A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Català_ Deutsch_ English_ Français_ Italiano_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ All_other_languages
{Info on A-Infos}

(fr) UNE HORREUR SANS FIN OU LA FIN DE L HORREUR

From Syndicat de l'Yonne <cntait89@free.fr>
Date Wed, 3 Oct 2001 12:05:35 -0400 (EDT)


 _________________________________________________
   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
            http://www.ainfos.ca/
 _________________________________________________

Article du Combat Syndicaliste / Octobre - Novembre 2001
********************************************************************
UNE HORREUR SANS FIN OU LA FIN DE L HORREUR

Deux impérialismes face à face. D'une part, le capitalisme occidental
technologique et d'autre part, un capitalisme à vocation spirituelle qui
retourne contre son adversaire ses propres armes.

Depuis que la guerre existe, le moral est essentiel pour permettre à l'être
humain d'endurer les souffrances qu'elle entraîne. Comme l'ont exprimé tous les
stratèges, c'est  la force d'âme qui permet aux hommes d'affronter les
terribles épreuves  de la bataille en se servant au mieux des armes à leur
disposition. Cela est d'autant plus vrai aujourd'hui que le potentiel
destructeur issu de la technologie civile ou militaire est  épouvantable. Plus
que l'effet militaire ou financier, c'est la recherche du choc  psychologique
qui domine l'action du 11 septembre. La guerre moderne, basée sur la terreur,
est destinée à faire craquer  l'arrière.

Des deux camps qui s'affrontent aujourd'hui, l'un a montré ses faiblesses et
l'autre sa force et a indubitablement remporté une première victoire.

La riposte du capitalisme occidental, menée par les USA, est-elle en mesure
d'effacer le traumatisme de la population occidentale ? Cette population est
déjà fragilisée par des valeurs et des comportements induits par l'idéologie
capitaliste moderne. Mais, quel que soit le camp qui sortira vainqueur de la
prochaine bataille, il nous promet d'autres batailles, l'horreur sans fin. Pour
en finir avec l'horreur, seul le rejet  du mode de développement, le rejet du
capitalisme, qu'il repose sur des thèmes modernes ou rétrogrades, permettront à
l'humanité de sortir de l'impasse.

La recherche du choc psychologique :De l'équilibre de la terreur au terrorisme
des déséquilibres
        
Depuis la deuxième guerre mondiale, les bombardements massifs de villes
deviennent une option militaire. La cruelle démonstration des bombardiers
incendiaires à Dresde et surtout de l'US Air Force à Hiroshima et Nagasaki,
tout comme les  massacres de Sétif en Algérie (1945), montrent comment les
états et les militaires considèrent les civils.
        
L'affrontement des deux blocs impérialistes Est-Ouest reposait sur l'équilibre
de la terreur, la prise en otage de populations civiles. Ceci est par
définition une tactique fondamentalement terroriste. Le secrétaire d'Etat à la
défense américaine, dès 1945, exprimait en ces termes le but recherché par
l'arme nucléaire : "J'ai senti que pour obtenir de l'empereur (du Japon) et de
ses conseillers militaires une reddition sincère, il fallait leur administrer
un CHOC TERRIBLE..."
        
Depuis 1945, c'est la population civile mondiale qui fournit la majorité des
victimes, car c'est sur elle que l'on cherche à obtenir le plus grand choc
psychologique possible pour obtenir la victoire. Les chefs d'état, eux, sont
épargnés. Ainsi l'empereur du Japon, Hirohito, deviendra, de la fin de la
guerre jusqu'à sa mort, le protégé des dirigeants américains.
        
