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(fr) Solidarité avec les inculpé-e-s de Nanterre

From <resker@hotpop.com>
Date Wed, 11 Dec 2002 17:06:01 -0500 (EST)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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[titre d'A-infos-fr]

Suite à l'occupation sur la fac de Nanterre, le 27 novembre, qui s'était
terminée par une intervention massive des forces de l'ordre et le placement
en garde à vue d'une dizaine de personnes, un camarade passera en procès le
26 décembre. Ci-joint le texte d'appel pour venir le jour du procès, suivi
du tract distribué à Nanterre le 27 novembre.
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27 NOVEMBRE : LA POLICE DANS LES AMPHIS,
DES GREVISTES INCULPES : PLUS JAMAIS CA !

Mercredi 27 novembre vers 9H00, une dizaine de chômeurs et d'étudiant(e)s,
ont occupé une salle située au premier étage du bâtiment E de la fac de
Nanterre, dans le but de prolonger la grève de la veille. Une banderole sur
laquelle était écrit « Grève générale, occupons la fac ! » a été déployée à
la fenêtre et les occupants ont distribué un tract appelant à résister
contre le flicage et la marchandisation. Les vigiles de l'université ont
immédiatement essayé d'arracher la banderole. Puis, le président de l'
université, André Legrand, a fait appel à la police. Une cinquantaine de
flics sont alors arrivés sur le campus et ont pénétré dans le bâtiment E en
braquant les étudiants avec des flash-balls. Les étudiants rassemblés dans
le hall ont protesté aux cris de « Police partout, justice nulle part ! »
en tentant de rejoindre les occupants du premier étage. Après avoir barré l'
accès aux étages, les flics ont défoncé à coups de bélier la porte de la
salle E103 où s'étaient barricadés les occupants. Ils les ont plaqués au sol
et les ont menottés avant de les évacuer en traversant un amphithéâtre
rempli d'étudiants. Les neuf personnes emmenées au commissariat n'ont été
relâchées que 48 heures plus tard. L'un d'eux passera en procès le 26
décembre.

Ce scénario était impensable il y a encore quelques années. Dans la
continuité du virage sécuritaire de la gauche française (colloque de
Villepinte, 1997), le président André Legrand a été mis en place pour
collaborer avec la police et «faire le ménage» à Nanterre. C'est dans le
cadre du CLS (Contrat Local de Sécurité) de la ville qu'il a supprimé la
franchise universitaire qui interdisait à la police de pénétrer sur le
campus, permettant ainsi l'arrestation de plusieurs personnes ces deux
dernières années. La vidéosurveillance s'intègre dans cette politique, tout
comme la construction de deux murs pour séparer la tour administrative du
reste de l'université : véritable symbole de l'enfermement de l'autorité
universitaire dans sa tour d'ivoire, cette nouvelle architecture rappelle
étrangement la féodalité des seigneurs du moyen-âge méprisant les masses du
haut de leur château-fort. Pour réprimer toute forme de contestation, André
Legrand n'a d'ailleurs pas hésité à recruter des mercenaires (sociétés de
sécurité privées).

NE TOLERONS PAS LA PRESENCE DE LA POLICE !
RESISTONS AU NOUVEL ORDRE SECURITAIRE !

MANIFESTONS NOTRE SOLIDARITE
AVEC LES GREVISTES INCULPES :
SOYONS PRESENTS
JEUDI 26 DECEMBRE A 13H30
A LA 21e CHAMBRE CORRECTIONNELLE
DU TRIBUNAL DE NANTERRE

(RER Nanterre-Préfecture ou Nanterre-Université)


http://enrages-nanterre.freeservers.com
nanterrenlutte@hotpop.com

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Tract distribué à Nanterre les 26 et 27 novembre :

RESISTONS AU FLICAGE
ET A LA MARCHANDISATION !

Depuis une vingtaine d'années, nous subissons une offensive du processus de
marchandisation. Chacun peut constater dans sa vie quotidienne ces attaques
de l'Etat et de la marchandise, que l'on soit travailleur, chômeur, ou
étudiant. Toujours plus de flexibilité dans le travail, toujours moins d'
allocations-chômage, toujours plus de sélection à l'université. Aujourd'hui
trouver un logement relève du parcours du combattant pour de plus en plus de
gens, il y a de plus en plus de sans-abris, partout l'Etat privatise,
partout les rapports sociaux deviennent marchandises.

Le savoir devient lui aussi une marchandise avec notamment la privatisation
des universités, appelées à se faire concurrence. Désormais, toute
connaissance devient une propriété privée protégée par un copyright ou un
droit d'auteur : aujourd'hui, les éditeurs essayent d'interdire la
photocopie des livres et bientôt il faudra payer une taxe pour chaque livre
emprunté en bibliothèque ! Il en va de même pour la diffusion de textes sur
internet. Certains chercheurs se voient même interdire de publier leurs
travaux s'ils contiennent une trop grande quantité de citations ! Telle est
la logique absurde de la marchandise qui s'approprie tout, y compris le
vivant : les grandes firmes pharmaceutiques s'approprient déjà certaines
molécules et prétendent maintenant s'approprier certains gènes sous prétexte
qu'elles les auraient découvert en premier !

Quand la marchandise s'installe quelque part, elle est toujours suivie
immédiatement après par la police. L'offensive marchande actuellement en
cours se double depuis quelques années d'une offensive policière. Des
centaines de milliers d'étrangers sont criminalisés et se retrouvent
sans-papiers avec la menace permanente d'être déportés, des faits anodins
deviennent passibles de prison : prendre le métro sans ticket, se rassembler
dans un hall d'immeuble, insulter un prof... A chaque fois ce sont toujours
les plus pauvres, les plus jeunes, et les moins « nationaux » qui sont
criminalisés, comme l'illustrent de manière caricaturale les nouveaux délits
de mendicité, de squats (désormais aussi passible de prison), ou de
prostitution. A Nanterre, le président de l'université a supprimé la
franchise universitaire qui interdisait à la police de pénétrer sur le
campus. Désormais, les flics ont même le droit de pénétrer dans les
bâtiments en cas de flagrant délit ! Plusieurs personnes se sont déjà
retrouvées en prison après s'être fait arrêter sur le campus. Telle est la
logique implacable du capitalisme : la marchandisation, le flicage, la
prison, la guerre.

Afin d'enrayer ce processus, nous appelons à la grève générale avec
occupation de tous les lieux de travail.

GREVE GENERALE !
OCCUPONS LA FAC !





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