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(fr) Une autre Europe pour un autre monde !

From "Alternative Libertaire" <international@alternativelibertaire.org>
Date Thu, 22 Nov 2001 12:45:04 -0500 (EST)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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Une autre Europe pour un autre monde ! Bruxelles, machine de guerre contre 
les droits sociaux

Le sommet de Laeken, à côté de Bruxelles, clôture la présidence belge de 
l'Union européenne au deuxième semestre 2001. Malgré les dénonciations et 
les résistances de plus en plus nombreuses contre la politique en faveur du 
capital menée par les instances européennes, l'étape actuelle de la 
construction de l'Union Européenne approfondit cette logique : en faveur du 
patronat, en renforçant les inégalités, l'injustice sociale, les dominations 
que ce soit à l'intérieur même de l'Europe, entre les plus riches et ceux et 
celles qu'ils/elles exploitent, ou par rapport aux pays de l'est ou du sud.

Le sommet de Laeken doit marquer le coup d'envoi de la préparation d'une 
Constitution européenne, dont le préambule serait la Charte des droits 
fondamentaux. C'est précisément contre cette charte qui constitue un 
nivellement par le bas des droits sociaux que nous nous étions mobilisé(e)s 
par milliers à Nice en décembre 2000. Cette charte reste d'actualité pour 
les dirigeants et dirigeantes européens, en complète opposition avec les 
attentes et les besoins des majorités sociales. C'est pourquoi nous nous 
mobilisons de nouveau, pour refuser d'être dépossédés de nos droits 
élémentaires et en conquérir de nouveau. Toutes ces résistances, toutes les 
revendications que le mouvement libertaire contribue à animer et à 
promouvoir, sur une base d'action directe et d'auto-organisation, prennent 
place dans une lutte de longue haleine pour transformer radicalement la 
société, socialiser les richesses, construire l'égalité, bâtir une 
démocratie autogestionnaire et libertaire.

L'Europe du mensonge

Depuis le début de la "construction européenne", les politiciens et 
politiciennes, de tous les pays et de tous les bords, nous mentent sur leurs 
véritables objectifs, et sur les véritables conséquences de leurs actes et 
décisions. L'Europe n'a pas d'autre objectif que de se renforcer 
politiquement. L'impérialisme, dont sont victimes la plupart des populations 
de la planète, est une des source de la barbarie actuelle.

Le productivisme capitaliste nous conduit droit dans la mur. Il paraît 
évident que nous atteignons les limites écologiques de la planète : 
dérèglement du climat, réchauffement de la planète, vache folle? Les 
décideurs économiques et leurs exécutants politiques oeuvrant pour un 
développement et prônant le productivisme afin d'augmenter les profits, sont 
de véritables criminels contre la nature ! Ils risquent de rendre la Terre 
invivable!

"L'Europe, c'est plus de liberté"?

C'est plus de liberté pour les transactions financières, y compris de 
blanchiment d'argent, pour les capitaux, pour les marchandises, produites de 
manière irrationnelle toujours plus loin des lieux où elle seront 
consommées, ce qui conduit à la pollution à travers le tout-camion, et à 
monter les travailleurs et les travailleuses les uns/unes contre les autres 
en les mettant en concurrence. Mais c'est toujours moins de libertés pour 
les populations, pour les groupes sociaux et les classes dominées ! C'est 
toujours moins de droits et d'espaces démocratiques pour nous organiser et 
mener la lutte sociale.

Les immigré(e)s sont les plus durement frappé(e)s par les mesures 
liberticides sur lesquelles l'Union européenne se construit. Partout en 
Europe, on assiste à une traque des sans-papiers, à des expulsions à tour de 
bras, qui dans des bien des cas renvoient les immigré(e)s à l'oppression, à 
la misère et à la mort. Mais ces mesures touchent tous les personnes qui 
vivent dans les pays européens. Les atteintes aux libertés publiques et 
individuelles sont la norme. Les guerres servent de prétexte pour renforcer 
de façon continue les politiques d'exception, dans une véritable logique de 
construction d'un pouvoir discrétionnaire du capital et des appareils 
étatiques sur la société.

Face à cette situation:

Nous réclamons un large développement des libertés publiques et des droits 
fondamentaux et en premier lieu la liberté de circulation et d'installation 
pour tous, sans condition de nationalité.

Nous réclamons l'abolition des lois xénophobes partout en Europe.

Nous prônons la solidarité internationale concrète avec tous les pays dont 
sont issues les populations immigrées des pays européens.

"L'Europe, c'est plus de prospérité"?

L'Europe, ce sont par dizaines de millions des travailleurs et travailleuses 
de plus en plus exploités, contrôlés, dominés et  précarisés. Ce sont par 
millions des prolétaires acculé(e)s à la pauvreté par des salaires de 
misère, des millions de chômeurs et chômeuses, de sans-abris, de 
mal-logé(e)s, de mal soigné(e)s, assisté(e)s, scolarisé(e)s!