Tout le monde qualifie indifféremment d'acte de guerre ou de terrorisme ce qui
s'est produit le 11 septembre car, en suivant la doctrine militaire de la
terreur, ce qui s'est produit le 11 septembre 2001, c'est la bataille de New
York. Elle a été perdue par l'Etat américain pour au moins deux raisons (et du
point de vue stratégique, peu importe que ces raisons soient morales ou pas) :
la commotion de la population qui n'est pas près de se relever de ce drame ;
l'absence de riposte militaire immédiate, laissant entendre que tout se
déroulera dans une prochaine bataille. Les instigateurs du massacre ont
appliqué à la lettre toutes les recettes  guerrières du passé, de la "guerre
éclair" à l'attaque en profondeur. Ces recettes ont simplement été  revisitées
par une analyse extrêmement lucide des failles du monde moderne occidental. La
plus frappante étant l'utilisation du désespoir causé par le développement  du
capitalisme.

Le camp des perdants est le camp de la peur : Le rôle des médias et des
institutions
        
L'importance de "l'arrière" est d'autant plus grande qu'il n'existe plus de
zones sans risque. Car la guerre moderne est une guerre sans front, une guerre
non linéaire. C'est une guerre tourbillonnante, en "feux de broussailles"
disent les pros,  et elle vise à faire craquer les civils pour obtenir la
victoire.
        
La mobilisation consiste surtout à renforcer le moral des populations pour les
pousser à bien vouloir se sacrifier et à supporter les destructions prévues.
Pour renforcer ce moral, il faut mettre sur pied l'unicité de pensée. La guerre
est toujours faite pour de "bonnes raisons", cette  foi dans les "bonnes
raisons" est  pour les civils l'équivalent de la discipline pour les
militaires. Peu importe à ce stade le contenu de  la pensée. Ce qui est
fondamental, c'est la croyance en cette pensée et aux chefs qui la portent.
Dans chaque guerre, l'unicité de la pensée nécessaire à la "bonne conduite des
opérations", s'oppose au libre débat. Ce qui entraîne une restriction plus ou
moins grande des libertés.
        
C'est là que l'on comprend le rôle des médias, des églises et des institutions
comme l'école ou les syndicats : elles vont servir à assurer le conditionnement
des consciences et vont contribuer à la mobilisation nécessaire à la survie du
pouvoir.
        
"La guerre est pour les américains une simple représentation théâtrale. On peut
comprendre qu'un peuple qui n'a jamais eu a souffrir des conflits les envisage
plus aisément, si ce n'est avec fascination", écrit dans "La fin des héros"
R.A. GABRIEL, ex-officier des services de renseignements américains et
ex-conseiller  du pentagone. Cette réalité-là vient de changer. C'est le
premier  résultat tangible obtenu par la destruction du centre d'affaires
mondial de New-York. En une heure, les Etats Unis ont perdu le bénéfice
psychologique d'un siècle d'hégémonie militaire. Leur puissance psychologique
reposait sur un nombre de morts américains insignifiant en proportion des
conflits dans lesquels ils se retrouvaient  impliqués. Par exemple, le 
débarquement de Normandie n'avait coûté "que" trois mille vies de militaires
américains. Ici, nous en sommes tout d'un coup à 6000 victimes civiles, dont de
nombreux notables, et en plein cœur de la cible.  Dès lors, l'objet de la
liturgie patriotique, religieuse et moralisatrice déployée par les médias est
la suivante : amortir  le choc psychologique subi , éviter que les conséquences
du traumatisme à venir soient trop fortes pour le système. Mais celui-ci sera
incapable, sauf  à se remettre en cause,  de mettre en œuvre une politique de
liquidation du terrorisme, car le problème pour lui est que c'est  sa propre
charpente idéologique qui constitue son principal handicap dans cet
affrontement.

