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(fr) Les manoeuvres d'Accor pour se faire encore plus subventionner

From Danielle Rétorré <danielle.retorre@free.fr>
Date Fri, 22 Nov 2002 10:53:25 -0500 (EST)


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Les manoeuvres des groupes hôteliers pour se faire encore plus
subventionner

Le groupe hôtelier international Accor a lancé une véritable campagne
dirigée contre les travailleurs de Guadeloupe et Martinique, et contre
leurs organisations syndicales. Selon lui, il y aurait trop de grèves aux
Antilles ; cela ferait fuir les touristes. Et pour aggraver encore
l'attaque, les travailleurs de l'hôtellerie sont désignés du doigt : ils ne
sont pas aimables, ils ne sont pas formés, ils sont même agressifs envers
les clients !

Accor a même parlé du manque de formation des travailleurs du tourisme.
Mais comme le lui a fait remarquer un conseiller régional de Martinique, il
doit s'en prendre à lui-même puisque ce groupe assure lui-même la formation
de ses employés. En réalité, tout ce rideau de fumée, fait de mensonges et
de propos racistes et méprisants, est là pour camoufler autre chose.

Lorsque Accor menace de ne plus conserver son implantation aux Antilles où
il contrôle plusieurs grands hôtels pour touristes aisés, c'est de l'argent
qu'il veut, de l'argent public ! Le groupe Club Méditerranée a d'ailleurs
été dans le même sens en déclarant qu'il voulait bien, lui, maintenir ses
activités, mais pas à n'importe quelles conditions.

Du côté du gouvernement, le message a été vite et bien reçu. Le ministre du
Tourisme a annoncé que l'État allait faire quelque chose pour le tourisme
aux Antilles et qu'un " plan " était en préparation ! Pour sa part,
Brigittte Girardin, ministre de l'Outre-mer, a précisé qu'elle allégerait "
le coût du travail " en exonérant encore plus les entreprises de charges
sociales et que le dispositif de défiscalisation (loi Pons) serait
reconduit et renforcé.

Ces nouvelles subventions permettront aux patrons de l'hôtellerie de
rénover leurs hôtels à peu de frais car, comme l'a reconnu Vial Collet,
dirigeant de l'organisation guadeloupéenne des patrons (le Medef local), le
parc hôtelier a vieilli et il faut le reconstruire.

L'opération des patrons de l'hôtellerie a donc réussi. Après s'en être mis
plein les poches pendant de nombreuses années, en exploitant la main-
d'ouvre locale et en utilisant les différents dispositifs d'aides
publiques, ils vont pouvoir, avec la complicité du gouvernement, continuer
à accumuler des millions d'euros de profit.

Dire que ce sont les mêmes patrons qui, relayés complaisamment par une
partie de la presse, n'ont pas assez de mots pour dénoncer l'assistanat et
les aides sociales accordées à la population pauvre des Antilles ! Eux,
c'est sans complexe qu'ils réclament d'être encore et toujours plus
assistés. Quant au gouvernement, il s'exécute, et avec le sourire.

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[ci-dessous un article paru dans Liberation sur la lutte des femmes de 
ménage contre Arcade paru dans "Libération" du  jeudi 21 novembre 2002]

Les hôtels Accor, coeur de conflits
Le comité de soutien aux femmes de ménage en grève a fait du groupe sa
cible dans le combat contre la sous-traitance.

Par Cécile DAUMAS

«Aidez-les à gagner contre ces négriers modernes. Ne dormez pas dans un
hôtel du groupe Accor.» Le tract change de couleur, selon qu'il est en
français, anglais, russe ou allemand. Lundi, dans ce Novotel aux portes de
Paris, l'heure est à l'apéritif avec piano en fond sonore. La petite
dizaine de militants a fait gentiment irruption dans le hall. Ils
«sensibilisent les clients» sur le conflit Arcade, du nom de la société de
nettoyage qui travaille pour le groupe hôtelier (1).

Depuis huit mois, les femmes de chambre de ce sous-traitant sont en grève
(Libération du 11 avril 2002). Un conflit exceptionnellement long mené par
une vingtaine de grévistes ­ une dizaine selon la direction. Cela fait peu
à l'échelle des 1 500 salariés de la société de nettoyage Arcade et des 147
000 collaborateurs du groupe Accor. Mais le mouvement est devenu le procès
de la sous-traitance, avec Accor en ligne de mire. «Dans ce Novotel,
explique un sympathisant du mouvement, les femmes de chambre Accor sont
payées 8 heures pour faire 18 chambres, celles d'Arcade seulement 6
heures.» Salaires au rabais, exploitation de femmes essentiellement issues
de l'immigration... Les employées d'Arcade sont rémunérées à la chambre,
système qui ne respecte pas le Smic horaire.

Soutenue par le syndicat SUD, cette grève, dont les négociations sont au
point mort, a suscité l'intérêt d'associations de gauche qui ont créé un
comité de soutien (2). Multinationale du voyage et du service, Accor
symbolise aux yeux des militants cette mondialisation qui impose ses lois
sociales. Avec le conflit Arcade, ils ont saisi l'occasion d'entrer
concrètement dans la bataille. Et se sentent confortés par l'attitude
d'Accor en Martinique, la société ayant récemment menacé de se retirer,
mettant en cause un «climat social [...] détestable».

Même si Accor n'est pas responsable juridiquement ­ Arcade est l'employeur
des grévistes ­, le comité de soutien a pris le groupe pour cible. Deux
fois par semaine, il fait la tournée des Novotel, Mercure et autres Ibis,
décorant les halls d'entrée d'affiches, distribuant des tracts. La
solidarité avec les clients ne marche pas toujours. Ceux-ci se sentent
agressés et regardent d'un oeil méfiant ces «fouteurs de merde
professionnels». Les employés des hôtels défendent vite leur maison, et
n'osent pas s'exprimer. L'atmosphère finit par se détendre, la conversation
devient cours de droit du travail face aux questions naïves. «Mais faut-il
faire grève pour obtenir un jugement aux prud'hom mes ?» A la fin, certains
clients donnent quel ques euros pour soutenir le mouvement, d'autres
repartent avec des cartes postales de protestation, à envoyer à la
direction d'Accor. Employés et clients ne comprennent pas bien pourquoi la
multinationale est mise en cause. «Dans la sous-traitance, explique un
syndicaliste de la SNCF venu distribuer des tracts, le véritable
responsable est le donneur d'ordre. En cherchant le plus offrant, c'est lui
qui fait baisser les tarifs, et donc le salaire des femmes de chambre en
bout de chaîne.» Accor a compris qu'il devait faire un geste. Une nouvelle
charte de la sous-traitance doit être applicable en 2003. Le groupe promet
d'être plus «exigeant» en terme de cadences et de calcul des heures payées.
«En somme, plaisante un militant, ils sont d'accord avec les grévistes.».

(1) La direction n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

(2) www.ac.eu.org/actu-docs /arcade/arcade.htm


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