La prospérité est réservée à une minuscule fraction de la population, les 
capitalistes industriels ou financiers et leurs gardes rapprochées de 
politicien(ne)s, de technocrates et d'expert(e)s, ceux et celles qui 
spéculent en bourse, décident des "licenciements boursiers" et des 
délocalisations d'entreprises, ceux et celles qui se gavent de subventions 
et de cadeaux fiscaux.

Pour notre part, nous refusons catégoriquement la logique capitaliste 
d'accumulation des richesses entre les mains d'une minorité.

Nous nous battons, au fil des luttes, pour imposer une redistribution réelle 
des richesses et avancer vers la concrétisation du principe "à chacun selon 
ses besoins, de chacun selon ses moyens".

Cette répartition, nous voulons qu'elle aille jusqu'à l'autogestion de tous 
moyens de production et d'échange.

Dès maintenant, nous combattons pour gagner sans cesse du contre-pouvoir et de la capacité d'alternative face au capital et aux appareils étatiques.
Nous poursuivrons la lutte pour l'extension et la généralisation des droits
des travailleurs et travailleuses et de tou(te)s les dominé(e)s jusqu'à
 l'expropriation des patron(ne)s et des actionnaires et à la destruction de 
leurs pouvoirs sur la société.

"L'Europe, c'est la paix"?

Les différents pays de l'Union européenne sont pour un grand nombre partie 
prenante de l'OTAN, qui est le plus grand facteur de conflits dans le monde. 
Ces pays ont activement participé aux guerres en Irak, en ex-Yougoslavie, et 
maintenant en Afghanistan. L'Europe vend des armes et forme des militaires 
et des policiers/ères pour les pires dictatures du monde.

C'est pourquoi nous réclamons immédiatement

la reconversion des industries d'armement à des fins civiles et d'utilité 
sociale,

le démantèlement des armées,

l'accueil des déserteurs/euses du monde entier pour contraindre les pouvoirs 
publics à prendre des mesures concrètes pour aider les luttes d'émancipation 
de par le monde, et aujourd'hui, tout spécialement celles menées par les 
femmes démocratiques et révolutionnaires en Afghanistan.

"L'Europe, c'est la sécurité"?

La sécurité, c'est pour les boursicoteurs/euses, les licencieurs/euses et 
les politicien(ne)s véreux ! Mais l'Europe, c'est surtout l'insécurité 
écologique et alimentaire : marées noires, catastrophes industrielles, vache 
folle, OGM ! C'est également l'insécurité policière. Les flics ont tous les 
droits, multiplient les fichages, les répressions et ne se privent pas de 
contrôles au faciès, soutenus par des lois xénophobes. L'Europe, c'est les 
tirs à balles réelles et les assassinats pour les opposants et les 
opposantes, à Göteborg ou à Gênes.

Enfin, c'est l'insécurité sociale, avec l'institution du chômage et de la 
précarité comme norme, pour casser par la misère et par la peur toute 
velléité de contestation et de lutte.

Pour faire reculer cette insécurité quotidienne, il faut

rompre radicalement avec le productivisme capitaliste

imposer un droit de contrôle pour tous, travailleurs/euses, usagers/ères, 
consommateurs/trices, sur les productions et leur utilité sociale

construire dans et par la lutte une égalité qui ne soit pas qu'un mot, une 
égalité non seulement politique mais également économique et sociale

"L'Europe, c'est la démocratie"?

L'Europe des bureaucrates ne trouve rien à redire à la présence de 
gouvernements comprenant des ministres fascistes en Autriche et en Italie. 
Elle ne tient aucun compte des référendums, au Danemark et plus récemment en 
Irlande, contraires à une construction européenne en faveur des patron(ne)s. 
Elle les ignore tout simplement, ou les recommence jusqu'à ce que le 
résultat convienne aux technocrates bruxellois(es). Le fonctionnement de 
l'Europe est anti-démocratique, il est le fait d'un gang de technocrates au 
service exclusif des bourgeoisies et des multinationales.

Les populations occidentales, en particulier européennes, ne pourront pas 
éternellement se dire irresponsables des politiques mises en oeuvre par 
leurs gouvernements respectifs. En effet, c'est en leur nom que la barbarie 
capitaliste s'exerce. La démocratie est le gouvernement du peuple par le 
peuple. Les gouvernements, dits démocratiques, sont élus sur la base de 
programmes proposés à leurs électeurs, sans que ceux-ci n'aient de compte à 
rendre à personne. La réalité montre que les populations n'ont aucun 
contrôle et ne déterminent pas les politiques menées par leurs 
gouvernements. Ainsi à Gènes, les responsables du G8 ne peuvent entendre les 
revendications des 200 000 manifestants et manifestantes, préférant le 
recours à la force et assassinant l'un des nôtres. Par contre, la commission 
européenne est soumise volontairement aux pressions des lobbies des 
multinationales et consorts rassemblés dans un immeuble proche de ladite 
commission. Autrement dit, 200 000 manifestant(e)s ne sont pas entendables, 
mais les responsables politiques et bureaucratiques prêtent une grande 
oreille aux lobbies capitalistes. Où est la démocratie ? Nous refusons cette 
conception d'une démocratie de marché, vide, coupée des gens. Nous voulons

la démocratie directe et autogestionnaire

le débat élargi à tout ce qui touche nos vies

une organisation véritablement fédéraliste de la société, s'appuyant sur une 
institution décidée depuis la base, égalitaire dans l'accès et l'exercice du 
pouvoir, anti-hiérarchique et anti-bureaucratique.

