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(fr) Histoire(s) de la déqualification à marche forcée

From CNT AIT <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Thu, 3 Apr 2003 00:55:09 +0200 (CEST)


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LA LISTE NOIRE :
HISTOIRE(S) DE LA DÉQUALIFICATION À MARCHE FORCÉE

(VERS L'AVENIR RADIEUX ?)

-> http://cnt-ait.info/article.php?id_article=645

De toute éternité capitaliste, c'est-à-dire peu de temps, mais déjà
beaucoup trop, le souci constant des employeurs a été de payer le moins
possible ceux qu'ils exploitent. En fait, de leur rendre la part la plus
maigre qui soit de ce qu'ils ont produit. Evidemment, puisque le reste ça
fait du capital, encore et encore. Le problème de ceux d'en face, ceux
qui triment, nous donc, c'est d'augmenter la partie qui leur
revient, et absolument : s'agit pas de travailler plus, plus
intensément, pour récupérer des miettes plus grosses. Le problème est que
le chiffre en bas de la fiche de paye grossisse, gros-sisse... Augmenter
notre salaire, par les luttes collectives a toujours été le sens
fondamental de la lutte de classe (ce peut être aussi diminuer le travail
en étant payé idem, pas comme dans l'arnaque des 35 heures).

Un des aspects.. .

Imaginons un instant un travailleur quelconque qui pointe au chômage
depuis quelque temps (mais pas trop non plus, ça a son importance pour la
suite de cette petite histoire...). Parce qu'il a envie. tiens, de garder
la main dans son métier, ou de se remettre à jour, voire
d'acquérir quelques compétences de plus, il va faire une demande aux
différentes institutions étatiques et assimilées afin qu'on veuille bien
débourser pour lui les picaillons prévus à cet effet. Tout d'abord, il va
constater que ce pognon là n 'est pas aussi facile à obtenir, comme qui
dirait 1 'argent de 1'Etat ou des caisses paritaires n 'est pas .à la
portée de tous. Bien, ça, il le sait, parce que voyez-vous ceux qui
possèdent ne sont pas ceux qui travaillent, et vice-versa. Alors il faut
commencer à rentrer dans les cases, remplir des paperasses, faire des
promesses, et même parfois jurer ses grands dieux que le boulot ça nous
convient parfaitement Par exemple, il faut être chômeur depuis plus de
six mois, ça aide : à notre conseil régional, en PACA, c'est le profil
souhaité. Recherche chômeur motivé, 6 mois d'expérience min., réf.
souhaitées. C'est déjà raide, mais il passe. Mettons qu'il aille à 1'ANPE
ensuite, où il demande une autre partie du financement. Et bien on va lui
remettre une feuille de papier qui dit que pour avoir sa formation
(payée), il faut qu'il choisisse un métier « en tension ». Mais c'est
quoi un métier en tension ? Réponse de l'administration concernée : c'est
un métier où la demande est forte. Et on a la liste.

La liste, on peut la voir ?

Dame, oui, mais attention, elle change tout le temps. Et si vous êtes pas
dessus, ça va être difficile.. Donc, pour le perfectionnement en
fabrication de ruches, c'est râpé ? Euh...C'est peut-être un peu bouché.
Le gars, il demande la liste. On tergiverse, on discute, on pose des
questions. Donnez-la moi, qu'il dit. Je peux pas vous la donner. On peut
la regarder, mais pas 1 emporter. D'accord. La liste, du moment, pas de
demain ou de dans trois semaines, on peut zieuter un instant et c 'est
marre.

Moralité : la liste, on peut pas l'avoir.

La liste, c'est pas vraiment essentiel dans notre propos. Des situations
comme celle-là, on en a vu, on peut en voir d'autres. Les prolos sous
RMI, on leur donne royalement le droit à des formations. Histoire de
s'insérer. D'une part, beaucoup ne refuseront pas (pourquoi le
feraient-ils ?) de prétendre à des compétences qui permettent de
décrocher un job rapidement : il y a des tas de postes en informatique,
graphistes, administrateurs ceci, technicien cela, par exemple. Mais la
réalité, c'est que le travail dans ces cas-là, ne vaut rien. Comprendre :
le patron le paye au minimum, Alors évidemment qu'on préfère plaquer les
CES à répétition, pour un CDI magique (ou pour un CDD souvent tout aussi
féerique). Payé des nèfles. Parce que ceux qui ont des salaires un
tantinet au dessus du SMIC, c'est qu'ils sont dans la partie depuis un
certain temps. Ils savent y faire. Mais celui qui se forme aussi, il
sait, ou saura y faire. Certes. Mais il va bosser pour beaucoup moins. Et
répétons-le : il n'a pas le choix.

Le coup de la liste noire, le Pare plus largement, c'est de la
déqualification en masse et régulière. Rien de plus courant aujourd'hui
que de lâcher un boulot dans lequel on tient son savoir-faire (se faire
virer n'est pas le cas le plus rare...), et où on réussit un peu à faire
cracher le patron en contre-partie. La prochaine embauche, ça sera tant
de moins sur la fiche de paye. Tout y participe. Un cas d'espèce ? Le
spectacle. D'aucuns ont réussi, en bossant dur, à parvenir à un certain
niveau de qualité. Ils se font mettre sur la touche, parce que les
patrons, petits ou gros, font trimer à leur place des gens pour beaucoup
moins. Et ici, ce qui est d'autant plus pernicieux, c'est qu'il est de
jeunes gens, sans expérience professionnelle pour accepter de bosser
gratuit, ou en gros, pour un défraiement. L'appât ? le statut et ses
indemnités magiques, bis repetita. Ils ne sont pas plus à blâmer que les
rmistes sus-cités.

Le problème n'est ni le taux de chômage, ni les titres ronflants que
décernent des boîtes de formation, voire les super-méga-compétences
qu'elles peuvent nous inculquer. Non, le problème est, et a toujours été,
d'en tirer un max au patron. De soulager le bourgeois d'autant que
possible, et bien évidemment, ensemble. Parce qu'à demander à plusieurs
on obtiendra mieux. Et qu'à aiguiser nos appétits sur les ventres des
dodus, on finira par les crever.

Le plus tôt sera le mieux, d'ailleurs. En attendant reste notre colère,
comme la liste. Noire.

Julien,
Syndicat Intercorporatif de Marseille
CNT-AIT

Article du Combat Syndicaliste Méditerranée n°185 Janvier-février 2003 ->
http://cnt-ait.info/article.php?id_article=645

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