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(fr) Journée canadienne sur le logement vue de Québec

From Nicolas Phébus <nicolasphebus@yahoo.com>
Date Sat, 23 Nov 2002 08:07:23 -0500 (EST)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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Une vingtaine de locataires ont participés à l’action de Québec dans le cadre
de la journée canadienne sur le logement. Ciblant l’armée et la SCHL sans
susciter de grandes réactions, c’est le capital qui a finalement
contre-attaqué... À la grande surprise d’un peu tout le monde (y compris des
flics!).

Cibler la SCHL et l’armée

Une fois n’est pas coutume, les groupes du FRAPRU* avaient choisis cette fois
d’aller manifester à Ste-Foy (une banlieue réactionnaire et cossue de Québec
couverte de centres d’achat). Premier stop à la Société canadienne d’hypothèque
et de logement (la SCHL), une société du gouvernement fédéral qui autrefois
participait au développement du logement social et aujourd’hui ne fait plus que
compiler des statistiques sur la détérioration des logements et des conditions
de vies des locataires. Sur place une ligne de piquetage, des slogans et un
passage de tracts d’information. On a profité d’un discours pour faire
connaître les revendications des groupes, soit un investissement du fédéral de
2 milliards par années en logement social et un nouveau programme de
développement de HLM (plus humain que les anciens, s’entend!).

Pour varier un peu les slogans du FRAPRU, des libertaires présents en proposent
de nouveaux qui sont bien repris («Bourgeois et propriétaires, hors des
quartiers populaires», «ni taudis, ni condos, on veut des logements sociaux» et
«Le logement est un droit, locataires défend toi»). Trois d’entre eux ont
d’ailleurs amené un joli drapeau noir sur lequel était inscrit «Soviet de
Saint-Sauveur» ce qui suscite questionnements et interrogations (le fin de
l’histoire, du mythe?, c’est que le Soviet en question c’est l’appart des trois
colocs qui ont victorieusement contestés une hausse de loyer avec l’aide du
BAIL).

De la SCHL, les manifestantEs se sont déplacés vers le quartier militaire
(derrière les centres d’achat), un quartier au complet qui appartient aux
Forces armées canadiennes avec force maisons et terrains vides (nous avons
dénombré une vingtaine d’appart vides en faisant à peine trois coins de rues
dans le quartier). Une bannière sur laquelle était inscrit «Maisons vides ou
logement social : un choix de société» a été déployée devant l’une des maisons
vides. Deux femmes actuellement à la recherche de logement se sont exprimées
sur la difficulté de trouver chaussure à son pied sur le marché privé quand tu
as des enfants. L’une d’elle vit, depuis le premier juillet, dans la maison
mobile de son beau-frère avec 10 autres personnes (dans un cinq et demi!).
L’autre va être expulsée de son logement le 31 décembre (belle date pour
déménager!) logement qui sera ensuite condamné suite à un jugement de la Régie
du logement. La revendication spécifique face à l’armée c’est que d’une part
les terrains vacants servent à construire des coopératives d’habitation qui
manquent cruellement dans le secteur et que d’autre part les maisons vides
soient immédiatement mises à contribution pour loger temporairement les
familles qui se font expulser de leurs logements. En effet, deux expulsions PAR
JOUR minimum ont actuellement lieu à Québec, jetant une quantité importante de
personnes (dont plusieurs familles avec enfants) dans la rue en plein mois de
novembre, sans possibilité de re-logement (même temporaire).

Des terrains de l’armée, les manifestantEs sont retournéEs à la SCHL. Cette
fois, nous sommes montés au huitième étage ou nous avons été très bien reçu (à
notre grande surprise on nous a même offert le café!). Notre revendication
s’était de rencontrer le Directeur régional, mais bon, il n’y en a pas! Qu’à
cela ne tiennent, le plus haut gradé de la place a été sollicité pour envoyer
un fax en notre nom au bureau du Premier ministre Jean Chrétien. Et il l’a fait
(j’étais surpris)!

