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(fr) Suisse : le deuxième pilier menace nos retraites

From Nicolas Phebus <nicolasphebus@yahoo.com>
Date Fri, 4 Oct 2002 13:04:33 -0400 (EDT)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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Les syndicats et le parti socialiste appellent à une grande manifestation le 31
août pour défendre nos rentes de deuxième pilier (LPP: prévoyance
professionnelle). Quelque 15'000 travailleurs et travailleuses y participent
dans une ambiance combative et solidaire pour dénoncer le vol de nos retraites.
Mais que diable veut la social-démocratie? La démarche est simple: conseillers
fédéraux socialistes en tête, on a accepté d'emblée l'essentiel des
revendications bourgeoises et donc, on ne met pas en jeu des moyens efficaces
pour y résister. Il s'agit, comme toujours dans ces cas là, de faire "quelque
chose" pour obtenir quelques concessions secondaires et surtout de réaffirmer
le statut de négociateurs incontournables et raisonnables de nos apparatchiks
socio-libéraux. 

Une attaque formidable contre le deuxième pilier: Nous sommes en train d'être
tout bonnement expropriéEs d'une partie des économies que nous devons
obligatoirement investir dans ces fonds de pension. La diminution du taux
d'intérêt garanti pour les sommes accumulées et la réduction du taux de
conversion du capital en rente, c'est tout simplement un vol sur nos retraites,
une escroquerie insolente du système. Ces expropriations des
épargnantEs-salariéEs par les capitalistes et les Etats sont devenues monnnaie
courante. L'Argentine en constitue sans doute le cas le plus éclatant. Les gens
ont perdu non seulement leurs retraites mais aussi leurs autres économies, Et
cela s'étend partout où il y a des fonds de pension. Il y a une trentaine
d'années, le deuxième pilier actuel a été imposé par une alliance entre le
patronat et les appareils syndicaux et politiques de la social-démocratie
contre une extension et un renforcement de l'AVS. Le "capitalisme populaire"
(dont les fonds de pension sont l'élément décisif) a permis la mobilisation de
gigantesques fonds dont les exigences de rentabilité se retournent contre le
prolétariat, épargnant ou pas, dans une croissance permanente du taux
d'exploitation. SoumisES aux gestionnaires capitalistes qui devraient faire
prospérer leurs modestes investissements, les salariéEs en viennent à
s'auto-exploiter ou à pousser à l'exploitation accrue d'autres
travailleurs/euses. L'épargne des salariéEs sert de masse de manœuvre pour
toutes les expériences de valorisation du capital, toutes les opérations. De
plus en plus souvent, les épargnantEs sont escroqués en fin de parcours. Devant
une telle situation, il faudrait évidemment engager une bataille d'envergure
pour transférer le deuxième pilier actuel vers une AVS rénovée et renforcée
assurant des rentes suffisantes pour vivre, suivant des critères de cotisation,
de gestion et de répartition empreints de solidarité, d'égalité et de justice
sociale. 

Il y a urgence à rompre avec le "capitalisme populaire" pour assurer nos
retraites, Les socio-libéraux utilisent quant à eux/elles la mobilisation du 31
août pour défendre les caisses de pension non détenues par les assurances et
dont les appareils syndicaux tiennent, même modestement, une partie de la
gestion. Mais de remise en question de l'essentiel, la colonisation de notre
épargne par la valorisation capitaliste, le détournement de nos salaires
différés, rien. Et pour cause. Nos bureaucrates veulent à leur tour devenir des
managers. C'est cette orientation qu'il faut attaquer. Les retraites, financées
non seulement par prélèvement sur nos salaires mais également par une ponction
sur la richesse socialement produite, sur les revenus de la propriété et du
capital, doivent faire l'objet d'une appropriation sociale, d'une gestion
directe et démocratique par les salariéEs. Si nous voulons les sauver et les
améliorer, c'est là la seule voie réaliste. Bien entendu, cela implique une
gigantesque lutte, celle précisément que le social-libéralisme n'a aucun
intérêt à engager. 

paru dans Rebellion, n°22, septembre 2002. http://www.rebellion.ch


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