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(fr) Des anars en Afrique du Sud

From Worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Wed, 20 Nov 2002 08:38:28 -0500 (EST)


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Auto-présentation de Bikisha Media Collective

Camarades, 

Salutations révolutionnaires d'Afrique du Sud ! 

Nous répondons à une requête des membres de Solidarité Internationale
Libertaire (SIL) qui nous a demandé de décrire nos organisations et le travail
que nous effectuons. Voici la présentation du "Bikisha Media Collective" (BMC)
d'Afrique du Sud. 

Les anarchistes ont créés les premiers syndicats pour les travailleurs noirs,
métis et asiatiques à partir de positions syndicales révolutionnaires entre
1917 et 1919. Nous continuons à nous investir auprès des travailleurs. Puisque
nous travaillons beaucoup ensemble, les informations rapportées ici vont
décrire nos relations avec les éditions Zabalaba et les autres groupes
anarchistes de la région. 

Histoire récente

En 1992, avant la fin de l'apartheid, alors que le néo-fascisme, les escadrons
de la mort sponsorisés par l'état, la conscription militaire et les batailles
très meurtrières entre le "mouvement de libération" nationaliste tel que l'ANC
étaient courantes, un groupe organisé appelé le Anarchist Revolutionary
Movement -ARM- (Mouvement Révolutionnaire Anarchiste) a été créé. Cependant il
n'était pas très organisé et donc peu efficace. Une grande partie de
l'organisation s'est limité au ghetto contre-culturel. Quoiqu'il en soit, une
section de l'ARM de l'université de Witwaterrand - qui regroupe des personnes
associées Zine Révolte (partiellement en ligne), créé en 1992-s'est
consciencieusement focalisée sur le travail dans le mouvement étudiant et a
connu des succès en recrutant et en intégrant des membres, et en développant
une analyse du capitalisme Sud-Africain qui a tenté de relier la lutte contre
l'apartheid et le capitalisme, militant pour une démocratie des travailleurs
plutôt que pour un régime bourgeois post-colonial. Il a participé à la première
production du magazine Unrest - partiellement en ligne-. 

Rétrospectivement, la section étudiante du Mouvement Révolutionnaire Anarchiste
était un peu trop dogmatique et extrémiste. En 1995, après les élections de
1994 regroupant toutes les "races" et qui ont amené l'ANC au pouvoir, le
Mouvement Révolutionnaire Anarchiste est devenue la Workers Solidarity
Federation -WSF- (Fédération Solidaire des Travailleurs), qui comptait en 1999
une quarantaine de membres, environ 80% d'entres eux sont des travailleurs
noirs. La Fédération Solidaire des Travailleurs a été très influencée par la
plate-forme du Workers Solidarity Movement d'Irlande, et a développé un
ensemble de positions et de matériel, qui sont mis en ligne en ce moment sous
le titre "pamphlets" du site ouaibe Zabalaba. (adresse ci-dessous) 

Le travail théorique de la Fédération Solidaire des Travailleurs a marqué un
pas important pour l'anarchisme Sud-Africain. La Fédération Solidaire des
Travailleurs était domiciliée à l'origine à Johannesburg mais a rapidement créé
des liens avec les anarchistes de Durban et de Capetown, devenant la première
organisation anarchiste depuis les années 1910. La Fédération Solidaire des
Travailleurs publie un journal bi-annuel "Workers Solidarity" (Solidarité des
travailleurs) qui a intégré "Unrest". 

Dans le débuts des années 90, La Durban Anarchist Federation -DAF- (Fédération
Anarchiste de Durban) était constituée de 3 groupes : 

&#61623; Un collectif de propagande, 

&#61623; Un collectif vert 

&#61623; Et un collectif "rriot girrl" ("fille sauvage") 

