG et la manipulation médiatique (" il faut voter
Chirac ", " les abstentionnistes à mort " . ..) était certes aussi forte
qu'aujourd'hui, mais les gens savaient de quoi ils avaient peur (le Pen
le gros pas beau). Aujourd'hui, demandez à un membre de l 'AG contre quoi
il lutte, vous verrez par vous-mêmes . . .




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