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(fr) Montréal: les caméras de télé ne seront pas bienvenue le 15 mars

From "COBP Montréal" <cobp@hotmail.com>
Date Tue, 13 Mar 2001 12:47:34 -0500 (EST)


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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Manifestation du 15 mars 20001:
LES CAMÉRAS DE TÉLÉVISION NE SONT PAS LES BIENVENUES

MONTRÉAL, mardi le 13 mars 2001.- Le collectif de COBP
a décidé ne pas inviter les réseaux de télévision à la
manifestation du 15 mars 2001 dans le cadre de la
cinquième Journée Internationale contre la Brutalité
Policière. Cette décision, que plusieurs ne manqueront
pas de qualifier d¹inusité, mérite quelques
explications.

Tout d¹abord, cette décision a pu être influencée,
mais n¹est néanmoins pas fondée sur le fait que la
propriété des grosses chaînes de télévision repose
entre les mains de puissants conglomérats, quand elles
ne sont pas une des branches de l¹appareil d¹État.

Aussi, cette décision a pu être influencée, mais n¹est
néanmoins pas fondée sur la couverture souvent
erronée, pour ne pas dire biaisée, sous le couvert
d¹une soi-disante ³objectivité journalistique² que
dissimule mal un parti prit en faveur de l¹ordre
établi, que reçoivent la plupart des activités
dissidentes dans cette société, enfin, celles qui ne
sont pas le fruit de ³vedettes respectables² de la
contestation...

Non. En fait, cette décision est basée principalement
sur le fait que la mission de l¹institution médiatique
est, depuis de nombreuses années, systématiquement
détournée par l¹appareil policier pour fin de
confection de preuves à l¹encontre de manifestantEs
arrêtéEs.

Quand les images filmées par les cameraman des réseaux
de télévision se retrouvent entre les mains de la
police à la suite d¹un mandat de perquisition, et que
ces mêmes images sont ensuite présentées devant un
tribunal et déposées par la poursuite contre des
manifestantEs arrêtéEs, eh bien, il faut se rendre à
l¹évidence suivante:

-qu¹inviter les réseaux de télévision pour filmer une
manif représente souvent désormais l¹équivalent de
permettre aux caméras de la division de l¹identité
judiciaire du SPCUM (Service de Police de la
Communauté Urbaine de Montréal) à venir croquer les
portraits des protestataires.

Il serait conséquemment pour le moins irresponsable de
la part d¹un groupe comme le nôtre d¹exposer davantage
les opposantEs à la brutalité policière aux risques de
fichage en invitant ceux qui, involontairement ou non,
recueillent de la matière à incrimination.

Services d¹information ou d¹informateurs?

L¹enquête préliminaire qui s¹est ouverte cette semaine
à la Cour municipale de Montréal contre 68 des 112
personnes arrêtées lors de la manifestation du 15 mars
2000 est justement un exemple qui illustre avec
éloquence, et à nos grands regrets, la pertinence de
nos reproches.

En effet, l¹essentiel de la preuve de la poursuite se
trouve sur six cassettes vidéos perquisitionnées par
le SPCUM en avril 2000 aux bureaux de TQS, de TVA, de
CBC et de la SRC. Les représentants légaux de ces
chaînes ont bien tenté de contester le mandat de la
saisie, mais ils ont non seulement essuyé une défaite
suite à la décision du juge Béliveau de la Cour
supérieure du Québec, mais de plus, ils n¹ont pas
daigné tenter de porter la dite décision en appel.

Or, les images filmées par les réseaux précités
tombent à point pour les flics car, pour emprunter les
propres mots du sergent-détective Serge Vachon qui
témoignait sous serment le 12 mars dernier, les agents
de l¹identité judiciaire ³manquaient de pellicule²
lors de cet événement. Et lorsque l¹avocat Denis
Barrette a demandé au s-d Vachon si, en l¹absence des
cassettes vidéo en question, la poursuite n¹aurait
aucune preuve pouvant identifier les manifestantEs,
celui-ci a répondu: ³Absolument.² Le cas des arrêtéEs
du 15 mars 2001, qui font chacunE face à neuf chefs
d¹accusation criminelles, n¹en est un que parmi tant
d¹autres. Rappelons la saisie des bandes vidéo de TQS,
TVA, SRC, CTV, et Global TV, suite à la manif kurde du
22 février 1999. Ou la perquisition de la cassette de
Global TV dans la célèbre action du commando-bouffe au
restaurant de l¹hôtel Reine Elizabeth, le 3 décembre
1997, cassette qui constitua d¹ailleurs le c¦ur de la
preuve de la poursuite lors du procès qui s¹est
conclut par un verdict de culpabilité pour les neuf
dernierEs manifestantEs inculpéEs.

Mais le cas le plus spectaculaire est
incontestablement celui de la manif du 15 juin 2000 en
faveur des sans-abri torontoisEs devant le parlement
ontarien. La liste de médias perquisitionnés est tout
simplement étourdissante, télévisions et journaux
confondus: Toronto Star, Globe & Mail, Global TV,
Ontv, CBC, Sing Tao Daily, CITY-tv, CFMT television,
World Journal Daily News, National Post, Toronto Sun,
Corrière Canadese et Ming Pao.

Pas moins de 38 heures de bande vidéo, la plupart
filmées par des médias, ont été produites en preuve
dans le procès qui attends la cinquantaine de
personnes accusées. Quant aux photos, les policiers en
ont saisies 4000, et ce, uniquement aux bureaux du
Globe & Mail!

Il est temps de réagir!

Par ce communiqué, nous appelons, sans illusions, aux
responsables des médias à faire l¹examen de conscience
qui s¹impose et à repenser leur collaboration, qui
frôle trop souvent la collusion, avec l¹appareil
policier. Plus important encore, nous voulons
interpeller toutes les organisations impliquées dans
la lutte sociale à s¹auto-questionner sur le genre de
rapport à entretenir auprès de l¹institution
médiatique.

Maintenant, concernant la manifestation du 15 mars
2001, COBP tient à préciser que sa position sur les
caméras médiatiques ne se fonde nullement sur une
hypothétique prédiction, que nous ne saurions faire,
quant à la possibilité qu¹elle tourne en une sorte de
grabuge, dont raffole par ailleurs le journalisme
sensationaliste.

Par ailleurs, si nous n¹invitons pas les caméras de
télévision, COBP n¹entends pas non plus employer la
force pour les expulser du lieu de la manif si
certains canaux décident d¹ignorer la décision que
nous vous communiquons aujourd¹hui. Toutefois, COBP
refuse d¹assurer la sécurité de quelque équipe de
télévision que ce soit, le 15 mars prochain.


Pour finir, COBP profite de l¹occasion pour inviter le
reste de la population à se joindre à la cinquième
Journée Internationale contre la Brutalité Policière
en participant à la manifestation dont le rendez-vous
est au carré Berri, à 17h00, jeudi le 15 mars
prochain.

 
Pour toutes autres questions: les réponses se trouvent
dans le présent
communiqué.

CitoyenNEs OpposéEs à la Brutalité Policière (COBP)
cobp@hotmail.com


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