"L'Europe, c'est la liberté de circulation"?

Les politiques européennes se caractérisent par une déréglementation de plus 
en plus importante des conditions de travail. Elle se traduit par un 
développement de la précarité et de la misère, une disparition des 
dispositifs sociaux et une privatisation de tout ce qui peut être rentable: 
santé, éducation, transport? Cette privatisation de l'espace public 
s'accompagne d'une nouvelle politique concernant les populations 
paupérisées. Ainsi, la gestion de la misère fait de plus en plus appel à la 
prison. L'apartheid social est le corollaire de cette évolution du 
capitalisme. Un des objectif de la politique européenne (objectif non 
exclusivement européen, mais partagé par toutes les grandes puissantes) est 
de fixer les pauvres là où ils sont. Cela conduit à transformer l'Europe en 
véritable forteresse. Ainsi les politiques de l'immigration sont de plus en 
plus coercitives. Le but n'est pas d'expulser tous les immigré(e)s 
clandestin(e)s d'Europe. C'est impossible pour 3 raisons:

manque de moyens : combien faudrait-il d'avions, de bateaux pour expulser 
tou(te)s les clandestin(e)s?

problème politique: si l'Etat veut expulser tous les clandestins, il lui faut organiser des rafles gigantesques et ouvrir des camps à grande échelle.
Les Etats européens peuvent difficilement risquer un tollé à ce sujet.

problème économique: les clandestins sont une main d'?uvre corvéable à merci, faisant pression, malgré elle, sur le marché du travail pour
développer la précarité.

Le but est de disposer d'une main-d'oeuvre acceptant des conditions de 
travail des plus précaires et des salaires de misère. Des pans entiers de la 
production ne pourraient être rentables sans les conditions d'exploitation 
de ces personnes: bâtiment, restauration, hôtellerie, confection, 
agriculture...

Mais les pauvres sont aussi fixés dans les quartiers ghettos situés à la 
périphérie des villes. La misère dans ces quartiers se développe. Ainsi, il 
devient de plus en plus difficile pour des personnes confrontées à la misère 
d'aller vivre là où elles veulent. Bien souvent, lorsqu'une personne, 
victime de la misère, veut changer de région, on lui répond qu'il faut 
qu'elle retourne la où elle vient.

Cette politique de gestion de la misère nécessite un dispositif policier de 
plus en plus important. Les gouvernements, de droite comme de gauche, ont 
conscience qu'il est impossible de surveiller policièrement des populations 
en si grand nombre. Ils souhaitent transformer chaque citoyen en policier en 
civil, chargé de surveiller et de dénoncer tout comportant jugé dévient ou 
incivique. Ainsi le discours sur la tolérance zéro bat son plein!

La construction européenne, du point de vue des capitalistes, suppose un 
désengagement de l'Etat au niveau social et économique et un renforcement 
des politique autoritaires et sécuritaires. Dans ce contexte, les attentats 
du 11/09 sont du pain béni pour les décideurs politiques : mise en place, 
sous couvert de lutte anti-terroriste, de tout un arsenal juridique visant à 
réprimer les populations vivant dans les quartiers ghettos et les militants 
et militantes luttant contre la mondialisation et/ou le capitalisme.

Résistance sociale, de Bruxelles à Séville!

Nous serons à Bruxelles pour marquer notre refus de l'Europe étatique et 
capitaliste que les dirigeants et dirigeantes des pays de l'UE nous 
imposent. Bruxelles reprend le flambeau de Nice et de Göteborg. Notre lutte 
pour la justice sociale, pour un monde libertaire, égalitaire et solidaire 
se poursuivra après Bruxelles. En juin 2002 se tiendra le sommet de fin de 
présidence espagnole, à Séville.

Une grande Marche des résistances sociales va propager le feu de nos 
colères, le cri de nos exigences et de nos aspirations d'un monde autre, de 
ville en ville, de Bruxelles à Séville.

Marcher, c'est avancer en faisant un monde nouveau à chaque pas.

Marcher, c'est construire ensemble une alternative. marcher, c'est mettre en 
lumière nos luttes collectives, partout sur le parcours. C'est pourquoi nos 
actions et nos mobilisations iront de Bruxelles à Séville, dans une chaîne
de luttes sociales entre les deux métropoles.
 

Cet appel libertaire international pour Bruxelles a été initié par 
Alternative libertaire, le réseau No Pasaran, la Fédération anarchiste, 
l'Organisation socialiste libertaire, Apoyo Mutuo et la Confederation 
General del Trabajo.


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