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(fr) Décembre 1995, un mouvement pour rien?

From "CNT AIT" <cnt.ait@wanadoo.fr>
Date Wed, 27 Nov 2002 17:51:32 -0500 (EST)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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Document de décembre 1995, mais qui nous semble encore d'actualité ...
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DECEMBRE 1995 :
UN MOUVEMENT POUR RIEN ?

Bilan Réalisé par les jeunes libertaires, à l'issue du mouvement de décembre
1995


Après 3 mois de mouvement étudiant à Toulouse, il convient de faire un
bilan.

A l'Université Paul Sabatier (UPS, sciences), des enseignants ont impulsé un
mouvement dont deux points essentiels étaient la remise en cause du budget
et celle de l'avenir de la faculté. Puis une forte mobilisation des
étudiants a eu lieu.
Suite à cette impulsion le mouvement s'est déclenché sur le Mirail à partir
de l'U.F.R. de psychologie, particulièrement touché par le manque
d'encadrement et par la disparition d'un D.E.S.S. d'interculturel, entre
autres problèmes.
Après diverses actions, le mouvement s'est élargi, mais malheureusement pas
avec l'ampleur qu'on aurait pu attendre dans une faculté de 28.000
étudiants.

La réaction des étudiants face à ces difficultés chroniques s'est
essentiellement traduite par de traditionnelles revendications matérielles,
laissant peu de place à la réflexion de fond, quasi absente à Rangueil,
marginalisée au Mirail, où des forums n'ont été mis en place que
tardivement, et n'ont finalement débouché sur rien de concret.
En effet, les problèmes posés dans les forums du Mirail tel que "le manque
de vie à l'université", "le peu de retour des discussions en conseil", "le
problème de l'orientation déplorable en France" auraient dû susciter des
débats en A.G. Mais rien de tout cela, la parole n'ayant pas été assez
donnée aux participants de ces forums, tandis que se poursuivait
l'interminable défilé des "grosses têtes", avec des listes d'intervenants
parfois clauses à la va-vite.

Marginaliser les forums, laisser toujours les mêmes individus, militants
soit pour leur notoriété, soit pour l'intérêt de leur parti, monopoliser le
micro pour des discours creux et/ou démagogiques : c'est tuer la réflexion,
base essentielle d'un mouvement voulant dépasser les simples revendications
matérielles. Dans la même logique, les A.G. fleuves s'éternisant sur des
points techniques ne laissent pas le temps au débat de fond, on lasse les
gens pour leur faire accepter ensuite n'importe quoi.
Si on a passé deux heures à débattre sur l'envoi ou non de gens chez
Dechavanne, ce n'est pas un hasard. Nous refusons ceux qui fonctionnent à
l'applaudimètre : les vedettes ou les politicards.

Ces mêmes individus prétendent que la démocratie est trop difficile à
organiser, sous-entendant qu'il vaut mieux qu'un petit groupe prenne les
choses en main, par souci d'efficacité. De tels propos ont justifié
l'existence d'un comité de lutte, qui, dépassant son rôle de simple organe
exécutif de l'assemblée générale, devient progressivement l'organisateur du
mouvement, tout en gardant une apparence démocratique. Quant au manque de
démocratie les exemples ne manquent pas :
- très peu de bilans de trésoreries et d'activités.
- mandats très flous : durant les dernières semaines, on nous a dit que les
revendications étudiantes constituaient le mandat. Or, un mandat est la
définition d'une tâche précise à accomplir, que l'on confie à un ou
plusieurs individus qui doivent rendre compte de leur action à la prochaine
assemblée générale. L'assimilation du mandat aux revendications constitue
donc une aberration qui permet au comité de lutte de diriger le mouvement.
- ajoutons à cela que le comité de lutte a peu évolué dans sa composition.
Ce qui n'encourage pas les étudiants à s'investir dans le mouvement,
laissant les "spécialistes" s'en occuper. La rotation des tâches aurait
évité que certains n'attrapent la grosse tête.
-l'assemblée générale s'est souvent résumée à Rangueil à un plébiscite des
décisions du comité de lutte.