Le Capital contre-attaque

À part deux ou trois voitures de flics sur le terrain de l’armée, qui ne nous
ont pas causé de trouble d’ailleurs, tout s’était passé bien à date. C’était
sans compter sur la privatisation de l’espace publique très avancée dans ce
secteur de Ste-Foy. Nous avions donné rendez-vous à notre chauffeur d’autobus
dans le stationnement de Place Ste-Foy, un centre d’achat huppé. Nous n’étions
plus qu’une quinzaine à attendre notre bus devant un quelconque magasin de mode
(je crois que ça s’appelle Raza, ou quelque chose du genre). Une quinzaine de
personnes debout qui tournent en rond, fument des cigarettes, discutent. La
gérante de la boutique a pété sa coche, appelant la sécurité pour dire qu’il y
avait une ligne de piquetage menaçante devant son commerce et que ça faisait
fuir les clients! La sécurité est venue, premier accrochage. On est sur le
trottoir, les bannières sont pliées, on attend notre autobus, ce n’est pas une
manif, il n’est pas question que l’on bouge de là. Ça en reste là et notre
autobus n’arrive toujours pas. Cinq minute plus tard la cheffe de la sécurité
se pointe le bout du nez en furie nous criant «vous avez trentes secondes pour
déguerpir ou j’appelle la police, c’est un terrain privé ici, awayez
scrammez!». Évidemment le ton monte. On accepte de se tasser de devant le
magasin et de bien gentiment ranger les pancartes. Elle nous laisse quinze
minutes pour déguerpir ou bien elle appelle les flics qu’elle dit. Elle revient
à peine cinq minutes plus tard avec deux hommes de mains et, d’une quinzaine de
mètres de distance, elle nous crie : «là ça va faire, si vous décrissez pas,
j’appelle la police». Ce qu’elle fait sur le champ avec un cellulaire. On prend
des paris sur qui arrivera en premier, notre autobus ou bien la police.
Finalement, les deux arrivent en même temps. Au lieu de constater tout
simplement que nous avions dit vrai, les flics entourent l’autobus pour «parler
au responsable». Ils sont sur qu’on manifestaient contre le magasin et nous
sermonnent en comparant le stationnement à notre salon (non, mais, faut le
faire). 4 ou 5 voitures de police parce qu’on attendait un autobus sur un
«terrain privé». Faut le faire. Tu peux bien occuper des terrains militaires,
tout le monde s’en fout, mais dès que tu t’approche du Capital...

Ailleurs au Québec

C’était la première fois que le FRAPRU soulignait la journée canadienne sur le
logement. Ça a commencé à Chateaugay ou une trentaine de locataires ont tenu
une conférence de presse pour protester contre la crise. Ça se passait devant
des motels pleins de sans-logis depuis... le 1er juillet. La gang de Chateaugay
est ensuite aller rejoindre d’autre monde à Longueil. Là les locataires étaient
150 pour une manif. Ils et elles ont monté un village de maison en cartons
devant les bureaux de la députée libérale fédérale. Il y a une rencontre avec
des déléguéEs. La députée à déclarée que 70% de la députation libérale fédérale
est en faveur d’une augmentation des budgets en habitations et en faveur du
maintien des mesures en itinérance. Langage de politicienne? Surement. À
Montréal, une centaine de locataires ont manifestés en bas du pont Jaques
Cartier pendant qu’un commando y posait une gigantesque bannière revendiquant 2
milliards pour le logement social. Il y a aussi eu une occupation à Sherbrooke
dans les bureaux de la SCHL et des conférences de presse à Trois-Rivière et
Saguenay.

Site du FRAPRU http://www.frapru.qc.ca

* Il s’agit du Comité des citoyen-ne-s du quartier Saint-Sauveur, du Comité
logement d’aide aux locataires de Ste-Foy et du Comité populaire
Saint-Jean-Baptiste.


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