Le collectif propagande était connu à l'origine en tant que Awareness League
(ligue d'éveil), puis ensuite et durant les années 90 sous le nom de "land and
freedom" (Terre et liberté) qui a publié le journal Freedom (Liberté) qui était
écrit principalement en anglais et quelques articles en Zoulou. Land and
Freedom continue maintenant sous le nom de Zabalaba Books (ZB). La Fédération
Anarchiste de Durban collaborait à l'origine avec la Fédération Solidaire des
Travailleurs, étant très proche, illui a été proposé un regroupement mais
l'invitation a déclinée. Une section de la Fédération Solidaire des
Travailleurs a été créée à Durban. La Fédération Anarchiste de Durban s'est
transformé en Anarchist Worker's group -AWG- (Groupe des travailleurs
anarchistes) vers la fin des années 90, mais le Groupe des travailleurs
anarchistes s'est sabordé peu de temps après à cause de dissensions sur la
politique interne et de conflits de personnes. Pour plus d'informations à
propos des groupes de Durban, par quelqu'un du groupe, s'adresse à Griff par le
biais de zabalaba@union.org.za. 

La Fédération Solidaire des Travailleurs s'est investie dans les marches de
travailleurs, les occupations par les étudiants et le travail de propagande ;
elle a même, un moment, évoquée la possibilité de créer un syndicat. Quoiqu'il
en soit, elle se percevait plus comme un groupe politique spécifique que comme
un syndicat tel que IWW ou la CNT. La Fédération Solidaire des Travailleurs se
perçoit plus comme une FAI, et en général travaille avec les syndicats locaux,
plutôt que de former de nouveaux syndicats rouges. Elle développe aussi des
contacts internationaux étroits, y compris avec les anarchistes des autres pays
Africains, mais n'a pas de contact avec les groupes d'Amérique Latine ou
d'Asie, à cause d'un problème de langage. Grâce à notre participation à SIL,
cet état de choses est en train de changer et cela est important pour nous car
nous constatons que des organisations telles que la FAG du Brésil sont plus
proches de celles d'Afrique du Sud que des organisations européennes ou
nord-américaines. 

En Août 1998, à la suite d'un débat à Lusaka, Zambie, organisé par un camarade
de la Fédération Solidaire des Travailleurs, pour environ 40 membres du groupe
Socialiste Marxiste-Léniniste et de l'université de Zambie, l'association des
amis de Cuba, les anarchists and workers' solidarity movement -AWSM- (Mouvement
solidaire des anarchistes et des travailleurs) qui a été créé par l'anarchiste
autodidacte Wilstar Choongo. C'est le premier des groupe anarchistes connus en
Afrique Centrale et est composé de travailleurs et d'étudiants. Des relations
étroites ont été établies entre l'AWSM et la Fédération Solidaire des
Travailleurs, mais l'AWSM a disparu vers la mi-99, à la suite de la mort de
Choongo (malaria). 

En 1999, la Fédération Solidaire des Travailleurs a été dissoute pour de
nombreuses raisons, la principale était : la faiblesse de l'éducation interne,
conduisant à une inefficacité organisationnelle ; l'analyse en est qu'il était
prématuré de mettre en place une organisation politique anarchiste alors que
notre faible importance numérique nous enferme dans le ghetto classique de
l'extrême gauche (une organisation qui commence avec un petit nombre reste
numériquement faible puisqu'elle est trop petite pour attirer une attention
réelle sur l'alternative qu'elle propose aux travailleurs, une situation sans
issue) ; et le fait est que les conditions objectives devaient changer au sein
de la classe des travailleurs. Ces deux dernières années, ces conditions ont
changées, la population se mobilisant maintenant contre le régime néo-libéral
de l'ANC. 

Ainsi, les anciens militants de la Fédération Solidaire des Travailleurs se
sont concentrés sur l'éducation des anarchistes plutôt que la construction
d'une organisation. En d'autres termes, le point stratégique s'est déplacé de
l'essai de ralliement des personnes à une organisation, et de la diffusion la
plus large possible des supports et de la littérature anarchistes vers les plus
grands groupes possible de travailleurs, avec une attention particulière pour
les travailleurs noirs. Le travail de base d'une future action anarchiste peut
être mené de cette manière. 

En 1999, par conséquent, deux projets (et non organisations) ont donc été
considérés comme prioritaires : Le Bikisha Media Collective, créé en 1999, et
Zabalaba Books, qui ont été implantés à Durban -et qui travaillent étroitement
ensemble pour écrire et diffuser un grand nombre de pamphlets et les supports,
et, plus récemment, un magazine appelé Zabalaba, dont le n°3 vient de paraître.
Il était attendu des militants qu'ils s'investissent dans la lutte de classe-
Bikisha est associé, entres-autres, au Forum anti-mondialisation de
Johannesburg, http://www.cosatu.org.za/samwu/apf.htm. -Ces deux projets ont été
conçu essentiellement pour la propagande. 

