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(fr) Unite radicale : annee zero (France)

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Wed, 25 Sep 2002 03:53:27 -0400 (EDT)


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[extrait du journal No Pasaran, consultable à http://nopasaran.samizdat.net]

À l’exception des lecteurs assidus de No Pasaran et de REFLEXes, l’ensemble de
la population aura découvert Unité Radicale (UR) en même temps que Maxime
Brunerie. De nombreux journalistes aussi, et passée la panique des premiers
jours, tous se sont appliqués à remettre leurs petites fiches à jour, et tous
les journaux ou presque y sont allés de leur petit historique du mouvement,
nous ont offert une biographie détaillée de Brunerie (dont l’intérêt est à la
mesure du personnage, c’est-à-dire nul) et se sont réjouis à l’unisson de
l’interdiction d’UR. Près de deux mois après l’attentat manqué du 14 juillet,
il est temps de revenir sur ce non-événement, dont les conséquences pourraient
cependant avoir des répercussions bien au-delà du petit cercle des
nationalistes radicaux.

Pas de place ici pour un rappel de ce qu’est Unité radicale : nous renvoyons le
lecteur à l’article qui lui est consacré dans un ouvrage collectif publié aux
Editions Reflex , et à l’avant dernier numéro du magazine antifasciste radical
REFLEXes sur la place réelle ou fantasmée du terrorisme et de la lutte armée
dans les milieux d’extrême droite. 

Inutile non plus de revenir en détail sur l’attentat lui-même : il suffit d’en
retenir son caractère hautement amateur, à la limite du risible (une 22 long
rifle dans un étui de guitare !) et la personnalité du tireur, dont
l’immaturité n’avait d’égale que le racisme viscéral (mais que dire de la
personnalité de la victime ?). À coup sûr un acte isolé, les coups de feu de
Brunerie ne pouvaient pourtant pas mieux tomber pour Unité radicale. 
Car, n’en déplaise aux forcenés des interdictions en tout genre, le déclin d’UR
était amorcé bien avant le 14 juillet 2002, et l’heure était déjà au bilan au
début de l’été. Le principal animateur du mouvement depuis sa création en 1998,
Christian Bouchet, ayant été mis à la porte par ses anciens amis Fabrice Robert
et Guillaume Luyt à la suite d’un " puputsch " qui en rappelle un autre, le
mouvement s’est retrouvé sans moteur, car les deux compères, trop occupés par
leurs propres petites affaires, n’étaient pas à la hauteur. Seul le site, dont
le webmestre est justement Robert, conservait un semblant d’activités. Les
groupes de Paris et de Valenciennes disparaissaient dans la nature, et les
groupe de province les plus dynamiques (Lille, Nancy, Strasbourg) retrouvaient
leur autonomie en tant que GUD. 