Quant à la coordination nationale, les délégués ont outrepassé leurs
mandats, en votant des points émanant d'autres facultés, non discutés au
préalable en assemblées générales.
La plupart des délégués faisaient partie d'organisations politiques ou
syndicales. Ils ont donc facilement orienté le mouvement au niveau national.
Les délégués ont fait redescendre ces décisions qu'il fut aisé de faire
voter, grâce à leurs "talents" d'orateurs.
Quant aux différents appels, ni le principe ni les contenus ne furent
débattus ou votés. Il aurait fallu établir une liste des revendications et
des propositions d'action de chaque université (négocier ou pas, apparitions
dans les médias... ), et les faire redescendre afin de statuer en assemblées
générales. Ainsi les mandatés seraient revenus à la coordination nationale
avec les décisions de l'assemblée générale sur l'ensemble des nouveaux
points.
Un réel échange d'idées entre les différentes universités aurait alors
enrichi les débats, ce qui ne fut pas le cas. C'est à l'assemblée générale
de décider pour la coordination et non à la coordination de décider pour
l'assemblée générale.

Mais le mouvement de la fin 95 comporte aussi des aspects positifs :

- pour la première fois depuis longtemps, on a pu voir des étudiants et des
salariés confronter leurs problèmes et essayer d'avancer des solutions
communes. Cet inter-corporatisme frémissant a pu s'exprimer plus ouvertement
lors du concert à Matabiau, où salariés, chômeurs et étudiants ont fait la
fête ensemble.

- un autre phénomène intéressant et nouveau : la remise en cause collective
de la faculté et de sa place dans la société. Une vraie question sur
laquelle il est bon de ne pas fermer les yeux en croyant que les pouvoirs
publics et les "pros" du syndicalisme bon-ton y trouveront une réponse.
Quelques revendications, comme celles du 27 novembre au Mirail, à propos de
l'éducation en général, contre le nucléaire ou le racisme dépassèrent le
cadre budgétaire ou corporatiste.

- des gens sincères se sont opposés lorsqu'ils le pouvaient aux magouilles.
Certains se sont investis lourdement sur le terrain ou ont cherché à
réellement dynamiser par des idées valables le mouvement. Le compte-rendu de
l'assemblée générale du vendredi 8 décembre au Mirail mentionne un individu
proposant "de redéfinir la conduite de la coordination nationale, et comment
cela se passe" lors de la prochaine assemblée générale. Évidemment, dans le
compte-rendu du lundi 11 décembre, ce débat n'apparaît pas : il n'a pas eu
lieu.

- Enfin une porte démocratique s'est entrouverte : le fait de voter l'ordre
du jour point par point, et non en bloc, en est un exemple. Mais ce sera à
nous tous de nous investir les prochaines fois, si nous voulons faire
progresser la démocratie directe.

THEORIE ET PRATIQUE : UNE COHERENCE

Avant tout, il convient de préciser que notre démarche vis-à-vis du
mouvement étudiant en tant que groupe organisé est restée claire.

- Les JL. sont un groupe politique (politique... pas politicien, ni
"apolitique" comme se proclament certains groupes de droite) constitué non
seulement d'étudiants, mais aussi de lycéens, jeunes travailleurs, chômeurs.
Notre démarche fut la suivante : tracts signés, apparition en manif avec une
banderole et non-participation aux coordinations ou comités.

Celle des autres groupes politiques : pas de tracts mais des autocollants
mêlés à ceux du mouvement (la ville en mouvement : liste électorale "LCR +
Verts"); apparition en manif avec les banderoles du mouvement étudiant,
noyautage de la coordination et des divers comités.

Afin de rester fidèles à nos pratiques libertaires, nous nous sommes refusés
à participer à ces divers comités. Considérant que ceux-ci ne respectaient
pas la démocratie directe, nous ne voulions pas cautionner de telles
pratiques. Nous sommes cependant quelquefois intervenus dans les A.G. pour
participer aux débats.

Dans cette logique, nous avons diffusé un tract " Qui mène la danse?" au
début des premières A.G. afin de dénoncer toutes ces magouilles. L'impact de
ce tract a été de voir apparaître très rapidement un autre discours de la
part des dirigeants : démocratie directe, mandatés révocables à tout
instant... Soit ! Encore faut-il donner à ces termes leur véritable
signification et les mettre en pratique réellement.

