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(fr) PLUMÉS EN ACTIVITÉ, RE-PLUMÉS À LA RETRAITE ?

From media <media@sympatico.ca>
Date Tue, 8 Oct 2002 12:42:31 -0400 (EDT)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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PLUMÉS EN ACTIVITÉ, RE-PLUMÉS À LA RETRAITE ?

-> http://cnt-ait.info/article.php?id_article=445

Un beau jour (si l'on peut dire !) le "salarié modèle", celui qui ne
pose pas de question et n'a que des "revendications raisonnables" , un
mauvais jour donc, ce "salarié modèle" est viré. Un chèque dérisoire en
poche, sans un mot de remerciement, ils sont nombreux, métallos de
Longwy ou biscuitiers de LU, à avoir pris dans la gueule un grand coup
de capitalisme sauvage.

Un beau jour, le petit retraité, celui qui coule une vieillesse
peinarde, qui joue aux boules et lit tous les matins la "nécro" de La
Dépêche, un mauvais jour donc, ce petit retraité va se faire jeter à la
rue, comme un chien. Comme des centaines de milliers de retraités
américains, victimes des fonds de pension.

Qu'est ce que c'est, au juste les fonds de pension ?

Jusqu'à présent, en France, la retrai-te est assurée par un système dit
de répartition. En gros, tous les salariés cotisent à la caisse de
retraite de leur secteur d'activité. Ces cotisations, mises en commun,
sont réparties ensuite entre les retraités du secteur. Sur le fond, un
tel système repose sur la solidarité des générations. Dans les faits,
les inégalités sont grandes, en fonction du secteur d'activité, du grade
et du salaire de l'employé, du nombre d'années travaillées, etc., sans
compter, que les syndicats réformistes et le patronat, qui cogèrent ces
caisses, les ont transformées en gruyère pour y planquer des permanents
grassement rémunérés.

Même si cela permet de toucher un minimum de retraite, le système en
cours est, on le voit, déjà pipé ; et la solidarité affichée entre
actifs et retraités n'est en rien un paradis. Avec la retraite par
capitalisation, c'est encore pire. Ici, il n'est plus question de la
moindre dose de solidarité mais tout simplement d'épargne individuelle.
Le salarié doit alimenter, sur le principe "chacun pour soi", un compte
durant ses années de travail. Il se constitue un petit capital. Ce
dernier est sensé lui rapporter, lors de sa retraite, de quoi vivre.
C'est ce que promettent les banquiers qui font "fructifier" cet argent
(que l'an appelle les fonds de pension) en jouant à la bourse
(c'est-à-dire en achetant et en vendant des actions, des parts du
capital des entreprises). Ce système est absurde, immoral et dangereux.

Absurde, car il aboutit à l'inverse du but poursuivi. En effet, ce que
recherchent les banquiers en plaçant les fonds de pension, c'est la
rentabilité financière. Ils obligent toute entreprise qui ne rapporte
pas assez à se "restructurer" en licenciant plus au moins de monde, et,
si cela ne suffit pas, ils l'obligent à fermer en jetant tout le monde.
Peu importe que cette entreprise produise des objets utiles, qu'elle
assure des revenus à des milliers de salariés, ni même qu'el-le fasse du
bénéfice. Si ces bénéfices sont inférieurs au rendement exigé par les
banquiers, elle y passera comme les autres. Des milliers de fermetures,
ces dernières années, s'expliquent par le jeu boursier des fonds de
pension. En clair, plus il y a de salariés qui alimentent les fonds de
pension, plus il y a de salariés qui courent le risque de licenciement
(parfois, d'ailleurs, ce sont physiquement les mêmes personnes !) et
donc moins de gens qui peuvent s'assurer une retraite !

Immoral, car si les gros salaires peuvent placer de grosses économies
(avec l'espoir d'une retraite juteuse), les bas salaires ne peuvent
placer que peu d'argent, et donc, ils toucheront une retraite inférieure
au minimum d'aujour-d'hui. S'ils la touchent.

Car le système est extrêmement dangereux pour les salariés. Les récents
scandales financiers américains l'ont démontré, en particulier l'affaire
ENRON : quand la bourse craque, quand l'entreprise dans laquelle ont été
placés des fonds de pension s'effondre, adieux placements, adieux
retraites. Les fonds partent en fumée, les actions ne valent plus rien
et, catastrophe, les centaines de milliers de retraités qui avaient fait
confiance au système, ne touchent plus un rond.

Ce ne sont pas ces considérations qui empêchent les rats de la finance
et les politiciens de faire le forcing pour abattre, en France comme
ailleurs, les retraites par répartition et pour imposer celles par
capitalisation. L'argument qu'ils avancent contre le système actuel est
un argument démographique : dans quelques années, avec le "Papy boom",
il y aura plus de retraités que d'actifs, donc ceux-ci ne pourront pas
payer. Cet argument choc s'effrite facilement si on pousse un peu
l'analyse démographique (il y a beaucoup plus de jeunes que de papys sur
la planète) ou technologique (ce qui compte, ce n'est pas tant le
rapport actifs/retraités que le niveau de productivité). Mais surtout il
constitue sur le plan économique un sophisme d'une rare vacuité.

Que nous dit-on en effet ? qu'il y a trop de vieux, pas assez d'actifs
pour payer les retraites par répartition, donc qu'il y a une seule
solution la capitalisation.

Nos économistes de "haut vol" n'oublient qu'un gros détail : un capital
ne rapporte que si les entreprises dans lesquelles il est investi
produisent assez de biens et de services pour couvrir leurs frais
(matières premières, machines, salaires...) et dégager des bénéfices.
Les entreprises assurent leur production et dégagent des bénéfices grâce
au travail de leurs actifs. Vous avez compris ce que votre banquier veut
vous cacher : Si les actifs sont assez nombreux pour que les entreprises
dans lesquelles ils travaillent dégagent des bénéfices suffisants pour
rémunérer le capital et par là payer les retraites, alors ils sont
nécessairement assez nombreux pour payer les retraites par répartition,
puisque le nombre d'actifs est identique dans les deux hypothèses et que
le volume de la production ne change pas.

Pourquoi donc tant d'acharnement pour nous obliger à passer par des
fonds de pension ? C'est que ces fonds représentent déjà des sommes
fabuleuses. A la Bourse de New York, 40% de la valeur de la
capitalisation (8700 milliards de dollars en 1997) est déjà détenue par
ce que l'on appelle les "zinzins" (leS'invesfisseurS'institutionnels)
qui gèrent les fonds de pension. A la Bourse de Paris, les zinzins
internationaux détiennent 35% des sociétés cotées à l'indice dit "CAC
40" (les 40 sociétés les plus performantes sur le plan boursier). Ceux
qui manipulent ces fonds ont, on le devine, un pouvoir considérable. Et
surtout ils encaissent à titre personnel des sommes fabuleuses. Car ces
bons gestionnaires n'oublient jamais, que la bourse monte ou qu'elle
descende, de prélever leur "dîme" au passage : charité bien ordonnée
com-mence par soi-même !

Qu'encore plus de monde soit obligé de verser de l'argent aux fonds de
pension est bien sûr leur rêve le plus cher ; un rêve qui se
transformera inéluctablement en cauchemar pour de nombreux salariés.
Actifs, retraités, chômeurs, il est temps de se réveiller.

-> http://cnt-ait.info/article.php?id_article=445




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