L’heure du bilan 

UR avait permis en son temps de renforcer les pôles locaux existants, de
fédérer des personnalités de l’extrême droite radicale (Eddy Marsan, Roland
Gaucher, Sébastien Legentil, André-Yves Beck) en leur offrant un espace
politique où se retrouver… et exister. Grâce à l’énergie développée par
Bouchet, aux compétences et aux moyens techniques de certains autres (dont
Robert), les nationalistes à la droite du FN pouvaient avoir une relative
visibilité : outre le site internet, le mouvement disposait d’une presse
régulière (dont la forme, à défaut du fond, était d’une certaine qualité),
d’apparitions publiques annuelles (manif le 1er mai et retraite aux flambeaux
le 9 mai à Paris, colloque et dépôt de gerbe le 11 novembre à Nîmes), d’une
sorte de congrès annuel (les Assises de la Radicalité), sans compter une
vitrine " culturelle " par le biais du RIF. Certes, le tout restait plutôt
confidentiel ; par ailleurs, le discours " nationaliste-révolutionnaire ", aux
références souvent confuses, n’évoluait guère, si ce n’est sur la question
raciale, qui devenait de plus en plus prépondérante, l’imminence de la " guerre
ethnique " et l’asservissement des États au " lobby sioniste " servant de
grille d’analyse unique. Enfin, sur le plan tactique, nous ne remercierons
jamais assez les leaders éclairés d’UR d’avoir fait le choix de se mettre en
rang derrière le MNR : là encore, Brunerie mis à part, la chute était assurée… 
Luyt et Robert, tout heureux de la publicité qui leur est faite, peuvent
aujourd’hui fanfaronner (en déclarant par exemple à la presse qu’UR compte 2000
membres quand on peine à en compter 200, ou encore qu’UR est le digne
représentant des " sans-voix ", tous ces électeurs du FN sans député !) et
ironiser sur leur ancien site en déclarant " merci Maxime ", soulignant par là
non leur soutien à leur ancien camarade, mais la fonction " salvatrice " de son
geste. Car selon un raisonnement pour le moins tortueux, l’" absurdité " de
l’attentat est censé, selon ses nouveaux Führer, permettre à UR (ou à ce qui
lui succédera) de faire le ménage et de se débarrasser de ses éléments
mythomanes. Mais alors on s’interroge : où vont-ils trouver leurs militants ? 

La justice n’est pas une arme 

Dans ces circonstances, l’interdiction d’Unité radicale perd beaucoup de son
efficacité car l’on voit bien que les difficultés d’UR ont d’autres raisons ;
il est pourtant probable que ceux qui en sont à l’initiative, spécialistes de
l’utilisation de la justice à des fins politiques, s’en attribueront tout le
mérite. 

Sur le fond, l’accusation, à la lumière des activités réelles d’UR et de ses
potentialités, semble un peu tirée par les cheveux : entendre l’UEJF déclarer
sans rire qu’une des preuves du caractère authentiquement fasciste d’Unité
radicale est l’utilisation des couleurs rouge, noir et blanc sur son site ("
les couleurs nazies " apprend-on) devrait faire réfléchir No Pasaran, la CNT,
Alternative libertaire ou encore Coca-Cola sur le double langage de leur
propagande ! 

Blague à part, la dissolution d’UR permet avant tout au mouvement de trouver un
prétexte à son marasme et à se poser en martyr du système, assuré qu’il est de
trouver sur ces deux points des échos dans les cervelles de nombreux " petits
Blancs " déboussolés et hargneux. Le FN est là pour prouver que la
diabolisation, surtout quand elle se double d’une surévaluation de ses
capacités par l’ennemi, est une arme politique redoutable. 

Enfin, les interdictions précédentes, que ce soit l’interdiction d’Ordre
nouveau en 1973 (en même temps que celle de la Ligue communiste) ou celle de la
FANE - Faisceaux d’Action Nationaliste, mouvement néo-nazi dirigé par Marc
Frederiksen - en 1980 (pour un attentat qu’elle n’avait pas commis, mais après
de nombreux actes racistes commis par ses membres) permettent de mettre en
perspective une utilisation politique de la justice dont les mouvements
libertaires pourraient tout aussi bien faire les frais : en tout état de cause,
si la justice peut et doit être utilisée pour défendre les victimes des
exactions commises par l’extrême droite, elle ne peut en rien être une arme
politique, du moins pour ceux qui ne se placent pas toujours du côté de
l’autorité, c’est-à-dire en l’occurence du côté de l’État. Victoire de surface,
la dissolution est en outre sans effet pour un mouvement dont la notoriété ne
dépassait pas le cercle de ses sympathisants (et de ses adversaires convaincus)
: comme le dit leur nouveau site, ouvert aussitôt l’ancien fermé par décision
de justice, " le combat continue " : surtout pour nous, antifascistes radicaux,
qui entendons bien lutter contre UR non dans un tribunal, mais dans la rue. 

Esbé, SCALP-REFLEX Paris 


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