Pour nous (est-ce bien nécessaire de le rappeler !), le mouvement appartient
à tous les grévistes faisant partie ou nom d'une organisation. Selon nos
principes, appartenir à un groupe politique ne signifie en rien diriger un
mouvement.

PROPOSITION DE FONCTIONNEMENT POUR UNE VERITABLE AUTOGESTION DU MOUVEMENT

Afin que ce mouvement reste celui de tous les grévistes, donc qu'il soit
autogéré, voici quelques propositions de fonctionnement :

La première structure d'un mouvement, c'est l'assemblée générale souveraine.
Elle rassemble tous les étudiants d'une université. C'est là que se prennent
toutes les décisions relatives au mouvement. Son rôle est fondamental, donc
son mode de fonctionnement doit être clair :
- Il s'agit en premier lieu d'élire un président de séance. Son mandat,
selon nous, doit se limiter à distribuer les tours de parole aux personnes
l'ayant demandée et s'étant inscrites préalablement sur une liste. Il doit
aussi recentrer les débats quand les intervenants dépassent largement les
points abordés. Si l'A.G. l'a décidé, il fait respecter le minutage du temps
de parole. Afin de passer aux votes, il fait une synthèse des différents
points de vue exprimés. Le président de séance ne dirige pas l'A.G., et
comme tout mandaté il est révocable à tout moment.

- L'ordre du jour : il est élaboré en début de chaque AG, par tous les
grévistes. Il est voté point par point et discuté par l'A.G. si nécessaire.
Il doit comporter un bilan des mandats passés et un compte-rendu d'activité.
L'ordre du jour n'est pas figé, exceptionnellement, il est possible de
rajouter des points.

- L'A.G. doit se dérouler selon le schéma suivant : un point, un débat, un
vote.

- Certains points de l'ordre du jour peuvent entraîner l'élection d'une ou
plusieurs personnes chargées d'exécuter une tâche définie par l'A.G. (un
mandat). Ces personnes doivent se limiter à l'application STRICTE de leur
mandat, et devront en rendre compte (comme nous l'avons dit précédemment)
lors de l'A.G. suivante. De ce fait, les commissions, si elles sont jugées
nécessaires, ne sont que des instruments de l'A.G. et n'ont aucun pouvoir
décisionnel. Selon ces principes, un comité de lutte n'a pas lieu d'être.

- Il nous semble important qu'il y ait une rotation et non un cumul des
mandats, afin d'impliquer le maximum d'individus, évitant ainsi les
manipulations par une minorité.

NB : Ce qui a gravement nui à ce mouvement, c'est le flou qui a régné autour
des termes suivants :

- Mandatés : personnes chargées par l'A.G. d'accomplir une tâche précise.
- Commission : structure mise en place par l'A.G. afin d'accomplir des
tâches techniques (presse, banderole, trésorerie,... ). Là aussi, nous
pensons que la rotation des tâches est indispensable.
- Coordination : structure mise en place par l'A.G. afin de coordonner
plusieurs facultés ou secteurs en lutte. Elle n'a de raison d'être que si
d'autres lieux sont en grève, et qu'elle exprime une réelle volonté d'unité.
Ainsi, elle n'est pas prévue pour impulser d'autre dynamique.
- Comité de lutte : structure qui regroupe un ensemble de personnes ayant la
volonté de gérer la lutte, y compris au niveau de la réflexion, donc de
diriger le mouvement.

ECOLE ET SOCIETE,
IL FAUT TOUT CHANGER !