Même si Bikisha ne fait pas un réel travail international, elle a tissé des
liens étroits avec, plus particulièrement, la SAC (Suède), la CNT vignoles
(France), la FA (France, Belgique), la WSM (Irlande), La CGT (Espagne) et la
NEFAC (USA, Canada). Bikisha et Zabalaba Books ont été tous deux signataire de
la plate-forme internationale des positions anarco-communistes issues de
certains des mouvements anti-globalisations de ces dernières années et certains
ont envoyé des délégués au rassemblement anarchiste international "un autre
futur", en avril-mai 2000, Paris, France, et au congrès anarchiste
anti-Eurotop, à Götenborg, Suède, organisé par la SAC en juin 2000. C'est lors
du rassemblement "un autre futur" à Paris que Bikisha est intervenu dans les
débats internationaux et à proposé la formation d'un nouveau réseau pour mettre
en réseau les groupes anarco-syndicalistes qui ne se reconnaissaient pas dans
la FAI. Bikisha et Zabalaba Books étaient à la fondation de SIL à Madrid,
Espagne, en mai 2001, et aujourd'hui, les deux organisations ainsi que le
Zabalaba Action Group (Groupe d'Action Zabalaba) installé à Durban sont membres
de SIL. Nous espérons maintenant avoir plus de contacts avec la FAG (Brésil),
le FAU (Uruguay), l'OSL (Argentine) et CIPO-RFM (Mexique). 

Les camarades de Bikisha se considèrent comme anarco-communistes, plus que
comme anarco-syndicalistes, dans le sens où le syndicalisme n'est perçu
uniquement que comme stratégie et qui ne peut se substituer à une action
collective (même si cette dernière ne peut pas progresser sans s'allier avec un
mouvement révolutionnaire implanté dans les usines). Aujourd'hui,
l'augmentation importante des mouvements sociaux contre le néo-libéralisme (le
mouvement social Inbata et le mouvement des sans-terres) ont influencés cette
orientation. Le mouvement anarchiste d'Afrique du Sud a, depuis les années
1890, été anti-capitaliste et anti-raciste, mais les questions d'écologie et de
genre reçoivent plus d'attention maintenant que durant la "première vague" du
début du 20ème siècle. 

Aujourd'hui

Les projet du Bikisha Media Collective sont les suivants : 

1. Services : 

1. La bibliothèque des travailleurs et le musée du centre de Johannesburg ont
été sauvés de la banqueroute de 1999 par le BMC et depuis les militants du BMC
ont été des acteurs clefs du collectif qui participe à l'animation de ce
service comme espace de rencontres, d'éducation et lieu de séminaire
indépendant pour les groupes de gauche anti-staliniens. La librairie a
accueilli Indymédia SA pendant le sommet mondial du développement durable. 

2. Le BMC a mis en place une librairie des Travailleurs, une des rares du pays
proposant une importante collection de livres anarchistes, pamphlets et
journaux dans la bibliothèque des travailleurs. 


2. Médias : 

1. Zabalaba : un journal de l'anarchisme Révolutionnaire de Sud-Afrique. Il
paraît deux fois par an, mais nous espérons arriver à quatre parutions par an.
Vous pouvez le consulter en ligne : http://www.zabalaba.net/zabmag.htm#zab3. 

2. Les pamphlets anarchistes de Sud-Afrique. Des nouveaux écrits sur les
conditions locales dans une perspective anarchiste. Vous pouvez le consulter en
ligne : http://www.zabalaba.net/literature.htm. 

3. Une nouvelle édition de 200 pages de l'histoire de l'anarchisme global
révolutionnaire est presque achevée et devrait être publiée par les Pluto Press
(Londres) vers la fin de l'année. 

4. Le BMC est impliqué dans la programmation de l'émission "Workers' World
Radio" sur une station de radio communautaire, à Capetown. 