Pour en finir avec la terreur, il faut en finir avec le capitalisme
        
Si le capitalisme occidental a légitimé une tactique guerrière  terroriste qui
se retourne contre lui, il a également détruit tout ressort collectif de
riposte.  Face à la froide détermination d'hommes qui ont montré avec des
moyens ridicules (des cutters)  une capacité de destruction égale à celle des
armes dévastatrices des grandes puissances,  la première réaction occidentale a
été la spéculation  boursière. De même, le comportement de la population
américaine, qui dans la journée du 11 se précipite pour faire ses courses,
explique qu'autour du drame se développent les affaires commerciales. Que dire
de ce que, à New York, devant la pénurie de logements provoquée par les
destructions,  les prix d hôtels aient triplé en un jour ? Et ainsi de suite
car, c'est "la loi du marché".
        
D'autre part, le sentiment d'insécurité, tellement exploité ces dernières
années par les états pour asseoir leur pouvoir, a très nettement abaissé le
seuil de résistance mentale des populations civiles à l'agression. En France,
où la vie est relativement clémente et le niveau de violence entre individus
bien plus bas qu'il ne l'a été par le passé, la campagne électorale se fait sur
le thème de "l'insécurité". Les ricanements d'un gamin dans le dos d'un prof,
un caillou lancé dans une manif, … sont dénoncés par la caste au pouvoir et ses
médias comme d'abominables violences.
        
Les politiciens occidentaux ont construit leur pouvoir sur cette montée de
l'insignifiance et du virtuel. Ils ont masqué l'important par le détail, le
fait social par le fait divers. Pour analyser la situation actuelle,  ils
restent au même niveau de discours et d'analyse qu'après une bagarre de
banlieue. Devant l'énormité du 11 septembre, on nous montre guignol dans
"Vigipirate, le retour".
        
Le capitalisme a produit le désespoir, source d'une haine incommensurable. Le
monopole de l'économie mondiale et la centralisation des pouvoirs ont  fourni
une cible facile à cette haine. De plus, l'idéologie capitaliste moderne, qui 
repose sur l'égoïsme, le matérialisme, la crainte de l'autre, la peur de
l'action par soi-même, la méconnaissance de l'action collective librement
consentie, le respect stupide de l'autorité, fait que la majorité de la
population occidentale a peur de son ombre et n'a plus aucune habitude de la
résistance collective face à une véritable agression. Parce qu'on lui a
toujours dit qu'elle n'avait rien à faire qu'à consommer et à obéir, la
population occidentale ressemble à un troupeau de moutons livré au berger qui
possédera le plus gros fouet.
        
Nous sommes donc devant un choix crucial, un choix culturel. Soit le
capitalisme continue d'exister, et c'est la défaite programmée, la victoire de
la barbarie ; soit  il faut supprimer la loi du profit, la loi du marché. Il
faut construire un mode de production véritablement altruiste, la nouvelle loi
devant être celle des besoins de la planète et de ses habitants. Car les causes
du terrorisme ne disparaîtront qu'avec le mode de production actuel, qui repose
sur le développement de la croissance pour les uns et de la misère pour les
autres. Parallèlement, seules les valeurs qui respectent l'individu, sa liberté
de pensée et d'action, qui développent sa responsabilité dans la marche de
l'humanité, pourront  vaincre  les impérialismes économiques, qui, modernes ou 
rétrogrades, sont toujours criminels.

Xénophon


****************************
CNT-AIT
7, rue St-Rémésy
31000 Toulouse
Tél-Fax : 05 61 52 86 48
****************************
Transmis par
Le Syndicat de l'Yonne
CNT-AIT  B.P. 186
89003 Auxerre
http://cntait89.free.fr/
cntait89@free.fr
****************************
LISEZ DIFFUSEZ
LE COMBAT SYNDICALISTE
le journal bimestriel de la CNT-AIT

2 numéros gratuits sur simple demande


 ****** Agence de Presse A-Infos ******
 Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

 Pour s'abonner -> écrire à LISTS@AINFOS.CA
 avec le message suivant: SUBSCRIBE A-INFOS-FR
 Pour plus d'info -> http://www.ainfos.ca

 Vous voulez reproduire ce message?
 Pas de problème, veuillez s'implement inclure cette section.




A-Infos
News