L'université (créée au Moyen-age pour faire des docteurs en théologie)
jusque dans les années 1970 servait à former les futures élites du pays,
elles-mêmes issues des milieux aisés.
Son autre mission est la recherche. Dépendante financièrement de l'Etat,
elle est orientée par ses choix politiques. Il l'utilise pour renforcer le
prestige national et la compétitivité de son économie.
Durant les années 1970, l'internationalisation de l'économie tend à
entraîner la division du travail à l'échelle mondiale. Une partie de la
production industrielle s'implanta dans les pays du Tiers-Monde. Alors que,
dans les pays industrialisés, les effectifs du secteur tertiaire
augmentaient considérablement, en Occident il y avait apparemment besoin de
plus en plus de cadres. En France, le pouvoir en place renforça alors la
scolarisation et ouvrit plus facilement l'accès aux études supérieures,
confortant l'illusion républicaine de faire de tous les fils d'ouvriers et
d'employés des cadres. Cela relève de l'idéologie socialiste qui veut une
homogénéisation de la société en douceur en faisant profiter à tous des
"bienfaits de la société capitaliste".
Or, il semble que cette illusion soit devenue un bien triste cauchemar : la
société capitaliste n'a pas besoin d'autant de cadres français (en tant que
personnes dirigeantes à responsabilité). L'augmentation de la scolarisation
des jeunes n'a pas éradiqué le chômage : au contraire, celui-ci ne cesse
d'augmenter.
L'Etat, conscient de la situation, a continué à favoriser l'entrée à
l'université de jeunes qui, sinon, seraient au chômage. Cet artifice permet
une augmentation moins forte des statistiques du chômage (devenues un
véritable audimat des politicards) mais aussi de les insérer dans un groupe
social avec ses intérêts propres et qui ne se reconnaît pas dans le groupe
de tous les précaires, chômeurs et travailleurs.

D'où une division supplémentaire de la société et un renforcement du
corporatisme. " Je suis étudiant(e), futur cadre (au chômage !), pas
ouvrier, pas cheminot ; au chômage j'irai à l'APEC pas à l'ANPE, mes
intérêts sont différents ! ". La condition de cadre potentiel donne
l'impression d'être très au-dessus du monde des exécutants et conduit à les
mépriser. Cette démarche de pensée montre à quel point on a inculqué aux
gens la nécessité d'une société pyramidale où il vaut mieux être en haut qu'
en bas et dont les bases sont la sélection et la division.

En milieu scolaire la sélection s'opère de différentes manières  :
- par l'argent (frais de dossier, d'inscription, de logement, d'équipement
scolaire, etc. .) ;
- par le contenu des dossiers (notes, appréciations des professeurs, âge,
cursus scolaire) ;
- par le manque d'information sur l'orientation (conseiller d'orientations,
SIOU et CIO souvent incompétents, brochures imprécises donc inadéquates).
Cette pré-sélection crée la soumission des individus au système. Elle ne
fait que reproduire les divisions existantes dans notre société, chaque
milieu social étant amené à étudier dans tel ou tel type de structure
(étudiants des grandes écoles, des BTS, des Facs privées, des IUT, des Facs
publiques).
Mais ces formes de sélection ne s'arrêtent pas aux portes des établissements
de l'enseignement supérieur, où là encore, l'argent et la soumission sont
les fondements.
La sélection se fait aussi de façon plus insidieuse par une démotivation
qu'entraînent la complexité des inscriptions pédagogiques, l'isolement des
individus, l'esprit de compétition (entretenu par l'existence de quotas
affichés dans les IUT, BTS, 3ème cycle et sous-jacents pour les 1er et 2ème
cycle.)
Enfin toutes ces étapes nécessitent le soutient d'un entourage familial
averti dont ne bénéficient pas tous les étudiants.

Aujourd'hui l'engorgement d'étudiants à la fac étant de plus en plus
coûteux, l'Etat veut se décharger de son financement, le déléguant au
secteur privé : c'est la logique du rapport Laurent et du plan Université
2000 qui prévoient :

- la régionalisation et la privatisation de la fac, en introduisant dans le
financement de celle-ci le fric des entreprises, donc la modification des
cursus universitaires et l'orientation de la recherche en fonction des
intérêts des patrons. A la main-mise de l'Etat sur l'Université se
substituera celle des grandes entreprises.

- la suppression progressive des bourses, qui seraient remplacées par des
prêts accordés seulement aux étudiants ayant un patrimoine, l'augmentation
des frais d'inscription (qui pour nous devrait d'ailleurs être gratuite), le
remplacement des cités universitaires par des résidences plus chères, etc.,
etc. La privatisation qui menace l'enseignement supérieur (comme les autres
services publics), l'insérerait plus clairement dans les rouages de
l'économie capitaliste, où tout doit être rentable.

CONTRE L'EDUCASTRATION, POUR L'AUTONOMIE INDIVIDUELLE !
QUELLE FORME DE PEDAGOGIE ?
L'école, qui a été de tout temps un des lieux de dressage du système parmi
les plus efficaces, doit permettre à tous les individus de devenir des êtres
conscients, libres et responsables.
L'école n'est pas uniquement le reflet de la société, mais elle doit surtout
être un instrument fondamental pour changer la société, en étant un lieu
d'apprentissage de l'autonomie, de l'indépendance et de la création.