5. Le BMC participe aux listes anarchistes internationales telles que :
anarchy_africa, a_infos et organise. 

6. Les dossiers d'informations pour les luttes de classe locales sont hébergées
par exemple par Indymedia SA : http://www.southafrica.indymedia.org, The center
for a civil society list, (la liste du centre pour une société civile), debate
sa liste, etc... 


3. Les réseaux : 

1. Anarchist Black Hammer (Le marteau anarchiste noir), organisation qui aide
les prisonniers, a été créé récemment, suite à la banqueroute de l'état, pour
la lutte des classes chez les prisonniers. Consultation en ligne :
http://www.zabalaba.net/abh. 

2. Localement, le BMC est en relation avec les groupes anarchistes comme
Zabalaba Books, le groupe d'action Zabalaba, le collectif City Forrest et
d'autres groupes anarchistes des quartiers-ghetto des Noirs et des zones
rurales. L'idée est d'essayer d'y implanter une fédération anarchiste locale. 

3. Localement, le BMC est membre du Mouvement Social d'Indaba (SMI) par le
biais des forums anti-mondialisation. Un groupe écran des organisations
civiques anti-néo-libérales dont le nombre de participant est estimé à 100 000.


4. Internationalement, le BMC est membre de SIL : http://www.ils-sil.org/ et de
la plate-forme anarchiste internationale (IAP) :
http://www.flag.blackened.net/revolt/platform/groups.html. 


Nos positions :

1. Nous, la classe travailleuse, produisons la richesse mondiale. Nous devrions
pouvoir en profiter. 

2. Nous voulons abolir le système capitaliste qui place la richesse dans les
mains de quelques uns et le remplacer par la gestion des travailleurs et le
socialisme. Nous ne croyons pas au mensonge appelé "socialisme" tel qu'il a été
pratiqué en Russie, en Chine ou dans d'autres régimes policiers. Le régime
politique de ces pays n'était ou n'est qu'une autre forme de capitalisme. 

3. Nous désirons une nouvelle société dans laquelle il n'y aura pas de patrons
ou de bureaucrates, une société qui sera dirigée de manière réellement
démocratique par les travailleurs, par le biais de conseils d'usines ou de
collectivités. Nous voulons abolir les relations autoritaires et les remplacer
par un contrôle du bas vers le haut et non plus du haut vers le bas. 

4. Toutes les industries, tous les moyens de production et de distribution
seront propriété collective, et placés sous la gestion directe de ceux qui y
travaillent. La production sera coordonnée, réorganisée et planifiée par des
fédérations de comités élus et révocables, non plus pour le profit, mais pour
couvrir nos besoins. Le principe général serait "De chacun en fonction de ses
capacité pour chacun en fonction de ses besoins" 

5. Nous nous opposons à toute utilisation de la force, nous croyons que la
seule limite à la liberté de chacun est que celle-ci n'entrave pas celle des
autres. 

6. Nous ne voulons pas que soient établies des règles pas plus que nous
désirons prendre le pouvoir "au nom de la classe des travailleurs". En fait,
nous pensons que le socialisme ne peut être réalisé que par un groupe de
personnes ordinaires. Etre moins ambitieux reviendrait à remplacer un groupe de
dirigeant par un autre. 

7. Nous sommes opposés à la notion d'Etat parce qu'elle n'est pas neutre, cela
ne peut pas servir nos intérêts. Les structures de l'Etat ne sont utiles que
lorsque une minorité désire diriger la majorité. Nous pouvons créer nos propres
structures, qui peuvent être ouvertes et démocratiques, afin de gérer
efficacement le quotidien. 

8. Nous sommes fiers d'être partie prenant de la tradition du socialisme
libertaire, de l'anarchisme. Le mouvement anarchiste prend sa source dans les
classes travailleuses de différents pays parce que cela est au service de nos
intérêts - et non pas les intérêts des chefs et des politiciens professionnels.


9. En bref, nous nous battons pour les besoins et les intérêts immédiats de
notre classe, lorsque nous encourageons la compréhension réciproque et
combattons pour nous débarrasser du capitalisme, et menons à la naissance d'une
société (anarchiste) libre et équitable. 


Amitiés Rouges et Noires 
Michael (Bikisha Collective Media, Johannesburg) 
http://www.zabalaba.net. 

[Traduction de l'Anglais par Alternative libertaire
www.alternativelibertaire.org] 


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