Tandis que même la fac nous cantonne dans un rôle passif et dans la
dépendance directe du professeur, nous pensons qu'il faut dépasser la
relation pédagogique actuelle basée sur la subordination et le maintien
nécessaire de la discipline. L'objectif n'est pas de vérifier si l'élève est
un bon perroquet, répétant les cours du prof, reproduisant une pensée qui ne
lui appartient pas. Il faut au contraire éveiller et développer l'esprit
critique.
Les lieux d'éducation doivent aussi devenir des lieux de joie et
d'expression des désirs; loin de nous ces facs lugubres pleines de tristesse
et d'ennui.

Historiquement, il existe des expériences qui vont dans ce sens, comme par
exemple : L' ECOLE MODERNE fondée en 1901 à Barcelone à l' initiative de
Francisco FERRER, théoricien et praticien de la pédagogie anti-autoritaire.
Lors de la révolution sociale espagnole de 1936, le Conseil de l'Ecole
Nouvelle Unifiée (C.E.N.U., créé le 27 juillet 1936) créa de nombreux
groupes scolaires avec la construction d'écoles neuves par le Syndicat du
Bâtiment, et la réquisition des couvents et des villas. Au sein de ces
groupes scolaires (chacun comportant volontairement un petit nombre
d'élèves), la pédagogie anti-autoritaire fut appliquée avec mesure. Ainsi,
elle intervient dans un cadre pédagogique combinant la raison et la
sensibilité, excluant tout dogmatisme, qu'il soit religieux ou (soi-disant)
"révolutionnaire".

FREINET, un instituteur français, met en place une pédagogie fondée sur les
méthodes actives, qu'il expérimente dans une école qu'il créa en 1935.
Plus récemment, le courant fonctionnaliste, formé de psychologues du
développement (PIAGET, FERREIRO) et de pédagogues, affinent ces méthodes
actives.

Selon ces divers courants et expériences, l'éducation ne doit pas faire l'
ouvre d'un apprentissage, ou plutôt d'une mémorisation de savoirs, d'idées
dominantes, de dogmes ou de valeurs. L'élève n'est pas une pâte à modeler
qu'on façonne grâce au système éducatif, au grès des valeurs prônées par la
société, et qu'on sanctionne si ce travail de mémorisation n'a pas
correctement été effectué.

Actuellement, l'éducation fonctionne selon une relation de transmission d'un
certain savoir du prof vers l'élève, et de sa restitution de l'élève vers le
prof.
Est-ce de l'éducation ou de l'alphabétisation ?
L'école doit-elle nous apprendre à mémoriser ou à réfléchir ?


C'est dans cette dernière perspective que s'inscrivent les idées défendues
par Ferrer, Freinet et le courant fonctionnaliste. L'éducation doit viser au
développement harmonieux de l'individu. Cela signifie tout d'abord qu'à
l'école l'enfant doit au premier lieu grandir, développer ses facultés,
prendre conscience de ses sentiments. Quant à l'acquisition de savoirs,
celle-ci s'effectue par des démarches individuelles, et une recherche
personnelle, afin de favoriser la réflexion et la responsabilisation
individuelle. Dans cette même optique, une place importante doit aussi être
accordée aux échanges entre les élèves, confrontant leurs différents points
de vue ou idées. L'erreur n'est pas sanctionnée mais exploitée, c'est à dire
que l'élève va réfléchir sur les raisons de son erreur, essayer de
l'expliquer pour progresser dans sa réflexion.

C'est une des formes de la pédagogie anti-autoritaire qui se place dans un
système de relations basées sur la solidarité et non sur la concurrence et
la hiérarchie.
L'élève n'est pas considéré comme un disque dur d'ordinateur sur lequel on
imprime des données, mais bien comme une personne en tant que telle, dotée
de capacités de réflexion, d'analyse et d'un esprit critique, garantissant
sa propre autonomie. C'est dans cette optique que nous concevons l'éducation
dans son ensemble.
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Ce document est une réalisation collective
Jeunes Libertaires
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